View Full Version : Dossier du Point : Le retour des gratte-ciel


Cyril
September 17th, 2004, 09:17 AM
Après le 11 septembre 2001, on a cru qu'on ne bâtirait plus de tours. Mais, aujourd'hui, les chantiers et les projets se multiplient, toujours plus hauts, toujours plus fous

Christophe Labbé et Olivia Recasens

C'était quelques jours après le 11 septembre 2001. Christian de Portzamparc, lauréat du Pritzker Prize, l'équivalent du Nobel en architecture, était en train de mettre le dernier coup de crayon au projet de la tour Granite, à la Défense. La Société générale, qui lui avait commandé pour son futur siège un gratte-ciel de 230 mètres, visible depuis la place de l'Etoile, lui demande soudain de raboter la tour de 50 mètres.

Dans les mois qui ont suivi l'effondrement des Twin Towers, tous les projets de tours de la planète ont été revus à la baisse ou abandonnés. « On a tous cru que c'en était fini des gratte-ciel », se souvient Francis Rambert, qui dirige à Paris l'Institut français d'architecture. Mais tel le phénix qui renaît de ses cendres, les gratte-ciel sont de retour. « Big is beautiful », titrait cet été Time Magazine. Les mégalopoles se disputent les projets les plus fous. 541 mètres pour la Freedom Tower à New York, 558 mètres à Jakarta, une tour de 600 mètres pour Tokyo, et carrément plus de 1 kilomètre pour la Bionic Tower qui doit voir le jour à Shanghai en 2015. La différence est que les architectes ont tiré les leçons des attentats du 11 septembre. Ce qui a provoqué l'effondrement des deux tours de Manhattan n'est pas l'impact des deux avions, mais le brasier alimenté par les dizaines de tonnes de kérosène qui a fait fondre comme du chocolat l'armature en acier. « La structure métallique des Twin Towers n'a pas résisté suffisamment longtemps parce qu'elle était trop fine, on ne les construirait plus comme cela aujourd'hui », explique l'architecte français Jean Nouvel, qui a été retenu pour faire pousser, sur Ground Zero, une tour de 300 mètres, à l'ombre de la Freedom Tower.

Désormais, la nouvelle règle, lorsque l'on érige un gratte-ciel, est de s'assurer qu'il résiste au crash d'un avion de ligne pendant au moins deux heures, le temps d'évacuer par les escaliers les 4 000 personnes au minimum qui s'y trouvent. Comme si construire une tour n'était pas assez compliqué. « Théoriquement, on peut bâtir aussi haut que l'on veut. Il n'y a pas de limite technique. Mais, dès que l'on dépasse 100 mètres, tout devient problématique », précise Jean Nouvel. Propulser l'eau au sommet est un véritable casse-tête : tous les 10 mètres, il faut ajouter 1 bar de pression. Et pour les ascenseurs, censés acheminer dans les étages l'équivalent d'une petite ville, il faut carrément prévoir des systèmes informatiques intelligents capables de se prépositionner au bon endroit à la bonne heure, en anticipant la demande. Le tout à la vitesse de l'éclair. Ainsi, dans la Sears Tower, à Chicago, les ascenseurs, qui sont les plus rapides au monde, grimpent à 50 kilomètres/heure. Il faut seulement une minute pour atteindre le 103e étage. De quoi coller au plancher les passagers...

Mais le premier ennemi de l'architecte, c'est le vent. Une tour de 400 mètres doit pouvoir encaisser sans trop broncher une poussée de 7 000 tonnes en façade. Plus le gratte-ciel est haut, plus il doit être élastique, sinon il casse, d'où une préférence pour le métal plutôt que le béton armé. La contrepartie, c'est que le vent fait tanguer les derniers étages de 10 à 30 centimètres. Les premiers buildings, construits à Chicago avant guerre, ont d'ailleurs été désertés par leurs occupants qui souffraient du mal de mer.

Une boule de 680 tonnes

Aujourd'hui, les gratte-ciel sont dotés de systèmes anti-oscillations conçus pour ceux qui n'ont pas le pied marin, mais aussi pour résister aux séismes ou aux tornades, de plus en plus fréquents. Parmi les plus spectaculaires, celui de la Taipei 101, à Taïwan. La tour la plus haute du monde, qui culmine à 508 mètres, a en effet été construite à la fois dans une zone sismique et un couloir à typhons. Au sommet, entre le 88e et le 92e étage, une boule de 680 tonnes, suspendue par des câbles, contrebalance les effets des vibrations. Quand la Taipei 101 penche d'un côté, la boule antisecousses part de l'autre, ce qui freine l'oscillation de l'édifice. En prime, son poids sert à éviter que la tour ne soit déstabilisée en cas de tremblement de terre intense.

Un investissement rentable

« Dans la prochaine décennie, les tours de plus de 500 mètres vont devenir monnaie courante », affirme Jean Nouvel. Et d'expliquer ainsi cette frénésie : « Il y a un besoin économique. Quand le prix du mètre carré explose, la seule réponse est de bâtir en hauteur. Même si cela coûte en moyenne deux fois plus cher, on est certain d'avoir un retour sur investissement. » La Taipei 101 a ainsi coûté la bagatelle de 209 millions de dollars.

Une tour, c'est aussi un fantastique investissement en termes d'image. Certaines d'entre elles, comme les Petronas Towers à Kuala Lumpur, l'Empire State Building à New York ou évidemment la tour Eiffel, contribuent à l'identité de la ville où elles se dressent. C'est en partie sur leurs gratte-ciel que les dragons asiatiques misent pour montrer qu'ils sont les nouveaux leaders économiques de la planète. Pas étonnant, dès lors, qu'à elle seule l'Asie aligne sept des dix plus hautes tours du monde. Et puis les gratte-ciel attirent les multinationales. Pour une entreprise, le must est d'apposer sur sa carte de visite une adresse dans une tour célèbre. Et c'est encore mieux si le building se distingue. « Après avoir compris qu'aucune tour, à moins d'en faire un blockhaus, ne pourrait résister à un 747 bourré de kérosène, les architectes se sont dit : laissons libre cours à notre imagination », raconte Francis Rambert.

Résultat : non seulement les tours montent vers le ciel, mais elles prennent des formes inédites. C'est le cas, par exemple, de la Gherkin à Londres, qui a l'allure d'un gros concombre. « On en a soupé de la tour rectangulaire avec ses quatre façades identiques, ses étages clonés et son univers entièrement climatisé, souligne Francis Rambert. Le gratte-ciel de demain, c'est l'anti-tour Montparnasse. »

Jean Nouvel, le faiseur de tours
Tout a commencé avec une tour qui n'a jamais vu le jour. La tour sans fin imaginée par Jean Nouvel devait dominer le quartier d'affaires de la Défense du haut de ses 400 mètres. En 1991, la récession qui a suivi la guerre du Golfe a enterré le projet. Mais depuis, Jean Nouvel est devenu l'architecte français qui fait pousser des gratte-ciel partout sur la planète, 200 mètres à Tokyo, 170 mètres à Beyrouth et bientôt 300 mètres à New York, puisqu'il a été choisi pour ériger l'une des cinq tours de Ground Zero.

« J'appartiens à une école qui récuse le clonage en architecture et considère que chaque tour doit être unique. Il faut la concevoir comme un phare, un point de repère à l'image de la ville », précise Jean Nouvel.

A 59 ans, celui qui a aussi construit l'Institut du monde arabe et la Fondation Cartier, à Paris, s'attache à faire de ses gratte-ciel des objets lumineux, les plus transparents possible. Un principe qu'il a brillamment appliqué à sa dernière réalisation. La tour Agbar, futur siège de la compagnie des eaux de Barcelone, est une enveloppe de verre de 142 mètres qui se dématérialise au fur et à mesure qu'elle monte dans le ciel, ce qui lui donne l'allure d'une masse d'eau figée. Insatiable, Jean Nouvel est déjà en lice pour une tour de 200 mètres au Qatar C. L. et O. R.


Les dix plus hautes tours du monde
Sept des plus grands gratte-ciel sont en Asie. Si les flèches entrent en compte dans le calcul de la hauteur, ce n'est pas le cas des antennes de radiotélévision. Mais, pour monter sur la première marche du podium, tous les coups sont permis. En 1998, les tours jumelles Petronas, à Kuala Lumpur, ont trouvé une astuce pour détrôner la Sears Tower, à Chicago, qui était alors la plus haute du monde : s'affubler d'antennes décoratives de 74 mètres de haut. Après des débats houleux, le Conseil international sur les grands bâtiments, chargé du classement des tours, a accepté de comptabiliser ces antennes au motif qu'elles font partie intégrante de la structure et contribuent à l'esthétique générale de l'édifice. Et tant pis si les Petronas n'affichent que 88 étages, contre 110 pour la Sears Tower. Quoi qu'il en soit, d'ici à quatre ans, tout ce petit monde sera coiffé au poteau par la Burj Dubai, aux Emirats arabes unis, et ses 705 mètres. En 2015, Shanghai prendra le relais avec la Bionic Tower, un gratte-ciel de 1 228 mètres !

