View Full Version : Le Papy-boom sur ARTE : qui l'a vue?
Bender November 23rd, 2004, 07:33 PM L'émission sur la démographie en Europe qui est passée il n'y a pas longtemps sur Arte (http://www.arte-tv.com/fr/histoire-societe/Du_20baby-boom_20au_20papy-boom/678542.html) était vraiment intéressante (j'ai vu un enregistrement).
Au début, ils montrent les chantiers de démolission à Halle en Allemagne de l'Est. Très impressionnant : ils démolissent les tours à tour de bras. Point de vue architectural, ils n'y perdent pas grand-chose, mais le truc, c'est qu'ils ne reconstruisent rien à la place faute d'habitants. Les écoles dégagent, les magasins, tout... Le phénomène est pour le moment visible en Allemagne de l'Est car en plus de la natalité très faible, les gens partent à l'ouest. Mais le nord et la Ruhr commencent à sentir les effets d'un taux de fécondité à 1.4
Ces statistiques montrent la population des villes allemandes en 1987 / 1995 / 2003. Dommage qu'il n'y ait pas de projection à 10 ou 20 ans.
Depuis 8 ans, Leipzig a perdu 40000 habitants et Halle, qui est juste à côté, 45000. 85000 habitants en moins pour l'agglomération en 8 ans. Ca nous fait 10000 habitants en moins par an!!!
Le tour des villes de l'ouest va bientôt venir, et ça n'a pas l'air de les déranger plus que ça. Heureusement d'ailleurs qu'il y a une forte immigration turque car sinon, ce serait bien pire.
A ce rythme, ce n'est plus des barres HLM qu'il va falloir démolir, mais des hopitaux, des autoroutes, des hypermarchés... c'est carrément fou
gun57 November 23rd, 2004, 09:59 PM je comprends pas que des pays comme l'Allemagne ou l'Italie n'aient pas encore réagis, quand on regarde les projections demographiques pour l'europe y a de quoi etre inquiet.
pourquoi les gouvernements ne lancent-ils pas une veritable politique nataliste ?
les projections de l'onu pour l'italie par exemple c'est 45 millions d'habitants en 2050 avec une immigration soutenue !!!
aujourd'hui certains pays de l'est on un taux de fecondité à 0,8 enfants par femmes !!
Bender November 23rd, 2004, 10:22 PM Je me rends compte que j'ai oublié un lien:
http://www.citypopulation.de/Deutschland-Agglo.html
Ils expliquent dans le documentaire qu'une des raisons, c'est le manque de crèches et le fait que les écoles allemandes ne prennent pas en charge les enfants l'après-midi.
Après guerre, une politique nataliste renvoyait trop au nazisme. Ca m'étonnerait que les nouvelles générations aient ça en tête. Une statistique qui m'a marqué : 50% des universitaires-femmes n'ont pas d'enfants :runaway:
PS : c'est quoi ce logo du FC Metz?? Grrr... :|
gun57 November 23rd, 2004, 10:30 PM PS : c'est quoi ce logo du FC Metz?? Grrr... :|
tu me rapelles le classement du PSG ? :llama:
Bender November 23rd, 2004, 10:35 PM tu me rapelles le classement du PSG ? :llama:
Héhé, m'en fous du PSG, je suis de Nancy :cheers1:
Manuel November 23rd, 2004, 10:36 PM sauf qu'il y a 30 ans on était déja alarmiste sur le sort démographique de l'Allemagne et que l'immigration a comblé la dénatalité autochtone. On ne peut pas exclure dans le futur, une continuation de la vague d'immigration ou même une reprise de la natalité.
Et puis par ailleurs, concernant le besoin de logements, il reste largement positif et le restera encore longtemps puisqu'il y a réduction de la taille des ménages.
gun57 November 23rd, 2004, 10:43 PM Héhé, m'en fous du PSG, je suis de Nancy :cheers1:
qu'est ce que t'attend pour nous pondre un thread sur nancy !! surtout que la place stan est à son avantage en ce moment :D
Bender November 23rd, 2004, 10:44 PM Ils avaient l'air de dire que même une reprise de la natalité ne changerait rien à moyen terme. Et puis, on ne passe pas de 1.4 à plus de 2.1 comme ça.
