View Full Version : L'appel du Sud : L'économie tunisienne se tourne vers l'Afrique


Tounsi
March 21st, 2010, 05:33 PM
Dans un contexte de crise internationale marqué par la chute de la demande européenne, Tunis se tourne vers l’Afrique subsaharienne, avec laquelle les potentialités d’échanges sont considérables.

Si les exportations tunisiennes de biens vers l’Europe ont chuté de 17,6 % en 2009, du fait de la baisse de la demande sur le marché de l’Union européenne (UE), avec laquelle la Tunisie réalise 80 % de ses échanges, celles à destination de l’Afrique subsaharienne ont, en revanche, connu une hausse de 15 %. Même si cela ne représente que moins de 2 % des ventes du pays à l’étranger, la performance n’est pas anodine. Rien d’étonnant alors que, pour sa première visite officielle à l’étranger, le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères, Kamel Morjane, ait choisi de se rendre, les 8 et 9 février, dans une capitale subsaharienne. Du reste, le chef de la diplomatie tunisienne connaît bien le sud du continent pour avoir été le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RD Congo et, auparavant, responsable Afrique au sein du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Tout un symbole

La visite de Morjane à Ouagadougou, capitale du Burkina, est présentée à Tunis comme un geste symbolique traduisant la volonté de donner un nouvel élan aux relations avec l’ensemble du continent, auquel la Tunisie a donné son ancien nom d’Ifriqiya. Elle a été suivie par celle de Chokri Mamoghli, secrétaire d’État au Commerce, au Cameroun et au Gabon. C’est que, pour la Tunisie, l’année 2010 est bien partie pour être placée sous le signe de l’Afrique : une dizaine de missions commerciales en Afrique centrale et de l’Ouest, l’ouverture, déjà effective, à Abidjan d’une représentation du Centre de promotion des exportations (Cepex) et la tenue, les 15 et 16 avril à Tunis d’un Salon international des services axé sur l’Afrique et auquel sont conviés plusieurs dizaines d’opérateurs et d’experts du continent.

L’événement de l’année devrait néanmoins être la signature d’un accord commercial, d’investissement et de coopération technique entre la Tunisie et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), un espace économique de 72 millions d’habitants regroupant huit pays (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et dont la monnaie commune est le franc CFA. La création de cette organisation (en 1994) ayant rendu caducs les accords commerciaux bilatéraux conclus auparavant, il a fallu plusieurs années de négociations pour que les deux parties finissent par en parapher le projet, avant sa signature officielle, attendue dans le courant du mois de mars. Cet accord devrait doper les échanges, car il prévoit des préférences tarifaires réciproques pour une série de produits, la levée des barrières non tarifaires, ainsi que le renforcement des investissements et de la coopération technique. « Cet accord, nous le souhaitons depuis longtemps, nous a confié Taoufik Mlayah, président de la Chambre syndicale des sociétés de commerce international et pionnier des opérateurs tunisiens sur les marchés subsahariens. Une fois cet accord signé, je suis convaincu que les produits ouest-africains et tunisiens deviendront plus compétitifs sur nos marchés respectifs. »

Pour renforcer ses liens avec l’ensemble des sous-régions africaines, Tunis se prépare aussi à négocier son adhésion au Marché commun d’Afrique orientale et australe (Comesa), dont les vingt États membres (notamment la Libye, l’Égypte et le Soudan) représentent un marché de 340 millions d’habitants. La Tunisie a aussi exprimé sa volonté de parvenir à un accord préférentiel avec la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui comprend six pays (Cameroun, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, Tchad).

Cette recherche d’accords de libre-échange et préférentiels constitue le cadre réglementaire que l’État se devait de mettre en place pour faciliter l’intensification de la coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne. Pour leur part, les entreprises, publiques et privées, ont, au cours de la dernière décennie, défriché le terrain. En neuf ans, la valeur des exportations tunisiennes de biens vers la région a plus que triplé (+ 318 %), à 409 millions de DT (215 millions d’euros) en 2009, contre 129 millions en 2000. Le total des échanges de biens est, quant à lui, passé de 459 millions de DT en 2008 à 514 millions de DT (271 millions d’euros) en 2009.

Normes européennes

Les principaux marchés qui ont importé de Tunisie, en 2009, pour une valeur oscillant entre 10 millions et 90 millions de DT sont l’Éthiopie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mozambique, Djibouti, le Congo-Brazzaville, le Burkina, le Cameroun, le Nigeria, la Namibie, la Guinée-Bissau et le Togo.

