Cyril
September 29th, 2004, 12:27 PM
LE MONDE | 28.09.04 | 14h11
Installation de feux tricolores, utilisation de la bande d'arrêt d'urgence... l'aménagement des axes autoroutiers a succédé à l'ère des grands chantiers. Chaque jour, 17 millions d'usagers empruntent les voies rapides franciliennes.
En Ile-de-France , l'ère des grands travaux sur le réseau routier semble révolue. "Seuls deux chantiers d'envergure restent à mettre en place, l'un sera bientôt terminé grâce à un tunnel qui permettra le bouclage de l'A86 entre Rueil-Malmaison et Versailles à l'horizon 2007 ; l'autre, avec un calendrier à ce jour inconnu, assurera le bouclage ouest de la Francilienne sur la nationale 104", explique Francis Rol-Tanguy, directeur de la direction régionale de l'équipement de l'Ile-de-France. Une fois ces deux grands chantiers achevés, le maillage routier de l'Ile-de-France, avec son réseau de 600 km de voies rapides, présentera sa configuration quasi définitive.
"Les orientations du plan de déplacements urbains (PDU) de 2000, entre l'Etat et la région Ile-de-France, ont instauré un arbitrage moins favorable à la voiture individuelle, rappelle M. Rol-Tanguy. Ce PDU nous a conduits à réfléchir sur la manière de faire le meilleur usage possible du réseau existant en tenant mieux compte de l'ensemble des moyens de transports collectifs."
BARRIÈRES AMOVIBLES
Aux contraintes budgétaires de plus en plus fortes s'ajoutent aujourd'hui la volonté de changement dans la gestion du trafic automobile. Cette approche marque une véritable "révolution" chez les ingénieurs des travaux publics, qui se muent désormais en gestionnaires des infrastructures plus qu'en bâtisseurs. " Il y a vingt ans, tout problème de cogestion routière sur un réseau se résolvait obligatoirement par la création d'une nouvelle infrastructure. Aujourd'hui, on gère les flux de circulation", affirme Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l'institut d'urbanisme de Paris.
Résultat : les travaux portent désormais sur l'aménagement des carrefours, la couverture des axes routiers pour lutter contre les nuisances sonores, et l'information des automobilistes. Ainsi, dès le printemps 2005, les automobilistes pourront utiliser la bande d'arrêt d'urgence (BAU), sur la jonction commune des autoroutes A4 et A86 à la hauteur de Nogent-sur-Marne et Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Coût des travaux : 15 millions d'euros.
Sur cette jonction, les deux voies de l'autoroute A 86 viennent se greffer sur les trois voies de l'A4, à l'endroit où celle-ci n'en a plus que deux. Ce tronc commun, réduit à quatre voies sur 2,2 km, forme un goulet d'étranglement qui engendre le premier bouchon de France et probablement d'Europe. Les 280 000 véhicules qui l'empruntent sont à l'origine de dix heures d'embouteillages quotidiens, provoquant la perte de l'équivalent de 10 000 jours de travail.
Devant une telle catastrophe économique et écologique, la proposition de créer, dans chaque sens, une cinquième voie a été avancée. Grâce à l'ouverture de la BAU au moyen de barrières mobiles télécommandées, l'autoroute verra sa capacité de trafic augmenter. Dès les premiers signes de la formation d'un bouchon, les automobilistes pourront emprunter cette voie auxiliaire sur 2,2 km ; elle sera aussitôt refermée en cas d'accident.
"Dès que la circulation deviendra plus fluide, les glissières mobiles d'affectation (GMA) fermeront automatiquement cette voie à la circulation", explique Jean-Marie Le Dieu de Ville, responsable du projet à la direction régionale de l'équipement. "Ce procédé de contrôle de la circulation, qui est une première en France et même en Europe, devrait être installé sur cinq ou six lieux sur le réseau francilien", affirme Michel Chartier, directeur du service interdépartemental de sécurité et d'exploitation routière (Siser).
