View Full Version : Pourquoi les Parisiens quittent la capitale


Cyril
September 23rd, 2004, 10:47 AM
S elon les derniers chiffres, plus de 80 000 personnes quittaient chaque année la capitale. Une tendance qui semble s'accélérer. Inquiétant, au moment où Bertrand Delanoë, qui avait consulté les habitants sur l'avenir de la capitale, révèle les résultats

LE PARIS des quinze prochaines années est en chantier. Bertrand Delanoë présentait hier les résultats d'un questionnaire distribué à près de 800 000 personnes sur son futur plan local d'urbanisme. Les 120 000 réponses analysées par Ipsos dessinent un Paris idéal avec moins de voitures, plus de jardins, de crèches, d'écoles, mais aussi une ville plus saine, débarrassée de la pollution...
C'est le voeu des Parisiens. Mais cette qualité de vie, ils sont de plus en plus nombreux à aller la chercher ailleurs, en banlieue, voire en province. Depuis des années, on assiste en effet à une hémorragie démographique. La capitale se vide comme l'attestent les chiffres de l'Insee : entre 1990 et 1999, la capitale a perdu 82 000 habitants par an, alors que seulement 70 000 personnes venaient repeupler Paris.

Les familles figurent parmi les premiers candidats au départ. Depuis les années 1990, 13 600 couples avec enfants font leurs valises chaque année. Conséquence : la capitale ne compte que 17 % de familles contre 28 % ailleurs en France.

Mais elles ne sont pas les seules à devoir déserter la capitale. Si les appartements de 3 ou 4 pièces qu'elles recherchent sont des perles rares sur le marché immobilier parisien, les loyers exhorbitants qui perdurent laissent beaucoup de candidats au logement sur le carreau. « Même les fonctionnaires qui ont pourtant des dossiers solides, n'arrivent pas à se loger. Des postiers et des policiers sont contraints d'aller dans des foyers de jeunes travailleurs », témoigne une association de droit au logement.

« Depuis trois ans, le marché de l'immobilier prend 1 % par mois »

Ce sont surtout les classes moyennes, asphyxiées par la hausse du coût de la vie, qui déménagent. « Leur objectif est de se loger moins cher et d'accéder à la propriété », analyse Jean-Marie Audry, urbaniste à l'Atelier parisien d'urbanisme. Autant d'aspirations difficiles à réaliser aujourd'hui dans une capitale où le prix moyen des transactions s'est élevé à 4 300 € du mètre carré au deuxième trimestre. « Depuis trois ans, le marché de l'immobilier à Paris prend 1 % par mois... C'est considérable, souligne François Carré, notaire rue de l'Université, spécialiste des statistiques. Pour pouvoir se loger à des prix raisonnables, les familles sont obligées de partir ».

Dans un récent ouvrage publié aux éditions Autrement, deux chercheurs décrivent le Paris de demain : « Le mouvement est irréversible. La nouvelle sociologie de la capitale est binaire : les couches supérieures d'un côté et les populations les plus précarisées de l'autre ». Une tendance qui inquiète la majorité municipale, alors qu'elle tente de construire le Paris du futur.

E.P.
Le Parisien , jeudi 23 septembre 2004

Fabb
September 23rd, 2004, 12:33 PM
C'est inquiétant.
D'abord, ce n'est pas que l'offre qui est insuffisante, mais aussi la qualité. Je suis sûr que beaucoup de gens préfèrent un bel apartement spacieux, lumineux et moderne aux vieux logements haussmaniens.

Et pour ce qui est des prix du marché, ce serait bien si les prix de l'immobilier augmentaient comme la richesse des parisiens. Car dans les villes prospères, la hausse de l'immobilier ne se traduit pas forcément par une fuite des habitants. A Paris, la croissance économique n'est tout simplement pas assez forte.

