View Full Version : La Régence d'Alger l Algiers Regency l 1515-1830


Mikou
June 16th, 2010, 04:16 PM
J'avais envi de faire un thread sur une partie de notre histoire , celle de la régence d'Alger , régence autrefois la plus redoutée du bassin méditerranéen :)


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3f/Flag_of_the_Ottoman_Empire_%281453-1844%29.svg/300px-Flag_of_the_Ottoman_Empire_%281453-1844%29.svg.png

http://img263.imageshack.us/img263/3011/algeravant.jpg

À partir de la fin du XVIe siècle, Alger, sous domination turque, joue le rôle de capitale d'un territoire qui s'étend entre la Moulouya à l'Ouest et La Calle à l'Est. Après l'échec de sa conquête par Charles Quint en 1541, Alger devient le port le plus puissant de la rive Sud de la Méditerranée. La Régence d'Alger, protectorat de l'Empire ottoman dure trois siècles : de 1515 à 1830.


Les frères Barberousse à Alger

Après avoir achevé la Reconquista en 1492 avec la chute du dernier bastion en possession musulmane : l'Émirat de Grenade, le cardinal Ximenès, primat d’Espagne veut porter la Croisade au cœur des petits États barbaresques. Les espagnols annexent plusieurs villes côtières au prix de massacres: Mers El Kébir en 1505, Oran en 1509 et Bougie (Béjaïa) en 1510.

Alger, qui n’a ni l'armée, ni l'artillerie suffisante pour affronter l'armée espagnole, commence à prendre crainte. D’autant que les Espagnols construisent en 1510 sur un des îlots qui fait face à la cité, une forteresse, le Peñon, qui les tient en respect. Sélim et Tûmi, roi d’Alger, font appel aux frères Barberousse, mercenaires albanais originaires de l’île de Mytilène, qui écument alors la Méditerranée et les côtes espagnoles au secours des populations musulmanes victimes de la Reconquista espagnole.

Arudj Barberousse rentre dans Alger en 1516 à la tête de 1 300 Turcs et d’une flotte de 16 galiotes. Il devient maître de la ville après avoir fait étrangler Sélim et Tûmi dans son bain mais il ne peut déloger les Espagnols du Peñon. Il conquiert tout l’arrière-pays et l’Ouest algérien : la Mitidja, le Chélif, le Titteri, le Dahra, l’Ouarsenis et Tlemcen. En 1518, au retour d’une expédition contre le souverain zianide Abou Hammou, il est tué à Rio Salado (El Malah), défait par les Espagnols.

Khayr ad-Din Barberousse succède à son frère. Pour asseoir son autorité, il fait allégeance au sultan de Constantinople Sélim Ier qui envoie à Alger 6 000 hommes dont 2 000 janissaires, troupe d’élite turque, et le nomme émir des émirs (beylerbey). Il repousse une attaque espagnole menée par Hugo de Moncade en 1519 et s’empare de Constantine, Annaba, Ténès, Cherchell et Mostaganem. En 1529, il rase le Peñon et fait construire avec les matériaux de démolition un môle qui relie les quatre îlots à la cité. Alger avait son port. C’est l’acte de naissance de la Régence d’Alger, « république » militaire sous suzeraineté ottomane.

Les espagnols une fois repoussés, Alger, dotée d’un port et entraînée par un chef de guerre se livre avec un succès sans cesse croissant à l'attaque de navires en mer (corso) et au pillage des régions côtières européennes.

La ville d'Alger devient un grand port de guerre qui gagne au fil des expéditions étrangères la réputation de « bien gardée » ( المحروسة en arabe) et d'« imprenable ». La Régence est solidement structurée et armée face aux visées espagnoles. En 1541, Charles Quint, le souverain le plus puissant d'Europe, roi d'Espagne, empereur, réunit une flotte de 65 vaisseaux de guerre, 451 navires et 23 000 combattants dont 2 000 cavaliers et vient faire le siège de la ville. L'attaque d'Alger par Charles Quint est un échec pour les Espagnols, face au commandement d'Hassan Agha : la contre-attaque de ses troupes défait les assaillants, désorganisés par une forte tempête qui a détruit la plus grande partie de sa flotte.



Organisation politique

La Régence d'Alger est gouvernée par des beylerbeys (1529-1587), par des pachas (1588-1659) puis des aghas (1659-1671). Elle passe en 1671 sous le pouvoir des deys.

Les beylerbeys et les Pachas étaient désignés par le sultan de Constantinople. Ils exerçaient leur suzeraineté sur les Pachas de Tunis et de Tripoli.

Au cours du XVIIème siècle, Alger se dégage de l'autorité de la Sublime Porte. Des pouvoirs nouveaux émergent des conflits pachas-taïfa-odjaq: celui des aghas puis des deys. De 1671 à 1689 les deys sont choisis par la taïfa des raïs (armateurs) et de 1689 à 1830 par l'odjaq, la turbulente milice des janissaires. Sur les 30 deys qui se succédèrent de 1671 à 1818, 14 furent imposés par l'émeute après l'assassinat de leur prédécesseur. En 1711, le dixième dey, Ali Chaouch refusa d'accueillir l'envoyé de Constantinople et obtint du sultan l'autonomie. Les deys gouvernaient en souverains absolus conseillés par le diwan, composé de hauts fonctionnaires turcs. Ils étaient assistés par un agha, le khaznadji chargé de la trésorerie et de trois beys installés à Oran (après Mazouna et Mascara), Médéa et Constantine.




Organisation militaire

L'organisation militaire repose d'une part sur les janissaires, et d'autre part sur les capitaines ("raïs") des navires "corsaires". Malgré leurs rivalités permanentes, ces deux corps puissants corps militaires sont indissociables : c'est avec le produit des prises des raïs que les janissaires sont payés.


L'Odjaq des Janissaires

On appelle Odjaq la milice des janissaires. Pleins de morgue et de mépris pour les autres habitants de la ville, les janissaires forment une caste à part qui n'obéit qu'à ses chefs. Honnis par la population en raison de leurs exactions, leur rôle est grandissant à Alger dont ils finissent par devenir les maîtres. Turbulents et indisciplinés, faisant et défaisant les gouvernements, ils tiennent de moins en moins compte de l'autorité de la Porte.Pour contrecarrer le péril janissaire, les souverains créèrent avec des contingents kabyles une armée aussi vaillante mais plus sûre.



La taïfa des raïs

Ce sont les raïs qui arment les navires pour la "course". Les plus grands raîs d'Alger se recrutent parmi les "renégats" (chrétiens convertis) qui ont souvent une grande connaissance des choses de la mer. Cette nouvelle caste de "Turcs de profession" se développe jusqu'à devenir puissante rivale des janissaires: c'est la Taïfa des Raïs. En 1558, la marine de la Régence est forte de 35 galères et 25 brigantins. Lorsque la flotte dispose de navires de haut bord, les écumeurs algériens portent la terreur jusqu'en Islande (1616). Les pays européens tels la France, l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et même les États-Unis organisèrent aux XVIIème et XVIIIème siècles des expéditions punitives contre les Algériens, mais sans résultats notables.



Organisation territoriale

Les Turcs ne se limitent pas à l'occupation du littoral. Ils placent des garnisons à demeure dans les villes qui ont une position stratégique. Ils sont les artisans de la délimitation du futur territoire algérien par des frontières précises avec la Tunisie et le Maroc. Salah Raïs (1552-1556) oblige les caïds de Touggourt et Ouargla à payer tribut. Il conquiert le Sud grâce à l'aide des Béni-Abbès (kabyles).

La province d'Alger est le domaine propre du dey (Dar Es Sultan). Les provinces ou beyliks d'Oran, Médéa et Constantine ont à leur tête un bey. Chaque beylik était subdivisé en cantons (outân) comprenant plusieurs tribus et administrés par des commissaires ou caïds qui ont sous leurs ordres les chefs de tribus ou cheikhs.

Pourvu qu'ils se soumettent à l'impôt et au passage des troupes, les beys ne s'inquiètent pas de troubler les coutumes de leurs sujets. Néanmoins l'influence turque en Algérie était très faible et uniquement formelle.


Alger des Raïs

Les navires appartenaient aux raïs, membres de la puissante Taïfa. Les voiliers des corsaires sont tous de petite jauge et sacrifiaient à la vitesse la puissance de leur armement. C'étaient des chébecs, galiotes ou brigantins. Ils utilisaient plus souvent la rame que la voile afin d'éviter d'être vus de loin.

La chiourme était bien entraînée, disciplinée et maigrement nourrie : "la ration journalière se composait de trois biscuits et d'une mesure d'eau vinaigrée". Les rameurs étaient enchaînés à leur place et n'en bougeaient pas pendant la manœuvre. Cette légèreté de manœuvre va faire la fortune de la "course" algérienne. Cervantès, captif à Alger de 1574 à 1580, nous la décrit par la bouche d'un marin algérien: "Nous autres, nous allons à la légère et aussi vite que le feu". L'attaque se faisait à l'abordage et les combats à l'arme blanche.

Haëdo: "À leur retour, tout Alger est content. On partage le butin, vend les captifs au Batestan (marché aux esclave s). On ne fait que manger, boire et se réjouir".

Au plus fort de la course, on recensait 60 000 habitants à Alger, non compris les 25 000 captifs chrétiens.

Place forte, hérissée de défenses contre les attaques maritimes, la ville était entourée d'une enceinte protégée par un fossé large et profond. Sur le parapet étaient pratiqués des créneaux et des embrasures pour les fusils et les canons. On accédait à la ville par 5 portes : Bab Jedid, Bab Azzoun, Bab El Oued, Bab Dzira et la Porte de la Pêcherie. Les deux dernières s'ouvraient sur le môle.

Les maisons sont blanches, à terrasses, étagées. À la fin du XVIème siècle, les raïs édifièrent de somptueux palais dans la basse ville. Haëdo en 1580 recense 100 mosquées, chapelles ou zaouias. En 1660, l'odjaq éleva le plus important monument religieux de l'Alger turc : la mosquée de la Pêcherie.

Les Turcs constituaient une aristocratie militaire. Les métis de Turcs et de femmes indigènes : les Kouloughlis: participaient aux affaires publiques. Les Maures tenaient l'industrie locale et l'artisanat. Ils étaient parfois cultivateurs. Les Juifs, immigrés d'Espagne aux XIVe et XVe siècles représentaient une aristocratie intellectuelle et commerçante[non neutre]. Les Européens étaient parfois marchands mais surtout captifs.

Les souverains français et de Grande-Bretagne étaient représentés auprès de la Régence par un consul.

