Cyril
November 30th, 2004, 10:40 AM
Enième bouquet d'articles à ce sujet..la RATP annonce un super métro. Nouveauté.
Embouteillages en hausse, trains et RER insuffisants, il est chaque jour plus difficile de se déplacer. Un handicap de poids pour la première région économique française. Un énorme effort financier s'impose pour éviter l'asphyxie. Il y a urgence.
DEUX HEURES pour parcourir 10 kilomètres sur l'autoroute A 4, hier matin, après un accident de moto survenu à hauteur de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), treize petites interruptions de trafic sur le réseau RATP pour la seule matinée d'hier, le RER D bloqué quatre heures vendredi soir, des bouchons à foison dans Paris... il ne se passe pas un jour en région parisienne sans qu'il y ait de sérieux problèmes de transport. Pas étonnant de voir ce sujet devenir la première préoccupation des Franciliens.
Selon une enquête présentée par TNS-Sofres en juin, ils sont d'ailleurs 41 % à penser que les transports sont le domaine « sur lequel il faudrait intervenir en priorité » devant... la sécurité et l'emploi. Malheureusement, les retards accumulés sur la route comme sur les rails sont colossaux. A ce jour, aucun des chantiers prévus dans le contrat de plan 2000-2006 n'a encore été achevé en Essonne. La situation dans les autres départements est préoccupante : dans le Val-de-Marne, seuls 8,3 % des travaux sont terminés, 14,3 % dans les Yvelines, 16,2 % dans le Val-d'Oise, 20 % en Seine-Saint-Denis, 30 % dans les Hauts-de-Seine et 50 % en Seine-et-Marne. Paris arrive à tirer son épingle du jeu avec 77 % des projets lancés.
Beaucoup d'argent
Aujourd'hui, élus et représentants économiques s'inquiètent pour l'avenir de l'Ile-de-France. La première région économique française est menacée d'asphyxie. Ainsi, ce soir à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) se tient une assemblée générale extraordinaire des conseils municipaux réunissant trois cents élus pour réclamer le prolongement de la ligne 11 de métro (Châtelet - Mairie-des-Lilas). Hier, une pétition de 3 000 signatures a été remise au Syndicat des transports d'Ile-de-France pour s'opposer à la suppression de trains de nuit sur le RER D. François Scellier (UMP), président du conseil général du Val-d'Oise, va même plus loin : il réalisera, début 2005, un sondage dans son département pour savoir si les habitants sont prêts à payer plus d'impôts pour avoir de meilleures routes. Car la solution est avant tout financière. Il faut de l'argent, beaucoup d'argent pour rattraper le retard et bâtir un réseau de transports qui tient compte de l'augmentation des déplacements : plus 6,1 % en dix ans. C'est le défi que devra relever Jean-Paul Huchon (PS), président du conseil régional d'Ile-de-France. Dans le cadre des lois de décentralisation, il va en effet récupérer, en juillet 2005, la présidence du Syndicat des transports d'Ile-de-France, l'organisme qui finance toutes les infrastructures et gère tous les déplacements. L'Etat lui offre un cadeau que Jean-Paul Huchon juge « empoisonné », la qualité des réseaux (RATP, SNCF) étant « calamiteuse ». La région estime qu'il faudra plus de dix ans pour remettre à niveau les seuls transports en commun. Et ce n'est pas l'ambitieux projet de super métro présenté aujourd'hui par la RATP qui devrait arranger rapidement les choses. Son coût (de 6 à 8 milliards d'euros) et sa réalisation, qui devrait s'étaler sur plus de dix ans, laissent augurer des jours meilleurs en... 2020. En attendant, les usagers, priés de laisser leur voiture au garage pour sauver la planète, devront prendre leur mal en patience.
Marie-Anne Gairaud Jacques Lallain
Le Parisien , mardi 30 novembre 2004
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Les solutions envisagées
A court terme. Un chantier de 15 millions d'euros est en cours pour transformer la bande d'arrêt d'urgence en voie de circulation en cas de bouchon, sur les 2,3 km entre Nogent et Maisons-Alfort. Cela permettra de passer de quatre à cinq files.
La circulation sera réglée par des barrières automatiques qui ouvriront la voie supplémentaire lorsque cela sera nécessaire. L'entrée en service est prévue pour juin 2005. Beaucoup sont sceptiques sur l'impact de ces travaux sur les embouteillages et surtout sur leur coût car cette solution est provisoire.
