View Full Version : Périsud - Vasconi


Electron
June 22nd, 2004, 01:01 PM
Désolé, impossible de trouver un vieux thread dessus...

La ligne noire de « Périsud » sur le périphérique



Le groupe pharmaceutique Sanofi-Synthélabo prend position sur la muraille de Montrouge dans un immeuble vitrine de l'architecte Claude Vasconi.

Le boulevard périphérique est de plus en plus canalisé entre deux rives de programmes immobiliers creusant la frontière entre Paris et la première couronne. Les abords de la porte d'Orléans figurent parmi les séquences les plus bétonnées au cours des dernières années. Une véritable muraille s'élève aujourd'hui à l'entrée de Montrouge, avec la brèche de la RN20. La commune périphérique prend prétexte de la protection de ses arrières résidentiels pour justifier cet urbanisme. L'effet de masse qu'elle procure empêche de discerner la qualité respective des ouvrages qui la composent. Le médiocre y côtoie le standard, et le riverain peut regretter la disparition sur ce front de l'élégante construction en brique des éditions Bordas (ex-Teraplix).

Rien de semblable à déplorer avec Périsud, le dernier maillon livré. Ce programme vient en remplacement d'un sinistre immeuble occupé par France Télécom et rasé, après vingt-trois ans d'existence, en raison notamment de la présence d'amiante. « Il nous a fallu beaucoup d'études avant d'arriver à cette conclusion, le départ du locataire en 1999 provoquant un débat de fond sur le bâtiment », précise Claude Cagol, président de Sefri-Cime. Les deux années ont été mises à profit pour ramener le tour de table d'origine entre les mains du groupe AXA et établir un programme répondant aux canons actuels de la construction tertiaire. Le choix de l'architecte s'est fait au terme d'une consultation sur esquisse remportée par Claude Vasconi, dont c'est la première expérience avec un promoteur français, après toute une série de réalisations tertiaires en Allemagne, de Berlin à Düsseldorf, et d'opérations en cours au Luxembourg.

Arrêté dans ses grandes lignes, le projet est proposé à Sanofi-Synthélabo qui, après l'avoir affiné, concrétise en janvier 2002 par un bail de douze ans. Le nouveau champion national prend ainsi place au côté de Pfizer, le leader mondial, ébauchant un rempart pharmaceutique à la porte sud de Paris. Quelque 1.300 collaborateurs y aménagent en ce moment. Ce qui représente un taux d'occupation plutôt confortable au regard des 36.000 m2 offerts et des 650 places de parking.

Une polyvalence théorique

L'obsession avouée de l'homme de l'art, conscient des difficultés du site, a été « d'échapper à l'effet de barre imposé par la contrainte d'alignement ». D'une hauteur moindre que le précédent, l'immeuble s'étire sur 180 mètres le long du boulevard Romain-Rolland, ligne de démarcation entre Montrouge et Paris en surplomb du périphérique. La distance est franchie en deux temps, trois mouvements, au rythme des circulations verticales contenues dans deux tours de verre dressées à l'aplomb des halls. Ascenseurs et paliers vitrés s'en partagent les volumes et les vues. La première s'accompagne de replis dont l'amplitude désigne en creux l'entrée principale. Claude Vasconi en appelle au Finlandais Alvar Aalto pour justifier son dessin, alors que ce trait acéré, mêlant pointes et sinuosités, est sa signature depuis des années. Caractéristiques de l'auteur sont aussi le pignon taillé en flèche vers la RN20, l'auvent effilé sur la longueur et la tonalité sombre qui souligne l'élégance du trait.

Stratégique, la position demeure difficile à tenir. Du barrage sur le périphérique, l'architecte veut faire une vitrine. Tourné vers Paris au nord, l'immeuble est intégralement vitré et offre des vues lointaines qui font oublier le premier plan, toujours fascinant, du trafic incessant. Une double façade protège du bruit, avec des châssis qui ouvrent sur le vide intérieur ventilé par couple de niveaux. Même en configuration ouverte, l'affaiblissement acoustique demeure très satisfaisant. « Le dispositif représente un vrai surcoût », concède l'architecte, qui se félicite du confort des bureaux placés aux premières loges.

Ce linéaire impressionnant érigé sur 18 mètres de large est doublé sur l'arrière d'une rue intérieure et d'un socle épais, dont les locaux réservés à la vie collective profitent du dénivelé entre la chaussée haute du boulevard et l'assise basse du terrain pour s'ouvrir sur la cour. Deux ailes basses referment la composition le long des rues adjacentes et assurent la transition avec la banlieue. Ainsi composé, l'ensemble procure un gain en surface de 20 % par rapport à l'immeuble antérieur sans en avoir la hauteur ni l'épaisseur. Il reste en principe divisible à partir des halls et offre des plateaux libres en dépit du classique aménagement en bureaux cloisonnés, d'un à quatre postes de travail, souhaité par l'unique occupant du moment.

Cette polyvalence théorique, gage de longévité, se traduit par une hauteur d'étage de 3,70 mètres entre dalles, pour une hauteur utile de 2,70 mètres sous plafond, relevée à 3,30 mètres au contact du vitrage. Cette ampleur profite également aux bureaux de la façade sud disposés derrière des baies horizontales ourlées de pare-soleil. Etablie sur une double hauteur d'environ 8 mètres, la rue intérieure met en relation les deux niveaux de référence sous une verrière à la fine armature ajourée. Courant d'un bout à l'autre du bâtiment dans un long travelling, cet axe surplombé en mezzanine est jalonné de piliers, ponctué de rampes d'escaliers et traversé de passerelles qui donnent accès aux terrasses aménagées sur le toit du socle. Le décor de cette scène généreuse a été confié à Robert Dal Sasso, qui habille les murs de bois clair et de pierre blonde en un tendre contraste avec l'oeuvre au noir de Vasconi.

FRANÇOIS LAMARRE


© Les Echos 2004

Fabb
September 2nd, 2004, 04:10 PM
Arrêté dans ses grandes lignes, le projet est proposé à Sanofi-Synthélabo qui, après l'avoir affiné, concrétise en janvier 2002 par un bail de douze ans. Le nouveau champion national prend ainsi place au côté de Pfizer, le leader mondial, ébauchant un rempart pharmaceutique à la porte sud de Paris.

Après la fusion avec Aventis, ils vont se trouver à l'étroit.
Mince. Ce géant français aurait pu bâtir un immense gratte-ciel.

Quelqu'un aurait des photos ?

sussucre
September 2nd, 2004, 05:37 PM
j'y passe souvent par là, mais les immeubles se ressemblent un peu tous par ici... que du verre. du vasconi quoi. le mur de mtrouge porte bien son nom.

Fabb
September 3rd, 2004, 03:45 PM
Mais ce n'est pas l'immeuble tout neuf juste en face du Super M ? (Monoprix)
Quelqu'un a des infos sur celui-là ?

SkyscraperStrasbourg
September 15th, 2004, 05:43 PM
L'actuel et siège de Aventis a Schiltigheim a l'avenir incertain.

http://www.ville-schiltigheim.fr/img/economie/gros%20plan%20aventis.JPG

http://archives.strasbourg.fr/cus-magazine/22/images/10.jpg

http://www.dailyrecord.com/_photos/business/012704bizaventis.JPG

www.ville-schiltigheim.fr