Kobrakai
August 20th, 2004, 03:45 PM
Le français perd la lutte des langues
LE MONDE | 20.08.04 | 13h50
Hervé Bourges, "grand témoin de la francophonie", décerne bons et mauvais points dans la capitale grecque. Le français, langue officielle du mouvement olympique avec l'anglais, a tendance à perdre du terrain.
Satisfecit, avec quelques nuances, pour la Grèce, zéro pointé pour les responsables olympiques et appel à une mobilisation générale en vue des Jeux de Pékin : tels sont les principaux points sur lesquels Hervé Bourges devrait insister dans le rapport qu'il va bientôt remettre à Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Envoyé comme "grand témoin de la francophonie" à Athènes, l'ancien président de TF1, qui fut aussi chargé de Radio France internationale, a visité la plupart des sites olympiques et rencontré athlètes, entraîneurs, dirigeants sportifs et politiques pour savoir quelle était la place du français dans ces Jeux d'Athènes.
Une enquête menée au pas de charge avec, en poche, la charte olympique, dont l'article 27 précise que le français et l'anglais sont les deux langues officielles du mouvement olympique. "Sur les pays participant aux JO, 56 sont membres de l'Organisation internationale de la francophonie et on estime à plus de 175 millions le nombre de francophones dans le monde", tient à préciser Hervé Bourges.
Le "grand témoin" semble satisfait des efforts entrepris par la mairie d'Athènes, dirigée par la très francophone Dora Bakoyannis, en faveur du français : pourcentage appréciable de "volontaires" francophones et manifestations culturelles sont au rendez-vous. Il regrette pourtant que les panneaux de signalisation, en français, qui devaient être placés au- dessous des principaux monuments de la ville, ne soient toujours pas là. Hervé Bourges est moins satisfait de la manière dont se déroulent les Jeux : sur 125 membres du CIO, "20 parlent le français et 50 le comprennent". Se réjouissant de quelques bonnes surprises - comme le secrétaire général du Comité national olympique chinois, le président du Comité olympique russe ou le secrétaire général du Comité olympique tchèque, qui préfèrent s'exprimer en français - il lui a fallu déchanter dès qu'il entrait dans le vif du sujet.
SEULS LES AFRICAINS "RÂLENT"
Il cite ainsi cette réunion préparatoire sur la sécurité, tenue uniquement en anglais, ce qui a entraîné le départ du délégué béninois, suivi par tous les autres Africains. Le président de la Fédération de lutte du Sénégal, qui voulait parler en français lors d'une réunion préparatoire, n'a pu le faire, faute d'interprètes. "Il n'y a plus que les pays africains qui râlent", semble regretter Hervé Bourges. Les pays du continent noir semblent aussi regretter la passivité de la France. Celle-ci, tout à sa volonté d'organiser les Jeux à Paris en 2012, montre un profil bas dans ce combat pour la francophonie, afin de s'aliéner le moins de pays possible.
Hervé Bourges a eu toutefois quelques bonnes surprises à Athènes. Ainsi, même s'ils ne sont pas toujours immédiatement disponibles, 100 % des textes sont traduits en français (contre 14 % à Sydney). Pour la première fois, le site Internet officiel des Jeux peut être consulté en français.
Il n'en reste pas moins que "la charte olympique est violée en permanence" et qu'il faut lutter pour que cela cesse. "Remobiliser la France et les pays francophones pour défendre la langue française dans le contexte olympique n'est pas un combat d'arrière-garde. Il faut tenir compte de la mondialisation, de la domination de la langue anglaise. Il faut que les francophones apprennent cette langue pour la maîtriser et se mettent également à l'espagnol, la langue qui monte dans les instances olympiques..."
"Il s'agit d'un combat moderne et positif. La France manque de volonté dans la défense de sa langue..." Fort de ces principes, Hervé Bouges préconise la constitution d'une cellule de crise permanente pour reprendre l'offensive en vue des Jeux de Pékin.
José-Alain Fralon, à Athènes
Bizarre et rigolo à la fois je trouve comme article... Mais bon il faut qd même défendre notre belle langue... aux J.O....