A long terme. Tous les espoirs se focalisent sur la future autoroute qui passera sous la Marne. L'objectif : faire en sorte que la A 4 et la A 86 retrouvent leur autonomie au lieu de faire route commune comme c'est le cas aujourd'hui. Mais dans le meilleur des cas, le projet ne verra pas le jour avant 2010. Montant estimé des travaux : 660 millions d'euros.
Le Parisien , mardi 30 novembre 2004
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La RATP propose un super métro
http://www.leparisien.fr/illustrations/245926960.gif
DANS LE BUT d'alléger la fréquentation de son métro parisien, la RATP s'intéresse aux liaisons permettant le contournement de la capitale. A l'occasion de la réunion de travail qui se tient aujourd'hui au Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), elle va exhumer un vieux projet : Orbitale. Il s'agit d'un métro périphérique souterrain en petite couronne qui se raccorderait sur toutes les lignes de métro, RER ou tramway existantes.
Ce tunnel, long d'environ 43 km, serait automatique comme l'est déjà la ligne 14 (Météor). Il compterait une trentaine de stations (dont l'emplacement reste à définir) distantes de 1,5 km chacune et permettrait aux rames d'atteindre une vitesse commerciale « rapide » de 40 km/h.
Améliorer les liaisons de banlieue à banlieue
Coût du projet : entre 5 et 6 milliards d'euros auquel s'ajouterait celui du nouveau matériel roulant et de l'aménagement des stations (de 1 à 2 milliards supplémentaires). Faramineux... lorsqu'on sait que, à lui seul, le contrat de plan 2000-2006 ne prévoyait d'investir que 4 milliards d'euros pour cinquante projets de transports en Ile-de-France. Le super métro permettrait, en tout cas, d'améliorer les liaisons banlieue-banlieue, aujourd'hui majoritaires. A terme, on pourrait avoir, pour Paris, le tramway des maréchaux, pour la proche banlieue, ce super métro, et, pour la grande couronne, la rocade ferrée de grande ceinture, entamée, mais loin d'être achevée.
C. Gué.
Le Parisien , mardi 30 novembre 2004
Embouteillages en hausse, trains et RER insuffisants, il est chaque jour plus difficile de se déplacer. Un handicap de poids pour la première région économique française. Un énorme effort financier s'impose pour éviter l'asphyxie. Il y a urgence.
DEUX HEURES pour parcourir 10 kilomètres sur l'autoroute A 4, hier matin, après un accident de moto survenu à hauteur de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), treize petites interruptions de trafic sur le réseau RATP pour la seule matinée d'hier, le RER D bloqué quatre heures vendredi soir, des bouchons à foison dans Paris... il ne se passe pas un jour en région parisienne sans qu'il y ait de sérieux problèmes de transport. Pas étonnant de voir ce sujet devenir la première préoccupation des Franciliens.
Selon une enquête présentée par TNS-Sofres en juin, ils sont d'ailleurs 41 % à penser que les transports sont le domaine « sur lequel il faudrait intervenir en priorité » devant... la sécurité et l'emploi. Malheureusement, les retards accumulés sur la route comme sur les rails sont colossaux. A ce jour, aucun des chantiers prévus dans le contrat de plan 2000-2006 n'a encore été achevé en Essonne. La situation dans les autres départements est préoccupante : dans le Val-de-Marne, seuls 8,3 % des travaux sont terminés, 14,3 % dans les Yvelines, 16,2 % dans le Val-d'Oise, 20 % en Seine-Saint-Denis, 30 % dans les Hauts-de-Seine et 50 % en Seine-et-Marne. Paris arrive à tirer son épingle du jeu avec 77 % des projets lancés.
