JP
November 16th, 2005, 12:18 AM
In le Figaro
http://www.lefigaro.fr/photos/20051115.FIG0093_1.jpg?151157
Deux audacieux à la Bastille ARCHITECTURE Un duo de jeunes créateurs va construire un immeuble ébouriffant au pied de l'Opéra.
Une allure sculpturale pour la création de Jean Bocabeille et Ignacio Prego.
(DR.)
Marie-Douce Albert
[15 novembre 2005]
ON NE TOUCHE PLUS, c'est entendu, au centre de Paris. Ou alors sagement. Mais voilà qu'il se trouve parfois une parcelle miraculeuse, un terrain de jeu audacieux. Un de ces îlots rares se trouvait à l'angle de la rue de Lyon et du boulevard de la Bastille (XIIe). Autant dire sur la place de la Bastille, juste au pied de l'Opéra.
Cette pointe de l'îlot Biscornet est d'ailleurs incluse dans le secteur du plan masse de l'Opéra et appartient au ministère de la Culture, mais un bâtiment sans grande hauteur s'y dresse, à l'abandon derrière ses palissades.
Pour le ministère, le site était idéal pour en faire le champ d'expériences de jeunes architectes. Ce pan de la Bastille sera donc pris par un duo pratiquement inconnu. D'ici à 2007, Jean Bocabeille et Ignacio Prego feront assaut de nouveauté sur la place pour y installer un immeuble de logements à loyer plafonné pour le personnel de l'Opéra.
Les deux hommes se sont rencontrés pendant leurs études et travaillent ensemble depuis plus de dix ans. Leur agence, (BP) Architectures, a déjà à son actif la restructuration du consulat de France à Saïgon ou la construction de la résidence de l'Ambassadeur à Kingston, en Jamaïque. A Paris, dans le XIXe, elle a réalisé le gymnase d'une école ou encore un immeuble de logements.
Le duo a donc été choisi après consultation par la Sagi, bailleur social lié à la Ville de Paris, qui sera mandatée par le ministère de la Culture pour réaliser l'opération Biscornet. Jean Bocabeille et Ignacio Prego ont alors imaginé ce petit immeuble de 14 logements, mi-grand ouvert mi-hermétique. Au-dessus d'un espace d'accueil de l'Opéra, en rez-de-chaussée, les appartements qui donneront sur la place écarquilleront les yeux sur la colonne de Juillet, grâce à de grandes baies. Toutefois, puisqu'ils auront le nez sur la Bastille et ses concerts de klaxon, leurs balcons seront protégés par une deuxième paroi en lamelles de verre orientables. Les joues du bâtiment arboreront une peau unique pour les façades et les volets, une tôle d'aluminium laquée couleur mastic qui fera office de cuirasse.
Un cocon métallique
«Il fallait répondre à la question de l'intimité sur un site où on n'attendrait pas forcément de logements, font remarquer les architectes. L'autre point essentiel était l'écriture contemporaine que l'on pouvait donner dans un contexte «classique», et cela sans être outrecuidant, sans faire un immeuble rouge qui clignote.» Hormis ses qualités thermique et acoustique, le cocon métallique jouera donc l'effet plissé. Une allure sculpturale, ébouriffante qui, peut-être, ne fera que souligner encore la silhouette empâtée de l'illustre voisin. «Nous nous sommes toujours fixé de ne pas tenir compte de l'Opéra, répondent Jean Bocabeille et Ignacio Prego. Pour nous, il s'agissait juste d'une situation exceptionnelle.» D'un emplacement qui aura sans doute fait fantasmer plus d'un architecte.
http://www.lefigaro.fr/photos/20051115.FIG0093_1.jpg?151157
Deux audacieux à la Bastille ARCHITECTURE Un duo de jeunes créateurs va construire un immeuble ébouriffant au pied de l'Opéra.
Une allure sculpturale pour la création de Jean Bocabeille et Ignacio Prego.
(DR.)
Marie-Douce Albert
[15 novembre 2005]
ON NE TOUCHE PLUS, c'est entendu, au centre de Paris. Ou alors sagement. Mais voilà qu'il se trouve parfois une parcelle miraculeuse, un terrain de jeu audacieux. Un de ces îlots rares se trouvait à l'angle de la rue de Lyon et du boulevard de la Bastille (XIIe). Autant dire sur la place de la Bastille, juste au pied de l'Opéra.
Cette pointe de l'îlot Biscornet est d'ailleurs incluse dans le secteur du plan masse de l'Opéra et appartient au ministère de la Culture, mais un bâtiment sans grande hauteur s'y dresse, à l'abandon derrière ses palissades.
Pour le ministère, le site était idéal pour en faire le champ d'expériences de jeunes architectes. Ce pan de la Bastille sera donc pris par un duo pratiquement inconnu. D'ici à 2007, Jean Bocabeille et Ignacio Prego feront assaut de nouveauté sur la place pour y installer un immeuble de logements à loyer plafonné pour le personnel de l'Opéra.
Les deux hommes se sont rencontrés pendant leurs études et travaillent ensemble depuis plus de dix ans. Leur agence, (BP) Architectures, a déjà à son actif la restructuration du consulat de France à Saïgon ou la construction de la résidence de l'Ambassadeur à Kingston, en Jamaïque. A Paris, dans le XIXe, elle a réalisé le gymnase d'une école ou encore un immeuble de logements.
Le duo a donc été choisi après consultation par la Sagi, bailleur social lié à la Ville de Paris, qui sera mandatée par le ministère de la Culture pour réaliser l'opération Biscornet. Jean Bocabeille et Ignacio Prego ont alors imaginé ce petit immeuble de 14 logements, mi-grand ouvert mi-hermétique. Au-dessus d'un espace d'accueil de l'Opéra, en rez-de-chaussée, les appartements qui donneront sur la place écarquilleront les yeux sur la colonne de Juillet, grâce à de grandes baies. Toutefois, puisqu'ils auront le nez sur la Bastille et ses concerts de klaxon, leurs balcons seront protégés par une deuxième paroi en lamelles de verre orientables. Les joues du bâtiment arboreront une peau unique pour les façades et les volets, une tôle d'aluminium laquée couleur mastic qui fera office de cuirasse.
Un cocon métallique
«Il fallait répondre à la question de l'intimité sur un site où on n'attendrait pas forcément de logements, font remarquer les architectes. L'autre point essentiel était l'écriture contemporaine que l'on pouvait donner dans un contexte «classique», et cela sans être outrecuidant, sans faire un immeuble rouge qui clignote.» Hormis ses qualités thermique et acoustique, le cocon métallique jouera donc l'effet plissé. Une allure sculpturale, ébouriffante qui, peut-être, ne fera que souligner encore la silhouette empâtée de l'illustre voisin. «Nous nous sommes toujours fixé de ne pas tenir compte de l'Opéra, répondent Jean Bocabeille et Ignacio Prego. Pour nous, il s'agissait juste d'une situation exceptionnelle.» D'un emplacement qui aura sans doute fait fantasmer plus d'un architecte.