Cyril
October 18th, 2005, 10:39 PM
LE MONDE | 18.10.05 | 13h30 • Mis à jour le 18.10.05 | 13h30
euf mois de silence et un changement de gouvernement n'ont pas enterré le projet de déménagement du Palais de justice de Paris dans le nouveau quartier de la ZAC Paris-Rive gauche, dans le 13e arrondissement. Répondant à la question d'une magistrate, vendredi 14 octobre, en marge du congrès de l'Union syndicale des magistrats (USM), le garde des sceaux, Pascal Clément, a répété l'intention formulée par son prédécesseur, Dominique Perben, le 27 janvier dernier (Le Monde du 28 janvier). Le tribunal de grande instance de Paris, à l'étroit dans ses locaux de l'île de la Cité, devrait bien, "d'ici 2012" , déménager dans le 13e arrondissement. Toutefois, précise son cabinet, "le choix du site n'est pas totalement arrêté" , et les négociations avec la Ville de Paris "se poursuivent".
Du côté de la Mairie de Paris, on semble toutefois avoir fait le deuil de la solution alternative soutenue par la mairie du 13e et les associations : l'implantation du TGI sur un autre secteur de la ZAC, boulevard Masséna, à proximité du futur pôle universitaire. Avocats et juges s'étaient violemment opposés à ce choix, le jugeant trop "excentré" . M. Blisko comme l'adjoint au maire de Paris chargé de l'urbanisme, Jean-Pierre Caffet, (PS) s'attendent, aujourd'hui, à une décision "imminente" du choix du site de Tolbiac par le gouvernement.
Ils ont anticipé cette décision en négociant avec l'Etat, au début de l'été, la dévolution à la Ville de Paris d'un bâtiment du ministère des finances situé à proximité, boulevard Vincent-Auriol. Cette emprise permettrait, selon M. Caffet, de construire les 300 logements que les quelque 100 000 m2 nécessaires au TGI feraient disparaître du projet d'aménagement du secteur Tolbiac.
Car pour ces 11 hectares situés au pied de la Bibliothèque de France, la Ville de Paris a un projet d'urbanisme incluant des bureaux, des logements et 15 000 m2 d'espaces verts. Le projet de l'architecte Pierre Gangnet a été choisi, par concours, en octobre 2004. Il prévoit la destruction partielle de la halle Freyssinet, propriété de la Sernam, filiale de la SNCF, considérée comme un témoignage important de l'architecture industrielle du XIXe siècle.
"ÉVOLUTIONS NÉCESSAIRES"
En novembre 2004, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait exigé du maire du 13e que "50 % au moins de la halle" soient préservés et que les "évolutions nécessaires" au projet soient étudiées "pour accueillir, le cas échéant" , le TGI sur le site. Depuis, la halle est, selon le ministère de la culture, "en cours d'inscription à l'Inventaire des monuments historiques" . Un tel classement obligerait, de fait, la Ville de Paris à modifier radicalement le projet de Pierre Gangnet.
L'Etat a, par ailleurs, commandé à l'architecte Bernard Reichen une étude de faisabilité sur l'utilisation de la halle comme future salle des pas perdus du nouveau TGI. Jacques Chirac serait en outre désireux de poser lui-même la "première pierre" du nouveau Palais de justice avant la fin de son mandat, en 2007. Ce calendrier désormais serré suppose que le concours d'architectes puis l'enquête d'utilité publique soient lancés avant la fin de l'année.
Christine Garin
Article paru dans l'édition du 19.10.05
euf mois de silence et un changement de gouvernement n'ont pas enterré le projet de déménagement du Palais de justice de Paris dans le nouveau quartier de la ZAC Paris-Rive gauche, dans le 13e arrondissement. Répondant à la question d'une magistrate, vendredi 14 octobre, en marge du congrès de l'Union syndicale des magistrats (USM), le garde des sceaux, Pascal Clément, a répété l'intention formulée par son prédécesseur, Dominique Perben, le 27 janvier dernier (Le Monde du 28 janvier). Le tribunal de grande instance de Paris, à l'étroit dans ses locaux de l'île de la Cité, devrait bien, "d'ici 2012" , déménager dans le 13e arrondissement. Toutefois, précise son cabinet, "le choix du site n'est pas totalement arrêté" , et les négociations avec la Ville de Paris "se poursuivent".
Du côté de la Mairie de Paris, on semble toutefois avoir fait le deuil de la solution alternative soutenue par la mairie du 13e et les associations : l'implantation du TGI sur un autre secteur de la ZAC, boulevard Masséna, à proximité du futur pôle universitaire. Avocats et juges s'étaient violemment opposés à ce choix, le jugeant trop "excentré" . M. Blisko comme l'adjoint au maire de Paris chargé de l'urbanisme, Jean-Pierre Caffet, (PS) s'attendent, aujourd'hui, à une décision "imminente" du choix du site de Tolbiac par le gouvernement.
Ils ont anticipé cette décision en négociant avec l'Etat, au début de l'été, la dévolution à la Ville de Paris d'un bâtiment du ministère des finances situé à proximité, boulevard Vincent-Auriol. Cette emprise permettrait, selon M. Caffet, de construire les 300 logements que les quelque 100 000 m2 nécessaires au TGI feraient disparaître du projet d'aménagement du secteur Tolbiac.
Car pour ces 11 hectares situés au pied de la Bibliothèque de France, la Ville de Paris a un projet d'urbanisme incluant des bureaux, des logements et 15 000 m2 d'espaces verts. Le projet de l'architecte Pierre Gangnet a été choisi, par concours, en octobre 2004. Il prévoit la destruction partielle de la halle Freyssinet, propriété de la Sernam, filiale de la SNCF, considérée comme un témoignage important de l'architecture industrielle du XIXe siècle.
"ÉVOLUTIONS NÉCESSAIRES"
En novembre 2004, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait exigé du maire du 13e que "50 % au moins de la halle" soient préservés et que les "évolutions nécessaires" au projet soient étudiées "pour accueillir, le cas échéant" , le TGI sur le site. Depuis, la halle est, selon le ministère de la culture, "en cours d'inscription à l'Inventaire des monuments historiques" . Un tel classement obligerait, de fait, la Ville de Paris à modifier radicalement le projet de Pierre Gangnet.
L'Etat a, par ailleurs, commandé à l'architecte Bernard Reichen une étude de faisabilité sur l'utilisation de la halle comme future salle des pas perdus du nouveau TGI. Jacques Chirac serait en outre désireux de poser lui-même la "première pierre" du nouveau Palais de justice avant la fin de son mandat, en 2007. Ce calendrier désormais serré suppose que le concours d'architectes puis l'enquête d'utilité publique soient lancés avant la fin de l'année.
Christine Garin
Article paru dans l'édition du 19.10.05