Beaucoup d'argent
Aujourd'hui, élus et représentants économiques s'inquiètent pour l'avenir de l'Ile-de-France. La première région économique française est menacée d'asphyxie. Ainsi, ce soir à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) se tient une assemblée générale extraordinaire des conseils municipaux réunissant trois cents élus pour réclamer le prolongement de la ligne 11 de métro (Châtelet - Mairie-des-Lilas). Hier, une pétition de 3 000 signatures a été remise au Syndicat des transports d'Ile-de-France pour s'opposer à la suppression de trains de nuit sur le RER D. François Scellier (UMP), président du conseil général du Val-d'Oise, va même plus loin : il réalisera, début 2005, un sondage dans son département pour savoir si les habitants sont prêts à payer plus d'impôts pour avoir de meilleures routes. Car la solution est avant tout financière. Il faut de l'argent, beaucoup d'argent pour rattraper le retard et bâtir un réseau de transports qui tient compte de l'augmentation des déplacements : plus 6,1 % en dix ans. C'est le défi que devra relever Jean-Paul Huchon (PS), président du conseil régional d'Ile-de-France. Dans le cadre des lois de décentralisation, il va en effet récupérer, en juillet 2005, la présidence du Syndicat des transports d'Ile-de-France, l'organisme qui finance toutes les infrastructures et gère tous les déplacements. L'Etat lui offre un cadeau que Jean-Paul Huchon juge « empoisonné », la qualité des réseaux (RATP, SNCF) étant « calamiteuse ». La région estime qu'il faudra plus de dix ans pour remettre à niveau les seuls transports en commun. Et ce n'est pas l'ambitieux projet de super métro présenté aujourd'hui par la RATP qui devrait arranger rapidement les choses. Son coût (de 6 à 8 milliards d'euros) et sa réalisation, qui devrait s'étaler sur plus de dix ans, laissent augurer des jours meilleurs en... 2020. En attendant, les usagers, priés de laisser leur voiture au garage pour sauver la planète, devront prendre leur mal en patience.
Marie-Anne Gairaud Jacques Lallain
Le Parisien , mardi 30 novembre 2004
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Les solutions envisagées
A court terme. Un chantier de 15 millions d'euros est en cours pour transformer la bande d'arrêt d'urgence en voie de circulation en cas de bouchon, sur les 2,3 km entre Nogent et Maisons-Alfort. Cela permettra de passer de quatre à cinq files.
La circulation sera réglée par des barrières automatiques qui ouvriront la voie supplémentaire lorsque cela sera nécessaire. L'entrée en service est prévue pour juin 2005. Beaucoup sont sceptiques sur l'impact de ces travaux sur les embouteillages et surtout sur leur coût car cette solution est provisoire.
A long terme. Tous les espoirs se focalisent sur la future autoroute qui passera sous la Marne. L'objectif : faire en sorte que la A 4 et la A 86 retrouvent leur autonomie au lieu de faire route commune comme c'est le cas aujourd'hui. Mais dans le meilleur des cas, le projet ne verra pas le jour avant 2010. Montant estimé des travaux : 660 millions d'euros.
Le Parisien , mardi 30 novembre 2004
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La RATP propose un super métro
http://www.leparisien.fr/illustrations/245926960.gif
DANS LE BUT d'alléger la fréquentation de son métro parisien, la RATP s'intéresse aux liaisons permettant le contournement de la capitale. A l'occasion de la réunion de travail qui se tient aujourd'hui au Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), elle va exhumer un vieux projet : Orbitale. Il s'agit d'un métro périphérique souterrain en petite couronne qui se raccorderait sur toutes les lignes de métro, RER ou tramway existantes.
Ce tunnel, long d'environ 43 km, serait automatique comme l'est déjà la ligne 14 (Météor). Il compterait une trentaine de stations (dont l'emplacement reste à définir) distantes de 1,5 km chacune et permettrait aux rames d'atteindre une vitesse commerciale « rapide » de 40 km/h.
Améliorer les liaisons de banlieue à banlieue
Coût du projet : entre 5 et 6 milliards d'euros auquel s'ajouterait celui du nouveau matériel roulant et de l'aménagement des stations (de 1 à 2 milliards supplémentaires). Faramineux... lorsqu'on sait que, à lui seul, le contrat de plan 2000-2006 ne prévoyait d'investir que 4 milliards d'euros pour cinquante projets de transports en Ile-de-France. Le super métro permettrait, en tout cas, d'améliorer les liaisons banlieue-banlieue, aujourd'hui majoritaires. A terme, on pourrait avoir, pour Paris, le tramway des maréchaux, pour la proche banlieue, ce super métro, et, pour la grande couronne, la rocade ferrée de grande ceinture, entamée, mais loin d'être achevée.
C. Gué.
Le Parisien , mardi 30 novembre 2004