St!ckyesman
April 21st, 2005, 07:59 PM
MER Dix-sept d'entre eux quitteront le giron de l'Etat d'ici à 2007. Objectif : une gestion de proximité
La nouvelle vie des ports régionaux
Rennes : Nathalie Bougeard
[21 avril 2005]
«Il serait inimaginable que la première région maritime d'Europe se désintéressât de ses ports. Il s'agit d'un élément emblématique de la Bretagne et d'un outil de développement économique», affirme Jean-Yves Le Drian, président PS du conseil régional. La collectivité territoriale est donc candidate pour reprendre les ports de Saint-Malo, Brest et Lorient. Longtemps sur la liste, le site de Concarneau – très largement spécialisé dans la pêche – devrait rester dans le giron du département du Finistère. «Le conseil général le souhaite et nous sommes arrivés à un accord de principe», indique Gilles Ricono, directeur général des services à la Région et ancien directeur de cabinet de Jean-Claude Gayssot au temps où celui-ci était ministre de l'Equipement.
Dès son arrivée en 2004 à l'exécutif du conseil régional, la nouvelle équipe a commandé un audit sur les ports bretons. Toujours en cours, celui-ci livrera des éléments sur l'état des lieux mais aussi des scénarios possibles. «Nous avons besoin de savoir ce que nous reprenons», résume Gilles Ricono. Autre réponse attendue, celle de l'Etat concernant les engagements pris dans le cadre du contrat de plan 2000-2006. «Lorient et Brest ont programmé de gros investissements. Cette clarification des intentions de l'Etat est indispensable», poursuit Jean-Yves Le Drian.
Restera ensuite à mettre en place une stratégie susceptible de développer l'activité : premier port de commerce breton, Lorient reste sur un tonnage inférieur à 500 000 tonnes. Pour sa part, l'activité totale des ports bretons ne frôle que les 9 millions de tonnes contre 30 millions pour Nantes - Saint-Nazaire ou 71 millions pour Le Havre.
Car si l'arrière-pays breton est loin d'être négligeable, notamment avec les secteurs de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire, Nantes et Le Havre captent encore une large partie du trafic.
Et la Bretagne souhaite néanmoins récupérer une partie de ces échanges de marchandises. «La première nécessité consiste à mettre en cohérence les trois unités portuaires : il ne s'agit pas forcément de les spécialiser mais, en tant que propriétaire, nous demanderons une cohérence globale des investissements et une complémentarité afin de toucher le plus grand nombre de trafics», détaille Jean-Yves Le Drian.
Dans le même esprit, une politique commerciale concertée pourrait être mise en oeuvre. Et puis, le président croit fermement au projet d'autoroute de la mer et prévoit à moyen terme l'inévitable saturation de la Manche. «Nous devons dès aujourd'hui élaborer une stratégie répondant à cet encombrement», insiste-t-il.
Quant à l'exploitation des trois ports, elle restera – au moins jusqu'au terme des contrats en cours – sous la responsabilité des chambres de commerce et d'industrie. Ensuite, des appels à candidature seront publiés.
http://www.lefigaro.fr/eco-monde/20050421.FIG0297.html
La nouvelle vie des ports régionaux
Rennes : Nathalie Bougeard
[21 avril 2005]
«Il serait inimaginable que la première région maritime d'Europe se désintéressât de ses ports. Il s'agit d'un élément emblématique de la Bretagne et d'un outil de développement économique», affirme Jean-Yves Le Drian, président PS du conseil régional. La collectivité territoriale est donc candidate pour reprendre les ports de Saint-Malo, Brest et Lorient. Longtemps sur la liste, le site de Concarneau – très largement spécialisé dans la pêche – devrait rester dans le giron du département du Finistère. «Le conseil général le souhaite et nous sommes arrivés à un accord de principe», indique Gilles Ricono, directeur général des services à la Région et ancien directeur de cabinet de Jean-Claude Gayssot au temps où celui-ci était ministre de l'Equipement.
Dès son arrivée en 2004 à l'exécutif du conseil régional, la nouvelle équipe a commandé un audit sur les ports bretons. Toujours en cours, celui-ci livrera des éléments sur l'état des lieux mais aussi des scénarios possibles. «Nous avons besoin de savoir ce que nous reprenons», résume Gilles Ricono. Autre réponse attendue, celle de l'Etat concernant les engagements pris dans le cadre du contrat de plan 2000-2006. «Lorient et Brest ont programmé de gros investissements. Cette clarification des intentions de l'Etat est indispensable», poursuit Jean-Yves Le Drian.
Restera ensuite à mettre en place une stratégie susceptible de développer l'activité : premier port de commerce breton, Lorient reste sur un tonnage inférieur à 500 000 tonnes. Pour sa part, l'activité totale des ports bretons ne frôle que les 9 millions de tonnes contre 30 millions pour Nantes - Saint-Nazaire ou 71 millions pour Le Havre.
Car si l'arrière-pays breton est loin d'être négligeable, notamment avec les secteurs de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire, Nantes et Le Havre captent encore une large partie du trafic.
Et la Bretagne souhaite néanmoins récupérer une partie de ces échanges de marchandises. «La première nécessité consiste à mettre en cohérence les trois unités portuaires : il ne s'agit pas forcément de les spécialiser mais, en tant que propriétaire, nous demanderons une cohérence globale des investissements et une complémentarité afin de toucher le plus grand nombre de trafics», détaille Jean-Yves Le Drian.
Dans le même esprit, une politique commerciale concertée pourrait être mise en oeuvre. Et puis, le président croit fermement au projet d'autoroute de la mer et prévoit à moyen terme l'inévitable saturation de la Manche. «Nous devons dès aujourd'hui élaborer une stratégie répondant à cet encombrement», insiste-t-il.
Quant à l'exploitation des trois ports, elle restera – au moins jusqu'au terme des contrats en cours – sous la responsabilité des chambres de commerce et d'industrie. Ensuite, des appels à candidature seront publiés.
http://www.lefigaro.fr/eco-monde/20050421.FIG0297.html