MyNight
September 13th, 2004, 10:42 AM
Le Parisien, 13 septembre 2004
Les supermarchés préfèrent la péniche au camion
MONOPRIX vient de s'y mettre, après Carrefour, Auchan et Toy'r'Us... Pour acheminer leurs marchandises vers la capitale, les grands magasins se tournent de plus en plus vers la Seine. Conséquence : le trafic fluvial est en nette augmentation dans la capitale.
Le Port autonome de Paris vient de faire ses comptes : durant les six premiers mois de l'année, 9,1 millions de tonnes de fret ont été transportées par bateau, contre 8,7 au premier semestre 2003, soit un gain de 4,2 %. « C'est surtout le transport de marchandises par conteneurs qui enregistre la plus belle hausse, avec une envolée de 29 %, précise Marc Reimbold, expert au Port autonome. Un chiffre qui s'explique par l'engouement de la grande distribution pour ce type de déplacements. » « Ce sont autant de camions en moins qui circulent dans Paris, se félicite Denis Baupin, adjoint écologiste de Bertrand Delanoë, chargé des déplacements dans la capitale. Les entreprises sont de plus en plus attentives à réduire la pollution de nos villes. »
Vêtements et objets de la maison importés d'Asie
Ces conteneurs acheminés depuis le port du Havre contiennent essentiellement des vêtements et autres textiles, ainsi que des objets pour la maison et le loisir, achetés en Asie par les enseignes françaises. Autant de produits déchargés des cargos en Normandie pour être arrimés à d'immenses porte-conteneurs à deux étages qui circulent ensuite sur la Seine aux côtés des bateaux-mouches... Leur destination : le port de Gennevilliers (Hauts-de Seine) ou celui de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) - tout nouvellement créé par le Port autonome - d'où ils sont ensuite distribués dans toute l'Ile-de-France. « Pour le moment, ces milliers de mètres cubes de marchandises ne font que passer par Paris », indique Marc Reimbold. « Mais à terme, nous espérons que tout ce fret pourra être acheminé dans de vrais ports de proximité, en plein Paris », explique Denis Baupin. Les études sont en cours. Chronopost et Carrefour sont intéressés (lire l'encadré) . Huit petits ports, dans les plus beaux quartiers de Paris, au pied de la tour Eiffel ou de la Grande Bibliothèque, pourraient, à terme, être aménagés afin d'être des lieux de promenade le jour, et de déchargement la nuit (voir l'infographie) . Paris souhaite ainsi redevenir l'un des plus importants ports de France. A l'heure actuelle, la capitale abrite six ports industriels, à chaque extrémité de la Seine : 2 millions de tonnes de ciment, graviers, sable et autres matériaux de construction y sont déchargés chaque année. Bientôt, on débarquera peut-être aussi dans Paris des produits alimentaires de Monoprix, Champion ou Shopi...
« Ce sont déjà 3 800 poids lourds qui ne passent plus par Paris »
LA CHAINE Carrefour utilise déjà depuis deux ans le transport fluvial. « 30 % des vêtements vendus dans toute la France sont embarqués au Havre pour rejoindre la région parisienne par conteneur, indique Julien Darthout, chef de projet pour le développement durable chez Carrefour. L'année dernière, nous avons ainsi transporté 2 794 conteneurs jusqu'au dépôt de Bonneuil.
Cette année, nous devrions même atteindre les 3 800 conteneurs. Ce sont autant de poids lourds qui ne passent plus dans Paris. » Avantage : le déplacement n'est plus dépendant des difficultés de la circulation. Et Carrefour peut se présenter comme une société respectueuse de l'environnement qui participe à la lutte contre la pollution. Le groupe envisage même de passer à la vitesse supérieure en approvisionnant, peut-être dès l'année prochaine, ses magasins au départ des ports parisiens. « Nous croyons à l'avenir du transport fluvial », insiste Julien Darthout. Une étude est en cours, en concertation avec la Ville de Paris et le Port autonome. « Nous devons vérifier que ces nouveaux déplacements en plein Paris, par la Seine, sont économiquement viables et que les aménagements sur place sont réalisables », précise le chef de projet. Les palettes de produits seraient acheminées par barges puis chargées dans des camions électriques ou au gaz, qui livreraient ensuite les magasins Champion de Paris. L'étude est aussi avancée pour Chronopost, qui envisage d'utiliser ce moyen de transport fiable pour livrer une partie de sa messagerie.