Les produits phares à l’exportation sont issus de l’industrie mécanique et électrique (fils et câbles conducteurs isolants pour l’électricité, interrupteurs, disjoncteurs, électroménager, pièces automobiles de rechange…), de l’agroalimentaire (margarine, pâtes alimentaires, couscous, huile d’olive, biscuits, farine boulangère, dattes, conserves…), des matériaux de construction (peinture à eau et à huile, sanitaires, céramiques, carreaux, plâtre, ciment blanc, fer, articles d’étanchéité, aluminium, serrures, tubes…), de l’industrie chimique (engrais, détergents…) et des industries diverses (fournitures scolaires, papier…).

« Nos produits sont bien visibles et appréciés dans ces pays, malgré la concurrence des produits asiatiques, souligne Mlayah. C’est que les industriels tunisiens se sont alignés sur les normes de qualité des produits européens à la faveur de l’accord d’association avec l’UE. Nous avons donc l’avantage en matière de rapport qualité-prix. » Et c’est bien là la nouveauté. Les grandes entreprises tunisiennes, jusque-là totalement dédiées à l’exportation vers les pays de l’UE, tiennent de plus en plus compte dans leurs stratégies du marché subsaharien. C’est par exemple le cas de groupes industriels multisectoriels comme Poulina Group Holding et le Groupe Slama, qui se sont imposés en Afrique sur le marché des produits agroalimentaires. Le groupe Alliance de Tarek Cherif, spécialiste de la peinture, plastique et résine, est le fournisseur attitré de plusieurs pays subsahariens. Tunisie Câbles, membre du groupe OneTech, est imbattable sur le créneau des câbles d’énergie et de distribution électrique. Omniacom International fournit les équipements pour raccorder les quartiers périphériques et les villages africains aux réseaux nationaux de télécommunications.

BTP, bureaux d’études, TIC…

Aux exportateurs de biens, il faut ajouter les fournisseurs de services, qui, bien que leurs recettes ne figurent pas dans les statistiques du commerce extérieur de la Tunisie mais plutôt dans celles de la balance des paiements, sont bien visibles sur le terrain en Afrique subsaharienne. Ce sont plus particulièrement des entreprises de travaux publics, des bureaux d’études, des sociétés de TIC et des experts. Le groupe tunisien Soroubat a ainsi décroché un contrat de 222 millions de dollars, sur financement de la Banque islamique de développement (BID), pour construire un tronçon de 76 km prolongeant l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Au moins trente-sept contrats ont été attribués par la Banque mondiale, entre 2001 et 2009, à des entreprises tunisiennes, parmi lesquelles on retrouve la Scet à dix reprises, la Studi à dix-huit reprises, mais aussi la ST2I ou encore Tunisie Câbles. Le groupement d’entreprises tuniso-burkinabè SGTI-ATP a décroché, en septembre 2009, le plus gros de ces contrats – 20 millions de dollars – pour les travaux d’aménagement de la route Bandiagara-Bankass-Koro, au Mali. Le même groupe s’est vu attribuer un contrat d’une valeur de 12 milliards de F CFA pour le bitumage du tronçon Say-Tapoa, au Niger, dont les travaux ont été engagés en janvier.

Les Tunisiens qui ont réussi sur le continent sont unanimes : les opportunités d’échanges entre le nord et le sud du Sahara sont énormes, surtout lorsque les accords de libre-échange deviennent une réalité. Mais deux handicaps structurels demeurent. Le premier a trait au transport de passagers. Tunisair dessert l’Afrique de l’Ouest (Dakar, Abidjan et Bamako), mais pas l’Afrique centrale ou l’Afrique australe. De sorte que pour se rendre de Tunis à Kinshasa, par exemple, on est obligé de passer par Paris, ou bien par Casablanca, ce qui rallonge considérablement le trajet. Rejeb Elloumi, PDG d’un cabinet d’audit, qui se rend souvent en Afrique subsaharienne pour des actions humanitaires dans le cadre du Lions Club International, en sait quelque chose. « Pourquoi, se demande-t-il, faut-il mettre douze à vingt heures pour aller d’un pays africain à un autre, quand la distance peut être parcourue en seulement quatre heures par un vol direct ? » Selon lui, un tel handicap alourdit le coût d’un voyage de prospection pour un homme d’affaires (10 000 dollars en moyenne pour une semaine).