Infographie : http://www.lepoint.fr/static/infographie/PNT1670/083tour.pdf

Les gratte-ciel du futur
Les gratte-ciel de demain seront biscornus et écolos.

Le ton a été donné avec la Freedom Tower, qui dominera New York de ses 541 mètres en 2008. Ce gratte-ciel en forme de stylo plume sera alors le plus haut du monde. Avec, en prime, nichées au sommet, des éoliennes qui fourniront jusqu'à 20 % de l'électricité du building. Dans la même veine, on trouve la Gherkin, un « gros concombre » de 180 mètres planté cet été au coeur de la City par l'architecte britannique Norman Foster. Sa forme aérodynamique cache un système de ventilation naturelle qui permet de se passer de la climatisation. Exit aussi les néons, grâce à sa découpe en étoiles qui laisse entrer partout la lumière du jour. Mais la palme du bizzaroïde revient à la Twisting Tower, littéralement la « tour qui s'entortille », de l'Espagnol Santiago Calatrava. Ce gratte-ciel haut de 186 mètres, qui reproduit un dos humain en torsion, sera inauguré au printemps prochain en Suède.

Parmi les projets fous, il y a la tour « polycentrique ». Un concept inventé par l'architecte français Denis Sloan. Imaginez 8 piliers de 600 mètres chacun avec dans leur ventre douze ascenseurs permettant d'acheminer simultanément 2 400 personnes. Le tout relié par 48 arches sur lesquelles sont posés autant de blocs d'immeubles indépendants. Le point fort de cet édifice est la sécurité, puisqu'un incendie ne peut pas se propager à l'ensemble de la structure C. L. et O. R.


© le point 16/09/04 - N°1670 - Page 80 - 1719 mots
http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=152521

Cyril
September 17th, 2004, 09:30 AM
A la lecture de ce dossier, on a le sentiment que les journalistes disent entre les lignes : "Et nous en France qu'est-ce-qu'on attend ?" ;)

lepied
September 17th, 2004, 09:51 AM
bah, si on y a déja été une fois, dans une grande période de tours, rien n'empêche qu'on y revienne...

stephane
September 17th, 2004, 11:59 AM
Mais c'est quoi cette tour de 300 m que Nouvel doit construire à NY? J'en ai jamais entendu parler !

Gotenks
September 17th, 2004, 12:52 PM
Mais c'est quoi cette tour de 300 m que Nouvel doit construire à NY? J'en ai jamais entendu parler !
C' est une des "petites" tours de verres qui sera située à côté de la Freedom tower. On ne parle jamais de ces tours qui feront dans les 300m tout de même...

Sinon pas mal ce dossier, mais la Bionic tower, vous y croyez ?

Phil
September 17th, 2004, 12:56 PM
J'ai déjà du mal à croire à celle de Dubai, alors on va attendre un peu pour la bionic Tower :)

stephane
September 17th, 2004, 01:05 PM
C' est une des "petites" tours de verres qui sera située à côté de la Freedom tower. On ne parle jamais de ces tours qui feront dans les 300m tout de même...

Sinon pas mal ce dossier, mais la Bionic tower, vous y croyez ?


Mais je croyais que l'ensemble des tours construites sur le site de ground zero l'étaient par Libeskind ?

benmabillon
September 17th, 2004, 01:26 PM
Liebeskind fait la grande Freedom Tower (on y vendra des Freedom Fries?) et le plan général d'urbanisme, mais d'autres architectes sont en charge des autres bâtiments (un tour par Nouvel, une tour par Foster aussi).
Dans le même genre, pour les Halles si Koolhaas l'emporte, les flacons auront aussi droit à des architectes différents, ce qui pourrait être super.

Phil
September 17th, 2004, 02:30 PM
Je ne suis même pas sur que la Freedom Tower soit designé par Liebeskind en fait.

Matthieu
September 17th, 2004, 04:36 PM
Ils vont le faire le godemichet de 1,2km de haut alors? Psychopathes.

Fabb
September 17th, 2004, 05:47 PM
Chacun d'entre nous sur ce forum est beaucoup mieux informé que les journalistes qui ont rédigé ce tissu d'aneries.

Bionic ? gros délire.
Jean Nouvel est devenu l'architecte français qui fait pousser des gratte-ciel partout sur la planète? gros délire
Tour de 300 m à NY par Jean Nouvel ? gros délire (la 7WTC en construction n'a toujours pas un seul locataire à par Silverstein lui même...)

Mais une fois de plus, c'est tout à fait positif qu'on parle de gratte-ciel dans la presse française.

JP
September 17th, 2004, 07:26 PM
interessant surtout que c'est la première fois qu'un article insiste sur les hauteurs en mètres ! ...en soulignant dès le début que nous, nous rabottons nos tours...

St!ckyesman
September 17th, 2004, 07:28 PM
Il met l'accent sur le projet d'un francais avec la tour polycentrique c'est encourageant sa aussi. Et il essaye de dire que les francais peuvent creer des grattes ciel aussi hauts que la tour Eiffeil avec le fake du World Trade Center de Nouvel. Donc il encourage a construire pareil ici hihi.

Matthieu
September 17th, 2004, 07:33 PM
La Tour Polycentrique c'est pas un projet mais une vision.

St!ckyesman
September 17th, 2004, 08:28 PM
Euh oui desolé enfin c'etait pas un projet quand meme pour le World Trade Center ?

Matthieu
September 17th, 2004, 08:33 PM
Euh oui desolé enfin c'etait pas un projet quand meme pour le World Trade Center ?


Euh, je pense qu'ils l'ont proposée, mais je sais pas si ça a été pris au serieux.

stephane
September 17th, 2004, 10:43 PM
J'ai déjà du mal à croire à celle de Dubai, alors on va attendre un peu pour la bionic Tower :)

Ben justement, d'après ce que je viens de lire sur le forum international, le projet d'une tour de 648m prevue à Moscou a été abandonné pour une version à 398m
C'est bien beau d'avoir la folie des grandeurs et de faire des tours de 400 à 600m de haut, encore faut-il les remplir. C'est quand même ce que recherchent avant tout les investisseurs.

diagonale
September 17th, 2004, 11:02 PM
Après le 11 septembre 2001, on a cru qu'on ne bâtirait plus de tours. Mais, aujourd'hui, les chantiers et les projets se multiplient, toujours plus hauts, toujours plus fous

Christophe Labbé et Olivia Recasens

C'était quelques jours après le 11 septembre 2001. Christian de Portzamparc, lauréat du Pritzker Prize, l'équivalent du Nobel en architecture, était en train de mettre le dernier coup de crayon au projet de la tour Granite, à la Défense. La Société générale, qui lui avait commandé pour son futur siège un gratte-ciel de 230 mètres, visible depuis la place de l'Etoile, lui demande soudain de raboter la tour de 50 mètres.

Dans les mois qui ont suivi l'effondrement des Twin Towers, tous les projets de tours de la planète ont été revus à la baisse ou abandonnés. « On a tous cru que c'en était fini des gratte-ciel », se souvient Francis Rambert, qui dirige à Paris l'Institut français d'architecture. Mais tel le phénix qui renaît de ses cendres, les gratte-ciel sont de retour. « Big is beautiful », titrait cet été Time Magazine. Les mégalopoles se disputent les projets les plus fous. 541 mètres pour la Freedom Tower à New York, 558 mètres à Jakarta, une tour de 600 mètres pour Tokyo, et carrément plus de 1 kilomètre pour la Bionic Tower qui doit voir le jour à Shanghai en 2015. La différence est que les architectes ont tiré les leçons des attentats du 11 septembre. Ce qui a provoqué l'effondrement des deux tours de Manhattan n'est pas l'impact des deux avions, mais le brasier alimenté par les dizaines de tonnes de kérosène qui a fait fondre comme du chocolat l'armature en acier. « La structure métallique des Twin Towers n'a pas résisté suffisamment longtemps parce qu'elle était trop fine, on ne les construirait plus comme cela aujourd'hui », explique l'architecte français Jean Nouvel, qui a été retenu pour faire pousser, sur Ground Zero, une tour de 300 mètres, à l'ombre de la Freedom Tower.