Alger exportait des céréales, des chevaux barbes, des cuirs, de la laine, de la cire et même de l'or et des esclaves. La vie était assez facile [évasif] car les vivres étaient abondantes et à bon marché

WIKIPEDIA

Mikou
June 16th, 2010, 04:18 PM
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/08/La_cite_le_port_et_le_mole_d_Alger.jpg/689px-La_cite_le_port_et_le_mole_d_Alger.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 04:21 PM
..

Alger des esclaves au temps d'Emanuel d'Aranda (1640-1641)

Emanuel d'Aranda, Espagnol des Flandes, est capturé par les Barbaresques et reste environ un an esclave en Alger pendant que son échange se négocie. Son récit est l'un des plus faciles à lire pour le lecteur moderne en raison de son style simple, enlevé, coloré. D'Aranda expose ses aventures personnelles d'une part, et d'autre part, il trace un portrait de l'Alger de son temps : histoire, géographie, politique, mœurs, anecdotes. L'on choisira de le suivre pour décrire l'Alger qu'il a vu (à quarante ans près, c'est l'époque de la gravure qui ouvre cet article), plutôt que de mélanger les auteurs et les périodes.

* Les galères : elles existent encore au temps d'Aranda, bien que lui n'ait pas l'occasion d'y ramer
* Au marché aux esclaves ("Batestan") : "Un vieillard inventeur fort caduc, un bâton à la main, me prit par le bras et me mena différents tours par ledit marché" ; les acquéreurs éventuels s'intéressent à la force physique des esclaves en examinant leurs mains et leurs dents, ainsi qu'à leur pays et à leur état de fortune pour évaluer le montant de la rançon à demander ; le mot qui revient : "Arrache, arrache" ("Qui offre plus ?")
* Évaluation de la rançon possible ; c'est le grand sujet qui mobilise toute la ruse et tout le réseau de relations tant du côté des maîtres (pour tenter de détecter les plus riches) que des esclaves (pour se faire passer pour pauvre s'ils ne le sont pas); les questions directes ne suffisent pas ; des réseaux de renseignements structurés viennent les compléter, mobilisant maîtres musulmans, esclaves anciens et commerçants juifs ; tout dépend de la réponse à cette question, et d'abord quel maître achètera l'esclave ; dans le cas d'Aranda, il est d'abord acheté par Saban Gallan, considéré par tous comme un brave homme ; ensuite, le Régent, le croyant riche, fait jouer son droit de préemption avant de le laisser à Ali Pegelin, un richissime raïs, après s'être laissé convaincre (à tort) qu'Aranda n'a pas d'argent ;
* Circuits : aussi complexes qu'efficaces quand il s'agit de l'essentiel ; bien qu'Aranda ait menti sur son nom et sa nationalité, il est recherché au bout de peu de jours sous son identité exacte ; il réussit aussi à faire un paiement par lettre de change (argent reçu à Alger, contrepartie payable en Flandre) ; quant aux circuits de vente du vin, ils méritent eux aussi l'attention des sociologues, qui se réfèreront au texte intégral d'Aranda (lien clicklable en bibliographie) ; la complexité des circuits atteint des sommets quand il s'agit d'échange de captifs (un tel échange sera réussi dans le cas d'Aranda, lui évitant de payer une rançon), car aucun intérêt ne coïncide exactement avec les autres : par exemple les captifs musulmans échangeables n'appartiennent pas à la famille du patron d'Aranda, lequel n'entend pas se priver du produit d'une rançon en argent pour permettre la libération de coreligionnaires qui ne lui sont rien
* Le "Bain" ; c'est ainsi que l'on nomme (ce nom a donné bagne) les sortes de casernes où de nombreux esclaves sont regroupés ; Aranda décrit celui d'Ali Pegelin, le maître dont il dépend la plupart du temps ; le cri du matin : "Sursa cani, abaso canalla" (Levez vous, chiens, debout, canaille) ;
* Ali Pegelin, le maître principal de d'Aranda, est aussi connu par d'autres sources comme Piccinino ou Bitchin ; ce richissime armateur de galères, qui possédait 3 000 esclaves, est un renégat italien ; il fonda en 1622 une mosquée qui resta longtemps connue comme "mosquée d'Ali Bitchnin", avant de devenir d'église Notre-Dame des Victoires, toujours debout en 1930 ; d'après Aranda cependant (voir plus loin Dialogue interreligieux), il la fréquentait guère ;
* La nourriture : généralement, chez Ali Pegelin, un morceau de pain ou de biscuit, et encore de façon aléatoire ; après le travail pour leur patron, les esclaves ou 3 ou 4 heures à eux pour "chercher leur vie" ; ceux qui ont trouvé quelque chose à voler le vendent au autres après encore des "Arrache, arrache" ; la nourriture est meilleure et la conversation plus digeste chez un pauvre soldat nommé Casaborne Mostafa, chez qui d'Aranda sert un temps ; en tant que janissaire, Mostafa n'a ni femme ni enfant, son héritage est destiné au Régent, en conséquence il préfère le manger et le boire ; il s'assied en tailleur, fait manger d'Aranda au même plat et lui conseille de se remonter le moral en imaginant qu'il est le maître et Mostafa l'esclave ;
* L'alcool : pour quelques piécettes, on s'en procure aisément ; quand Ali Pegelin a pris une cargaison d'alcool, il ne la laisse pas perdre ; d'après la théologie en vigueur à Alger au temps d'Aranda, un musulman peut boire de l'alcool mais non en vendre ; en conséquence, sa vente suit des circuits complexes qui passent par le "bain" ; celui-ci a sa taverne, très fréquentée des soldats turcs en plus des esclaves chrétiens ; elle est située "entre des galeries de deux étages", juste à côté de l'église qui peut contenir 300 personnes ; la présence de la taverne amène, pour les esclaves du bain, quelques coups de leurs gardiens quand une bagarre d'ivrogne a réveillé Ali Pegelin, dont le palais est limitrophe, mais aussi une petite circulation d'argent dont certains réussissent à attraper leur part ;
* "Pêché abominable" : très répandu et non réprimé ; Ali Pegelin n'en est pas adepte, mais il a quand même une poignée de beaux et jeunes esclaves en son palais, par ostentation, pour montrer qu'il pourrait s'il voulait ;
* Dialogue interreligieux : le père Angeli, un prêtre gênois détenu aux bains d'Ali Pegelin, est apprécié de tous : catholiques, luthériens, russes orthodoxes et même musulmans ; Ali Pegelin le fait venir pour lui demander quel sera son sort à sa mort ; après maintes hésitations, le prêtre ose répondre qu'il ira droit en enfer ; Ali Pegelin lui ayant demandé s'il y avait un moyen de l'éviter, le prêtre ose lui suggérer d'être meilleur musulman : s'abstenir de voler, montrer quelque miséricorde, s'abstenir de se moquer du Coran ; mettre quelquefois les pieds à la mosquée ; s'abstenir, quand il est chez le Régent et que le cri du muezzin retentit, de se couvrir le visage d'un mouchoir pour montrer qu'il fait ce qu'il peut pour cacher son rire ; tout cela paraissant un peu compliqué, Pegelin décide que le diable fera de lui ce qu'il voudra le moment venu ; on précisera tout de même qu'en parallèle des efforts du père Angeli pour rendre Pegelin meilleur musulman, ce dernier fait son possible pour que ses esclaves restent bons chrétiens ; celui qui parait vouloir se convertir à l'Islam est roué de coups, Pegelin craignant que cette conversion ne l'oblige à terme à affranchir l'esclave ;
* Mondialisation : dans le bagne d'Ali Pegelin, il y a des marins de toutes nationalités : Espagnols, Portugais, Anglais, Bretons, Italiens, Hollandais et même Russes ; ils échangent des informations sur toutes les nouvelles terres : Amérique, Brésil en particulier


Alger vu par d'Aranda

* Situation et topographie : à flanc de montagne, en gradins autour de la mer, avec une belle vue de partout ; maisons blanches recouvertes de terrasses sur lesquelles on peut circuler d'un bout à l'autre de la ville ; rues très étroites, fermées la nuit par des chaînes ; murailles sans capacité défensive réelle ; mosquées, palais du Régent, casernes, bains ; une petite île jointe à la ville par un môle pour former le port ;

* Population : 100 000 âmes, dont 12 000 Turcs, soldats de la garnison ; 30 000 à 40 000 esclaves "de toutes les nations du monde" ; le reste de "bourgeois algériens, Maures, Morisques et juifs, et quelques marchans chrétiens" ; des "reniés de toutes nations chrétiennes", dont 3 000 Français ; cette population est très hiérarchisée ; les Turcs occupent le sommet de la pyramide ; les musulmans non turcs sont divisés en plusieurs groupes distincts dont les Morisques (descendants de fugitifs chassés d'Espagne par la reconquista) sont parmi les moins considérés ; les juifs sont situés au plus bas de l'échelle et ne peuvent même pas, s'ils le souhaitent, se convertir à l'Islam directement ; ils doivent passer par une conversion intermédiaire au christianisme, ce qui est d'ailleurs assez simple à pratiquer (les autorités d'Alger considèrent qu'il suffit de manger une fois du porc pour que la conversion soit opérée).

* Politique : Le Régent, que d'Aranda appelle le Bassa, "ne se fâche pas d'être flatté du nom de Sultan" ; il reconnait l'Empereur ottoman (le "Grand Seigneur") "de bouche", mais "tient fort peu de compte de ses ordres, passeports et traités" ; en revanche, il redoute les Janissaires et ne se permet pas trois heures de retard dans le paiement de leur solde ; plus d'un Régent a été massacré pour un désaccord financier minime avec eux ; d'où un perpétuel besoin d'argent qui en fait un interlocuteur peu fiable pour les princes chrétiens : "Et, pour avouer la vérité, il est très difficile au Bassa de bien observer la paix avec quelque nation que ce soit, s'il veut être aimé des soldats, d'autant que le tantième qui lui revient des prises fait la plus grande somme de ses finances ; ce qui ne serait point s'il observait exactement la paix avec quelque nation" ; le Régent a un conseil qui se réunit dans un couloir de son Palais

* Soldatesque : "reniés, gens perdus, sans religion et conscience, fugitifs de la chrétienté et de Turquie, pour l'énormité de leurs crimes, auxquels cette ville sert d'asile et de réceptacle, même contre le courroux du Grand Seigneur."