SÉCURISER LES TUNNELS
La multiplication des feux tricolores est un autre outil de gestion des flux. En s'inspirant de l'expérience acquise sur les accès à l'A6 sur la section Grigny à Chilly-Mazarin (Essonne), 86 feux tricolores seront installés sur l'ensemble du réseau de voies rapides. Ce système, déclenché en fonction de l'état de la circulation, a pour but d'offrir à l'automobiliste un temps de parcours régulier dans ses déplacements quotidiens.
Ces deux aménagements destinés à améliorer la circulation en Ile-de-France sont conduits par le service interdépartemental de sécurité et d'exploitation routière, qui gère, chaque jour, les déplacements de 17 millions d'usagers sur les 600 km de voies rapides et la centaine de kilomètres du réseau concédé. Grâce à 1 100 bornes d'appel d'urgence, 770 caméras, 6 000 capteurs, le Siser assure l'information des automobilistes à travers les 270 panneaux à message variable.
En charge depuis 1988 de la circulation sur le réseau d'Ile-de-France, cet organisme vient de voir ses compétences renforcées. Il gère désormais les plans de gestion du trafic (PGT) en cas d'événement exceptionnel ainsi que le plan neige-verglas Ile-de-France. Il prend aussi en charge la maintenance des 20 plus importants tunnels du réseau francilien, qui étaient auparavant sous la responsabilité des directions départementales de l'équipement.
Un plan de 80 millions d'euros sur les cinq ou six ans doit permettre la sécurisation de ces tunnels avec l'installation de leur fermeture automatique en cas d'incident et le libre passage des ondes radios.
Le système Sirius, qui recueille les informations routières, connecté à la Ville de Paris et aux sociétés d'autoroutes, couvrira bientôt, avec son extension prévue à l'ouest, la totalité de l'Ile-de-France. "Pour obtenir cette information fiable de la gestion des flux de circulation, il a fallu le temps de deux contrats de plan Etat-région, souligne Michel Chartier. Cela a coûté 105 millions d'euros, le prix d'un kilomètre d'autoroute en milieu urbain."
Dominique Buffier
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.09.04
Installation de feux tricolores, utilisation de la bande d'arrêt d'urgence... l'aménagement des axes autoroutiers a succédé à l'ère des grands chantiers. Chaque jour, 17 millions d'usagers empruntent les voies rapides franciliennes.
En Ile-de-France , l'ère des grands travaux sur le réseau routier semble révolue. "Seuls deux chantiers d'envergure restent à mettre en place, l'un sera bientôt terminé grâce à un tunnel qui permettra le bouclage de l'A86 entre Rueil-Malmaison et Versailles à l'horizon 2007 ; l'autre, avec un calendrier à ce jour inconnu, assurera le bouclage ouest de la Francilienne sur la nationale 104", explique Francis Rol-Tanguy, directeur de la direction régionale de l'équipement de l'Ile-de-France. Une fois ces deux grands chantiers achevés, le maillage routier de l'Ile-de-France, avec son réseau de 600 km de voies rapides, présentera sa configuration quasi définitive.
"Les orientations du plan de déplacements urbains (PDU) de 2000, entre l'Etat et la région Ile-de-France, ont instauré un arbitrage moins favorable à la voiture individuelle, rappelle M. Rol-Tanguy. Ce PDU nous a conduits à réfléchir sur la manière de faire le meilleur usage possible du réseau existant en tenant mieux compte de l'ensemble des moyens de transports collectifs."
BARRIÈRES AMOVIBLES
Aux contraintes budgétaires de plus en plus fortes s'ajoutent aujourd'hui la volonté de changement dans la gestion du trafic automobile. Cette approche marque une véritable "révolution" chez les ingénieurs des travaux publics, qui se muent désormais en gestionnaires des infrastructures plus qu'en bâtisseurs. " Il y a vingt ans, tout problème de cogestion routière sur un réseau se résolvait obligatoirement par la création d'une nouvelle infrastructure. Aujourd'hui, on gère les flux de circulation", affirme Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l'institut d'urbanisme de Paris.