Désormais, la nouvelle règle, lorsque l'on érige un gratte-ciel, est de s'assurer qu'il résiste au crash d'un avion de ligne pendant au moins deux heures, le temps d'évacuer par les escaliers les 4 000 personnes au minimum qui s'y trouvent. Comme si construire une tour n'était pas assez compliqué. « Théoriquement, on peut bâtir aussi haut que l'on veut. Il n'y a pas de limite technique. Mais, dès que l'on dépasse 100 mètres, tout devient problématique », précise Jean Nouvel. Propulser l'eau au sommet est un véritable casse-tête : tous les 10 mètres, il faut ajouter 1 bar de pression. Et pour les ascenseurs, censés acheminer dans les étages l'équivalent d'une petite ville, il faut carrément prévoir des systèmes informatiques intelligents capables de se prépositionner au bon endroit à la bonne heure, en anticipant la demande. Le tout à la vitesse de l'éclair. Ainsi, dans la Sears Tower, à Chicago, les ascenseurs, qui sont les plus rapides au monde, grimpent à 50 kilomètres/heure. Il faut seulement une minute pour atteindre le 103e étage. De quoi coller au plancher les passagers...

Mais le premier ennemi de l'architecte, c'est le vent. Une tour de 400 mètres doit pouvoir encaisser sans trop broncher une poussée de 7 000 tonnes en façade. Plus le gratte-ciel est haut, plus il doit être élastique, sinon il casse, d'où une préférence pour le métal plutôt que le béton armé. La contrepartie, c'est que le vent fait tanguer les derniers étages de 10 à 30 centimètres. Les premiers buildings, construits à Chicago avant guerre, ont d'ailleurs été désertés par leurs occupants qui souffraient du mal de mer.

Une boule de 680 tonnes

Aujourd'hui, les gratte-ciel sont dotés de systèmes anti-oscillations conçus pour ceux qui n'ont pas le pied marin, mais aussi pour résister aux séismes ou aux tornades, de plus en plus fréquents. Parmi les plus spectaculaires, celui de la Taipei 101, à Taïwan. La tour la plus haute du monde, qui culmine à 508 mètres, a en effet été construite à la fois dans une zone sismique et un couloir à typhons. Au sommet, entre le 88e et le 92e étage, une boule de 680 tonnes, suspendue par des câbles, contrebalance les effets des vibrations. Quand la Taipei 101 penche d'un côté, la boule antisecousses part de l'autre, ce qui freine l'oscillation de l'édifice. En prime, son poids sert à éviter que la tour ne soit déstabilisée en cas de tremblement de terre intense.

Un investissement rentable

« Dans la prochaine décennie, les tours de plus de 500 mètres vont devenir monnaie courante », affirme Jean Nouvel. Et d'expliquer ainsi cette frénésie : « Il y a un besoin économique. Quand le prix du mètre carré explose, la seule réponse est de bâtir en hauteur. Même si cela coûte en moyenne deux fois plus cher, on est certain d'avoir un retour sur investissement. » La Taipei 101 a ainsi coûté la bagatelle de 209 millions de dollars.

Une tour, c'est aussi un fantastique investissement en termes d'image. Certaines d'entre elles, comme les Petronas Towers à Kuala Lumpur, l'Empire State Building à New York ou évidemment la tour Eiffel, contribuent à l'identité de la ville où elles se dressent. C'est en partie sur leurs gratte-ciel que les dragons asiatiques misent pour montrer qu'ils sont les nouveaux leaders économiques de la planète. Pas étonnant, dès lors, qu'à elle seule l'Asie aligne sept des dix plus hautes tours du monde. Et puis les gratte-ciel attirent les multinationales. Pour une entreprise, le must est d'apposer sur sa carte de visite une adresse dans une tour célèbre. Et c'est encore mieux si le building se distingue. « Après avoir compris qu'aucune tour, à moins d'en faire un blockhaus, ne pourrait résister à un 747 bourré de kérosène, les architectes se sont dit : laissons libre cours à notre imagination », raconte Francis Rambert.

Résultat : non seulement les tours montent vers le ciel, mais elles prennent des formes inédites. C'est le cas, par exemple, de la Gherkin à Londres, qui a l'allure d'un gros concombre. « On en a soupé de la tour rectangulaire avec ses quatre façades identiques, ses étages clonés et son univers entièrement climatisé, souligne Francis Rambert. Le gratte-ciel de demain, c'est l'anti-tour Montparnasse. »

Jean Nouvel, le faiseur de tours
Tout a commencé avec une tour qui n'a jamais vu le jour. La tour sans fin imaginée par Jean Nouvel devait dominer le quartier d'affaires de la Défense du haut de ses 400 mètres. En 1991, la récession qui a suivi la guerre du Golfe a enterré le projet. Mais depuis, Jean Nouvel est devenu l'architecte français qui fait pousser des gratte-ciel partout sur la planète, 200 mètres à Tokyo, 170 mètres à Beyrouth et bientôt 300 mètres à New York, puisqu'il a été choisi pour ériger l'une des cinq tours de Ground Zero.

« J'appartiens à une école qui récuse le clonage en architecture et considère que chaque tour doit être unique. Il faut la concevoir comme un phare, un point de repère à l'image de la ville », précise Jean Nouvel.

A 59 ans, celui qui a aussi construit l'Institut du monde arabe et la Fondation Cartier, à Paris, s'attache à faire de ses gratte-ciel des objets lumineux, les plus transparents possible. Un principe qu'il a brillamment appliqué à sa dernière réalisation. La tour Agbar, futur siège de la compagnie des eaux de Barcelone, est une enveloppe de verre de 142 mètres qui se dématérialise au fur et à mesure qu'elle monte dans le ciel, ce qui lui donne l'allure d'une masse d'eau figée. Insatiable, Jean Nouvel est déjà en lice pour une tour de 200 mètres au Qatar C. L. et O. R.


Les dix plus hautes tours du monde
Sept des plus grands gratte-ciel sont en Asie. Si les flèches entrent en compte dans le calcul de la hauteur, ce n'est pas le cas des antennes de radiotélévision. Mais, pour monter sur la première marche du podium, tous les coups sont permis. En 1998, les tours jumelles Petronas, à Kuala Lumpur, ont trouvé une astuce pour détrôner la Sears Tower, à Chicago, qui était alors la plus haute du monde : s'affubler d'antennes décoratives de 74 mètres de haut. Après des débats houleux, le Conseil international sur les grands bâtiments, chargé du classement des tours, a accepté de comptabiliser ces antennes au motif qu'elles font partie intégrante de la structure et contribuent à l'esthétique générale de l'édifice. Et tant pis si les Petronas n'affichent que 88 étages, contre 110 pour la Sears Tower. Quoi qu'il en soit, d'ici à quatre ans, tout ce petit monde sera coiffé au poteau par la Burj Dubai, aux Emirats arabes unis, et ses 705 mètres. En 2015, Shanghai prendra le relais avec la Bionic Tower, un gratte-ciel de 1 228 mètres !

Infographie : http://www.lepoint.fr/static/infographie/PNT1670/083tour.pdf

Les gratte-ciel du futur
Les gratte-ciel de demain seront biscornus et écolos.

Le ton a été donné avec la Freedom Tower, qui dominera New York de ses 541 mètres en 2008. Ce gratte-ciel en forme de stylo plume sera alors le plus haut du monde. Avec, en prime, nichées au sommet, des éoliennes qui fourniront jusqu'à 20 % de l'électricité du building. Dans la même veine, on trouve la Gherkin, un « gros concombre » de 180 mètres planté cet été au coeur de la City par l'architecte britannique Norman Foster. Sa forme aérodynamique cache un système de ventilation naturelle qui permet de se passer de la climatisation. Exit aussi les néons, grâce à sa découpe en étoiles qui laisse entrer partout la lumière du jour. Mais la palme du bizzaroïde revient à la Twisting Tower, littéralement la « tour qui s'entortille », de l'Espagnol Santiago Calatrava. Ce gratte-ciel haut de 186 mètres, qui reproduit un dos humain en torsion, sera inauguré au printemps prochain en Suède.

Parmi les projets fous, il y a la tour « polycentrique ». Un concept inventé par l'architecte français Denis Sloan. Imaginez 8 piliers de 600 mètres chacun avec dans leur ventre douze ascenseurs permettant d'acheminer simultanément 2 400 personnes. Le tout relié par 48 arches sur lesquelles sont posés autant de blocs d'immeubles indépendants. Le point fort de cet édifice est la sécurité, puisqu'un incendie ne peut pas se propager à l'ensemble de la structure C. L. et O. R.


© le point 16/09/04 - N°1670 - Page 80 - 1719 mots
http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=152521

Pour votre Information à tous
Un article similaire sur les IGH est paru dans le Sciences et Avenir du mois de Septembre 2004

Phil
September 17th, 2004, 11:59 PM
Pour votre Information à tous
Un article similaire sur les IGH est paru dans le Sciences et Avenir du mois de Septembre 2004

Merci.

on en parle dans ce sujet :
http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=131991

lepied
September 18th, 2004, 07:16 AM
Tour de 300 m à NY par Jean Nouvel ? gros délire (la 7WTC en construction n'a toujours pas un seul locataire à par Silverstein lui même...)