* Force militaire : "son assiette, munition et forteresse ne sont aucunement considérables" ; la nuit, la surveillance du guet est minime ; la garnison est particulièrement faible l'été, quand une partie des janissaires est à la mer avec les raïs et une autre partie en villégiature à la campagne ; une attaque à l'automne (comme ce que tenta Charles Quint) est en revanche déconseillée, car alors "la mer Méditerranée n'est pas moins troublée que les autres par les tempêtes et les orages" ; un seul point de prise véritable d'eau douce, celle-ci étant ensuite répartie par les canalisations "à la romaine" ;

* Poison ; Aranda le juge "fort commun en Afrique", un moyen courant de se débarrasser d'une femme ou d'un mari ; invité à un festin par Pegelin, le Régent arrive avec vingt de ses propres esclaves qui lui servent sa propre nourriture et sa propre boisson, ce dont Pegelin ne se formalise pas ;


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/37/Captain_walter_croker_horror_stricken_at_algiers_1815.jpg/797px-Captain_walter_croker_horror_stricken_at_algiers_1815.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 04:25 PM
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/53/Captain_walter_croker_visiting_the_hospital_at_algiers_1816.jpg/777px-Captain_walter_croker_visiting_the_hospital_at_algiers_1816.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 04:26 PM
Marché aux esclaves chrétiens d'Alger

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/89/Marche_aux_esclaves_d_alger_gravure.jpg/800px-Marche_aux_esclaves_d_alger_gravure.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 04:27 PM
Titre : Femmes d'Alger dans leurs appartements
Peintre : Delacroix
Musée du Louvre , Paris


http://www.navigo.com/wm/paint/auth/delacroix/algerian.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 04:31 PM
Carte d'Alger en 1837 peu après la prise d'Alger par les français


http://www.euratlas.net/cartogra/algerie_1837/algeria_D1.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 04:33 PM
Les Européens formaient alors la majorité des algérois


Les Européens constituent une part considérable de la population d'Alger, soit comme esclaves, soit comme renégats ("Turcs de profession") ; ces derniers, paradoxalement, constituent (plus au début qu'à la fin tout de même) l'essentiel de la piraterie algéroise (voir les biographies de Hassan Veneziano , Simon Dansa, Ali Bitchnin ) ; il s'agit souvent d'esclaves qui ont réussi à sortir de leur condition, mais aussi, plus souvent qu'on pourrait croire, d'immigrés volontaires ; pour un gredin doué pour la navigation, Alger est pleine de promesses ; l'Européen qui se convertit à l'Islam est considéré comme Turc, ce qui lui donne le statut le plus élevé possible dans la Régence d'Alger ; aucun poste ne lui est fermé, pas même celui de Régent ; à ces stratégies individuelles, on ajoutera des phénomènes politiques ayant entraîné des immigrations par vagues en provenance de certaines origines à certaines époques (Corses préférant être musulmans que Gênois ; Anglais et Hollandais à l'époque où Alger était le meilleur point de départ possible pour attaquer les galions espagnols ; anciens Chiens de Mer d'Elisabeth première d'Angleterre) ; la composante européenne de la ville n'est en rien marginale ou passagère ; l'Islam n'est pas particulièrement un obstacle, au moins pour les immigrés du bord de la Méditerrannée (le cas des Anglais et Hollandais étant différent, voir l'article dédié) ; des caractéristiques telles que l'esclavage ou la polygamie ne sont pas répulsives pour tout le monde (tout dépend si l'on s'identifie au prédateur ou à la victime) ; le capitan renégat, qui risque gros s'il est jugé en Europe, a vocation à rester à Alger, contrairement au janissaire turc venu pour faire fortune rapidement (s'il le peut) et repartir ; les Européens sont partout, y compris au coeur de la structure familiale algéroise, à condition de ne pas oublier de voir les femmes (ni leurs amants) : le janissaire dissuadé d'épouser une musulmane du pays fait souche avec une esclave chrétienne ; l'esclave domestique chrétien, supposé invisible, rencontre librement les femmes des familles musulmanes les plus fermées à leurs voisins, et fait plus d'une fois souche sous le nom de son maître ;

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Mikou
June 16th, 2010, 04:35 PM
Les Turcs d'Alger

Les Turcs, arrogants et brutaux, sont recrutés parmi les pires brigands de Turquie et tiennent le haut du pavé à Alger ; ils sont en général célibataires, à la fois parce que Constantinople décourage leur mariage et parce que les femmes turques refusent de venir en Alger ; leurs amours se déroulent soit avec des esclaves chrétiennes, soit entre hommes ; s'ils viennent à épouser des femmes musulmanes indigènes, leurs enfants, les Kouloughlis, conservent un statut inférieur ; dans le contexte d'Alger, les Turcs sont bien entendu libres, mais ils ont tous le statut de Janissaires (même ceux qui, de fait, ont des fonctions civiles) ainsi que la solde (il en va donc autrement qu'en Turquie, où les Janissaires sont des esclaves recrutés parmi de jeunes chrétiens enlevés à leur famille ) ; les Turcs de l'Odjak (la milice) des Janissaires, sont les vrais maîtres d'Alger, puisqu'à toutes les époques le principal souci du Régent, qu'il soit Pacha, Agha ou Bey, sera d'assurer leur solde ; cependant, et paradoxalement, à partir de la période des Aghas, Alger se veut indépendante de Constantinople ;

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Mikou
June 16th, 2010, 04:37 PM
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Ali Bitchnin

Vénitien, pirate et plus ou moins Roi d'Alger

'''Ali Bitchin''', ou Bitchnin, ou Pegelin (et autres variantes), né, croit-on Piccini ou Piccinino, à Venise, est un "renégat" (chrétien converti à l'Islam) qui fait fortune à Alger en pratiquant le corso ; il est grand amiral d'Alger ; il est connu par une mosquée qu'il a fait construire à Alger (mosquée d'Ali Bitchnin) ; il est bien connu en particulier grâce au récit de captivité que publia Emanuel d'Aranda, son esclave pendant un an environ en 1640 et 1641 ; il arrive qu'Ali Bitchin soit considéré comme ayant été Régent d'Alger à cause d'une très brève et très ambigue prise de pouvoir en 1645.

Ses richesses sont immenses. Il possède un palais en ville, une maison de campagne, un "bain" (bagne privé ), plusieurs galères et des milliers d'esclaves. Ce qui ne l'empêche pas de nourrir ses esclaves d'un simple morceau de pain ou de biscuit, et encore, pas tous les jours.

Son bagne, situé près de son palais et de sa mosquée, comporte une église, ainsi qu'une taverne, supposée tenue par ses esclaves, et fréquentée aussi par les soldats turcs (car, d'après les doctrines théologiqies en vigueur alors à Alger, un Musulman peut boire de l'alcool à condition de ne pas en vendre)[1]. Il est décrit en ces termes par Aranda [2]:

" De là, nous fûmes au bain de notre nouveau maître ; c'est la place destinée pour le logement et la demeure des esclaves des galères. Ledit bain était une rue de sa maison, la qualité duquel et la situation je vous décrirai en bref. Premièrement, il y avait l'entrée étroite, et on venait dans une grande voute, qui recevait la lumière telle quelle par quelques treilles d'en haut, mais si peu qu'en plein jour et à midi, dans aucunes tavernes dudit bain, on devait allumer des lampes. Les taverniers sont esclaves chrétiens du même bain, et ceux qui viennent là pour boire sont des corsaires et soldats turcs, qui s'amusent à boire et à faire des pêchés abominables. En haut, c'est une place carrée entre les galeries de deux étages ; et, entre ces galeries, il y avait aussi des tavernes et une église de Chrétiens, capable de contenir 300 personnes, pour entendre la messe. Nous étions là 500 esclaves chrétiens appartenant à notre patron Ali Pegelin."

Il ne sort qu'entouré d'une cinquantaine de pages d'une grande beauté, richement vêtus.

Mikou
June 16th, 2010, 04:40 PM
ALGIERS DANCE

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http://www.flickr.com/photos/raedqutena/4615796966/

Mikou
June 16th, 2010, 04:47 PM
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Mikou
June 16th, 2010, 04:50 PM
http://www.decitre.fr/gi/09/9782742769209FS.gif

« Esclave à Alger »

Récit de captivité de Joao Mascarenhas, 1621-1626

Un récit saisissant d’un voyageur portugais... Pris dans l’enfer de l’esclavage au service des Turcs, sous l’empire desquels l’Algérie souffrait alors, Joao Mascarenhas en a livré un livre foisonnant...

Nous sommes en 1621. Un vaisseau portugais (le Portugal est alors lui-même colonisé par l’Espagne, mais comme on sait cette inféodation sera de courte durée, le nationalisme portugais reprenant le dessus très vite) chargé de marchandises persanes et indiennes livre un combat désespéré aux vaisseaux turcs, qui l’arraisonnent... Il s’agit bien de piraterie, mais de piraterie organisée, à partir d’Alger, elle-même possession turque.

« Pendant deux jours entiers dix-sept gros navires, avec cinq mille combattants et plus de cinq cents pièces d’artillerie, n’ont pu réduire une nef qui n’avait que vingt-deux pièces et cent et quelques hommes affaiblis et malades après huit mois de traversée... » Passons sur l’héroïsme de celui qui raconte... A son honneur, car la suite est moins glorieuse : « Si je devais compter en détail ce qui arriva à chacun des captifs sur les navires où ils furent répartis, je n’en finirais jamais... »

Alger, ville d’esclaves

Et pourtant, Joao Mascarenhas va en avoir à raconter : les plus jeunes et les plus nobles des prisonniers sont choisis par le Pacha pour le service de la Turquie, et certains partent immédiatement pour Constantinople, à la Cour du Grand Turc : la compassion du voyageur s’exprime à leur endroit : « Cette Dame fut la plus malheureuse du monde : revenant d’Inde avec de grandes richesses, elle embarque dans un navire et, le jour où elle voit la terre où elle va se reposer avec son mari, celui-ci est tué d’un coup de feu, on emmène son fils aîné à Constantinople pour le faire turc, le plus jeune meurt de la peste dans ses bras, elle devient esclave, et pour comble de servitude et de souffrance, elle voit sa fille aveugle et très jolie rester au pouvoir des barbares. Aujourd’hui encore elle et sa fille sont esclaves du Divan. »

Les autres sont alors vendus : « Ils emmenèrent les autres captifs au Batistan, pour y être vendus ». Le Batistan d’Alger, dérivé du nom du Grand Bazar de Constantinople, était une grande et large rue où les prises de piraterie, y compris les prisonniers, étaient vendues aux enchères.

Suivent les descriptions précises de la vie à Alger, de l’architecture de la ville, de la manière dont les Turcs y ont établi leur contrôle et dont sont traités les milliers d’esclaves chrétiens, portugais, espagnols, français, italiens, qui travaillent là au service de marchands ou de seigneurs, le plus souvent turcs, mais parfois renégats chrétiens eux-mêmes, ayant établi leurs affaires au service du pouvoir local... Autant de personnages étonnants et de scènes palpitantes, où l’on sent vibrer l’atmosphère du lieu : le môle, dominant l’actuel port d’Alger, le long duquel les navires sont amarrés, les bastions de place en place, les remparts d’Alger et la foule de soldats qui les gardent...

