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December 1st, 2004, 02:16 PM
Lyon Capitale, 23/11/2004
Queyranne veut déménager la Région avant 2010
Politique. Jean-Jack Queyranne souhaite rapidement décider du déménagement du siège régional de Charbonnières à Lyon. Une décision qui s’appuie autant sur des arguments techniques que sur une logique politique.
© Félix Ledru
Charbonnières-les-Bains ne restera peut-être pas très longtemps la capitale de la Région. Jean-Jack Queyranne, président socialiste de Rhône-Alpes depuis quelques mois, souhaite installer le siège du Conseil régional en plein centre de la ville de Lyon, “pas loin des centres de décision et des voies de communication”. Le déménagement à l’Antiquaille, vers le théâtre antique, ou à l’Hôtel-Dieu sur les quais – bâtiments anciens bientôt libérés – ou plus sûrement au Confluent, à l’est de la future grande place nautique, pourrait se faire avant 2010… et dans un certain consensus.
En effet, c’est peu de dire que le bâtiment qui abrite actuellement le Conseil régional craque aux coutures. En réalité, ça fait longtemps que cet ancien siège d’une compagnie d’assurances, à l’architecture sans grâce, ne répond plus au cahier des charges. “Il est trop exigu et les services ont été dispersés sur plusieurs sites”, explique Queyranne. 200 personnes par exemple travaillent déjà à Ecully. L’effectif régional est en outre en constante augmentation — même s’il reste peu élevé comparé aux autres collectivités territoriales. Entre 1992 et 2003, les effectifs régionaux sont passés de 400 à 857 et pourraient atteindre les 1 300 dès 2008, du fait de l’incidence des futurs transferts de compétence État/Région.
Le Conseil régional a donc un vrai problème de place, doublé d’un problème d’accessibilité, ce qui avait d’ailleurs amené l’ancienne présidente de Région Anne-Marie Comparini à créer une “commission du site” pour réfléchir à l’avenir de Charbonnières.
Mais Comparini et son successeur Queyranne, qui a repris l’idée à son compte, ne sont pas du tout d’accord sur la finalité de l’étude. Anne-Marie Comparini pense que “pour anticiper la décentralisation”, il aurait fallu éclater les services dans différents lieux de la région. “C’était d’autant facile qu’avec la nouvelle technologie, on peut travailler partout”, explique-t-elle, en précisant : “Et parallèlement, Charbonnières restait Charbonnières.” L’ancienne présidente a même fait construire une nouvelle salle du conseil sur place. Pour Jean-Jack Queyranne, c’est clair, Charbonnières, c’est fini, et l’heure est au contraire au regroupement des services sur le même site. Peu après son élection à la tête de la Région, Jean-Jack Queyranne fait donc suspendre la procédure des travaux en cours et demande la constitution d’une nouvelle commission du site présidée par Jérome Safar, élu régional, adjoint à la Culture à Grenoble. “Au-delà de l’exiguïté et de la mauvaise accessibilité, il faut donner une visibilité à l’institution régionale, et pour son image, il est important qu’elle soit près des lieux de décision, à Lyon. L’objectif est que ce soit réalisé avant 2009/2010”, confirme JJQ. Le président de Région, contrairement à son prédécesseur, souhaite clairement regrouper tous les services. Pour Thierry Braillard, vice-président (PRG) qui seconde Jérome Safar, le coût total de l’opération – achat de 30 000 m2 de terrain au Grand Lyon et construction du bâtiment – serait compris entre 60 et 90 millions d’euros. La décision, elle, ne doit pas traîner et doit être prise dès le premier trimestre 2005, pour respecter les délais d’un déménagement dans le mandat régional. Anne-Marie Comparini affirme déjà qu’il y aurait “mieux à faire” : “Je me dis qu’il y a des moyens financiers à dépenser pour d’autres défis, les lycées, les TER, la formation. Et puis Jean-Jack Queyranne ne prend pas en considération ce qu’est une Région, il redevient très lyonnais.”
Opération blanche
Sur l’argument économique, Queyranne fera très attention de ne pas prêter le flanc à la critique de “pharaonisme” qu’on pourrait lui faire. Tout sera calculé pour présenter au public une “opération blanche” : le montant des investissements prévus devant être couverts par la vente des locaux de Charbonnières, la prise en compte des différents loyers économisés, et un lissage des coûts sur quinze ans.
Le bon sens technique visant à “déménager Charbonnières” rejoint aussi de solides arguments politiques. Il s’agit d’une affirmation claire du pouvoir régional et de son chef. Un renforcement qui s’inscrit dans la montée en puissance de l’institution, et auquel l’opposition chiraquo-sarkosienne n’est – singulièrement – pas opposée. C’est un peu la fin d’une hypocrisie, et la reconnaissance qu’il y a en Rhône-Alpes une ville-centre où se concentrent naturellement les principaux pouvoirs.
Pour l’élu régional UMP Emmanuel Hamelin, “À Charbonnières, tout est à l’étroit, dispersé. Concentrer tout en un même lieu, pourquoi pas si ça se fait dans des conditions financières acceptables ? Lyon est la ville-centre, c’est d’un intérêt réel.”
Pour la petite histoire, quand le siège de la Région aura déserté Charbonnières pour Lyon, l’Auvergne restera la seule région française à avoir son siège hors de sa capitale régionale… à Chamalières.