........ LOL ! on serait maudis aussi à l'étranger ? je veux dire, tout Français digne de ce nom se doit de "ramer" pour faire pousser ou rentabiliser une tour ? hi hi

Quand ils disent que granite était prévue officiellement pour faire 230 mètres (ce dont je n'étais qu'a moitié sur), et qu'ils l'ont raboté pour des raisons de sécurité ou que cet acte a suivi un "tout" mondial, cela me rassure et m'apporte de la confiance face à l'avenir :

Sans les attentats du 11/9 , et sans les 2 guerres du golfe, à en croire ce torchon, on aurait eu notre TSF et en prime granite aurait eu des chances de continuer sa lancée vers les 230 m !!!!!!

Gotenks
September 18th, 2004, 10:11 AM
Je trouve l' ESB dans leur infographie un peu petit...

stephane
September 18th, 2004, 11:56 AM
Sans les attentats du 11/9 , et sans les 2 guerres du golfe, à en croire ce torchon, on aurait eu notre TSF




C'est pas uniquement la crise économique et les crises mondiales qui ont fait capoter le projet de la TSF, Chirac n'en voulait pas et a fait pression pour que le projet n'aboutisse pas.

Phil
September 18th, 2004, 11:58 AM
@stephane :Ah bon ? tu peux nous en dire plus à ce propos ?

Quand à l'infographie c'est vrai que si ils rabaissent l'antenne de l'ESB à hauteur du toit normal, ça raccourci beaucoup la tour...

stephane
September 18th, 2004, 12:16 PM
@Phil
J'ai lu plusieurs fois, je ne sais plus dans quels journaux, que Chirac ne voulait pas de ce projet, pour des raisons esthétiques. Hors Chirac en tant que maire de Paris et en tant que Chirac tout court pouvait facilement faire pression sur tout ce qui se projetaient dans Paris et les environs. C'est ce qu'on a appelé le "système chiraquien"!

lepied
September 18th, 2004, 12:24 PM
Ah putain c pas vrai, donc lui également est ouvertement anti-tours ?

Fabb
September 18th, 2004, 12:41 PM
Mon opinion perso : les décideurs ont eu "peur" d'une tour aussi fine.
Je pense qu'ils ont douté de sa filliabilité.

En plus, la première version (celle de 1989) aurait eu trop de vibrations au sommet.

lepied
September 18th, 2004, 03:04 PM
On ne peut continuer à avoir peur comme ça.

entre la peur, la frilosité, les préjugés, la technophobie, l'américanophobie, la 11/9 phobie, le syndrome amélie poulain

COMMENT VA-T ON Y ARRIVER ?

St!ckyesman
September 18th, 2004, 10:23 PM
Les jeunes d'aujourd'hui je pense pas qu'ils soient tous contre les tours ou technophobe, americanophobe. Donc peu-etre que en grandissant on aura des tours, plus de technologie et tt et tt lol pour faire simple, trés simple. Sinon on s'en sort PAS, snif.

lepied
September 18th, 2004, 10:27 PM
JE N'en ai pas trop l'impression, y'a bcp de "petits cons arrogants" dans mon entourrage anti tours, anti américains, anti tout.

Des Français quoi, avec le gêne de la connerie, dès 20 ans...

Phil
September 18th, 2004, 10:46 PM
Ils sont anti ou ils s'en foutent ?

St!ckyesman
September 18th, 2004, 11:30 PM
Oula moi en tout cas j'suis pas anti tout heureusement, mais l'autre fois j'ai posé la question à un ami est-ce-que t'aimerais avoir un apart' dans la tour Defense 2000 ou Eve une tour comme ça ? Parcequ'on etait à Puteaux et on les voyaient en face de nous.
Et il m'a repondus qu'il aimerait pas parceque ça fait trop concentré mais il prefererait les immeubles type lowrise qui viennent d'etre construit en face de la mairie de Puteaux (8-9etages, ça s'apelle le quartier hausman qqchose dans ce style). Parceque c'est plus petit sa fait moins dense. Les quelques balcons qu'il comporte sorte de la facade de l'immeuble, ça fait plus typique surement, plus habitation classique.

Phil
September 19th, 2004, 03:33 AM
Fallait lui répondre que juger la densité sur la hauteur est une erreur ;)

lepied
September 19th, 2004, 08:05 AM
moui, il faisait surement allusion au sentiment d'étouffement, de "l'hyperurbanisme" que donne les hautes tours, et que moi j'adore ;) :)

Tu comprends, meme les jeunes FR sont déja bercés par cette idée abracadabrante : vivre en ville, ok, mais avec le maximum d'éléments simulant le cantal autour d'eux....

eh bah dans ce cas, faut acheter une biquoque dans le cantal, et pas vivre dans l'une des 5 plus importantes villes du monde..........;

Fabb
September 19th, 2004, 09:30 AM
Tu comprends, meme les jeunes FR sont déja bercés par cette idée abracadabrante : vivre en ville, ok, mais avec le maximum d'éléments simulant le cantal autour d'eux....

Tu as raison.
La recherche de l'individualisme, du repli sur soi et de l'illusion pastorale, tout ça donne un urbanisme à la Los Angeles.

L'ennui, c'est que les expériences françaises en matière de hauteur ont été malheureuses. Pas de quoi convaincre les citadins, même ceux qui ont l'esprit moderne.

Sylvain
September 19th, 2004, 10:46 AM
Tu comprends, meme les jeunes FR sont déja bercés par cette idée abracadabrante : vivre en ville, ok, mais avec le maximum d'éléments simulant le cantal autour d'eux....

eh bah dans ce cas, faut acheter une biquoque dans le cantal, et pas vivre dans l'une des 5 plus importantes villes du monde..........;

Paris, même sans tour résidentielle de très grande hauteur, même en perdant des habitants, est déjà une ville très dense. Est-ce que la densifier encore beaucoup plus et brutalement serait supportable (je parle pour ceux qui y vivent, pas pour ceux qui rêvent sur internet de densifier Paris, mais qui n'y habitent pas !) ?

Quel pourcentage de la population aurait vraiment envie de vivre à plus de 150 m de hauteur par rapport à la rue ? Quel est l'intérêt de construire du résidentiel si élevé avec des charges nécessairement bien plus lourdes (ascenseurs, entretien des façades, augmentation de la pression de l'eau pour la faire monter jusqu'aux étages supérieurs, normes anti-incendies...). Peut-on encore faire des terrasses, des balcons, voire simplement permettre l'ouverture des fenêtres à partir d'une certaine hauteur (le moindre objet qui tombe peut blesser les gens dans la rue) ? (Quels sont les règlements à ce sujet ?) Comment anticiper pour les IGH résidentiels les changements climatiques dus à l'augmentation de la concentration en gaz à effet de serre, qui selon les spécialistes devraient donner plus de tempêtes à nos latitudes ?

Où construire les garages et les caves pour les résidents de la tour (à Paris, il n'y a pas la place de garer sa voiture n'importe où dans la rue) ? Qui aurait envie (et le temps) de garer sa voiture au quarante-cinquième sous-sol ?

En cas de coupure d'électricité on est quasi-certain d'être bloqué chez soi (ou dans l'ascenseur) ou encore de ne pouvoir monter jusqu'à son étage. Et puis quelle accessibilité et temps d'intervention pour les secours (SAMU, pompiers) ?

Bref, qui pense aux détails pratiques et concrets de la vie dans des tours résidentielles de grande hauteur sur ce forum ?

kony
September 19th, 2004, 11:45 AM
^^bof sylvain tous les ecueils que tu citent seraient légitimes si il n'y avait pas déjà des centaines de tours résidentielles ^de plus de 150 m de par le monde :comment font-ils à hong kong, NYC, ou tout simplement à défense 2000 ??

lepied
September 19th, 2004, 11:58 AM
Sur ce forum ? j'ai souvenir que du monde a déja vécu au front de seine ou dans le 13ième, qui sont des lieux où des tours de 100+ mètres existent.

Si des situations de vie sont possibles à new york city, pourquoi ne le seraient-elles pas à Paris ? Le nombre de prout prout branchouille qui vivent au 30 ième étage à manhattan est parait-il assez important.

Tu focalises sur le gratte-ciel d'habitation... Ne serais-pas déja un compromis intelligent et acceptable de multiplier par 3 la hauteur des immeubles de logement ? de passer de 6 à 15/20 étages ?

