Tetwani
December 16th, 2011, 02:14 PM
Et si le Maroc roulait à l’huile d’algues ?
15.12.2011 | 19h46
Par Hanane Jazouani
Chaque année, le Maroc paie des milliards de dollars pour importer du pétrole ou du gaz de l’étranger. Et si la solution pour faire économiser de l’argent au royaume était les algues marines du pays pour fabriquer un biocarburant troisième génération qui pourra remplacer les énergies fossiles ? Un centre de recherche marocain à Rabat y travaille sérieusement depuis un an.
C’est pour permettre au royaume de rouler un jour avec du biocarburant à base de micro-algues et d’oublier le pétrole importé, qu’une équipe de chercheurs marocains de la Fondation «Moroccan Foundation for Advanced Science, Innovation and Research, créée en 2007 et située à Technopolis Rabatshore est en train de mener des travaux, et ce depuis un an.
C’est quoi les micro-algues ?
Avec un littoral long de 3500 kilomètres, les micro-algues ne manquent pas dans les eaux marocaines. Les micro-algues sont des algues microscopiques unicellulaires qui produisent des huiles ou lipides. Elles sont généralement utilisées dans l’alimentaire ou les cosmétiques. Elles vivent dans et grâce à l’eau, au sel et à la lumière du soleil. Leur particularité est qu’elles produisent beaucoup plus d’huile que les plantes oléagineuses terrestres comme le colza ou le palme. Le poids d’une micro-algue peut être composé parfois jusqu’à 80% de lipides. Ce sont ces lipides qui sont ensuite transformées lors d’une réaction chimique en biodiesel. Selon certains chercheurs, une culture de micro-algues dans une superficie équivalente à celle d’un lac permettrait de produire assez de biocarburant pour faire rouler près d’un million de voitures.
Les américains ont été les premiers à avoir eu l’idée d’utiliser ces micro-organismes comme biocarburant dans les années 70. Trente ans plus tard, les scientifiques européens se pencheront réellement sur ces micro-organismes. Depuis 2010, les Marocains y travaillent à leur tour.
Les avantages
L’un des premiers avantages de ces micro-organismes est que leur culture se fait sur de petites surfaces, contrairement aux plantes oléagineuses qui se cultivent sur de vastes terres agricoles.
Autre avantage qui est cette fois-ci très positif pour le Maroc est que les micro-algues se développent plus vite au contact de phosphate, souligne le journal Les Echos dans son édition d’aujourd’hui. D’ailleurs des travaux en partenariat avec l’Office Chérifien des Phosphates ont été lancés. « Les phosphates, premières ressources du pays font partie en effet des matières favorisant à la formation biologique des micro-algues. A terme, les retombées attendues de l’émergence et du développement d’une filière de ce type sur le marché, sont loin d’être négligeables. Elles vont de l’exploitation et la valorisation d’incommensurables ressources disponibles en micro-algues sur le littoral marocain et en phosphates, […] à l’atténuation, dans le long terme, de la facture énergétique du pays », explique le journaliste.
Une production dans 5 ans
Malgré le côté alléchant de ces éléments, le Maroc n’est pas encore prêt à rouler à l’huile de micro-algues et à dire au revoir à sa dépendance des énergies fossiles importées de l’étranger. A l’instar des autres pays qui travaillent actuellement sur les micro-algues, il faudra encore attendre cinq ans, à l'étranger on parle même de 10 ans, avant de voir une production à l’échelle industrielle. Pour ce faire, les chercheurs de la MASCIR devront dépasser l’étape d’expérimentation et mener un projet-pilote en grandeur nature, autrement dit avec des quantités de micro-algues plus importantes.
http://www.yabiladi.com/articles/details/7885/maroc-roulait-l-huile-d-algues.html
15.12.2011 | 19h46
Par Hanane Jazouani
Chaque année, le Maroc paie des milliards de dollars pour importer du pétrole ou du gaz de l’étranger. Et si la solution pour faire économiser de l’argent au royaume était les algues marines du pays pour fabriquer un biocarburant troisième génération qui pourra remplacer les énergies fossiles ? Un centre de recherche marocain à Rabat y travaille sérieusement depuis un an.
C’est pour permettre au royaume de rouler un jour avec du biocarburant à base de micro-algues et d’oublier le pétrole importé, qu’une équipe de chercheurs marocains de la Fondation «Moroccan Foundation for Advanced Science, Innovation and Research, créée en 2007 et située à Technopolis Rabatshore est en train de mener des travaux, et ce depuis un an.
C’est quoi les micro-algues ?
Avec un littoral long de 3500 kilomètres, les micro-algues ne manquent pas dans les eaux marocaines. Les micro-algues sont des algues microscopiques unicellulaires qui produisent des huiles ou lipides. Elles sont généralement utilisées dans l’alimentaire ou les cosmétiques. Elles vivent dans et grâce à l’eau, au sel et à la lumière du soleil. Leur particularité est qu’elles produisent beaucoup plus d’huile que les plantes oléagineuses terrestres comme le colza ou le palme. Le poids d’une micro-algue peut être composé parfois jusqu’à 80% de lipides. Ce sont ces lipides qui sont ensuite transformées lors d’une réaction chimique en biodiesel. Selon certains chercheurs, une culture de micro-algues dans une superficie équivalente à celle d’un lac permettrait de produire assez de biocarburant pour faire rouler près d’un million de voitures.
Les américains ont été les premiers à avoir eu l’idée d’utiliser ces micro-organismes comme biocarburant dans les années 70. Trente ans plus tard, les scientifiques européens se pencheront réellement sur ces micro-organismes. Depuis 2010, les Marocains y travaillent à leur tour.
Les avantages
L’un des premiers avantages de ces micro-organismes est que leur culture se fait sur de petites surfaces, contrairement aux plantes oléagineuses qui se cultivent sur de vastes terres agricoles.
Autre avantage qui est cette fois-ci très positif pour le Maroc est que les micro-algues se développent plus vite au contact de phosphate, souligne le journal Les Echos dans son édition d’aujourd’hui. D’ailleurs des travaux en partenariat avec l’Office Chérifien des Phosphates ont été lancés. « Les phosphates, premières ressources du pays font partie en effet des matières favorisant à la formation biologique des micro-algues. A terme, les retombées attendues de l’émergence et du développement d’une filière de ce type sur le marché, sont loin d’être négligeables. Elles vont de l’exploitation et la valorisation d’incommensurables ressources disponibles en micro-algues sur le littoral marocain et en phosphates, […] à l’atténuation, dans le long terme, de la facture énergétique du pays », explique le journaliste.
Une production dans 5 ans
Malgré le côté alléchant de ces éléments, le Maroc n’est pas encore prêt à rouler à l’huile de micro-algues et à dire au revoir à sa dépendance des énergies fossiles importées de l’étranger. A l’instar des autres pays qui travaillent actuellement sur les micro-algues, il faudra encore attendre cinq ans, à l'étranger on parle même de 10 ans, avant de voir une production à l’échelle industrielle. Pour ce faire, les chercheurs de la MASCIR devront dépasser l’étape d’expérimentation et mener un projet-pilote en grandeur nature, autrement dit avec des quantités de micro-algues plus importantes.
http://www.yabiladi.com/articles/details/7885/maroc-roulait-l-huile-d-algues.html