Mikou
June 16th, 2010, 04:51 PM
http://farm3.static.flickr.com/2758/4425023481_eee10f9400_o.jpg
Pintor : Jean Leon Gerome

« Il y a dans la ville soixante bains, où vont se laver tous les habitants d’Alger... Jusqu’à midi les hommes sont lavés par les hommes. De midi jusqu’au soir des femmes viennent laver les femmes... Dès qu’une personne entre, elle se déshabille dans un cabinet isolé, on lui donne un linge pour se couvrir, ses vêtements sont mis dans un endroit sûr et gardé, et elle passe dans une pièce chaude où elle commence à suer très fort... alors vient un maure avec un gant de crin, qui le lave et le nettoie parfaitement pendant qu’il continue à suer, mais sans lui faire aucun mal. Quand on a fini de le laver, on lui donne deux linges chauds dont il se couvre, et il va s’asseoir à l’endroit où il a laissé ses vêtements. Une fois rhabillé on l’asperge avec un flacon d’eau parfumée, et il paie en sortant l’équivalent d’un demi-vintém (une somme minime). On traite ainsi, quand il va se laver, jusqu’au dernier des esclaves. » Et il est difficile de ne pas voir un trait d’admiration chez Joao Mascarenhas pour cette parfaite hygiène inconnue des Portugais de son temps...

Sur les liens entre Europe et Afrique du Nord, en ce début du XVIIème siècle, alors que d’une part Louis XIV développe en France des relations diplomatiques régulières avec le Grand Turc, et que d’autre part l’Espagne colonise hardiment le Portugal, peu d’ouvrages offrent une mine aussi riche que ce livre de souvenirs que viennent de rééditer les éditions Chandeigne (librairie portugaise installée rue Tournefort, à Paris)... Une face méconnue des relations méditerranéennes et de l’historie de l’Algérie !

Mikou
June 16th, 2010, 04:57 PM
Painted by Frederick Arthur Bridgman (1847-1928)

http://farm3.static.flickr.com/2218/2248144529_f28785b3c8_b.jpg

Mikou
June 16th, 2010, 05:01 PM
Comme vous le voyez , tout le monde avait son esclave ... :D



http://farm2.static.flickr.com/1017/556965159_6f8df06781_o.jpg

espanoldz
June 16th, 2010, 05:21 PM
Les Européens formaient alors l'écrasante majorité des algérois



j'aimerais bien savoir tes sources Mikou!!! car je ne trouve pas du tout objectif cet article!!!

je parle du poste Nº8

Mikou
June 16th, 2010, 05:27 PM
j'aimerais bien savoir tes sources Mikou!!! car je ne trouve pas du tout objectif cet article!!!

je parle du poste Nº8

http://knol.google.com/k/la-r%C3%A9gence-d-alger-capitale-de-l-esclavage-blanc#
Mais bon , Dans la plupart des articles , tu verras qu'il y'avait beaucoups d'esclaves et que la majorité était chretiens ...

"Population : 100 000 âmes, dont 12 000 Turcs, soldats de la garnison ; 30 000 à 40 000 esclaves "de toutes les nations du monde" ; le reste de "bourgeois algériens, Maures, Morisques et juifs, et quelques marchans chrétiens" ; des "reniés de toutes nations chrétiennes", dont 3 000 Français "

Wikipedia !
C'est bien connu ça , même Cervantes a été esclave à Alger !

La lingua franca [2](celle du Mamamouchi de Molière) est très répandue, peut-être autant que l'arabe dialectal et que le berbère, y compris au sein des familles lorsque la femme est une esclave ; il s'agit d'un mélange de provençal, d'italien, d'espagnol et d'arabe (à ne pas confondre toutefois avec le pataouète du début du XX ème siècle).

aghiles11
June 16th, 2010, 06:06 PM
Bin oui c'est connue qu'il y'avait une grande population d'origines européennes qui vivait a Alger mais je ne crois pas qu'ils etaient majoritaire.

jazair000
June 16th, 2010, 09:27 PM
Et bien dites donc si c'est cela tes sources, on est mal partis :lol:.
Les 30 000 à 40 000 captifs tous au plus, englobant le Maroc a la Libye, tous les pays du Maghreb faisaient de la piraterie et protégez plus ou moins leurs routes marchandes. :)

Mikou
June 16th, 2010, 09:34 PM
Et bien dites donc si c'est cela tes sources, on est mal partis :lol:.
Les 30 000 à 40 000 captifs tous au plus, englobant le Maroc a la Libye, tous les pays du Maghreb faisaient de la piraterie et protégez plus ou moins leurs routes marchandes. :)

les 30 000 à 40 000 seulement pour Alger ! ça concorde avec ce que dit le portuguais et quelques autre écrivains !

Charles Quint , les anglais , l'Espagne voir les Etats Unis ont donc attaquer Alger , risquer leurs armées ... pour une poignée d'esclaves ? :)

YorkTown
July 1st, 2010, 03:23 PM
La Régence d'Alger :

1685

http://www.crwflags.com/fotw/images/d/dz_1685.gif

1700

http://www.crwflags.com/fotw/images/d/dz_1700a.gif

1776

http://www.crwflags.com/fotw/images/d/dz_1776b.gif

1800

http://www.atlasgeo.net/fotw/images/d/dz_1800m.gif

YorkTown
July 1st, 2010, 03:24 PM
Les tenues d'époque

http://chnm.gmu.edu/wwh/modules/lesson9/images/sources/colonialdepictlarge.jpg

http://chnm.gmu.edu/wwh/modules/lesson9/images/sources/colonialdepict2large.jpg

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c0/Spahi_-_1820.jpg/471px-Spahi_-_1820.jpg

YorkTown
July 1st, 2010, 03:25 PM
The french Consul sent from baba merzoug in 1683:

http://www.algeria.com/forums/attachments/history-histoire/278d1268963881-l-pop-e-de-baba-merzoug-le-canon-d-alger-de-belkacem-babaci-.jpg

YorkTown
July 1st, 2010, 03:29 PM
Débarquement des prisonniers européens

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/01/Debarquement_et_maltraitement_de_prisonniers_a_alger.JPG/800px-Debarquement_et_maltraitement_de_prisonniers_a_alger.JPG

Kameel02
July 1st, 2010, 03:45 PM
J'ai pas fait bcp d'ecole algerienne mais c'est dommage qu'on nous enseignent pas bcp sur l'Algerie Othomane.

Nos livres d'histoire commencent en 1830 et finissent en 1962 ignorant tout l'avant (et l'apres). Meme pas des films ou documentaires de cette epoque, c'est justement nos racines.

J'ai fais mes propres recherches sur Alger d'avant 1830 et j'ai appris pleins de choses, toutes nos traditions coulent de cette epoque. On etait une societé tres organisée et sophistiqué. Meme la Casbah vous compreneriez comment et pourquoi elle a été batit de telle. Chaque mur d'Alger a son histoire c'est un musé a ciel ouvert. J'ai appris pleins de chose sur les Deys et leurs familles aussi et leur histoires de guerres avec les armés etrangeres. Ces des generations qui ont pris le throne d'Alger. On apprends que la France a voler des tresors appartenant a ces rois et son peuple. On peux faire tout des films et ecrire des romans la dessus mais ca n'interesse personne :ohno:

YorkTown
July 1st, 2010, 03:46 PM
Barberousse s'invite chez François 1er

http://bertan.gipuzkoakultura.net/es/5/images/70.jpg

Le 14 octobre 1543, le corsaire Barberousse entre dans la rade de Toulon avec 200 galères et 30.000 hommes sans qu'aucune résistance ne lui soit opposée... et pour cause.

Une alliance sans précédent
Dix-huit ans plus tôt, en 1525, le roi de France François 1er avait été battu et capturé à Pavie par les troupes de l'empereur Charles Quint. Il avait aussitôt demandé à sa mère, Louise de Savoie, de solliciter l'aide du sultan Soliman II le Magnifique. Il voulait de cette façon contrecarrer les ambitions italiennes de son rival.

L'année suivante, le sultan écrase une armée hongroise à Mohacs. Il met fin à l'indépendance du royaume de Hongrie mais échoue à s'emparer de Vienne, la capitale des Habsbourg, la famille de Charles Quint.

François 1er ne veut pas rester sur cet échec. Il songe à utiliser la flotte du corsaire Barberousse en vue d'une nouvelle attaque de l'Italie. C'est ainsi que le Turc est invité à hiverner à... Toulon.

Pendant plusieurs mois, sur ordre du roi de France François 1er, la ville est mise à la disposition de ces corsaires musulmans venus d'Alger. La plus grande partie de la population habituelle est évacuée et la cathédrale Sainte-Marie-Majeure est même transformée en mosquée (*).

Tout cela pour rien. Perdant l'envie de combattre pour le roi de France, Barberousse se fait payer son départ au prix fort au printemps suivant. Il poursuit la guerre de course jusqu'à sa mort, à 70 ans, qui survient en 1546 dans son palais d'Istamboul.

François 1er meurt l'année suivante sans avoir rien obtenu de son conflit avec Charles Quint pour la domination de l'Italie.

http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=15431014

sarim batim
July 1st, 2010, 03:47 PM
très intéressant merci yorktown

sarim batim
July 1st, 2010, 03:55 PM
tu sais kameel la grande partie des archives qui date de cette époque ont été volé par la france donc la période ottomane reste flou pour les chercheurs algérien, quesque notre gouvernement attend pour réclamer la restitution de nos biens ??????????