Je dois admettre que je suis également pas très chaud face au "gratte-ciel" de logement, (je n'ai pas dit tour de 15/20 étages), et je n'y vivrais pas moi même , pour la simple raison (complètement psychologique) que de me savoir suspendu à ~50/100 mètres m'angoisserait... C'est idiot sachant qu'on peut se tuer du 2ième étage de n'importe quel immeuble provincial...

Quand je parle de déclin Parisien et de densification, j'admet volontiers que construire des dortoires de 150 mètres de haut n'est ni souhaitable ni réaliste, j'immagine plutot relancer la construction de vrais gratte-ciel de bureaux (au moins 200 mètres) ainsi que de multiplier au moins par 2/3 le nombre d'étages des futures constructions résidentielles.

Je concidère le déclin et la désertification Parisienne du business et des grands groupes bien plus grave que celle du logement et de l'habitat, car une réelle concurrence existe et frappe à notre porte, avec Londres qui s'épanouit, Frankfort, l'Espagne qui remonte, etc... Il faudrait vraiment sortir du formol ou les choses vont mal se passer.

j'ai un peu l'impression que Paris se laisse aller dans cette torpeur, dans cette "confiance en elle" par ignorance ou en suivant ce pseudo déclinisme ambiant. Lais je crois que cela fait partie de l'histoire Française. On ronfle pendant 50 ans, et d'un seul coup on fait des miracles.

Fabb
September 19th, 2004, 12:33 PM
Paris, même sans tour résidentielle de très grande hauteur, même en perdant des habitants, est déjà une ville très dense. Est-ce que la densifier encore beaucoup plus et brutalement serait supportable (je parle pour ceux qui y vivent, pas pour ceux qui rêvent sur internet de densifier Paris, mais qui n'y habitent pas !) ?

Moi qui vis à Paris, je trouve que certains quartiers sont parfois déserts... désespérément vides.

En plus, on le sait, la capitale perd des habitants, or, justement, elle risque de devenir suréquipée en infrastructures (grandes gares, lignes de bus et de métro).

D'autre part, mettre des tours d'habitation et de bureaux dans des quartiers bien choisis et bien aménagés, cela peut résoudre pas mal de problèmes d'urbanisme (transports, banlieues tentaculaires, sous-emploi des populations et paupérisation...).

Sylvain
September 19th, 2004, 01:52 PM
Sur ce forum ? j'ai souvenir que du monde a déja vécu au front de seine ou dans le 13ième, qui sont des lieux où des tours de 100+ mètres existent.

Ce serait intéressant que ces gens s'expriment ici. Comment est la vie dans ces tours ? Est-ce accessible aux handicapés ? Est-ce vivable pour des personnes âgées ?

Que pensent-ils de leur quartier ? Ces quartiers qui faisaient "modernes" dans les années 70 et qui ont maintenant pris un énorme coup de vieux (voir les articles sur le Front de Seine figé dans un décor années 70 et ceux sur le panorama du XIIIè posté par MyNight avec les immeubles (qui furent un temps trèèèèès modernes) qu'aujourd'hui tous les posteurs trouvent laids et pareils à des commie blocks) ? Comment serait Paris aujourd'hui si l'on avait été très permissif (comme vous le voulez qu'on soit) pour la construction de tels ensembles d'immeubles dans les années 70 et 80 ?!

Si des situations de vie sont possibles à new york city, pourquoi ne le seraient-elles pas à Paris ? Le nombre de prout prout branchouille qui vivent au 30 ième étage à manhattan est parait-il assez important.

Crois-tu qu'il y ait beaucoup d'appartements vraiment urbains (je ne parle pas de ces immeubles en briques rouges assez élévés certes mais avec juste le logement de la concierge et du gazon au rez-de-chaussée, sans commerce, sans bureaux à proximité, qu'on voit sur certaines photos postées dans ce forum) dans des immeubles de grande hauteur à New York ? Quelques-uns autour de Central Park, pour quelques privilégiés très fortunés...

Faut-il absolument que toutes les villes du monde se ressemblent ? Crois-tu, par exemple, que Pékin se prépare de beaux lendemains (urbains) avec la politique actuelle de destruction de l'ancien et de construction d'horribles tours de logement standardisées ? Comment te paraît New York aujourd'hui par rapport aux mégapoles asiatiques avec leurs tours bien plus récentes ?

Tu focalises sur le gratte-ciel d'habitation... Ne serais-pas déja un compromis intelligent et acceptable de multiplier par 3 la hauteur des immeubles de logement ? de passer de 6 à 15/20 étages ?

Où faire ça dans Paris ? Voudrais-tu détruire de l'haussmannien pour ça ? Ou bien le faire sur chaque emplacement disponible, au risque de rompre l'harmonie dans les hauteurs d'immeubles haussmanniens ?

Et puis il y a déjà pas mal de 12-15 étages dans certains quartiers périphériques de Paris (notamment dans les XIXè et XXè, où j'ai cherché à me loger ces derniers jours car je suis muté à Paris).


Je dois admettre que je suis également pas très chaud face au "gratte-ciel" de logement, (je n'ai pas dit tour de 15/20 étages), et je n'y vivrais pas moi même , pour la simple raison (complètement psychologique) que de me savoir suspendu à ~50/100 mètres m'angoisserait...

:-) C'est vraiment amusant de penser que tu puisses avoir une phobie de la hauteur !

(...)Je concidère le déclin et la désertification Parisienne du business et des grands groupes bien plus grave que celle du logement et de l'habitat, car une réelle concurrence existe et frappe à notre porte, avec Londres qui s'épanouit, Frankfort, l'Espagne qui remonte, etc... Il faudrait vraiment sortir du formol ou les choses vont mal se passer.


Qu'est-ce que ça change à l'échelle européenne que le siège social d'Orange passe de Paris à Arcueil (à quelques centaines de mètres) ?

Et puis ce qu'il y a de bien avec les constructions d'immeubles modernes c'est qu'on peut s'y mettre n'importe quand en faisant mieux, plus haut, et en tirant partie de l'expérience des villes qui nous ont précédé.

Sylvain
September 19th, 2004, 01:58 PM
Moi qui vis à Paris, je trouve que certains quartiers sont parfois déserts... désespérément vides.

C'est normal qu'il y ait des disparités dans une ville.

En plus, on le sait, la capitale perd des habitants, or, justement, elle risque de devenir suréquipée en infrastructures (grandes gares, lignes de bus et de métro).

D'autre part, mettre des tours d'habitation et de bureaux dans des quartiers bien choisis et bien aménagés, cela peut résoudre pas mal de problèmes d'urbanisme (transports, banlieues tentaculaires, sous-emploi des populations et paupérisation...).

C'est vrai, mais pourtant il me semble que tout ne se résume pas à un problème de construction (de bureaux, de logements). Paris perd des habitants alors qu'elle n'a jamais disposé d'autant de m2 construits qu'actuellement.

kony
September 19th, 2004, 02:12 PM
Tu sais sylvain, j'avais lu je ne sais où que les gens qui habitaient dans les tours en Ile-de-France étaient très heureux et ne changeraient pour rien au monde...(je parle des vrais tours (paris 13, Defense 2000), et pas des tours de HLM de 50 mètres !