LE MONDE | 20.08.04 | 13h50
Hervé Bourges, "grand témoin de la francophonie", décerne bons et mauvais points dans la capitale grecque. Le français, langue officielle du mouvement olympique avec l'anglais, a tendance à perdre du terrain.
Satisfecit, avec quelques nuances, pour la Grèce, zéro pointé pour les responsables olympiques et appel à une mobilisation générale en vue des Jeux de Pékin : tels sont les principaux points sur lesquels Hervé Bourges devrait insister dans le rapport qu'il va bientôt remettre à Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Envoyé comme "grand témoin de la francophonie" à Athènes, l'ancien président de TF1, qui fut aussi chargé de Radio France internationale, a visité la plupart des sites olympiques et rencontré athlètes, entraîneurs, dirigeants sportifs et politiques pour savoir quelle était la place du français dans ces Jeux d'Athènes.
Une enquête menée au pas de charge avec, en poche, la charte olympique, dont l'article 27 précise que le français et l'anglais sont les deux langues officielles du mouvement olympique. "Sur les pays participant aux JO, 56 sont membres de l'Organisation internationale de la francophonie et on estime à plus de 175 millions le nombre de francophones dans le monde", tient à préciser Hervé Bourges.
Le "grand témoin" semble satisfait des efforts entrepris par la mairie d'Athènes, dirigée par la très francophone Dora Bakoyannis, en faveur du français : pourcentage appréciable de "volontaires" francophones et manifestations culturelles sont au rendez-vous. Il regrette pourtant que les panneaux de signalisation, en français, qui devaient être placés au- dessous des principaux monuments de la ville, ne soient toujours pas là. Hervé Bourges est moins satisfait de la manière dont se déroulent les Jeux : sur 125 membres du CIO, "20 parlent le français et 50 le comprennent". Se réjouissant de quelques bonnes surprises - comme le secrétaire général du Comité national olympique chinois, le président du Comité olympique russe ou le secrétaire général du Comité olympique tchèque, qui préfèrent s'exprimer en français - il lui a fallu déchanter dès qu'il entrait dans le vif du sujet.
SEULS LES AFRICAINS "RÂLENT"
Il cite ainsi cette réunion préparatoire sur la sécurité, tenue uniquement en anglais, ce qui a entraîné le départ du délégué béninois, suivi par tous les autres Africains. Le président de la Fédération de lutte du Sénégal, qui voulait parler en français lors d'une réunion préparatoire, n'a pu le faire, faute d'interprètes. "Il n'y a plus que les pays africains qui râlent", semble regretter Hervé Bourges. Les pays du continent noir semblent aussi regretter la passivité de la France. Celle-ci, tout à sa volonté d'organiser les Jeux à Paris en 2012, montre un profil bas dans ce combat pour la francophonie, afin de s'aliéner le moins de pays possible.
Hervé Bourges a eu toutefois quelques bonnes surprises à Athènes. Ainsi, même s'ils ne sont pas toujours immédiatement disponibles, 100 % des textes sont traduits en français (contre 14 % à Sydney). Pour la première fois, le site Internet officiel des Jeux peut être consulté en français.
Il n'en reste pas moins que "la charte olympique est violée en permanence" et qu'il faut lutter pour que cela cesse. "Remobiliser la France et les pays francophones pour défendre la langue française dans le contexte olympique n'est pas un combat d'arrière-garde. Il faut tenir compte de la mondialisation, de la domination de la langue anglaise. Il faut que les francophones apprennent cette langue pour la maîtriser et se mettent également à l'espagnol, la langue qui monte dans les instances olympiques..."
"Il s'agit d'un combat moderne et positif. La France manque de volonté dans la défense de sa langue..." Fort de ces principes, Hervé Bouges préconise la constitution d'une cellule de crise permanente pour reprendre l'offensive en vue des Jeux de Pékin.
José-Alain Fralon, à Athènes
Bizarre et rigolo à la fois je trouve comme article... Mais bon il faut qd même défendre notre belle langue... aux J.O....