YorkTown
July 1st, 2010, 03:59 PM
Le raid des corsaires Algériens en Islande en 1627

http://www.algerie-monde.com/actualite/article4582.jpg

CORSAIRS IN ICELAND 141
two above mentioned texts, supplemented by letters from captives in Algiers, oral information from ransomed captives, and a number of other written sources that are no longer extant. A critical study of the whole episode was published in Danish in 1 899 by the Icelandic scholar Sigfûs Blôndal (7). It was based not only on the printed sources then available, but also on a number of narratives and records then still in manuscript, including many letters from Icelandic and Danish captives preserved in various collections. Finally, in 1906-9, another Icelandic scholar, Jon Thorkelsson, published a volume of texts, containing all the known sources on the expedition. After a detailed historical introduction on the raid, its origin, course, and results, he gives critical texts of twelve different accounts of the expedition. These are followed by a collection of letters and other documents, including letters from prisoners, negotiations about ransoms, reports on the Icelandic captives in Algiers, accounts and correspondence on the collection of money and the arranging of ransoms. The volume ends with a collection of poems and ballads in Icelandic relating to the raid (8).
The story begins on 20th June 1627, when an Algerian ship entered the little port of Grindavfk, on the south coast of Reykjanes, the southernmost promontory on the west coast of Iceland. The origins of the raid are uncertain. Returned Icelandic captives said that the originator of the raid was a Danish captive in Algiers, whom they name only as Paul. In return for a promise of freedom he gave the corsairs information about the Northern Seas, which he knew well, and accompanied them on the raid. This man is probably identical with the Icelandic renegade mentioned by d'Aranda.
According to Icelandic reports twelve ships set out on the expedition, of which only four actually reached Iceland. The others probably went to England. The leader of the expedition was one Murad Reis, variously described as a German or Flemish ( = Dutch) renegade. The rest of the expedition was, as usual, of mixed origin — some Turks, some Western converts, as well as a number of Western captives employed as slaves. This is how Olafur Egilsson describes his captors. The reader will note Olafs naive astonishment that the dreaded corsairs looked "just like other people", and his remark that it was the converts who behaved worst.
"Now I will say something about how these wicked people looked, both as regards their faces and their clothing, namely, that they were exactly like other people, unequal of height, some white, some with darker faces ; some were not Turks, but people of other countries, such as Norwegians, Danes, Germans and English ; of these, those who had not left their religion still wore their old clothes in which they had been captured, and had to do the most dangerous work that arose, and received blows as wages. But the Turks [i.e. Muslims] all had tall red
(7) Sigfûs Blôndal, "De Algierske Sôrôveres Tog til Island aar 1627", Nord og Syd (Copenhagen), 1898-9, 193-208. This excellent article forms the main basis of the account given here.
(8) Jôn Thorkelsson (éd.), Tyrkjarânid â ïslandi 1627, published by the Sôgufjelag, Reykjavik 1906-9. A very brief account of the raid will be found in Knut Gjerset, History of Icelad, London 1923, 319-320.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remmm_0035-1474_1973_num_15_1_1233#

Le raid fut mené par Mourad Rais (de son vrai nom Jan Janszoon un renégat hollandais qui opéré pour le compte du bey d'Alger)
400 Islandais furent ramener à Alger et vendu comme esclave.

YorkTown
July 1st, 2010, 04:03 PM
très intéressant merci yorktown

Je t'en prie :)

Kameel02
July 1st, 2010, 04:10 PM
tu sais kameel la grande partie des archives qui date de cette époque ont été volé par la france donc la période ottomane reste flou pour les chercheurs algérien, quesque notre gouvernement attend pour réclamer la restitution de nos biens ??????????

Oui c'est vrai. Meme la Turquie garde des archives quand les derniers Deys sont partis ils ont tout pris avec eux.

J'ai me suis bcp renseigner du site officielle de la commune de la Casbah ( بلدية القصبة ) en arabe (je le trouve plus). J'ai imprimer toutes les pages et je me suis mis a lire pour des jours meme au boulot comme un fou :lol: ca m'interesse bcp.

wald el bled
July 1st, 2010, 04:17 PM
tu sais kameel la grande partie des archives qui date de cette époque ont été volé par la france donc la période ottomane reste flou pour les chercheurs algérien, quesque notre gouvernement attend pour réclamer la restitution de nos biens ??????????

sarim batim :bash: pour koi tfakar fiya fi les archives volé par la France :bash: lol

YorkTown
July 1st, 2010, 04:19 PM
C'est qu'ils avaient du culot ces corsaires! vous imaginer....partir en Islande piller un village kidnapper les habitants et revenir.... d'après les récits ils se sont même arrêté dans les ils feroé au retour où ils ont mené le même type d'opération....

À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s'épuise du fait de la christianisation de l'Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée, en particulier vers la Régence d'Alger. Ceux-ci effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans la tête de prisonnier maure qui sert d'emblème à la Corse. On évalue à plus d'un million le nombre d'habitants enlevés en Europe occidentale entre 1500 et 1800,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Traite_arabe

Mikou
July 1st, 2010, 04:25 PM
des Islandais ?! pourquoi pas l'AMERIQUE ! :D

YorkTown
July 1st, 2010, 04:40 PM
des Islandais ?! pourquoi pas l'AMERIQUE ! :D

Trop loin :D... a propos d'Amérique, Les guerres barbaresque furent les toute première guerre engagée par les États-Unis d'Amérique après leur indépendance qu'ils menèrent contre les États du Maghreb,

wald el bled
July 1st, 2010, 07:50 PM
http://img16.imageshack.us/img16/2608/37238134933029867513100.jpg (http://img16.imageshack.us/i/37238134933029867513100.jpg/)

aghiles11
July 1st, 2010, 08:22 PM
J'ai pas fait bcp d'ecole algerienne mais c'est dommage qu'on nous enseignent pas bcp sur l'Algerie Othomane.

Nos livres d'histoire commencent en 1830 et finissent en 1962 ignorant tout l'avant (et l'apres). Meme pas des films ou documentaires de cette epoque, c'est justement nos racines.

J'ai fais mes propres recherches sur Alger d'avant 1830 et j'ai appris pleins de choses, toutes nos traditions coulent de cette epoque. On etait une societé tres organisée et sophistiqué. Meme la Casbah vous compreneriez comment et pourquoi elle a été batit de telle. Chaque mur d'Alger a son histoire c'est un musé a ciel ouvert. J'ai appris pleins de chose sur les Deys et leurs familles aussi et leur histoires de guerres avec les armés etrangeres. Ces des generations qui ont pris le throne d'Alger. On apprends que la France a voler des tresors appartenant a ces rois et son peuple. On peux faire tout des films et ecrire des romans la dessus mais ca n'interesse personne :ohno:



Si seulement on avait une grande industrie du cinema, on aurait fait un carton dans le mode entier.

Regardons impeu les Etats unis, ils ont crée leur propre histoire qu'a travers Hollywood. alors qu'en fait ils n'ont aucune histoire.


P.S : j'adore ce thread !

wald el bled
July 1st, 2010, 10:42 PM
Au début de colonisation française de l'Algérie le taux d'analphabétisme été a 5% d'après les Français en 1830
le voyageur allemand Wilhelm Himbra quand il a visité l'Algérie en Décembre 1831 a dit
"J'ai été volontaire pour chercher un seul Arabe en Algérie qui ne peut pas lire et écrire, mais je ne l'ai pas trouvé, alors j'ai trouvé que dans les pays d'Europe du Sud, rarement on rencontre là-bas les personnes qui savent lire et écrire"
Source wikipédia

sarim batim
July 1st, 2010, 10:48 PM
et en + ils nous traité d"indigène :D

sarim batim
August 19th, 2010, 05:23 PM
La Régence d'Alger, capitale de l'esclavage blanc

http://img3.imageshack.us/img3/857/44298833196083947033795.jpg (http://img3.imageshack.us/i/44298833196083947033795.jpg/)



Avant la conquête Française,Alger est le principal marché d'esclaves blancs issus de la piraterie

Les habitants

La Régence d'Alger, capitale du corso barbaresque sème la terreur sur les mers du XVI ème au XIX ème siècles. C'est une vassale très remuante de l'Empire ottoman, un nid de pirates, un marché d'esclaves, principalement blancs, et une ville ingouvernable habitée par une population très hiérarchisée se décomposant comme suit :

Les Turcs, arrogants et brutaux, sont recrutés parmi les pires brigands de Turquie et tiennent le haut du pavé à Alger ; ils sont en général célibataires, à la fois parce que Constantinople décourage leur mariage et parce que les femmes turques refusent de venir en Alger ; leurs amours se déroulent soit avec des esclaves chrétiennes ; s'ils viennent à épouser des femmes musulmanes indigènes, leurs enfants, le Kouloughlis, conservent un statut inférieur ; dans le contexte d'Alger, les Turcs sont bien entendu libres, mais ils ont tous le statut de Janissaires ainsi que la solde ; il en va donc autrement qu'en Turquie, où les Janissaires sont des esclaves recrutés parmi de jeunes chrétiens enlevés à leur famille ;

Les "Maures", "naturels du pays" selon d'Arvieux, n'ont aucune part dans le gouvernement ; probablement faudrait-il distinguer ici entre Arabes et Berbères, mais les auteurs d'autrefois ne le font pas, et l'on se gardera d'avancer sans sources sur ce terrain ;

Les Juifs autochtones occupent le bas de l'échelle sociale ; les juifs étrangers se livrant au commerce international, appelés "juifs chrétiens", ont un statut convenable ;

Les Morisques gardent le souvenir du temps d'avant la Reconquista, quand ils habitaient l'Espagne ; ils sont particulièrement haineux envers les esclaves chrétiens ;

Les Européens constituent une part considérable de la population d'Alger, soit comme esclaves, soit comme renégats ; ces derniers, paradoxalement, constituent l'essentiel de la piraterie algéroise.

Les principales forces politiques sont la Milice des Janissaires et la Taiffa (corporation) de raïs (capitaines pirates), toujours en rivalité l'une avec l'autre. Le Régent d'Alger, plus ou moins inféodé à Constantinople selon les moments, navigue entre l'une et l'autre en cherchant d'abord à rester en vie.

Berleybeys, Pachas, Aghas et Deys

On distingue quatre périodes dans la Régence (et quatre types relativement différents de Régents) :

L'époque des Beylerbeys (1529-1587) : ce sont des gouverneurs nommés par Constantinople, loyaux à la Sublime Porte, et de fortes personnalités comme les Barberousse ou Eudj Ali, capables de tenir Alger en main ; en même temps, ce sont déjà, la plupart du temps, des chrétiens renégats et parfois d'anciens esclaves

L'époque des Pachas triennaux (1588-1659) : ce sont toujours des gouverneurs nommés par Constantinople, mais pour trois ans seulement ; arrivant sans connaître le terrain parmi les redoutables janissaires et pirates, ils tentent de rester en vie et si possible de récupérer l'argent qui leur a permis d'acheter leur charge ; pour ce faire, ils essaient de ne déplaire à personne ; Emanuel d'Aranda décrit ainsi celui de son époque (1641) : il "ne se fâche pas d'être flatté du nom de Sultan" ; il reconnait l'Empereur ottoman (le "Grand Seigneur") , mais "tient fort peu de compte de ses ordres, passeports et traités" ; en revanche, il redoute les Janissaires et ne se permet pas trois heures de retard dans le paiement de leur solde ; plus d'un Régent a été massacré pour un désaccord financier minime avec eux ; d'où un perpétuel besoin d'argent qui en fait un interlocuteur peu fiable pour les princes chrétiens : "Et, pour avouer la vérité, il est très difficile au Bassa (note : Pacha) de bien observer la paix avec quelque nation que ce soit, s'il veut être aimé des soldats, d'autant que le tantième qui lui revient des prises fait la plus grande somme de ses finances ; ce qui ne serait point s'il observait exactement la paix avec quelque nation" ; le Régent gouverne avec un Conseil de Janissaires, le Divan, qui se réunit dans un couloir de son Palais

L'époque des Aghas (1659-1671) : à force que les pachas tremblent devant les Janissaires, il fallait bien que ces derniers installent au pouvoir quelqu'un qui leur convenait ; déjà, en 1645, on avait vu la position ambigue d'un Ali Bitchnin au statut indéfinissable, nommé quasi-Roi d'Alger presque malgré lui par des Janissaires surtout désireux que cet homme richissime assure leur solde ; à partir de 1671, plus d'ambiguité : c'est l'Agha (commandant en chef) des Janissaires qui est Régent d'Alger

L'époque des Deys (1671-1830) : l'époque des Deys se caractérise en par un transfert du pouvoir à l'autre grande caste militaire d'Alger, celle des Raïs (capitaines pirates).