MyNight
September 19th, 2004, 02:14 PM
@ Sylvain

Je suis d'accord avec toi lorsque tu parles des problèmes de densité parisienne. Cependant, dans les tours du XIIIème, le turn-over est plus bas que dans la plupart des autres types d'habitat : les gens restent environ 15 ans en moyenne dans leur appartement. D'ailleurs, la flambée des loyers dans ces tours il est vrai à l'allure ingrate, montre que la demande est bien plus importante que l'offre.
Les atouts de ces tours : leur situation géographique (certaines étant plongées au coeur du centre commercial Galaxie, ce n'est plus du commerce de proximité, c'est carrément du tout-en-un :D ). Dans le quartier chinois (avenues d'Ivry / de Choisy / Masséna / Tolbiac), on assiste à de la vraie mixité sociale, allant du PCS le plus bas (vers Auriol, ou derrière les Olympiades) au plus élevé, le tout dans un melting pot assez inhabituel et réussi en France. Ces quartiers sont relativement sûrs en général, et très très animés.
Pour avoir visité de nombreux logements en hauteur - j'ai trouvé autre chose depuis - je peux te livrer mon sentiment sur la question : dans certaines tours, on a une véritable sensation d'étouffement, les fenêtres sont petites - malgré la beauté du paysage évidemment - et les aménagements dépassés. Peu de rangements, agencement des pièces peu pratique, déco flashy des années 70-80, etc... Compter 5500 F pour 30 m². Dans d'autres, au contraire, c'est vraiment très agréable : baies vitrées très lumineuses sur panorama à 270° (triple exposition), balcon gigantesque, ascenceur Westinghouse qui t'amène au 25ème étage en 30 secondes, gardien + parking, pièces aérées, placards partout, dressing... Compter 8000 F pour 45 m²...
Dans le premier type de tour, habtants cosmopolites, je dirais petite famille de 3 ou 4 personnes avec 40 ans de moyenne d'âge ; les appartements les plus nombreux sont en effet des 2 ou 3 pièces... Dans le second, moyenne d'âge 50 à 60 ans, familles retraitées dans des appartements immenses où les enfants sont partis faire leur vie ailleurs. Mais ces gens ne changent pas de logement, car ils paient un loyer qui n'a pas trop bougé depuis leur emménagement et que retrouver un plus petit appartement ailleurs supposerait pour eux payer plus cher que ce qu'ils paient maintenant.
La plupart des tours du XIIIème sont accessibles aux personnes handicapées, puisque les normes évoluent et que les travaux nécessaires sont effectués au fur et à mesure. Par contre, la plaie réside dans la protection phonique, datant des années 70-80 : on entend tout ce que les voisins disent, et les couloirs sont emplis des odeurs de cuisine qui stagnent là de longues heures tranquilles.
Bref, c'est un mode de vie à part entière, mais qui n'est ni pire ni meilleur qu'un autre dans le fond... Le seul véritable problème, c'est en effet lorsqu'il y a une panne EDF. Cela est arrivé l'autre jour dans une tour de 18 étages dans le XIVème vers Plaisance. Dès lors, pendant cinq jours, les gens n'ont plus eu ni ascenseurs, ni eau (plus de pompes), ni moyen de cuisson (le gaz n'est plus autorisé dans les IGH me semble-t-il)et les plus valides se sont relayés pour approvisionner les personnes âgées qui habitaient trop haut pour se taper les escaliers. Car, autre fait intéressant, il existe une véritable solidarité dans les habitations en hauteur, qui n'est pas évidente dans d'autres endroits...

Phil
September 19th, 2004, 02:19 PM
Je crois que personne ici ne veut être très permissif pour les construction de grande hauteur, mais c'est pas pour autant qu'on ne doit rien faire du tout. Une tour residentielle de 200m de prestige, même si c'est pour les bourges, je ne vois pas où est le problème, c'est pas parce-que quelquechose est pour les riches que c'est mauvais (et non, je ne suis pas riche).

Pareil pour les bureaux , qui ici aime la skyline de la gare de Lyon ? personne, c'est pas pour autant qu'on doit se priver d'audace et ne rien faire qui dépasse. désolé mais en quoi faire une (ou même plus) tour au bout de l'avenue de France defigurerait paris ?

Le problème de Paris, c'est les collection de 30tours de même hauteur...

Matthieu
September 19th, 2004, 02:20 PM
Le problème de Paris, c'est les collection de 30tours de même hauteur...


Ouaip, aucune nouvelle de Delanoe la dessus?

lepied
September 19th, 2004, 02:33 PM
En ce qui concerne l'uniformité entre les grandes villes du monde, je pense qu'à Paris et dans toute la France on est protégés de ce phénomène : le caractère ultra "prout-prout 1900", le haussmanien, et tout ce tralala architecturo/patrimonial, couplé avec le fait qu'il semble quasiment impossible de moderniser et de verticaliser l'ensemble des villes de province devrait nous permettre aisément de se conserter pour faire évoluer ce qui est quand meme notre capitale, après tout nous avons monceaux de vieilles pierres et autres monuments auxquels on ne touchera jamais, sans parler des villes de province en grande partie figées dans l'architecture d'antant.

En ce qui concerne le haussmanien et l'uniformité des batiments, je ne pense pas pouvoir parler de toi avec ça car je milite contre l'uniformité, le conformisme. Je pense qu'il s'agit d'une caractéristique Française, ok, mais qui est complètement contre-évolutive, qu'elle freine le renouveau architectural et qu'elle augment l'appréhension des gens face à l'innovation architecturale :

dixit ta réaction face au "chamboulement" des hauuteurs : En france partout on voit des boulevards entiers, des avenues entièrement bordées d'immeubles gris et souffroteux, tous soudés les uns aux autres, avec comme seule différenciation leur niveau de saleté, de délabrement, ou les motifs d'ornements autour des fenêtres...

il n'est pas du tout étonnant qu'avec un parti pris architectural pareil, le moindre décalage, la moindre sortie du moule est automatiquement associée à une disgrâce, voir une agression du patrimoine.

C'est ce principe d'uniformité infâme qui fait qu'on ne peux pas toucher à certains quartiers, qu'à la base les premiers plans de la défense évoquaient des rangées de barres et de tours DEVANT OBLIGATOIREMENT rester identiques en largeur et en hauteur (heureusement le pire a été évité, il en reste les reliques des premières générations de tours), toujours à cause de cet instinct de confrimité "républicain" je peux sans honte assimiler le front de seine et le 13ième de "semi échecs" (suffit de voir le bloc uni et infâme que l'on a posé à coté de la tour eiffel, de loin le front de seine ressemble à une boîte à chaussure géante), idem du chinatown où les tours ne différencient pas suffisament laissant une impression de bloc de tours sans saveur.

Et je pousserais ma réflexion jusqu'a dire que c'est à cause de cette volonté privative d'uniformité quasi maladive que les villes Françaises se sont interdites les évolutions urbaines du nouveau monde, et qu'encore aujourd'hui les gens sont impreignés de cette vision du centre ville haussmanien/stalinien.

Pour le Français moyen, pour "l'esprit global", ce qui symbolise la richesse et le réel "béton typique" Français, qu'es-ce qui peut etre plus représentatif qu'un centre ville ? Malheureusement ils correspondent TOUS à la vision que je viens d'exposer.

Comme l'a dit un jour Mitterrand : "En arrivant aux usa, j'avais l'impression de voyager dans le temps, dans une vision d'urbanisme futuriste"

combiné avec le fait que les touristes en visitant frénétiquement paris s'englobent d'une vision de "rêve" d'une ville qui reste farouchement et symboliquement encrée comme "capitale du 19ième sciècle"...

eh bien j'ai honte de cela, j'ai honte d'entendre qu'en quittant mon pays on voyage dans le futur.

Après le texte, place aux images :

http://ingo-untiedt.de/fr05.jpg

http://api.corbis.com/wscorbisone/fulfillment/SNA016.jpg?imageuid=8859c3d5-c874-4702-b47d-24161eb560b0&sizecode=572&flavor=Watermark&sessionuid=0c5692a3-40ce-4f51-adc9-d6d9cf9798ad&estok=Y6OcceKs0J8%2bXlTUNrdU3v5OCQoWQdTzy%2fPbxN4H%2fqhvQxgNtagRYtUbA0f%2bjWPb8LR6YrFPw%2blqNd8nG5lNMpFPH7LC9MiAv0HEQit3i0zpA4H%2bBZFSTysl5cWMHgh3HDq6lpZWgqgKcGTKb8%2btngWh97kYxzmqt475H8zM9LA%3d

Phil
September 19th, 2004, 02:38 PM
Oui enfin bon là tu pousses, t'as pas trouvé plus pourri comme photo de Paris ? ;)

Moi j'aime les tours et pourtant je trouve que le Paris d'Hausmann ne devrait pas être changé, ça fait parti de la personnalité de Paris. On peut très bien faire des tours sans remettre en cause le centre de Paris.

eomer
September 19th, 2004, 02:42 PM
D'accord avec Phil: il n'y a pas besoin de Tours dans le centre de Paris. On peut en construire au niveau du périph... et au dela.
Rappel: En matière de superficie, Londres est à l'échelle de l'Ile de France.

lepied
September 19th, 2004, 02:42 PM
Je suis de ton avis, il n'y a pas à toucher au centre ville de paris, à haussman ni à ses moustaches, ni à raser l'arc de triomphe ni rien.

Mais on se doit maitnenant de sortir les doigts du C.., et de réussir là où les japonais (par exemple) ont réussi : concilier à la fois notre folklore et notre passé, tout en aménagement notre avenir... Ce qui a été fait d'une manière insuffisante et maladroite avec nos différents quartiers modernes, la plus grande réussite étant toute de même la défense, de très loin.

jch
September 19th, 2004, 02:44 PM
Heuu, ils ont été un peu trop loin en parlant de la Tour Bionic à Shangaï nan ??

