Cyril
March 29th, 2007, 11:55 PM
Alors que la population ne cesse de se loger de plus en plus loin des centres-villes, l'emploi reste concentré dans les pôles urbains, obligeant les salariés français à faire en moyenne au moins 32 minutes de route pour travailler, indique une étude Insee parue mardi.
Près de trois salariés sur quatre (73%) quittent leur commune de résidence pour aller travailler, une proportion qui peut dépasser 90%, par exemple, pour ceux qui habitent en pourtour d'une petite ville de moins de 50.000 habitants, selon l'étude de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques, qui s'appuie sur des données de 2004.
En fait, relève l'Insee, les pôles urbains trustent environ trois quart des emplois salariés (77%), alors que seulement 63% de salariés y habitent et "les déplacements domicile-travail ont été amplifiés par la périurbanisation".
Chassés des villes par le coût du logement, 22% de salariés habitent en zone périurbaine, où l'on ne trouve que 12% des emplois salariés.
Dans un récent rapport, le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) a également dénoncé les conséquences de cet étalement urbain pour l'emploi et le revenu des ménages, touchés de plein fouet par l'augmentation du prix de l'énergie, et pour qui "la contrainte de la mobilité" peut être un obstacle au retour à l'emploi ou à l'occupation d'un emploi à temps complet".
A la campagne, la situation semble relativement équilibrée (15% d'emplois, 13% de salariés) mais, souligne l'Insee, "les emplois offerts près du domicile ne sont pas nécessairement ceux qui correspondent à la qualification, à la formation ou au choix de l'individu".
Ainsi, les cadres sont d'une manière générale amenés à être "la catégorie la plus mobile". Autre exemple, pour 100 ouvriers vivant dans un espace à dominante rurale, il n'y a que 87 emplois ouvriers sur place, d'où un déficit et des trajets en voiture que l'étude s'attache à mesurer.
Le temps et les distances de route ont été évalués à partir de la Déclaration annuelle de données sociales (DADS) que tout employeur du privé ou du semi-public est tenu de remplir chaque année.
La moitié des salariés travaillent à moins de 8 kilomètres de son domicile et a un trajet de moins de 18 minutes par la route, selon les données 2004.
Mais si l'on fait une moyenne nationale, le temps de déplacement des salariés français grimpe à 32 minutes en heure pleine (par opposition à heure creuse), et la distance parcourue à 25,9 km. Pour 10%, cette durée explose et dépasse 59 minutes.
En ne considérant que les salariés amenés à changer de commune pour se rendre au travail, la contrainte augmente: 43 minutes en moyenne en heure pleine et 35,4 km.
En région parisienne, du fait des encombrements, les salariés perdent davantage de temps sur la route, plus du quart doit rouler plus de 45 minutes, les plus mal lotis étant ceux qui habitent au-delà de la banlieue, en la couronne périurbaine, souligne l'Insee.
Les champions du temps et de l'argent perdu en voiture pour aller travailler sont les salariés qui passent d'une aire urbaine à l'autre: 51,7 km, 63 minutes, et cela concerne tout de même près 1,5 million de personnes, 8,3% des salariés.
Claudine Renaud (AFP)
Source : Le Moniteur (http://www.lemoniteur-expert.com/depeches/depeche.asp?id=DCE7FC178&acces=0) avec AFP (27/03/2007)
=>> Etude de l' INSEE : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1129/ip1129.pdf
Près de trois salariés sur quatre (73%) quittent leur commune de résidence pour aller travailler, une proportion qui peut dépasser 90%, par exemple, pour ceux qui habitent en pourtour d'une petite ville de moins de 50.000 habitants, selon l'étude de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques, qui s'appuie sur des données de 2004.
En fait, relève l'Insee, les pôles urbains trustent environ trois quart des emplois salariés (77%), alors que seulement 63% de salariés y habitent et "les déplacements domicile-travail ont été amplifiés par la périurbanisation".
Chassés des villes par le coût du logement, 22% de salariés habitent en zone périurbaine, où l'on ne trouve que 12% des emplois salariés.
Dans un récent rapport, le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) a également dénoncé les conséquences de cet étalement urbain pour l'emploi et le revenu des ménages, touchés de plein fouet par l'augmentation du prix de l'énergie, et pour qui "la contrainte de la mobilité" peut être un obstacle au retour à l'emploi ou à l'occupation d'un emploi à temps complet".
A la campagne, la situation semble relativement équilibrée (15% d'emplois, 13% de salariés) mais, souligne l'Insee, "les emplois offerts près du domicile ne sont pas nécessairement ceux qui correspondent à la qualification, à la formation ou au choix de l'individu".
Ainsi, les cadres sont d'une manière générale amenés à être "la catégorie la plus mobile". Autre exemple, pour 100 ouvriers vivant dans un espace à dominante rurale, il n'y a que 87 emplois ouvriers sur place, d'où un déficit et des trajets en voiture que l'étude s'attache à mesurer.
Le temps et les distances de route ont été évalués à partir de la Déclaration annuelle de données sociales (DADS) que tout employeur du privé ou du semi-public est tenu de remplir chaque année.
La moitié des salariés travaillent à moins de 8 kilomètres de son domicile et a un trajet de moins de 18 minutes par la route, selon les données 2004.
Mais si l'on fait une moyenne nationale, le temps de déplacement des salariés français grimpe à 32 minutes en heure pleine (par opposition à heure creuse), et la distance parcourue à 25,9 km. Pour 10%, cette durée explose et dépasse 59 minutes.
En ne considérant que les salariés amenés à changer de commune pour se rendre au travail, la contrainte augmente: 43 minutes en moyenne en heure pleine et 35,4 km.
En région parisienne, du fait des encombrements, les salariés perdent davantage de temps sur la route, plus du quart doit rouler plus de 45 minutes, les plus mal lotis étant ceux qui habitent au-delà de la banlieue, en la couronne périurbaine, souligne l'Insee.
Les champions du temps et de l'argent perdu en voiture pour aller travailler sont les salariés qui passent d'une aire urbaine à l'autre: 51,7 km, 63 minutes, et cela concerne tout de même près 1,5 million de personnes, 8,3% des salariés.
Claudine Renaud (AFP)
Source : Le Moniteur (http://www.lemoniteur-expert.com/depeches/depeche.asp?id=DCE7FC178&acces=0) avec AFP (27/03/2007)
=>> Etude de l' INSEE : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1129/ip1129.pdf