MyNight
September 23rd, 2004, 01:03 PM
Vous avez vu le coût de la vie, entre le loyer, l'essence, la bouffe, les sorties, le parking, etc... D'après mes comptes personnels, la vie à Paris revient au moins à 40% plus cher que la même à Angers... Ca fait réfléchir, non ?... Maintenant, qu'on ne vienne pas faire pleurer mémé dans les chaumières concernant les départs, tant que la situation sera semblable, les gens partiront !...
Question subsidiaire : pourquoi je reste ?... Parce que je suis amoureux de Paris, c'est pas plus bête... :D

LaBoumBe
September 23rd, 2004, 01:43 PM
Question subsidiaire : pourquoi je reste ?... Parce que je suis amoureux de Paris, c'est pas plus bête... :D

D\Idem pour moi

Sauf que mes 40km par jour en bagnole en petite couronne commence à me degouter du parisien moyen. C'est du n'importe quoi la voiture à Paris

Cyril
September 23rd, 2004, 01:44 PM
40 km..parle plutôt en temps de parcours ;) tu mets combien de tps ?

m@rco
September 23rd, 2004, 03:49 PM
Question subsidiaire : pourquoi je reste ?... Parce que je suis amoureux de Paris, c'est pas plus bête... :D

Je pensais que c'etait egalement mon cas, mais depuis que j'ai franchi le pas, je ne pourrais pas revenir en arriere ; ou alors il faudrait me payer cher.
Apres tout, on ne vit qu'une fois, alors pourquoi aller se faire c.... tous les jours dans les embouteillages (meme si ce n'etait pas mon cas) ou dans un metro bonde etc... Pour mon cas, c'est surtout la qualite de vie qui a fait la difference (et pas forcement le prix des loyers).
Du coup, je ne reviens a Paris que pour un week end ou une semaine par-ci par-la : les bons cotes sans les inconvenients, en somme.

PS : en plus a Paris, y'a pas le soleil, la mer ou les montagnes :)

MyNight
September 23rd, 2004, 04:55 PM
@ m@rco

Je comprends ça, camarade, mais j'ai fait le trajet inverse : n'en pouvant plus de la province, je suis venu à Paris pour vivre... Ceci dit, la Normandie n'est jamais très loin en cas de besoin irresistible de mer ou de chlorophylle, pas vrai ?...

LaBoumBe
September 23rd, 2004, 05:51 PM
40 km..parle plutôt en temps de parcours ;) tu mets combien de tps ?

Je fais du 30 à l'heure de moyenne

Sylvain
September 23rd, 2004, 11:49 PM
@ m@rco

Je comprends ça, camarade, mais j'ai fait le trajet inverse : n'en pouvant plus de la province, je suis venu à Paris pour vivre... (...)

Moi aussi je suis en train de faire le chemin de la province vers Paris parce que :
- j'aime Paris
- à Bordeaux j'avais des inconvénients analogues à ceux de Paris (les embouteillages!!), sans les avantages de Paris.

Phil
September 24th, 2004, 01:09 AM
C'est vrai que pour certains parisiens c'est lourd Paris, mais pour les provinciaux c'est l'inverse...si j'en ai l'opportunité j'irai aussi sans doute à Paris.

Metropolitan
September 24th, 2004, 03:09 AM
Ce qui fait fuire de Paris, c'est je pense la densité. Toute la ville a été développé sur un modèle établissant que son centre (à l'intérieur du périph') concentre toutes les activités. Même le métro ne sort pas réelement de ce centre (fait que je n'ai observé dans nulle autre ville que j'ai visité). Alors c'est sûr, il y a peu de grattes-ciel, mais les immeubles de 6 à 8 étages sont la norme. De plus, tous les immeubles parisiens sont collés les uns aux autres.

Vu d'en-haut, les boulevards parisiens apparaissent comme des canyons. On a l'impression qu'ils ont été creusées, et que ça n'est pas les immeubles qui ont été bâtis. On se croirait presque sur l'Etoile Noire de Dark Vador ! :D

Enfin bref, je peux comprendre que les gens normaux fuient cette densité et tout ce qui en suit : bruit, pollution, saleté, stress, etc... Mais moi, je ne suis pas normale et je ne me sens pas dans une vrai ville dès lors que les immeubles ne font que deux ou trois étages.

A Los Angeles, je recherchai desesperement le centre-ville, et j'ai été réellement déprimé lorsque j'ai réalisé qu'il n'y en avait pas. Une fois sur Hollywood Boulevard, je me sentais presque sur l'avenue Jean-Jaurès de n'importe quelle banlieue française (en été). Ca m'a déprimé. Mais bon, à cette occasion j'ai pu visiter l'Arizona et ça, je ne le regretterai jamais ! :)

Inutile de dire que j'adore New York. D'ailleurs, la structure urbaine de New York n'est pas si differente de celle de Paris (en plus gros bien sûr).