MyNight
September 19th, 2004, 02:48 PM
Je suis d'accord avec Phil, Paris (agglo) est tellement étendue que la diversité fait sa richesse. L'Haussmannien, c'est un plaisir à voir, mais tout le monde se fixe toujours là-dessus... A Paris, il y a aussi de l'art déco, de l'art nouveau, du futurisme, etc... C'est une ville de fous, dès que l'on pose les yeux quelque part, sur le moindre détail, il y a quelque chose à découvrir ! j'aimerais qu'on me dise si c'est le cas dans les villes américaines... Outre le down town, le reste de ces villes est un alignement de condominiums tous identiques, de rues à angle droit, et de baraques basses à perte de vue... A Paris, tout cohabite avec charme, je trouve, et même si effectivement les quartiers de tours souffrent d'une skyline trop uniforme, je ne vois pas en quoi on peut se plaindre... Quant à l'avenue de France, éternel problème, non une tour n'aurait pas massacré le quartier, au contraire. Mais cette architecture de low rises est très séduisante je trouve, il est très agréable de se balader dans ce quartier. Je trouve que Paris est, quoi qu'on en dise, un laboratoire d'urbanisme et d'architecture grandeur nature, il suffit de se promener d'un quartier à l'autre pour s'en convaincre. :)

lepied
September 19th, 2004, 02:57 PM
petit exemple d'une vision du corbusier pour refondre complètement une ville :

http://skyscrapercity.com/images/forumheaders/19.jpg

Vous sentez pas l'absolue tristesse ? la pauvreté ? C'est bizzarre, on peut quasiment conscrer le corbusier de génie, pourtant là dedans moi je sens de la faiblesse, une faiblesse émotionnelle, et une grande tristesse...

Ensuite pour corroborer avec les précédentes interventions, je suis tout à fait d'accord que passé les downtown les villes us sont à chier, je pense meme invivables pour un européen...

Je suis également d'accord pour dire que paris est un meltingpot incroyable qui combine différents styles architecturaux etc, mais il y a un profond malaise là dedans, dans le fait qu'on a jamais réellement réussi à mélanger moderne et ancien. Paris c'est "des zones années 1850 - des zones contemporaines" .

Tiens, cela me fait penser qu'à mes yeux la ville idéale c'est le mélange entre la ville Française et américaine : la richesse patrimoniale un peu partout, mais le big cluster moderne de chez sna quelque part quand même ;)

Sylvain
September 19th, 2004, 02:59 PM
Bref, c'est un mode de vie à part entière, mais qui n'est ni pire ni meilleur qu'un autre dans le fond... Le seul véritable problème, c'est en effet lorsqu'il y a une panne EDF. Cela est arrivé l'autre jour dans une tour de 18 étages dans le XIVème vers Plaisance. Dès lors, pendant cinq jours, les gens n'ont plus eu ni ascenseurs, ni eau (plus de pompes), ni moyen de cuisson (le gaz n'est plus autorisé dans les IGH me semble-t-il)et les plus valides se sont relayés pour approvisionner les personnes âgées qui habitaient trop haut pour se taper les escaliers. ...

Merci pour ces arguments et cette expérience en faveur des tours d'habitation. Je ne suis pas anti-tour, mais je trouve que, sur ce forum, on tend à accorder une trop forte attractivité aux tours (parce que les passionnés se déconnectent des réalités de la vie quotidienne, certains tendent peut-être à n'y voir que des skylines pour des concours photos).

Malgré certains avantages, le fait d'habiter dans une grande tour donne bien une vulnérabilité importante en cas de panne EDF ou de panne technique.
En ce qui concerne les pannes EDF, j'ai même vu un cas lors de la canicule de l'été 2003, dans un immeuble du centre de Paris. La chaleur ayant produit des tassements dans les sols où étaient enterrés les cables électriques. L'immeuble (dans le 1er arrondissement ) est resté deux jours sans éléctricité !
Autre inconvénient : la construction sous forme de tour ne permet pas d'avoir des appartements isolés du bruit de la rue même en terrasse, parce que donnant sur une cour intérieure.

Mais je comprends que ce mode d'habitat plaise à une partie de la population. La question est de savoir à quelle proportion de la population de la ville...

Matthieu
September 19th, 2004, 03:01 PM
petit exemple d'une vision du corbusier pour refondre complètement une ville :

Vous sentez pas l'absolue tristesse ? la pauvreté ? C'est bizzarre, on peut quasiment conscrer le corbusier de génie, pourtant là dedans moi je sens de la faiblesse, une faiblesse émotionnelle, et une grande tristesse...

Ensuite pour corroborer avec les précédentes interventions, je suis tout à fait d'accord que passé les downtown les villes us sont à chier, je pense meme invivables pour un européen...

Je suis également d'accord pour dire que paris est un meltingpot incroyable qui combine différentes époques etc, mais il y a un profond malaise là dedans, dans le fait qu'on a jamais réellement réussi à mélanger moderne et ancien. Paris c'est "des zones années 1850 - des zones contemporaines" .

Tiens, cela me fait penser qu'à mes yeux la ville idéale c'est le mélange entre la ville Française et américaine : la richesse patrimoniale un peu partout, mais le big cluster moderne de chez sna quelque part quand même ;)


C'est des commieblocks et pas des beaux en plus. Triste, je suis d'accords.

eomer
September 19th, 2004, 03:03 PM
Ensuite pour corroborer avec les précédentes interventions, je suis tout à fait d'accord que passé les downtown les villes us sont à chier, je pense meme invivables pour un européen...


C'est clair....mais en France, le gros problème semble être les entrées de villes qui se ressemblent toutes avec leurs zones commerciales et leurs panneaux publicitaires.

Sylvain
September 19th, 2004, 03:04 PM
Je crois que personne ici ne veut être très permissif pour les construction de grande hauteur, mais c'est pas pour autant qu'on ne doit rien faire du tout. Une tour residentielle de 200m de prestige, même si c'est pour les bourges, je ne vois pas où est le problème, c'est pas parce-que quelquechose est pour les riches que c'est mauvais (et non, je ne suis pas riche).

Soit, mais quelle est la proportion de riches parisiens voulant investir dans un appartement de standing dans une tour résidentielle de prestige (au moment de sa construction mais qui sera de toute façon vieillote/démodée dans 30 ans) alors que l'haussmannien est inaltérable/indémodable/hors du temps ?

Phil
September 19th, 2004, 03:12 PM
Hé bien une tour ne contient pas 20000 appartements, je pense qu'une tour se remplirait sans problème, comme l'a fait remarquer quelqu'un (Mynight je crois ?) la demande est supérieure à l'Offre, et une belle tour pourrait devenir prestigieuse (sans forcément devenir vieillote d'ailleurs, regarde la tour France à Puteaux en bord de Seine, elle est magnifique je trouve).

stephane
September 19th, 2004, 03:12 PM
Tout à fait d'accord avec Phil et Eomer. Paris doit absolument conserver ce qui fait sa singularité, son unicité. Son horizontalité est aussi belle et aussi impressionnante que la verticalité de New york ou Chicago. Et puis arrêtons de considérer que parce qu'on ne veut pas de tours dans Paris, on serait passéistes. L'architecture moderne ne se limite pas aux tours. Au risque de me répéter car je sais que je l'ai déjà dit il y a quelques mois sur ce forum, ça fait 30 ans qu'on a pas construit de tours dans Paris et pourtant depuis 30 ans on a pas arrêté de faire de l'architecture moderne dans Paris. Un projet comme Beaubourg était mille fois plus moderniste et audacieux que n'importe quelle tour de 300m aux USA.
Par contre il faut nous concentrer sur la Défense et son extension. Oui, mille fois oui à des tours de 200,300m à la Déf. Si le marché le demande on finira bien par repondre a cette demande, quitte à faire des démolitions reconstructions.

Sylvain
September 19th, 2004, 03:16 PM
Comme l'a dit un jour Mitterrand : "En arrivant aux usa, j'avais l'impression de voyager dans le temps, dans une vision d'urbanisme futuriste"

Je crois qu'il a dit ça à propos de New York. Mais tu ne trouves pas que les immeubles de New York font vieillots, surannés, par rapport à ceux de Hong Kong, de Tokyo, des mégapoles asiatiques en général ? Sincèrement.

combiné avec le fait que les touristes en visitant frénétiquement paris s'englobent d'une vision de "rêve" d'une ville qui reste farouchement et symboliquement encrée comme "capitale du 19ième sciècle"...

eh bien j'ai honte de cela, j'ai honte d'entendre qu'en quittant mon pays on voyage dans le futur.


Rassure-toi, je peux te certifier que j'ai vécu, quand j'étais au Japon, le cas d'ami(e)s japonais avoir des scrupules à me faire visiter Tokyo (mis à part les néons, les immeubles sont dans l'ensemble uniformes et pas très beaux) par rapport à ce qu'ils appréciaient : la beauté et l'originalité à leur yeux de Paris !