Concernant les logements, ça construit pas mal à Stuttgart, Francfort ou Munich mais bonjour la sinistrose à l'Est et au Nord.
Bender November 23rd, 2004, 10:48 PM qu'est ce que t'attend pour nous pondre un thread sur nancy !! surtout que la place stan est à son avantage en ce moment :D
Oui j'ai vu ça. Y avait des touristes qui prenaient photo la statue de Stanislas emballée et les palettes de pavés. Et je ne parle pas des échaffaudages de la place de la Carrière :D J'espère qu'ils n'avaient pas faits trop de route.
J'ai pas d'appareil photo numérique, il faudrait demander à Scalpel, peut-être que lui pourrait s'occuper de prendre en photo le chantier.
Jutcho November 24th, 2004, 01:26 PM Article interessant trouve sur lepoint.fr en relation avec le sujet
C'est une note - 20 sur 20 - qui mesure à elle seule la performance des Français et surtout des Françaises et devrait leur permettre de lire d'une autre manière tous les rapports qui les menacent du purgatoire ou de l'enfer. Replacée en effet dans un paysage européen qui n'incite guère à l'optimisme, la fécondité française est un phénomène exceptionnel qui mérite bien qu'on s'y attarde. Dans les vingt-cinq pays de l'Union européenne, en effet, l'excédent des naissances sur les décès, encore largement positif il y a dix ans, ne cesse de diminuer. En 2003, cet accroissement dit « naturel » n'a été que de 200 000 personnes. Avec un excédent de 232 000 en 2003, la France est actuellement à l'origine de plus de 100 % de la croissance naturelle dans l'Union européenne, alors qu'elle représente seulement 13,5 % de sa population. C'est près de quatre fois plus qu'au Royaume-Uni, qui compte une population aussi nombreuse que la nôtre, mais un excédent naturel inférieur à 68 000. C'est deux fois plus que dans l'ensemble formé par le Benelux et les pays nordiques, où l'excédent naturel est inférieur à 100 000 pour une population totale de 50 millions d'habitants. Cela tranche surtout radicalement avec l'Allemagne et l'Italie, qui enregistrent désormais, et pour longtemps, plus de décès que de naissances. Et si les dix nouveaux Etats membres ont ajouté au « pot commun » 74,1 millions de citoyens européens, ils lui en feront perdre plus de 40 millions d'ici à 2050. A cette date, si rien ne bouleverse cette « inertie démographique » dont les effets semblent inéluctables, seule la France aura vu sa population augmenter pour atteindre près de 64 millions d'habitants. L'Allemagne aura perdu 12 millions d'habitants et se retrouvera avec sa population de... 1914. L'Italie aura perdu 15 millions d'habitants et se retrouvera avec sa population de 1936. L'Espagne aura perdu 8 millions d'habitants.
Une excellente nouvelle pour la France, qui occupe, par sa vitalité, une place à part dans l'Europe des Vingt-Cinq. Un sombre avenir pour une Union dont on peut se demander à quoi servira sa Constitution, tant il est vrai qu'un continent qui vieillit à ce rythme finit toujours par... mourir.
Pour les historiens et les démographes qui, de la fin du XVIIIe siècle à 1944, avaient fait de la France l'homme malade de la démographie européenne et le laboratoire précoce du coït interrompu, cette « exception française » est une rupture de modèle dont on peut se demander quels sont les ressorts. En 1939, l'Allemagne enregistrait un excédent naturel de 554 000 habitants, alors que la France, abritée derrière sa ligne Maginot, enregistrait 29 000 décès de plus que de naissances. En 2003, l'Allemagne a enregistré 130 000 décès de plus que de naissances, la France un excédent naturel de 232 000. En France toujours, seules 9 % des femmes nées en 1955 n'ont pas d'enfants (alors que 4 % au moins sont frappées de stérilité biologique). Elles sont 18 % en Angleterre et 20 % en Allemagne. Remarquable enfin le fait que les naissances ne soient guère influencées par les clivages socio-économiques : la probabilité d'une première naissance évolue entre 919 pour mille lorsque la femme est cadre et 962 pour mille lorsqu'elle est inactive. Mieux, 80 % des mères d'un enfant donnent naissance à un second puis 45 % à trois.