Tous ces dirigeants, à l'exception des plus grands Beylerbeys des premiers jours, sont dépassés par une ville ingouvernable, règnent peu de temps et meurent souvent de mort violente.

eh bein on peut dire que la situation politique actuelle ne date pas d'hier :lol:

Mikou
August 19th, 2010, 06:17 PM
:lol:

mais dans le dialecte algérois ( voire algérien ??? ) , on utilise des mots assez "violents" pour exprimer une obligation , par ex : bessif ( avec l'épée lol ) et y'en a d'autres qui me reviennent pas forcement maintenant ! :D

Il y'a aussi la commune de Bir Mourad Raïs à Alger qui porte le nom d'un corsair Mourad Raïs , ancien pirate hollandais converti à l'islam ...

Zach89
August 19th, 2010, 06:22 PM
:lol:

mais dans le dialecte algérois ( voire algérien ??? ) , on utilise des mots assez "violents" pour exprimer une obligation , par ex : bessif ( avec l'épée lol ) et y'en a d'autres qui me reviennent pas forcement maintenant ! :D

Il y'a aussi la commune de Bir Mourad Raïs à Alger qui porte le nom d'un corsair Mourad Raïs , ancien pirate hollandais converti à l'islam ...

Mdrrr j'adooooooooooooore cette expression "bessif" :lol:

Kameel02
August 20th, 2010, 07:04 PM
Des tableaux de Mohamed Racim qui refletent l'ere de la Regence d'Alger.

http://www.orientalist-art.org.uk/racim.jpg

http://algerie360.a.l.pic.centerblog.net/1j1huyrq.jpg

http://algerie360.a.l.pic.centerblog.net/zck8efsi.jpg

http://algerie360.a.l.pic.centerblog.net/9khpdjoa.jpg

http://algerie360.a.l.pic.centerblog.net/pjfgyfno.jpg

http://algerie360.a.l.pic.centerblog.net/cq6w6khm.jpg

http://algerie360.a.l.pic.centerblog.net/5eu895p1.jpg

http://www.algerianembassy.org.my/Tourism%20Images/Racim/racim2.jpg

http://www.algerianembassy.org.my/Tourism%20Images/Racim/racim3.jpg

http://www.algerianembassy.org.my/Tourism%20Images/Racim/racim1.jpg

http://www.algerianembassy.org.my/Tourism%20Images/Racim/racim4.jpg

http://www.ambalgvn.org.vn/CULTURE/SMALLIMG/peinture/algerienne/racim.jpg

algerianembassy, algeire360

Mikou
August 20th, 2010, 07:08 PM
J'adore Racim et ses oeuvres sont merveilleuses ... :cheers:

Mikou
August 20th, 2010, 07:12 PM
http://farm3.static.flickr.com/2713/4429408845_76f3d52df5_o.jpg
http://www.flickr.com/photos/47090696@N06/4429408845/in/pool-frenchcolonies

sarim batim
August 20th, 2010, 07:42 PM
waw , magnifique toile merci kameel et mikou :cheers:

sarim batim
August 20th, 2010, 07:46 PM
la province de constantine : le plus grand beylik de la régence d'alger

http://img837.imageshack.us/img837/81/79470505.jpg (http://img837.imageshack.us/i/79470505.jpg/)


Des trois beyliks de la régence d’Alger, le plus étendu, le plus riche et le. plus important était celui de Constantine, borné au nord par la Méditerranée, à l’ouest par les monts Djurjura et les versants du Schott, à l’est par la régence de Tunis, enfin au midi par le désert. Les chaînes de montagnes qui le parcourent sont plus distinctes que dans les deux autres provinces. Depuis le Djurjura, dont les appendices descendent sur Dellys, jusqu’à Bône, des monts élevés de mille à quinze cents mètres, abruptes, inaccessibles, et couverts en grande partie de bois, bordent le littoral, qui à l’est de Bône ne présente plus que des collines hautes de deux cents mètres; mais, à sept ou huit lieues en arrière, on retrouve, après de grandes plaines, la continuation des montagnes du littoral qui forment le long de la Méditerranée la chaîne du Petit Atlas. Plus au sud de ces monts, la chaîne de Gebel-Aurès leur est à peu près parallèle, et forme comme un grand bassin central où se déploient diverses vallées qu’arrosent de nombreux cours d’eau. Au delà des monts Aurès sont les versants de l’oued-Adjedid et les plaines de Biskra. Plus loin est le désert, dont les solitudes sont cependant fréquentées par les caravanes dirigées du centre de l’Afrique vers Tunis et Tripoli. La majeure partie des rivières qui sillonnent cette riche province se déversent dans la Méditerranée; les autres se perdent dans la terre. Les principales sont: la Soummam, l’Oued-el-Kebir, la Seybouse, le cours supérieur de la Mejerdah et le Oued-Adjedid, qui s’engouffre dans les sables du désert vers Touggourt.

Le beylick de Constantine est divisé en une infinité de circonscriptions qui n’ont pas conservé, comme dans les deux autres, la dénomination de arch (tribu), mais qui prennent le titre de enjouhe (grande tribu); on y trouve en outre plusieurs villes, centres de population et de relations commerciales très importantes. Sur le littoral s’élèvent Bougie, Gigelly, Collo, Stora et Bône, sans mentionner les petites bourgades telles que Skikda et la Calle. A l’intérieur et au delà du Petit Atlas, on trouve Constantine, capitale de la province, Mila, Sétif, Mejanah, Callah, Zamorah, Msilah, Biscara, Tipta, Calet, Senan, et dans le désert Touggourt et Ouargla.
Mais arrêtons-nous ici et disons quelques mots du bey de Constantine, de ce chef redoutable qui pendant sept années a bravé la France.

Ahmed (El-Hadji) est Koulougli. Son père, également bey de Constantine, mourut étranglé. Alors sa mère, qui était une Ben Gama, s’enfuit dans la Sahara, où elle l’éleva avec toute la tendresse d’une femme arabe.

Parvenu à l’âge d’homme, Ahmed prit du service dans les troupes d’Hassan, second successeur de son père, et fut promu au grade de califat. Enfin, Hussein Pacha le nomma bey.

Avant la signature de la capitulation d’Alger, Ahmed essaya de persuader à son maître de le suivre à Constantine avec ses trésors: fort heureusement pour lui Hussein n’en fit rien; mais son gendre Ibrahim se montra plus confiant et eut lieu de s’en repentir. En effet, lorsqu’il lui eut livré une somme d’argent considérable cachée dans la maison de campagne de son beau-père, le bey le renvoya à Alger complètement dépouillé.

Après cet acte de félonie, Ahmed Bey reprit la route de Constantine avec les débris des troupes qu’il avait conduites au secours de Hussein; mais il en trouva les portes fermées. A la première nouvelle de notre triomphe, la garnison turque avait proclamé sa déchéance et installé à sa place un Turc nommé Kuchuck-Ali. Au milieu de la perturbation qui ne tarda pas à s’étendre par toute la régence, Kuchuck-Ali n’eut pas le temps de consolider son usurpation, et l’infatigable Ahmed s’étant créé un parti redoutable parmi les Kabyles, puis ménagé des intelligences dans la place, parvint en très peu de temps à se défaire de lui.

Une fois réintégré dans son pouvoir, le premier soin d’Ahmed fut de se défaire de cette milice turque qui, dans son incommode indépendance, semblait déjà vouloir, comme naguère à Alger, disposer à son gré de l’autorité suprême. Il l’envoya dans les tribus par petits détachements qu’il fit successivement massacrer. Non encore rassuré par cette mesure radicale, il pensa qu’il ne serait réellement maître du pays qu’après s’être débarrassé de tous les Turcs fixés à Constantine, qui, par leur richesse ou par leur caractère, pouvaient être considérés comme capables d’aspirer à la dignité de bey. Il les fit donc arrêter successivement sous divers prétextes, et, après avoir confisqué leurs biens, les livra à ses chiaoux. Il s’attribua dès lors dans toute leur plénitude les droits de la souveraineté, et prit le titre de pacha qui lui fut bientôt confirmé par la Porte.

A l’époque de notre expédition de Constantine, Ahmed Bey était âgé de cinquante ans environ; c’était un homme imposant, quoique d’une taille médiocre; ses yeux étaient pleins de feu et de vivacité, ses manières séduisantes; brave, entreprenant, ombrageux et sanguinaire, sur le plus léger soupçon il n’épargnait ni ses plus intimes amis ni même ses proches parents. Ennemi juré des chrétiens, il les confondait tous dans la même haine. Libertin à l’excès, et aussi riche qu’avare, son insatiable convoitise trouvait un perpétuel aliment dans les femmes et dans les trésors de ses sujets ; malheur à ceux qui en possédaient. Ahmed exerçait sans intermédiaire le commandement suprême sur les tribus; il nommait à tous les emplois judiciaires, administratifs et religieux; mettant son pouvoir au-dessus même de la justice, il confisquait selon son bon plaisir les biens de ses sujets ; seulement il donnait tous les vendredis, après la prière de midi, une audience publique, durant laquelle il écoutait les réclamations des habitants de la ville et des outhans.

