Cyril
September 1st, 2004, 10:43 AM
Le ministère des Finances a annoncé ce matin le placement de 9,6% à 12,1% du capital de l'opérateur. A l'issue de l'opération, estimée entre 4,5 et 5,7 milliards d'euros, la participation de l'Etat tombera de 53,1% à moins de 43,5%. La CFTC parle de "trahison".
Dans quelques heures, France Télécom sera privatisée. Le ministère de l'Economie et des Finances a annoncé avoir engagé un processus de cession de titres qui ramènera sa participation dans l'opérateur à moins de 50% du capital.
Concrètement, l'Etat a chargé quatre banques (Société Générale, Morgan Stanley, JP Morgan et BNP Paribas) de placer 235 millions de titres France Télécom, soit 9,6% du capital de l'opérateur. La taille de l'opération, qui sera réalisée à un prix allant de 18,95 à 19,25 euros, pourra même être portée à 12,1% du capital avec l'option de surallocation et la clause d'extension.
Le but avoué par Bercy est de contribuer au désendettement de l'Etat: avec un prix situé en milieu de fourchette, la cession pourrait rapporter entre 4,5 et 5,7 milliards d'euros selon le nombre de titres placés.
Mais cette opération, qui s'accompagne d'une émission d'obligations convertibles d'un montant de 1 à 1,15 milliard d'euros pour des besoins de refinancement, revêt avant tout un caractère symbolique. Car l'Etat va perdre la majorité qu'il détenait jusqu'ici avec 53,1% du capital. A l'issue du placement, sa participation dans le capital de l'opérateur tombera à quelque 43,5% voire à 41%. Pour autant, l'Etat ne souhaite pas se désengager brutalement. "L'Etat entend demeurer un actionnaire important de France Télécom à moyen terme", précise le communiqué de Bercy.
Il n'empêche que le calendrier choisi par Bercy est d'ores et déjà critiqué par certains responsables syndicaux. Pour Marc Maouche, président de la section CFTC du groupe, cela "ressemble à une trahison, à un mensonge, au non respect de la parole de l'Etat." D'après lui, le fait de répondre à "des intérêts conjoncturels budgétaires" est contraire à l'engagement pris par l'Etat de ne recourir à la privatisation que "dans le cadre du développement de France Télécom."
Le marché, qui attendait l'opération de longue date, devrait pour sa part se montrer moins surpris. Mais la taille du placement pourrait tout de même provoquer quelques turbulences à la reprise de cotation prévue à 11 heures.
Sept ans pour une privatisation
Le placement annoncé ce mercredi, et aboutissant à la privatisation de fait de l'opérateur, s'inscrit dans un processus engagé il y a près de sept ans. A l'époque (en octobre 1997), le gouvernement Jospin avait procédé à l'ouverture du capital de l'opérateur à hauteur de 25% via une mise en Bourse faisant largement appel aux petits épargnants. Depuis, l'Etat a progressivement réduit sa participation mais en gardant toujours le contrôle du groupe. Un point qui a suscité de nombreuses critiques au sein de la communauté financière: pour divers observateurs, l'impossibilité pour l'Etat de se laisser diluer à moins de 50% via des opérations de rachats en titres a été à l'origine de l'endettement démesuré de l'opérateur, qui au plus haut a atteint quelque 70 milliards d'euros. Finalement, un texte de loi a été voté en décembre 2003 permettant la privatisation totale de France Télécom, avec toutefois un maintien du statut des 106.000 fonctionnaires de la société. L'opération était donc attendue. D'autant qu'en avril le gouvernement avait indiqué vouloir "accélérer" les privatisations.
latribune.fr
Dans quelques heures, France Télécom sera privatisée. Le ministère de l'Economie et des Finances a annoncé avoir engagé un processus de cession de titres qui ramènera sa participation dans l'opérateur à moins de 50% du capital.
Concrètement, l'Etat a chargé quatre banques (Société Générale, Morgan Stanley, JP Morgan et BNP Paribas) de placer 235 millions de titres France Télécom, soit 9,6% du capital de l'opérateur. La taille de l'opération, qui sera réalisée à un prix allant de 18,95 à 19,25 euros, pourra même être portée à 12,1% du capital avec l'option de surallocation et la clause d'extension.
Le but avoué par Bercy est de contribuer au désendettement de l'Etat: avec un prix situé en milieu de fourchette, la cession pourrait rapporter entre 4,5 et 5,7 milliards d'euros selon le nombre de titres placés.
Mais cette opération, qui s'accompagne d'une émission d'obligations convertibles d'un montant de 1 à 1,15 milliard d'euros pour des besoins de refinancement, revêt avant tout un caractère symbolique. Car l'Etat va perdre la majorité qu'il détenait jusqu'ici avec 53,1% du capital. A l'issue du placement, sa participation dans le capital de l'opérateur tombera à quelque 43,5% voire à 41%. Pour autant, l'Etat ne souhaite pas se désengager brutalement. "L'Etat entend demeurer un actionnaire important de France Télécom à moyen terme", précise le communiqué de Bercy.
Il n'empêche que le calendrier choisi par Bercy est d'ores et déjà critiqué par certains responsables syndicaux. Pour Marc Maouche, président de la section CFTC du groupe, cela "ressemble à une trahison, à un mensonge, au non respect de la parole de l'Etat." D'après lui, le fait de répondre à "des intérêts conjoncturels budgétaires" est contraire à l'engagement pris par l'Etat de ne recourir à la privatisation que "dans le cadre du développement de France Télécom."
Le marché, qui attendait l'opération de longue date, devrait pour sa part se montrer moins surpris. Mais la taille du placement pourrait tout de même provoquer quelques turbulences à la reprise de cotation prévue à 11 heures.
Sept ans pour une privatisation
Le placement annoncé ce mercredi, et aboutissant à la privatisation de fait de l'opérateur, s'inscrit dans un processus engagé il y a près de sept ans. A l'époque (en octobre 1997), le gouvernement Jospin avait procédé à l'ouverture du capital de l'opérateur à hauteur de 25% via une mise en Bourse faisant largement appel aux petits épargnants. Depuis, l'Etat a progressivement réduit sa participation mais en gardant toujours le contrôle du groupe. Un point qui a suscité de nombreuses critiques au sein de la communauté financière: pour divers observateurs, l'impossibilité pour l'Etat de se laisser diluer à moins de 50% via des opérations de rachats en titres a été à l'origine de l'endettement démesuré de l'opérateur, qui au plus haut a atteint quelque 70 milliards d'euros. Finalement, un texte de loi a été voté en décembre 2003 permettant la privatisation totale de France Télécom, avec toutefois un maintien du statut des 106.000 fonctionnaires de la société. L'opération était donc attendue. D'autant qu'en avril le gouvernement avait indiqué vouloir "accélérer" les privatisations.
latribune.fr