Deux ports à fort potentiel dans le Val-d'Oise
LA NETTE AUGMENTATION du trafic fluvial enregistrée depuis le début de l'année est une bonne nouvelle pour les cinq ports du Val-d'Oise (Saint-Ouen-l'Aumône, Bruyères-sur-Oise, Persan, Argenteuil et Pontoise). Le Port autonome de Paris, qui gère ces cinq établissements, étudie la possibilité d'y accroître les capacités d'accueil des marchandises. Ce programme a été initié en 2001, alors que les travaux de Port 2000 venaient de démarrer au Havre (Seine-Maritime), annonçant la hausse prochaine du transport de conteneurs sur la Seine et ses affluents.
A l'époque, il allait déjà de soi que le fait de doubler l'accueil de conteneurs à l'embouchure de la Seine allait avoir de nettes répercussions sur le trafic fluvial en région parisienne. Au vu des résultats du 1 e r semestre, le résultat est là, le Port autonome de Paris parlant de « véritable boom » du trafic en Ile-de-France. Les projets d'aires d'accueil de conteneurs à Saint-Ouen-l'Aumône et Bruyères-sur-Oise, présentés par l'agence des Boucles de la Seine, sont donc d'actualité. Si, avec ses dix-huit hectares, le port de Bruyères-sur-Oise est le plus important du département par la taille, c'est celui de Saint-Ouen-l'Aumône, posté au pied des zones industrielles d'Epluches et du Vert-Galant, qui génère le plus de trafic. L'agence poursuit ses aménagements en partenariat avec les collectivités locales. Elle prévoit de bâtir sur les deux sites un quai public et un « entrepôt de groupage-dégroupage de conteneurs ». A Bruyères-sur-Oise, il est aussi question d'installer un « ouvrage de déchargement » pour acheminer des véhicules par le fleuve. Depuis deux ans, la zone d'activités économiques de Bruyères accueille une société spécialisée dans la logistique automobile, l'entreprise CAT (Compagnie d'affrètement et de transport). Le Port autonome de Paris a déjà aménagé à son intention une liaison avec le réseau ferré et un espace de 10 hectares pour stationner les véhicules.
Les supermarchés préfèrent la péniche au camion
MONOPRIX vient de s'y mettre, après Carrefour, Auchan et Toy'r'Us... Pour acheminer leurs marchandises vers la capitale, les grands magasins se tournent de plus en plus vers la Seine. Conséquence : le trafic fluvial est en nette augmentation dans la capitale.
Le Port autonome de Paris vient de faire ses comptes : durant les six premiers mois de l'année, 9,1 millions de tonnes de fret ont été transportées par bateau, contre 8,7 au premier semestre 2003, soit un gain de 4,2 %. « C'est surtout le transport de marchandises par conteneurs qui enregistre la plus belle hausse, avec une envolée de 29 %, précise Marc Reimbold, expert au Port autonome. Un chiffre qui s'explique par l'engouement de la grande distribution pour ce type de déplacements. » « Ce sont autant de camions en moins qui circulent dans Paris, se félicite Denis Baupin, adjoint écologiste de Bertrand Delanoë, chargé des déplacements dans la capitale. Les entreprises sont de plus en plus attentives à réduire la pollution de nos villes. »
Vêtements et objets de la maison importés d'Asie
Ces conteneurs acheminés depuis le port du Havre contiennent essentiellement des vêtements et autres textiles, ainsi que des objets pour la maison et le loisir, achetés en Asie par les enseignes françaises. Autant de produits déchargés des cargos en Normandie pour être arrimés à d'immenses porte-conteneurs à deux étages qui circulent ensuite sur la Seine aux côtés des bateaux-mouches... Leur destination : le port de Gennevilliers (Hauts-de Seine) ou celui de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) - tout nouvellement créé par le Port autonome - d'où ils sont ensuite distribués dans toute l'Ile-de-France. « Pour le moment, ces milliers de mètres cubes de marchandises ne font que passer par Paris », indique Marc Reimbold. « Mais à terme, nous espérons que tout ce fret pourra être acheminé dans de vrais ports de proximité, en plein Paris », explique Denis Baupin. Les études sont en cours. Chronopost et Carrefour sont intéressés (lire l'encadré) . Huit petits ports, dans les plus beaux quartiers de Paris, au pied de la tour Eiffel ou de la Grande Bibliothèque, pourraient, à terme, être aménagés afin d'être des lieux de promenade le jour, et de déchargement la nuit (voir l'infographie) . Paris souhaite ainsi redevenir l'un des plus importants ports de France. A l'heure actuelle, la capitale abrite six ports industriels, à chaque extrémité de la Seine : 2 millions de tonnes de ciment, graviers, sable et autres matériaux de construction y sont déchargés chaque année. Bientôt, on débarquera peut-être aussi dans Paris des produits alimentaires de Monoprix, Champion ou Shopi...