MyNight
September 19th, 2004, 03:19 PM
@ Sylvain

C'est exact, et c'est toujours l'éternel problème... Entre deux loyers équivalents, le bobo de base ira chez Haussmann...
Je ne suis pas pour la tour d'habitation à outrance, et je suis d'accord que le fait de densifier Paris davantage, ça ne tient pas la route... Ceci dit, je pense que l'on pourrait enrayer le phénomène de city en basculant des bureaux des quartiers centraux vers les abords du périph, en y construisant de grandes tours de bureaux. Cela corrobore l'idée du tramway sur les Maréchaux... Cela permettrait aux quartiers centraux de regagner une réelle animation. Je pense par exemple, parce que ça me semble significatif, aux rues de Châteaudun (9ème) ou Lafayette (10ème) ou l'haussmannien a été littéralement investi par les bureaux. Total, des quartiers morts, sans trop d'équipements de proximité, de commerces ou de restaurants. Ceci permettrait de réinjecter intelligemment des habitants en respectant une certaine idée de mixité sociale, et d'autre part, aux abords du périph, de détruire ces vieux ILM datant de 1933 et qui sont insalubres, invivables et peu sécuritaires, en bâtissant à la place une "nouvelle ville du périphérique" (terme du groupe d'architectes "Tomato"). C'est là mon cheval de bataille, car de plus, le périph ne serait plus une coupure, mais un trait d'union entre Paris et banlieue...

lepied
September 19th, 2004, 03:27 PM
Je ne sais pas, il faudrait vraiment que je sorte de l'europe pour me faire ma propre idée...

Note : pour moi les low rises, aussi modernes et récents soient-ils, n'arriveront jamais à la cheville des gratte-ciel par leur nature : ils sont bas, ils ne sont ni phares, ni symboles visibles et charismatiques d'une ville entière. Pour les voir, il faut les chercher, les trouver, s'y rendre. et on peut dire ce qu'on veut ils ne disposent pas de ce caractère emblématique, charismatique, inhumain et mystique qu'une tour aux normes inconcevable qui se dresse fièrement devant soit.

En tout cas une chose est claire, je suis loin d'être contre le haussman et les vieilles pierres, seulement en France on a en grande majorité que ça sous la main, ça et les cités râtées des années 60...

Les rares exemples dont on dispose qui change de ses deux profils sont soit des flops, soit des mi-parcours (exemple la Défense). C'ets surtout ça qui me frustre.

Si à la défense on avait 2/3 tours SUPER hautes, entre 250 et 450 mètres, vous ne m'entendriez pas bougonner sur haussmann, mais le fait est qu'on a à mon sens un déséquilibre assez marqué au niveau de ses deux visions architecturales... Le bas dans les grandes villes fait maintenant office de "vision urabnistique du passé", comme le dit un peu caricaturalement un reportage sur ARTE qui compare paris à Chicago... malheureusement il y a un peu de vrai là dedans, et pour moi, très subjectivement, 3 kilomètres carrés de low rises flambants neufs n'auront jamais la teneur d'une seule tour de 300 mètres...

Phil
September 19th, 2004, 03:37 PM
Et pourtant Paris est la ville d'Europe (de l'UE en tout cas) qui a le plus de tour assez haute...

Sylvain
September 19th, 2004, 03:38 PM
En tout cas une chose est claire, je suis loin d'être contre le haussman et les vieilles pierres,...

Et bien oui, Haussmann et les vieilles pierres c'est un patrimoine unique, original, non démodable. Alors que les high rises et les low rises, on peut faire (les mêmes) n'importe où, n'importe quand (et leur architecture se démode fatalement au bout de quelques années).

Sylvain
September 19th, 2004, 03:45 PM
Ceci dit, je pense que l'on pourrait enrayer le phénomène de city en basculant des bureaux des quartiers centraux vers les abords du périph, en y construisant de grandes tours de bureaux.
(...)
Ceci permettrait de réinjecter intelligemment des habitants en respectant une certaine idée de mixité sociale, et d'autre part, aux abords du périph, de détruire ces vieux ILM datant de 1933 et qui sont insalubres, invivables et peu sécuritaires, en bâtissant à la place une "nouvelle ville du périphérique" (terme du groupe d'architectes "Tomato"). C'est là mon cheval de bataille, car de plus, le périph ne serait plus une coupure, mais un trait d'union entre Paris et banlieue...

Intéressante idée. Mais il faudrait procéder à la couverture du périphérique (même au 15è étage d'un immeuble donnant sur le périph, le bruit de la circulation est fort et la vue sur le périph me paraît un peu démoralisante (sans compter la pollution).

lepied
September 19th, 2004, 03:59 PM
Et pourtant Paris est la ville d'Europe (de l'UE en tout cas) qui a le plus de tour assez haute...

Tu pourrais me certifier ça d'une manière absolue ?

MyNight
September 19th, 2004, 04:09 PM
Oui, il faudrait couvrir le périphérique à certains endroits, mais pas partout pour trois raisons :
1/ La pollution dans le souterrain et l'effet de "souffle" à la sortie du tunnel, qui est un petit prolème de pression engendré par les poids lourds qui font piston dans le tunnel, et qui engendre un bruit assez désagréable en sortie (je crois qu'on appelle ça l'effet canon, des gens protestaient aux abords du TGV-Atlantique à ce sujet) ;
2/ La sécurité en cas de gros crash (évacuation des gens, évacuation sanitaire pour l'heure assurée par hélico, systèmes de refuges, etc...)
3/ Des fenêtres visuelles sur Paris sont nécessaires, car d'une part la vue offerte par le périph est assez extraordinaire, mais plus loin que ce problème esthétique, tu vas rendre tous les gens qui empruntent cet itinéraire quotidiennement neurasthéniques!

Quant au bruit de circulation, il n'est pas fondamental dans des tours de bureaux qui sont par essence bruyantes. Les derniers IGH englobent bien cette problématique, et de toute façon, moi qui bosse en bordure de l'A86 dans un immeuble des années 75, je peux t'affirmer que mes bruyants collègues cachent de leurs vociférations le bruit ambiant. D'ailleurs, les photocopieurs produisent un bruit blanc qui annule presque le murmure de l'autoroute, aussi bizarre que cela puisse paraître !
Ceci dit, la vue sur le périph peut être une expérience... ontologique ! :D

Matthieu
September 19th, 2004, 04:13 PM
Je dis rien, je poste juste ça:

Paris (http://www.skyscraperpage.com/diagrams/?7487341)

Londres (http://www.skyscraperpage.com/diagrams/?7487350)

Frankfort (http://www.skyscraperpage.com/diagrams/?7487363)

Varsovie (http://www.skyscraperpage.com/diagrams/?7487370)

Hors EU

Moscou (http://www.skyscraperpage.com/diagrams/?7487377)

Istanbul (http://www.skyscraperpage.com/diagrams/?7487388)

Phil
September 19th, 2004, 04:31 PM
Tu pourrais me certifier ça d'une manière absolue ?

Tu pourrais me certifier le contraire ?
Je ne sais pas, mais en comptant LD + Front de seine + Place d'Italie + Gare de Lyon + Montparnasse + toutes les tours isolées (Pleyel, Mercuriales, Pariferique, Flandres, Hotel Concorde, et d'autres) et le reste, ça fait quand même pas mal.....

Regarde les diagrams postés par Exarchus, Paris descend moins vite que les autres, et pourtant il manque pas mal de tours.

Sylvain
September 19th, 2004, 04:37 PM
@ MyNight
Bien sûr, pour toutes les raisons que tu cites, il n'est pas souhaitable ni possible de couvrir le périph sur sa totalité. En bordure du périph, il serait bien de faire des IGH avec air filtré pour lutter contre la pollution, notamment des particules fines cancérigènes émises par les moteurs diesel.

Autrement, je pense que la diminution de la population de Paris intra muros est la conséquence directe de l'amélioration continue des moyens de transport desservant l'agglomération (métro, RER, TGV, autoroutes...).

lepied
September 19th, 2004, 04:42 PM
Il ne faut pas le prendre tel que tu l'as pris, quand j'ai demandé :

"Tu pourrais me certifier ça d'une manière absolue ?"

ça voulait dire :

"sérieux ???? :o :o :o "

En ce qui concerne toutes les tours de paris, j'avais déja fait qque chose sur SCC :

http://perso.wanadoo.fr/lenainmechant/grattecielfrst/photos/skyline_paris.jpg
Voici toutes les tours de 100 mètres et + agencées dans une seule et superbe skyline, un peu à l'américaine !

Et là, on se dit que le modèle "usa/asie" a du très très bon :)

benmabillon
September 19th, 2004, 07:26 PM
Sinon, avec la tour Sloan, on aurait un produit français qui crèverait les échelles. (Tour de 600 mêtres, sur 8 piliers etc). Vous voyez un endroit où ça pourrait aller dans le Grand Paris?

lepied
September 19th, 2004, 07:30 PM
c'est à dire ?