Fabb
September 24th, 2004, 08:21 AM
Oui, c'est vrai que Paris et NY ont des points communs. Entre autres la passion que leur vouent certains de leurs habitants.

Manuel
September 24th, 2004, 11:30 AM
Ce qui fait fuire de Paris, c'est je pense la densité. Toute la ville a été développé sur un modèle établissant que son centre (à l'intérieur du périph') concentre toutes les activités. Même le métro ne sort pas réelement de ce centre (fait que je n'ai observé dans nulle autre ville que j'ai visité). Alors c'est sûr, il y a peu de grattes-ciel, mais les immeubles de 6 à 8 étages sont la norme. De plus, tous les immeubles parisiens sont collés les uns aux autres.

Vu d'en-haut, les boulevards parisiens apparaissent comme des canyons. On a l'impression qu'ils ont été creusées, et que ça n'est pas les immeubles qui ont été bâtis. On se croirait presque sur l'Etoile Noire de Dark Vador ! :D

Enfin bref, je peux comprendre que les gens normaux fuient cette densité et tout ce qui en suit : bruit, pollution, saleté, stress, etc... Mais moi, je ne suis pas normale et je ne me sens pas dans une vrai ville dès lors que les immeubles ne font que deux ou trois étages.

A Los Angeles, je recherchai desesperement le centre-ville, et j'ai été réellement déprimé lorsque j'ai réalisé qu'il n'y en avait pas. Une fois sur Hollywood Boulevard, je me sentais presque sur l'avenue Jean-Jaurès de n'importe quelle banlieue française (en été). Ca m'a déprimé. Mais bon, à cette occasion j'ai pu visiter l'Arizona et ça, je ne le regretterai jamais ! :)

Inutile de dire que j'adore New York. D'ailleurs, la structure urbaine de New York n'est pas si differente de celle de Paris (en plus gros bien sûr).

La ville attire plus ou moins selon la phase du cycle de vie des gens. Arrivé un certain âge, le désir et la nécessité d'espace se fait sentir. C normal, fréquent, universel que les jeunes couples qui quittent la ville soit plus nombreux que ceux qui arrivent. Il n'y a rien de nouveau et les proportions ont l'air d'être les mêmes.

Plus généralement, Je ne pense pas que que les gens soint "pushed" par cette ville mais plutot "pulled" par l'espace dispo en périphérie ou ailleurs. La qualité de vie à Paris est fréquement parmi les meilleures des villes de cette taille.

La baisse de population semble au contraire se réduire si l'on prend une série chronologique plus longue.

La baisse actuelle est plus le fait
-d'un moindre dynamisme de l'ensemble de la région.
-du manque de contraintes à l'urbanisation dans la périphérie. De ce fait la ville de Paris n'arrive pas du tout à suivre le rythme de création d'emplois et de logements aux franges de l'agglo.

m@rco
September 24th, 2004, 03:29 PM
J'suis bien content de savoir que vous irez un jour ou l'autre repeupler Paris ... mais n'attendez pas d'etre a la retraite ! :)

Sinon ici, ca se passe bien, comme a Paris j'habite un immeuble de 6 etages (a Grenoble, la norme c'est plutot 10 etages) avec vue degagee sur un petit parc (mais toujours avec la pollution automobile en arriere plan), mais au lieu d'avoir la Tour Eiffel (enfin le 3eme etage), l'Arc de Triomphe et le Sacre Coeur dans mon champ de vision, j'ai droit aux montagnes...

Pour finir, dans ma promo de DESS, sur 12 parisiens (franciliens) 10 sont en province ou a l'etranger ! Je dois reconnaitre quand meme qu'un n'y a resiste que 3 mois, faut dire, le pauvre, qu'il n'etait encore jamais sorti de Paris :)

Bender
September 26th, 2004, 01:22 AM
A ce rythme, il ne restera bientôt plus à Paris que les bobos rentiers abonnés au Monde et les immigrés logés quasi à l'oeil par je ne sais quel office HLM.

Que la banlieue attire du monde, tant mieux, ça rééquilibrera les forces.