« Ce sont déjà 3 800 poids lourds qui ne passent plus par Paris »
LA CHAINE Carrefour utilise déjà depuis deux ans le transport fluvial. « 30 % des vêtements vendus dans toute la France sont embarqués au Havre pour rejoindre la région parisienne par conteneur, indique Julien Darthout, chef de projet pour le développement durable chez Carrefour. L'année dernière, nous avons ainsi transporté 2 794 conteneurs jusqu'au dépôt de Bonneuil.
Cette année, nous devrions même atteindre les 3 800 conteneurs. Ce sont autant de poids lourds qui ne passent plus dans Paris. » Avantage : le déplacement n'est plus dépendant des difficultés de la circulation. Et Carrefour peut se présenter comme une société respectueuse de l'environnement qui participe à la lutte contre la pollution. Le groupe envisage même de passer à la vitesse supérieure en approvisionnant, peut-être dès l'année prochaine, ses magasins au départ des ports parisiens. « Nous croyons à l'avenir du transport fluvial », insiste Julien Darthout. Une étude est en cours, en concertation avec la Ville de Paris et le Port autonome. « Nous devons vérifier que ces nouveaux déplacements en plein Paris, par la Seine, sont économiquement viables et que les aménagements sur place sont réalisables », précise le chef de projet. Les palettes de produits seraient acheminées par barges puis chargées dans des camions électriques ou au gaz, qui livreraient ensuite les magasins Champion de Paris. L'étude est aussi avancée pour Chronopost, qui envisage d'utiliser ce moyen de transport fiable pour livrer une partie de sa messagerie.
Deux ports à fort potentiel dans le Val-d'Oise
LA NETTE AUGMENTATION du trafic fluvial enregistrée depuis le début de l'année est une bonne nouvelle pour les cinq ports du Val-d'Oise (Saint-Ouen-l'Aumône, Bruyères-sur-Oise, Persan, Argenteuil et Pontoise). Le Port autonome de Paris, qui gère ces cinq établissements, étudie la possibilité d'y accroître les capacités d'accueil des marchandises. Ce programme a été initié en 2001, alors que les travaux de Port 2000 venaient de démarrer au Havre (Seine-Maritime), annonçant la hausse prochaine du transport de conteneurs sur la Seine et ses affluents.
A l'époque, il allait déjà de soi que le fait de doubler l'accueil de conteneurs à l'embouchure de la Seine allait avoir de nettes répercussions sur le trafic fluvial en région parisienne. Au vu des résultats du 1 e r semestre, le résultat est là, le Port autonome de Paris parlant de « véritable boom » du trafic en Ile-de-France. Les projets d'aires d'accueil de conteneurs à Saint-Ouen-l'Aumône et Bruyères-sur-Oise, présentés par l'agence des Boucles de la Seine, sont donc d'actualité. Si, avec ses dix-huit hectares, le port de Bruyères-sur-Oise est le plus important du département par la taille, c'est celui de Saint-Ouen-l'Aumône, posté au pied des zones industrielles d'Epluches et du Vert-Galant, qui génère le plus de trafic. L'agence poursuit ses aménagements en partenariat avec les collectivités locales. Elle prévoit de bâtir sur les deux sites un quai public et un « entrepôt de groupage-dégroupage de conteneurs ». A Bruyères-sur-Oise, il est aussi question d'installer un « ouvrage de déchargement » pour acheminer des véhicules par le fleuve. Depuis deux ans, la zone d'activités économiques de Bruyères accueille une société spécialisée dans la logistique automobile, l'entreprise CAT (Compagnie d'affrètement et de transport). Le Port autonome de Paris a déjà aménagé à son intention une liaison avec le réseau ferré et un espace de 10 hectares pour stationner les véhicules.