Philippe Chaslot
mais je pense qui'il faille s'attendre a une tour
Queyranne veut déménager la Région avant 2010
Politique. Jean-Jack Queyranne souhaite rapidement décider du déménagement du siège régional de Charbonnières à Lyon. Une décision qui s’appuie autant sur des arguments techniques que sur une logique politique.
© Félix Ledru
Charbonnières-les-Bains ne restera peut-être pas très longtemps la capitale de la Région. Jean-Jack Queyranne, président socialiste de Rhône-Alpes depuis quelques mois, souhaite installer le siège du Conseil régional en plein centre de la ville de Lyon, “pas loin des centres de décision et des voies de communication”. Le déménagement à l’Antiquaille, vers le théâtre antique, ou à l’Hôtel-Dieu sur les quais – bâtiments anciens bientôt libérés – ou plus sûrement au Confluent, à l’est de la future grande place nautique, pourrait se faire avant 2010… et dans un certain consensus.
En effet, c’est peu de dire que le bâtiment qui abrite actuellement le Conseil régional craque aux coutures. En réalité, ça fait longtemps que cet ancien siège d’une compagnie d’assurances, à l’architecture sans grâce, ne répond plus au cahier des charges. “Il est trop exigu et les services ont été dispersés sur plusieurs sites”, explique Queyranne. 200 personnes par exemple travaillent déjà à Ecully. L’effectif régional est en outre en constante augmentation — même s’il reste peu élevé comparé aux autres collectivités territoriales. Entre 1992 et 2003, les effectifs régionaux sont passés de 400 à 857 et pourraient atteindre les 1 300 dès 2008, du fait de l’incidence des futurs transferts de compétence État/Région.
Le Conseil régional a donc un vrai problème de place, doublé d’un problème d’accessibilité, ce qui avait d’ailleurs amené l’ancienne présidente de Région Anne-Marie Comparini à créer une “commission du site” pour réfléchir à l’avenir de Charbonnières.
Mais Comparini et son successeur Queyranne, qui a repris l’idée à son compte, ne sont pas du tout d’accord sur la finalité de l’étude. Anne-Marie Comparini pense que “pour anticiper la décentralisation”, il aurait fallu éclater les services dans différents lieux de la région. “C’était d’autant facile qu’avec la nouvelle technologie, on peut travailler partout”, explique-t-elle, en précisant : “Et parallèlement, Charbonnières restait Charbonnières.” L’ancienne présidente a même fait construire une nouvelle salle du conseil sur place. Pour Jean-Jack Queyranne, c’est clair, Charbonnières, c’est fini, et l’heure est au contraire au regroupement des services sur le même site. Peu après son élection à la tête de la Région, Jean-Jack Queyranne fait donc suspendre la procédure des travaux en cours et demande la constitution d’une nouvelle commission du site présidée par Jérome Safar, élu régional, adjoint à la Culture à Grenoble. “Au-delà de l’exiguïté et de la mauvaise accessibilité, il faut donner une visibilité à l’institution régionale, et pour son image, il est important qu’elle soit près des lieux de décision, à Lyon. L’objectif est que ce soit réalisé avant 2009/2010”, confirme JJQ. Le président de Région, contrairement à son prédécesseur, souhaite clairement regrouper tous les services. Pour Thierry Braillard, vice-président (PRG) qui seconde Jérome Safar, le coût total de l’opération – achat de 30 000 m2 de terrain au Grand Lyon et construction du bâtiment – serait compris entre 60 et 90 millions d’euros. La décision, elle, ne doit pas traîner et doit être prise dès le premier trimestre 2005, pour respecter les délais d’un déménagement dans le mandat régional. Anne-Marie Comparini affirme déjà qu’il y aurait “mieux à faire” : “Je me dis qu’il y a des moyens financiers à dépenser pour d’autres défis, les lycées, les TER, la formation. Et puis Jean-Jack Queyranne ne prend pas en considération ce qu’est une Région, il redevient très lyonnais.”
Opération blanche
Sur l’argument économique, Queyranne fera très attention de ne pas prêter le flanc à la critique de “pharaonisme” qu’on pourrait lui faire. Tout sera calculé pour présenter au public une “opération blanche” : le montant des investissements prévus devant être couverts par la vente des locaux de Charbonnières, la prise en compte des différents loyers économisés, et un lissage des coûts sur quinze ans.
Le bon sens technique visant à “déménager Charbonnières” rejoint aussi de solides arguments politiques. Il s’agit d’une affirmation claire du pouvoir régional et de son chef. Un renforcement qui s’inscrit dans la montée en puissance de l’institution, et auquel l’opposition chiraquo-sarkosienne n’est – singulièrement – pas opposée. C’est un peu la fin d’une hypocrisie, et la reconnaissance qu’il y a en Rhône-Alpes une ville-centre où se concentrent naturellement les principaux pouvoirs.
Pour l’élu régional UMP Emmanuel Hamelin, “À Charbonnières, tout est à l’étroit, dispersé. Concentrer tout en un même lieu, pourquoi pas si ça se fait dans des conditions financières acceptables ? Lyon est la ville-centre, c’est d’un intérêt réel.”
Pour la petite histoire, quand le siège de la Région aura déserté Charbonnières pour Lyon, l’Auvergne restera la seule région française à avoir son siège hors de sa capitale régionale… à Chamalières.
Philippe Chaslot
mais je pense qui'il faille s'attendre a une tour