Une Europe qui se suicide
Dans les rapports qui se multiplient sur les compétitivités comparées des grandes puissances, ces chiffres ne sont jamais cités, alors que - sauf catastrophe - la démographie est la science sociale dont les fondements sont le mieux assurés et dont les projections à moyen terme sont le plus exactes. En 2050, dans le même espace de temps que celui qui nous sépare de la constitution de l'Europe par le traité de Rome en 1957, l'Europe des Vingt-Cinq comptera moins d'habitants que les Etats-Unis alors qu'elle les dépasse de plus de 150 millions de personnes en 2003. Toujours à cette date, les Européens représenteront 6,5 % de la population mondiale, contre 12 % aujourd'hui et 22 % en 1950. A cette date, la Russie aura perdu 45 millions d'habitants sur les 146 qu'elle compte aujourd'hui. Il est surprenant d'observer que ces évolutions sont systématiquement sous-estimées. Est-ce parce qu'elles font la part belle à la France dans une Europe qui se suicide ? Reste que ces statistiques méritent d'être méditées par la génération de ceux qui, contrairement à Keynes, pensent que dans cinquante ans ils ne seront toujours pas morts
Bender November 24th, 2004, 02:24 PM On fait que mieux que nos voisins, mais un taux de fécondité de 1.9 c'est pas folichon non plus.
Disons que chez nous, on est assez proche du seuil des 2.1 c'est pas un objetif hors de portée.
Par contre, dans les pays à moins de 1.5, je ne vois pas ce qu'il faudrait pour qu'ils repassent en positif.
Bender January 17th, 2005, 09:13 PM Dans le Figaro du jour
Y en a qui ont de l'espoir!!
La ville allemande qui avait perdu 100 000 habitants
Halle (Allemagne) : de notre envoyée spéciale Cécile Calla
[17 janvier 2005]
De nuit, le spectacle est saisissant : de grands immeubles d'habitation qui ne distillent aucune lumière installent une atmosphère fantomatique sur la ville. Ils sont vides. A l'image de nombreuses villes de l'ex-RDA, Halle, située au sud-ouest de Berlin, se vide de sa population. En quatorze ans, elle est passée de 310 000 à 238 000 habitants. Cette saignée – 20% des logements sont inoccupés – oblige les autorités à repenser la structure de la ville. La mairie y voit une chance et a déposé un dossier de candidature pour le titre de capitale de la culture 2010. «Les changements ne sont pas seulement culturels mais également économiques et sociaux», explique Dagmar Szabados, première adjointe du maire. Transformer la ville est indispensable si on veut la rendre attractive et attirer des investisseurs.
Pour le moment, Halle, «la diva grise», a plutôt mauvaise réputation. Et pour cause. La restructuration des grands sites industriels, notamment les conglomérats chimiques de Leuna, Buna et Bitterfeld, a jeté au début des années 90 des dizaines de milliers de personnes au chômage. Aujourd'hui, plus d'un habitant sur cinq est sans emploi, l'un des taux les plus élevés d'Allemagne. Les conditions environnementales – la région passait pour être la plus sale d'Europe en 1989 – ont achevé de faire de la ville une cité repoussoir. Depuis la fin de la RDA, près de 100 000 personnes, souvent les plus jeunes, ont plié bagage. La chute brutale de la fécondité dans toute la région, à 1,19 enfant par femme, accélérait le vieillissement. Halle agonisait.
L'érosion démographique a surtout touché les quartiers nouveaux situés en périphérie, tels que Halle Neustadt. Construite dans les années 60 en tant que ville nouvelle en bordure de Halle, Halle Neustadt se voulait la vitrine de la ville socialiste, appliquant les préceptes du mouvement Bauhaus (esthétique fonctionnelle) et de Le Corbusier : des logements avec tout le confort moderne (eau chaude, salles de bains et chauffage central), des centres de loisirs, pas d'église, des transports efficaces pour acheminer les ouvriers vers les sites industriels de Leuna et Buna. Dans ces logements fonctionnels et anonymes vivaient, outre les ouvriers, certains citoyens choyés par le régime. «C'était une récompense de bénéficier d'un appartement dans ce quartier», se souvient Werner, un enseignant à la retraite. Locataire depuis vingt-six ans dans la Fontaine de tulipes, une tour sinistre qui porte bien mal son nom, le retraité est ravi de raconter la vie de ce quartier d'avant la chute du Mur. «Une ambiance de village, tout le monde se connaissait.» Après 1989, «tout a changé». La cité modèle a viré à la désolation. Les immeubles se sont vidés, les locataires laissant place aux squatters, et les infrastructures sont devenues inutiles.