Lorsqu’il voulut s’attribuer le pouvoir souverain à Constantine, Ahmed fit massacrer, comme nous venons de le dire, le plus grand nombre des Turcs enrôlés dans la milice; ils les remplaça par des Kabyles pris dans la tribu de Beni-Fergan, à laquelle appartenait Ben-Aïssa, et par des cavaliers du Sahara. Sa parenté avec la famille Ben-Ganah, les justes plaintes qu’excitaient chaque année les brigandages des tribus nomades, lui semblèrent des motifs suffisants pour compter sur la fidélité de ces cavaliers. Sans les constituer en marghzen, il se servit d’eux pour faire des razzia contre les tribus de la province. Ces Arabes, que l’éloignement de leur pays, la différence de leurs mœurs et de leur origine, rendaient, pour ainsi dire, étrangers au reste de la population, traitaient les habitants en peuple conquis; lorsqu’ils recevaient ordre de frapper, ils exterminaient c’était surtout contre les tribus appartenant à la race Chaouïa qu’El-Hadj-Ahmed les employait. Telle était la situation de cette province que nous allions enfin tenter de soumettre.

wald el bled
August 20th, 2010, 08:04 PM
Merci a tout le monde pour vos efforts pour enrichir ce Thread

sarim batim
August 20th, 2010, 09:53 PM
L'ENCEINTE ET LES PORTES D'ALGER


http://img248.imageshack.us/img248/5634/grav09.jpg (http://img248.imageshack.us/i/grav09.jpg/)

Dans l'enceinte fortifiée de la ville, refaite par Khaïr ed-Dîn et ses successeurs, s'ouvraient 5 portes principales, (Porte se dit Bâb en arabe)

1 — Au S-O. et au pied de la Casbah, Bab el-Djedid ou « Porte Neuve »,
2 — Au S. « Bab-Azoun » ou la « Porte d'Azoun »,
3 — A l'E. Bab el-Bahr ou la « Porte de la Pêcherie »,
4 — A l’E. Bab el-Djezira ou la « Porte de l'Île » donnant accès au môle,
5 — Au N. Bab el-Oued ou la « Porte de l'Oued » (voir vue aérienne et calque).

Les murailles couronnées de créneaux et percées de meurtrières portaient à petites distances des tours à peu près carrées et seize bastions représentant 214 embrasures de canons La partie inférieure était en pierre de taille et la partie supérieure en briques crues.

Les fossés avaient vingt pieds de large sur sept de profondeur.

LA PORTE DITE « BAB-AZOUN » représentée sur la gravure, était la plus importante de toutes parce que c'est de là que partaient toutes les routes de l'intérieur.

Les chameaux, chargés de ballots de marchandises, donnent une idée des caravanes qui venaient ravitailler la ville ou faire du négoce.

Sous les murs, au premier plan, on distingue un fondouk où les marchands maures logeaient quand ils apportaient les provisions à la ville.

Contre les murs, à droite et à gauche de la porte, sont de grands crochets de fer (les ganches).

« C'est là même - nous dit le Père Dan - qu'on exécute les Turcs à mort, l'on y voit toujours quelques-uns qui sont enganchés, comme ils disent, ou accrochés aux murailles ». Sur la gravure, à droite de la porte, un condamné dans cette position. Ce supplice était réservé aux grands criminels ou aux esclaves qui essayaient de s'insurger.

Le document illustré qui vient d'être commenté, est la reproduction d'une gravure extraite d'un ouvrage hollandais datant de 1688, ce qui peut expliquer quelques imprécisions dans le dessin, en particulier la silhouette fantaisiste des chameaux au col de cygne, et les costumes des Arabes et des Maures, rappelant ceux de la Hollande du XVIIème siècle.

sarim batim
August 20th, 2010, 09:56 PM
- UN JANISSAIRE

http://img441.imageshack.us/img441/7324/grav14.jpg (http://img441.imageshack.us/i/grav14.jpg/)

Ce capitaine de Janissaire, armé d'un grand cimeterre, a fière allure dans sa longue robe.

Il porte un bonnet de drap assez haut, surmonté d'une gaine de bois avec une décoration cruciforme, insigne de son grade. D'autres officiers portaient une corne dorée ou un panache de plumes de héron.

Une longue bande de cuir lui pend dans le dos, c'était également une marque distinctive des officiers de l'Odjak.

Cet uniforme est complété par une robe ouverte et une culotte de toile retenue par une ceinture de drap enroulée autour de la taille.

Armement : « Durant la période des Beylerbeys, l'Odjak utilisa les arquebuses et les flèches, concurremment avec les armes à feu, les épées droites à une ou deux mains, les sabres cintrés et les poignards ». (Julien).

sarim batim
August 20th, 2010, 10:03 PM
carte de la régence d'alger :

http://img541.imageshack.us/img541/1525/cart12.jpg (http://img541.imageshack.us/i/cart12.jpg/)

sarim batim
August 20th, 2010, 10:09 PM
Merci a tout le monde pour vos efforts pour enrichir ce Thread

de rien :)

AAEORD
August 21st, 2010, 09:29 PM
Algeria was under the Ottoman empire and became a military republic in 1671, but fourteen of the thirty deys in the next century and a half were removed by assassination. Yet deys worked hard for the state on public business, spending only one afternoon and one night per week in private with their family.

The Dey appointed beys (military governors) to collect taxes and enforce laws, using the privileged makhzan tribes. The ongoing piracy made it difficult for the merchants to develop trade relations with Europeans, and until 1798 their ships were threatened by the Knights of St. John at Malta. In 1600 Algeria had about 75 ships, but by the middle of the 18th century this had been reduced to about twenty. Muhammad ibn ‘Uthman (r. 1766-91) suppressed the rebellious Kabyles and used some of his wealth to construct a prominent mosque. In 1770 Spain went to war with Algeria in order to rescue 10,000 Spanish captives. Neither side won, and in the 1785 treaty Algeria released the prisoners in exchange for Spanish withdrawal from Oran. In 1788 Algeria had only ten ships for privateering, and only 800 captives were left.

As privateering profits decreased, taxes had to be increased. Algerians complained about exporting wheat, especially during droughts. In the western province the beys ‘Uthman (r. 1747-60) and Muhammad al-Kabir (r. 1780-97) subjugated the tribes with military force to make them pay taxes. ‘Abdul Qadir ibn al-Sharif led the Darqawiyya Tariqa rebellion in the west from 1783 to 1805. They won over Tlemcen and besieged Oran, but the new bey Muhammad al-Muqallash forced Ibn al-Sharif to flee to Morocco. Outside the cities much of the country was governed by tribal leaders, often marabouts with spiritual authority. Sidi ‘Abdul-Rahman was so respected that when he died in 1793, Hasan Dey (1791-98) venerated his tomb in the capital while the people in his home village believed his body was buried there also. The Sufi brotherhoods went beyond tribal divisions, and in hard times they often rebelled against Turkish taxes.

In 1802 Algerian Ra’is Hamidu was acclaimed for capturing a Portuguese brig with 282 men and 44 cannons. The Jewish ship-owner Nephtali Bushnaq, who transported wheat and influenced the government, was killed by a Turkish soldier in 1805. Religious scholars thanked the assassin, and rioting Algerians killed about 200 Jews and looted their property. Troops also killed Mustafa Dey (r. 1798-1805) and the next six deys over eleven years. Algerian privateers had a very big year in 1812 when they took in 2,136,675 gold francs. The United States declared war on Algeria in 1815 because of the privateering, and Commodore Stephen Decatur defeated and killed Ra’is Hamidu. In 1816 British admiral Exmouth went to Algiers and forced the Dey to free slaves from the Ionian islands, Sardinia, and Naples. After doing the same to Tunis, he returned and demanded that slavery and privateering be abolished. When the Dey refused, he bombarded Algiers with 34,000 shells on August 27, 1816. A devastating plague hit Algeria the next year. In 1827 Muhammad al-Kabir led a tribal rebellion that attacked al-Mu‘askar, but he was captured and executed. Followers of Ahmed al-Tijani (d. 1815) resented the Turks so much that they considered the French conquest of Algeria in 1830 an answer to their prayers.

In the late 18th century the Jewish merchant families, Bakri and Bushnaq, sold Algerian wheat to the French army. The French owed them millions of francs, and they owed the Algerian government. Husain Dey came to power in 1818 and tried to get French consul Pierre Deval to pay this debt; but his nephew Alexandre Deval fortified the French factories with cannons. When Pierre Deval refused to reply to letters about the debts in 1827, Husain Dey slapped him with a fly swatter. Husain refused to make reparations or amends for the insult, and so the French government blockaded Algerian ports. In October 1827 a united squadron of British, French, and Russian warships destroyed the remaining Tunisian and Algerian fleets with their Turkish and Egyptian vessels in the battle of Navarino.

Source - Algeria, Tunisia, and Morocco 1700-1950 by Sanderson Beck

AAEORD
August 21st, 2010, 10:03 PM
At about the time Spain was establishing its presidios in the Maghrib, the Muslim privateer brothers Aruj and Khair ad Din--the latter known to Europeans as Barbarossa, or Red Beard--were operating successfully off Tunisia under the Hafsids. In 1516 Aruj moved his base of operations to Algiers, but was killed in 1518 during his invasion of Tlemcen. Khair ad Din succeeded him as military commander of Algiers. The Ottoman sultan gave him the title of beylerbey (provincial governor) and a contingent of some 2,000 janissaries, well-armed Ottoman soldiers. With the aid of this force, Khair ad Din subdued the coastal region between Constantine and Oran (although the city of Oran remained in Spanish hands until 1791). Under Khair ad Din's regency, Algiers became the center of Ottoman authority in the Maghrib, from which Tunis, Tripoli, and Tlemcen would be overcome and Morocco's independence would be threatened.

So successful was Khair ad Din at Algiers that he was recalled to Constantinople in 1533 by the sultan, S¸leyman I (r. 1520-66), known in Europe as S¸leyman the Magnificent, and appointed admiral of the Ottoman fleet. The next year he mounted a successful seaborne assault on Tunis.

The next beylerbey was Khair ad Din's son Hassan, who assumed the position in 1544. Until 1587 the area was governed by officers who served terms with no fixed limits. Subsequently, with the institution of a regular Ottoman administration, governors with the title of pasha ruled for three-year terms. Turkish was the official language, and Arabs and Berbers were excluded from government posts.

The pasha was assisted by janissaries, known in Algeria as the ojaq and led by an agha. Recruited from Anatolian peasants, they were committed to a lifetime of service. Although isolated from the rest of society and subject to their own laws and courts, they depended on the ruler and the taifa for income. In the seventeenth century, the force numbered about 15,000, but it was to shrink to only 3,700 by 1830. Discontent among the ojaq rose in the mid-1600s because they were not paid regularly, and they repeatedly revolted against the pasha. As a result, the agha charged the pasha with corruption and incompetence and seized power in 1659.

The taifa had the last word, however, when in 1671 it rebelled, killed the agha, and placed one of its own in power. The new leader received the title of dey, which originated in Tunisia. After 1689 the right to select the dey passed to the divan, a council of some sixty notables. The divan at first was dominated by the ojaq, but by the eighteenth century it became the dey's instrument. In 1710 the dey persuaded the sultan to recognize him and his successors as regent, replacing the pasha in that role. Although Algiers remained a part of the Ottoman Empire, the Sublime Porte, or Ottoman government, ceased to have effective influence there.

