View Full Version : L'UMP résiste, mais perd la majorité absolue au Sénat


Matthieu
September 27th, 2004, 10:23 AM
PARIS (Reuters) - Le renouvellement partiel du Sénat, dimanche, s'est traduit comme prévu par la perte de la majorité absolue par l'UMP, qui résiste toutefois, la plupart de ses leaders, comme le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, étant élus ou réélus.

Au total, 128 sièges de sénateurs étaient à pourvoir. Le Sénat compte désormais 331 membres.

Selon les premiers décomptes, l'UMP, qui détenait 162 des 321 sièges existant avant le scrutin, perd cinq sièges.

Le groupe socialiste qui avait 83 sièges en gagne dix.

Le groupe communiste, républicain et citoyen conserve ses 23 élus. Il gagne deux élus communistes mais perd ses deux élus du Mouvement républicain et citoyen (MRC, chevènementiste).

Le groupe de l'Union centriste (UDF) passe de 30 à 32 membres. Les Verts, qui faisaient souvent listes communes avec les socialistes, gagnent trois sièges, dont celui de Dominique Voynet en Seine-Saint-Denis. Ils sont désormais quatre au Palais du Luxembourg.

Le groupe RDSE, qui comprend des élus de centre droit et de centre gauche, devrait conserver les mêmes effectifs (17). Le Mouvement pour la France (MPF, souverainiste) que préside Philippe de Villiers compte désormais trois sénateurs avec ses deux élus dimanche en Vendée.

Le nombre de femmes à la haute assemblée, actuellement de 34, devrait avoisiner la soixantaine.

"C'est une bonne soirée pour nous. Le Premier ministre a une très belle élection, le président Poncelet ausi. L'UMP à qui on promettait de perdre une dizaine de sièges en perd cinq. C'est beaucoup mieux que bien résister", a déclaré à Reuters Henri Cuq, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.

"En réalité l'opposition ne fait pas les sièges qu'elle escomptait. Ce qui prouve que, sur le terrain, la confiance est là", a-t-il assuré.

Pour Nicolas Sarkozy, ces élections ont été marquées par "une relative stabilité".

"L'UMP a mieux résisté que prévu", a commenté Jean-Claude Gaudin, président par intérim de la formation chiraquienne.

"NOUVELLE DÉFAITE POUR LE GOUVERNEMENT"

"Après les scrutins du printemps, c'est une quatrième défaite pour le gouvernement, la majorité UMP et en même temps une gauche qui progresse, un PS qui progresse en faisant progresser ses partenaires. Quant il y a union, il y a gain pour toute la gauche", a jugé pour sa part Bruno Le Roux, secrétaire national du PS chargé des élections.

"Les résultats de ces sénatoriales sont très positives pour le Parti communiste français", a déclaré la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet. Robert Hue, ancien président du Parti, a été élu dans le Val d'Oise.

Jean-Pierre Raffarin, qui s'est rendu dimanche soir au groupe UMP du Sénat, a été élu dès le premier tour dans la Vienne avec 56,73% des suffrages exprimés.

"J'ai reçu un message de confiance. Quelles que soient mes fonctions, je saurai servir la Vienne. Après trente mois passés à Matignon, j'ai passé six semaines de travaux pratiques et démocratiques. Je vais revenir à Matignon avec des idées fraîches", a-t-il déclaré en fin de matinée à Poitiers.

Le chef du gouvernement ne devrait pas siéger à la haute assemblée, qui lui offre toutefois une solution de repli en cas de départ de Matignon.

François Fillon (UMP), ministre de l'Education nationale, a été élu lui aussi au premier tour dans la Sarthe de même qu'Alain Lambert (UMP), ancien ministre délégué au Budget, dans l'Orne. Nelly Ollin, ministre déléguée à la lutte contre la précarité, a aussi gagné son fauteuil au premier tour, tout comme Hubert Falco, ministre délégué aux Personnes âgées.

Christian Poncelet (UMP), président sortant du Sénat, a lui aussi réélu dès le premier tour dans les Vosges.

Le groupe UMP se réunira mercredi après-midi afin de désigner son candidat au "plateau".

Nicolas Sarkozy, futur président de l'UMP, a confirmé qu'une "primaire" était prévue.

Les sénateurs UMP auront à départager Christian Poncelet et Alain Lambert.

"Avoir une offre plus large est un avantage, à condition qu'elle s'exprime dans le respect absolu des candidatures", a dit Alain Lambert dimanche.

Le Sénat, qui se réunit vendredi prochain, élira son président pour trois ans.

Plusieurs personnalités ne se représentaient pas, comme René Monory (UMP, Vienne) qui présida le Sénat de 1992 à 1998, Claude Estier (PS), qui présida le groupe socialiste pendant seize ans, ou bien encore l'amiral Philippe de Gaulle (UMP, Paris).

Ce renouvellement partiel du Sénat s'est traduit par plusieurs innovations comme la baisse de l'âge minimal exigé pour être candidat et la réduction de la durée du mandat de neuf à six ans. Ce scrutin marque en effet le début de la mise en oeuvre de la réforme adoptée en juillet 2003, et qui s'achèvera en 2010.

(Reuters 26/09/2004 - 20:31)