La mairie ne s'avoue pas battue. Plus de 400 entreprises de technologies de l'information et de la télécommunication sont venues s'installer ces dernières années à Halle. Elle possède également des instituts de recherche renommés tels que le Max Planck Institut ou l'institut de recherche économique. Sur le plan culturel, la ville offre un opéra, deux orchestres, deux théâtres, un musée d'Etat, une fondation, die Franckesche Stiftungen, riche d'une magnifique collection d'ouvrages des XVIIe et XVIIIe siècles, un luxe inouï compte tenu du nombre d'habitants.
La ville n'hésite pas à mettre en avant son exode urbain dans son dossier de candidature pour le titre de «capitale de la culture» en 2010. La transformation résulte pour l'essentiel de la réduction de la surface habitable. Avant 2010, la ville veut démolir 20 000 logements, un programme ambitieux mais cher. En 2002 et en 2003, 13,5 millions d'euros ont été consacrés à la destruction de 4 200 appartements. Et près de 7,4 millions d'euros l'ont été en 2003 à l'amélioration du cadre de vie de ces quartiers délabrés.
Le chantier de Silberhöhe, une banlieue édifiée à la hâte par le régime socialiste dans les années 80, est à cet égard exemplaire. Sur une surface de 239 hectares, plus de 15 247 logements avaient été construits les uns à côté des autres sans aucun souci d'aération ou de perspective. Une fois le mur tombé, ce quartier désolant a donc souffert plus qu'un autre de l'exode massif. La population est passée de 39 000 à 18 000 habitants en quinze ans.
«On aurait pu laisser le quartier mourir et tout raser, observe Dagmar Szabados, première adjointe du maire, mais on ne déplace plus les gens sans leur demander leur avis. Nous avons donc lancé une série de projets à Silberhöhe.» Pour commencer, la ville a ordonné la destruction de toutes les barres de 11 étages et les rues devenues inutiles vont être supprimées. Il y a même un bois, maintenant, au coeur de l'ex-zone : 1 200 arbres seront plantés d'ici à 2006. De là à convaincre les habitants de rester, il y a un pas. La mairie ne se fait guère d'illusions. «Silberhöhe n'est pas encore une bonne adresse», reconnaît en souriant l'adjointe du maire.
Pour combler le vide créé par l'exode, Halle Neustadt fait assaut d'imagination. Une tour de 18 étages a été transformée l'année dernière en hôtel par une troupe de théâtre. L'ancienne gare, qui emmenait chaque matin 30 000 ouvriers vers Leuna et Buna, va être reconvertie en centre culturel. La tour Fontaine de tulipes a également beaucoup changé. Finie l'époque où des jeunes désoeuvrés traînaient dans le hall en shootant dans des canettes de bière. Désormais, un concierge à plein temps veille à la sérénité du lieu et le hall, avec ses fauteuils et ses plantes vertes, ressemble plus à un salon qu'à une entrée d'immeuble. «De jeunes familles sont revenues et on se parle maintenant quand on se croise», assure Werner. Quand l'immeuble sera complètement rénové, d'autres familles pourraient suivre.
charpentier January 17th, 2005, 11:03 PM C'est encore pire en Russie.
Surtout les villes comme Arkangels'k et Murmansk.
B@dGuYoM January 18th, 2005, 01:07 AM moi je l'ai po vu :bash:
charpentier January 18th, 2005, 01:17 AM Moi, j'ai vu un 'forum des Européens' il n'y a pas longtemps qui parlait de l'architecture et de l'urbanisme de Berlin et Paris. Les villes qui meurrent (exemple de Bremerhaven je crois) et celles qui 'renaissent' (Liverpool).
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