The dey was in effect a constitutional autocrat, but his authority was restricted by the divan and the taifa, as well as by local political conditions. The dey was elected for a life term, but in the 159 years (1671-1830) that the system survived, fourteen of the twenty-nine deys were removed from office by assassination. Despite usurpation, military coups, and occasional mob rule, the day-to-day operation of government was remarkably orderly. In accordance with the millet system applied throughout the Ottoman Empire, each ethnic group--Turks, Arabs, Kabyles, Berbers, Jews, Europeans--was represented by a guild that exercised legal jurisdiction over its constituents.

The dey had direct administrative control only in the regent's enclave, the Dar as Sultan (Domain of the Sultan), which included the city of Algiers and its environs and the fertile Mitidja Plain. The rest of the territory under the regency was divided into three provinces (beyliks): Constantine in the east; Titteri in the central region, with its capital at Mèdèa; and a western province that after 1791 had its seat at Oran, abandoned that year by Spain when the city was destroyed in an earthquake. Each province was governed by a bey appointed by the dey, usually from the same circle of families.

A contingent of the ojaq was assigned to each bey, who also had at his disposal the provincial auxiliaries provided by the privileged makhzen tribes, traditionally exempted from paying taxes on condition that they collect them from other tribes. Tax revenues were conveyed from the provinces to Algiers twice yearly, but the beys were otherwise left to their own devices. Although the regency patronized the tribal chieftains, it never had the unanimous allegiance of the countryside, where heavy taxation frequently provoked unrest. Autonomous tribal states were tolerated, and the regency's authority was seldom applied in the Kabylie.


Source - Algeria: Islam and the Arabs
Library of Congress Country Study

Kameel02
August 22nd, 2010, 07:11 AM
la province de constantine : le plus grand beylik de la régence d'alger

http://img837.imageshack.us/img837/81/79470505.jpg (http://img837.imageshack.us/i/79470505.jpg/)





J'adore ces vieilles photos de Constantine denuder de ces batiments..ca permet de comprendre mieux son landscape qui est fascinante. Le peintre francais Theodore Chasseriau, en visitant Constantine en 1846, avait conclu que c'etait "la seule ville Arabe du pays" de par l'authenticite et l'architecture de sa medina

Mikou
November 1st, 2010, 12:53 AM
Esclaves et visiteurs européens dans la Régence d’Alger

Document intéressant qui montre l'organisation de la ville , ses habitants sous différents aspects tels que la religion ou la sexualité...

La Régence d’Alger, redoutable nid de pirates barbaresques et important marché aux esclaves, a été décrite tout au long de son existence par plusieurs Européens, esclaves ou diplomates. On citera parmi eux Diego de Haedo (esclave vers 1580), Emanuel d’Aranda (esclave en 1640 et 1641), le Chevalier d’Arvieux (diplomate en poste en Alger en 1673 ; conseiller de Molière pour le Bourgeois Gentilhomme) et Jacques-Philippe Laugier de Tassy (diplomate en poste en Alger en 1718).

La Régence d’Alger, capitale du corso barbaresque sème la terreur sur les mers du XVI ème au XIX ème siècles. C’est une vassale très remuante de l’Empire ottoman, un nid de pirates, un marché d’esclaves, principalement blancs, et une ville ingouvernable habitée par une population très hiérarchisée se décomposant comme suit :

Les Turcs, arrogants et brutaux, sont recrutés parmi les pires brigands de Turquie et tiennent le haut du pavé à Alger ; ils sont en général célibataires, à la fois parce que Constantinople décourage leur mariage et parce que les femmes turques refusent de venir en Alger ; leurs amours se déroulent soit avec des esclaves chrétiennes, soit entre hommes ; s’ils viennent à épouser des femmes musulmanes indigènes, leurs enfants, les Kouloughlis, conservent un statut inférieur ; dans le contexte d’Alger, les Turcs sont bien entendu libres, mais on les appelle quand même des Janissaires ; ce sont les vrais maîtres d’Alger, puisqu’à toutes les époques le principal souci du Régent, qu’il soit Pacha, Agha ou Bey, sera d’assurer leur solde ; cependant, et paradoxalement, à partir de la période dite des Aghas (1659-1671) , Alger se veut indépendante de Constantinople ;

Les "Maures", "naturels du pays" selon d’Arvieux, n’ont aucune part dans le gouvernement ; probablement faudrait-il distinguer ici entre Arabes et Berbères, mais les auteurs d’autrefois ne le font pas, et l’on se gardera d’avancer sans sources sur ce terrain ;

Les Juifs autochtones occupent le bas de l’échelle sociale et sont soumis à des mesures vexatoires (habits noirs, quartier réservé) ; les juifs étrangers se livrant au commerce international, appelés "juifs chrétiens", ne sont pas soumis à ces mesures ; ils s’habillent à l’européenne, vivent où ils veulent, font juger leurs litiges par le Consul de France et sont les maîtres du commerce international ; les prises des raïs sont vendues dans toute l’Europe par l’intermédiaire de leurs cousins de Livourne (port franc près de Pise en Italie, capitale du recel et de l’argent noir pour les pirates des deux bords) ; certains juifs ont été expulsés d’Espagne à l’occasion de la Reconquista, et partagent le désir de vengeance des Morisques ;

Les Morisques gardent le souvenir du temps d’avant la Reconquista, quand ils habitaient l’Espagne ; ils sont particulièrement haineux envers les chrétiens, particulièrement avides de vengeance, et capables de l’exercer puisqu’il connaissent les côtes d’Espagne et peuvent indiquer où opérer des razzias ; leur processus d’expulsion de l’Espagne s’étend sur deux siècles et la haine se capitalise en boucle : plus ceux restés en Espagne (ou récemment immigrés en Alger) servent d’indicateurs pour les razzias, plus les expulsions se multiplient par représailles (ou par simple mesure de sécurité), plus la haine envers l’Espagne augmente, plus elle incite les Morisques des deux rives à aider aux razzias (ici, la boucle est bouclée et l’on repart : les razzias entraînent de nouvelles expulsions).

Les Européens constituent une part considérable de la population d’Alger, soit comme esclaves, soit comme renégats ("Turcs de profession") ; ces derniers, paradoxalement, constituent (plus au début qu’à la fin tout de même) une grande part de la piraterie algéroise (voir les biographies de Hassan Veneziano , Simon Dansa, Ali Bitchnin ) ; il s’agit souvent d’esclaves qui ont réussi à sortir de leur condition, mais aussi, plus souvent qu’on pourrait croire, d’immigrés volontaires ; pour un gredin doué pour la navigation, Alger est pleine de promesses ; l’Européen qui se convertit à l’Islam est considéré comme Turc, ce qui lui donne le statut le plus élevé possible dans la Régence d’Alger ; aucun poste ne lui est fermé, pas même celui de Régent ; à ces stratégies individuelles, on ajoutera des phénomènes politiques ayant entraîné des immigrations par vagues en provenance de certaines origines à certaines époques (Corses préférant être musulmans que Gênois ; Anglais et Hollandais à l’époque où Alger était le meilleur point de départ possible pour attaquer les galions espagnols ; anciens Chiens de Mer d’Elisabeth première d’Angleterre) ; la composante européenne de la ville n’est en rien marginale ou passagère ; l’Islam n’est pas particulièrement un obstacle, au moins pour les immigrés des bords de la Méditerrannée ; des caractéristiques telles que l’esclavage ou la polygamie ne sont pas répulsives pour tout le monde (tout dépend si l’on s’identifie au prédateur ou à la victime) ; le capitan renégat, qui risque gros s’il est jugé en Europe, a vocation à rester à Alger, contrairement au janissaire turc venu pour faire fortune rapidement (s’il le peut) et repartir ; les Européens sont partout, y compris au coeur de la structure familiale algéroise, à condition de ne pas oublier de voir les femmes (ni leurs amants) : le janissaire dissuadé d’épouser une musulmane du pays fait souche avec une esclave chrétienne ; l’esclave domestique chrétien, supposé invisible, rencontre librement les femmes des familles musulmanes les plus fermées à leurs voisins, et fait plus d’une fois souche sous le nom de son maître ;

L’ensemble compose une population des plus étranges, dont une majorité a vocation à mourir rapidement (esclaves de rame, femmes répudiées jetées à la rue, fillettes accouchant à 11 ou 12 ans), à vivre en célibataires (esclaves, janissaires), à séjourner provisoirement (pachas triennaux, esclaves de rachat), ou à ne faire souche que dans des conditions irrégulières (esclaves domestiques, janissaires dissuadés de se marier sur place). L’homosexualité est à peu près institutionnalisée et pratiquée bien au-delà de la minorité de personnes qu’elle attire naturellement. Mais, à Alger, les femmes sont absentes ou enfermées, les janissaires sont souvent célibataires, et les esclaves, que leurs maîtres oublient souvent de nourrir, cherchent des ressources où ils peuvent. Ces circonstances créent à la fois une offre et une demande de prostitution masculine.

A ces données démographiques déjà peu favorales à la reproduction, on ajoutera les pestes récurrentes ; et pourtant, la population de la ville se maintient, largement du fait de l’immigration volontaire ou forcée ; Alger conserve son pouvoir de nuisance.

La lingua franca (celle du Mamamouchi de Molière) est très répandue, peut-être autant que l’arabe dialectal et que le berbère, y compris au sein des familles lorsque la femme est une esclave ; il s’agit d’un mélange de provençal, d’italien, d’espagnol et d’arabe (à ne pas confondre toutefois avec le pataouète du début du XX ème siècle).

Les principales forces politiques d’Alger sont la Milice des Janissaires et la Taiffa (corporation) des "raïs" (capitaines pirates), toujours en rivalité l’une avec l’autre. Le Régent d’Alger, plus ou moins inféodé à Constantinople selon les moments, navigue entre l’une et l’autre en cherchant d’abord à rester en vie, et ensuite à s’emparer de tout l’argent qui passe à sa portée.

Tous ceux qui arrivent en Alger volontairement, qu’il s’agisse du Régent, de janissaires ou de renégats européens, sont attirés par les possibilités d’enrichissement rapide qu’offre la ville. Sous le vernis des différences de classe sociale ou de religion, tous sont des aventuriers.

La ville, sous perpétuelle menace d’une attaque européenne, est enfermée dans ses remparts, et l’entassement y est évident. A peu de distance, les familles riches ont des maisons de campagne où elles peuvent prendre l’air.

L’arrière-pays est mal connu et redouté, tant par les esclaves (un enlèvement secondaire par une tribu l’enverrait dans l’Afrique profonde, et mettrait un terme définitif à tout espoir de rachat ou d’évasion) que par les Algérois ; en particulier, la tribu kabyle dite "Royaume de Kouko" est relativement puissante et toujours remuante. Ali Bitchnin a pour épouse la fille de son roi.

http://mobile.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/esclaves-et-visiteurs-europeens-77866