Résultat : les travaux portent désormais sur l'aménagement des carrefours, la couverture des axes routiers pour lutter contre les nuisances sonores, et l'information des automobilistes. Ainsi, dès le printemps 2005, les automobilistes pourront utiliser la bande d'arrêt d'urgence (BAU), sur la jonction commune des autoroutes A4 et A86 à la hauteur de Nogent-sur-Marne et Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Coût des travaux : 15 millions d'euros.
Sur cette jonction, les deux voies de l'autoroute A 86 viennent se greffer sur les trois voies de l'A4, à l'endroit où celle-ci n'en a plus que deux. Ce tronc commun, réduit à quatre voies sur 2,2 km, forme un goulet d'étranglement qui engendre le premier bouchon de France et probablement d'Europe. Les 280 000 véhicules qui l'empruntent sont à l'origine de dix heures d'embouteillages quotidiens, provoquant la perte de l'équivalent de 10 000 jours de travail.
Devant une telle catastrophe économique et écologique, la proposition de créer, dans chaque sens, une cinquième voie a été avancée. Grâce à l'ouverture de la BAU au moyen de barrières mobiles télécommandées, l'autoroute verra sa capacité de trafic augmenter. Dès les premiers signes de la formation d'un bouchon, les automobilistes pourront emprunter cette voie auxiliaire sur 2,2 km ; elle sera aussitôt refermée en cas d'accident.
"Dès que la circulation deviendra plus fluide, les glissières mobiles d'affectation (GMA) fermeront automatiquement cette voie à la circulation", explique Jean-Marie Le Dieu de Ville, responsable du projet à la direction régionale de l'équipement. "Ce procédé de contrôle de la circulation, qui est une première en France et même en Europe, devrait être installé sur cinq ou six lieux sur le réseau francilien", affirme Michel Chartier, directeur du service interdépartemental de sécurité et d'exploitation routière (Siser).
SÉCURISER LES TUNNELS
La multiplication des feux tricolores est un autre outil de gestion des flux. En s'inspirant de l'expérience acquise sur les accès à l'A6 sur la section Grigny à Chilly-Mazarin (Essonne), 86 feux tricolores seront installés sur l'ensemble du réseau de voies rapides. Ce système, déclenché en fonction de l'état de la circulation, a pour but d'offrir à l'automobiliste un temps de parcours régulier dans ses déplacements quotidiens.
Ces deux aménagements destinés à améliorer la circulation en Ile-de-France sont conduits par le service interdépartemental de sécurité et d'exploitation routière, qui gère, chaque jour, les déplacements de 17 millions d'usagers sur les 600 km de voies rapides et la centaine de kilomètres du réseau concédé. Grâce à 1 100 bornes d'appel d'urgence, 770 caméras, 6 000 capteurs, le Siser assure l'information des automobilistes à travers les 270 panneaux à message variable.
En charge depuis 1988 de la circulation sur le réseau d'Ile-de-France, cet organisme vient de voir ses compétences renforcées. Il gère désormais les plans de gestion du trafic (PGT) en cas d'événement exceptionnel ainsi que le plan neige-verglas Ile-de-France. Il prend aussi en charge la maintenance des 20 plus importants tunnels du réseau francilien, qui étaient auparavant sous la responsabilité des directions départementales de l'équipement.
Un plan de 80 millions d'euros sur les cinq ou six ans doit permettre la sécurisation de ces tunnels avec l'installation de leur fermeture automatique en cas d'incident et le libre passage des ondes radios.
Le système Sirius, qui recueille les informations routières, connecté à la Ville de Paris et aux sociétés d'autoroutes, couvrira bientôt, avec son extension prévue à l'ouest, la totalité de l'Ile-de-France. "Pour obtenir cette information fiable de la gestion des flux de circulation, il a fallu le temps de deux contrats de plan Etat-région, souligne Michel Chartier. Cela a coûté 105 millions d'euros, le prix d'un kilomètre d'autoroute en milieu urbain."
Dominique Buffier
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.09.04