Cyril
August 5th, 2004, 09:34 AM
LE MINISTÈRE des Affaires étrangères saisi par la bougeotte ! Dans les couloirs du prestigieux Quai d'Orsay, on confirme désormais ce qui n'était encore qu'une rumeur : les diplomates vont sans doute déménager ! Il s'agirait de regrouper les onze sites du ministère, actuellement éparpillés dans la capitale, pour les regrouper en un seul lieu. Lequel ? L'île Seguin, à Boulogne, ancienne citadelle ouvrière en cours de démolition, est évoquée avec insistance. Certains parlent aussi de s'installer dans le XIII e arrondissement, derrière la bibliothèque François-Mitterrand.
Un projet passé presque inaperçu mais qui ne date pas d'hier puisqu'en juin dernier, à peine deux mois après son arrivée au Quai d'Orsay, le ministre Michel Barnier déclarait son « intention d'ouvrir le chantier de la réforme immobilière du ministère ». La mise en place d'une « mission » et d'un « comité de suivi » associant représentants élus du personnel et membres de l'administration » y était évoquée. Il a d'ailleurs nommé pour la rentrée un Monsieur Immobilier chargé de piloter cette mission, en la personne d'Alain Catta, actuel ambassadeur de France en Autriche. Un ravalement de façade qu'on ne risque pas de voir de sitôt... Le but étant de ne pas perdre un sou dans l'opération immobilière, il faudrait que la vente des locaux du ministère couvre intégralement le prix de la construction du nouvel édifice. Un examen de la faisabilité économique du projet serait donc le préambule nécessaire avant toute prise de décision. Un autre obstacle : gageons que ce projet fera des vagues parmi les 3 670 agents touchés par la délocalisation. Echanger les bureaux luxueux du Quai d'Orsay, l'adresse prestigieuse du faubourg Saint-Germain (VII e ), de la rue Monsieur (VII e ) ou encore le chic de la rue La Pérouse (XVI e ), contre une île « lointaine » où tout reste à construire, cela ne se fera pas sans vagues.
Peu d'enthousiasme chez les agents du ministère Un troc qu'un haut fonctionnaire commente : « Ce déménagement ferait peu d'enthousiastes. Les agents du ministère travaillent beaucoup avec les ambassades étrangères et l'Elysée, qui sont tous localisés en plein centre parisien... » Mais tout le monde ne devrait pas faire ses cartons : les bureaux du ministre ainsi que les salons d'apparat et de réception resteraient dans les bâtiments originels. L'autre partie concernée par l'éventuel déménagement sur l'île Seguin, la mairie de Boulogne, est moins réticente. Jean-Pierre Fourcade, sénateur-maire UMP de Boulogne, se montre flatté par la proposition : « Cette implantation ne correspond pas aux ambitions de la mairie qui souhaite faire de l'île Seguin un pôle culturel, scientifique et technique. Mais cela reste un dossier à examiner pour l'opération de prestige qui rejaillirait sur la ville. » Une image de prestige déjà cultivée par l'installation d'un établissement de marque sur l'île Seguin : la Fondation d'art contemporain de François Pinault. Un grand patron et un grand ami du président Jacques Chirac...
http://www.leparisien.fr/illustrations/dxadm/5189812_o.gif
PARIS, QUAI D'ORSAY (VII e ). Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, actuellement répartis sur onze sites dans la capitale, pourraient bien être regroupés à l'avenir sur l'île Seguin. (LP/DELPHINE GOLDSZTEJN.)
Géraldine Doutriaux
Le Parisien , jeudi 05 août 2004
Un projet passé presque inaperçu mais qui ne date pas d'hier puisqu'en juin dernier, à peine deux mois après son arrivée au Quai d'Orsay, le ministre Michel Barnier déclarait son « intention d'ouvrir le chantier de la réforme immobilière du ministère ». La mise en place d'une « mission » et d'un « comité de suivi » associant représentants élus du personnel et membres de l'administration » y était évoquée. Il a d'ailleurs nommé pour la rentrée un Monsieur Immobilier chargé de piloter cette mission, en la personne d'Alain Catta, actuel ambassadeur de France en Autriche. Un ravalement de façade qu'on ne risque pas de voir de sitôt... Le but étant de ne pas perdre un sou dans l'opération immobilière, il faudrait que la vente des locaux du ministère couvre intégralement le prix de la construction du nouvel édifice. Un examen de la faisabilité économique du projet serait donc le préambule nécessaire avant toute prise de décision. Un autre obstacle : gageons que ce projet fera des vagues parmi les 3 670 agents touchés par la délocalisation. Echanger les bureaux luxueux du Quai d'Orsay, l'adresse prestigieuse du faubourg Saint-Germain (VII e ), de la rue Monsieur (VII e ) ou encore le chic de la rue La Pérouse (XVI e ), contre une île « lointaine » où tout reste à construire, cela ne se fera pas sans vagues.
Peu d'enthousiasme chez les agents du ministère Un troc qu'un haut fonctionnaire commente : « Ce déménagement ferait peu d'enthousiastes. Les agents du ministère travaillent beaucoup avec les ambassades étrangères et l'Elysée, qui sont tous localisés en plein centre parisien... » Mais tout le monde ne devrait pas faire ses cartons : les bureaux du ministre ainsi que les salons d'apparat et de réception resteraient dans les bâtiments originels. L'autre partie concernée par l'éventuel déménagement sur l'île Seguin, la mairie de Boulogne, est moins réticente. Jean-Pierre Fourcade, sénateur-maire UMP de Boulogne, se montre flatté par la proposition : « Cette implantation ne correspond pas aux ambitions de la mairie qui souhaite faire de l'île Seguin un pôle culturel, scientifique et technique. Mais cela reste un dossier à examiner pour l'opération de prestige qui rejaillirait sur la ville. » Une image de prestige déjà cultivée par l'installation d'un établissement de marque sur l'île Seguin : la Fondation d'art contemporain de François Pinault. Un grand patron et un grand ami du président Jacques Chirac...
http://www.leparisien.fr/illustrations/dxadm/5189812_o.gif
PARIS, QUAI D'ORSAY (VII e ). Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, actuellement répartis sur onze sites dans la capitale, pourraient bien être regroupés à l'avenir sur l'île Seguin. (LP/DELPHINE GOLDSZTEJN.)
Géraldine Doutriaux
Le Parisien , jeudi 05 août 2004