Le second handicap est l’absence d’une desserte maritime directe pour les échanges de marchandises entre la côte méditerranéenne et le littoral atlantique. « Je crois qu’on a pratiquement résolu le problème, estime néanmoins Mlayah. La plupart des compagnies maritimes internationales sont présentes en Tunisie, et il y a tous les jours des bateaux pour l’Afrique subsaharienne moyennant, il est vrai, un transbordement en conteneurs à travers l’Espagne, la France et l’Italie. Sauf qu’en palettes et dans le vrac, cela pose encore des problèmes… »

Tounsi
March 22nd, 2010, 06:53 PM
La Rencontre de Partenariat Afrique-Tunisie : L’offensive tunisienne pour reconquérir l’Afrique



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Un logo symbole du mouvement de l’aller/retour Nord et Sud tout en rondeurs, en douceur et en couleurs, couleurs chaudes, celle de la nature, du sable, du désert, des arbres, de cette Afrique rebelle, riche, profonde et mystérieuse que notre Tunisie ambitionne aujourd’hui d’apprivoiser et de conquérir. Il était temps, et notre pays qui a pourtant été l’un des premiers pays de l’Afrique du Nord à s’intéresser à l’Afrique subsaharienne (dans les années 80) est cette fois-ci bien décidée à reprendre sa place sur le continent après l’avoir négligé au profit d’autres destinations et marchés.

Une stratégie bien étudiée a été donc mise en place par le CEPEX et ses partenaires pour se réimplanter en Afrique et développer des partenariats avec l’entrepreneuriat des pays du Sud. La première action est la rencontre de Partenariat Afrique-Tunisie destiné aux professionnels et décideurs tunisiens et africains opérant dans le secteur des services et des Technologies d’Information et de Communication. Pour le démarrage, une approche claire, celle de l'innovation, et de l’efficacité pour des contacts porteurs et concrets, le but dénicher des opportunités pour des échanges économiques et commerciaux.

La rencontre organisée par le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA), la Banque Africaine de Développement (BAD) aura lieu les 15 et 16 avril au siège de l’UTICA. Elle ambitionne de mettre face à face des opérateurs pour développer de nouvelles perspectives de développement des relations Sud-Sud en ciblant davantage les acteurs indispensables à la mise en place d’une réelle stratégie de coopération internationale. Parmi les secteurs présents : l’Ingénierie qui, rappelons le, est déjà présente en Afrique, les travaux publics et des équipements collectifs, la gestion de l’eau, l’aménagement du territoire, l’électricité et électrification, l’éducation et les technologies de la Communication et de l’Information

La Tunisie forte d’un secteur des services en croissance, (17,7%) qui contribue au PIB national à hauteur de 42,7% et aux exportations à hauteur de 25,5% et emploie 49% de la population a des chances certaines de pénétrer un marché dont la demande pour tout ce qui touche aux services se fait de plus en plus ressentir.

Au programme de la rencontre tuniso-africaine des workshops, des conférences Plénières, un Show room et des visites d’entreprises tunisiennes pour découvrir leur savoir-faire et leur expertise.

Prendront par à la rencontre africaine des ministres, des hauts responsables et des Directeurs Généraux d’organisations et d’institutions publiques, des décideurs, exportateurs, acteurs institutionnels et hommes d’affaires tunisiens et africains et des Bailleurs de Fonds et partenaires internationaux de développement (BAD; BM; BID; FADES, BADEA, BEI…).

Plus d’une vingtaine de pays ont été invités à participer à cette première africaine en Tunisie dont le Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Congo/Brazzaville, Congo/Kinshasa, Cote D’ivoire, Djibouti, Gabon, Gambie, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République Centrafricaine, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tchad Et Togo.

La Tunisie est, rappelons le, le 1er pays africain, 1er pays du Maghreb, 6ème pays arabe et 40ème pays dans le monde sur la compétitivité globale, il est le 1er pays africain et 27ème au niveau mondial en matière de transfert technologique, 27ème mondiale en matière de santé, d’enseignement primaire et de formation, 14ème pour la qualité des infrastructures ferroviaires, 29ème pour la qualité du transport aérien, 34ème pour l’infrastructure, 38ème pour les infrastructures portuaires et 39ème pour les routes.

La Tunisie est également le 2ème pays en Afrique après l’Afrique du Sud, le 3ème dans le monde arabe et le 40ème dans le monde en matière de sophistication des affaires.