PDA

View Full Version : Alifi Hafid expired


Moroccanguy
April 3rd, 2007, 01:34 PM
Allah yrahmou.
Eh bein , il nous a quitte le 16 Mars dernier et il est passe a l'au dela en silence.

http://www.lejournal-hebdo.com/sommaire/images/stories/hafid1.jpg

Adieu Boogiema

Alifi Hafid, Mahfoud Akdim de son vrai nom, vient de nous quitter brusquement ce vendredi 16 mars, nous laissant tous orphelins d’une belle période. Il a succombé à une attaque cardiaque. Il avait 56 ans. «Soundpower», «Back in the time», «Best of the old», Nous sommes dans les années 80, début des années 90 et toute la jeunesse marocaine écoutait l’émission-culte de l’époque, Boogie, animée par l’homme à la voix inégalable, Alifi Hafid.

Radio gaga…
Qui ne se souvient de ce rendez-vous quotidien entre 18h et 20h sur RTM chaîne inter. L’homme a formé une génération de jeunes. Il leur a fait découvrir le blues, le rock, la funk, la country music tout en passant les nouveautés de l’époque, que chacun de nous s’empressait d’enregistrer. Car, dans ces années-là, il n’y avait ni téléchargement sur Internet, ni CD et mp3 piratés à 10 Dhs. Il n’y avait que la radio, et Boogie représentait le must des émissions de musique dite «occidentale». Les chaînes de télé musicales (MTV, MCM, VH1…), qui allaient bouleverser nos habitudes, n’avaient pas encore fait leur apparition dans le champ audiovisuel marocain. «Boogie, c’est toute mon adolescence. Je me souviens que j’écoutais cette émission chaque soir en préparant mes devoirs. Et c’est bien grâce à Alifi Hafid que j’ai découvert des styles de musique et plein de nouveaux rythmes. Grâce à Hafid, toute une jeunesse était à la page par rapport à l’actualité musicale», se souvient Anis Hajjam, animateur de l’émission nocturne Feeling sur radio 2M qu’il avoue être une inspiration de Boogie.

Le secret du succès de Boogie, c’est la musique, la voix de Hafid et sa maîtrise des courants musicaux de l’époque. Il était une véritable encyclopédie musicale et disposait d’une exceptionnelle collection de disques vinyles qu’il n’hésitait pas à prêter à ses collègues chaque fois que ces derniers en avaient besoin. Conscient de sa mission, parce qu’à l’époque la radio était avant tout une affaire de militantisme, Hafid se déplaçait dans plusieurs pays européens ou en Amérique du Nord pour acheter des vinyles à ses propres frais afin de les faire écouter à toute une jeunesse marocaine éprise des Springsteen, Pink Floyd, Bob Seger, les Zeppelin et bien d’autres. Il avait lui-même déclaré dans une de ses interviews, avoir «enregistré ce qui passait sur les ondes de la radio interne d'une base américaine installée en Espagne, avant de les diffuser à mon tour. La qualité n'était pas irréprochable mais qu'importe, les auditeurs adoraient». Bref, du système D au service des auditeurs.

Un système D couplé d’un grand professionnalisme. «C’est le premier animateur à avoir installé un habillage pour une émission musicale, avec jingles, génériques et voix incorporées… Boogie était une émission bien ficelée qui n’avait rien à envier aux émissions musicales des radios européennes. Pour le montage, Hafid usait d’un ciseau et du scotch. De l’artisanal mais beaucoup de talent», témoigne Abdou Souiri, animateur des matinales de radio 2M. Mohamed Bhiri, qui a partagé avec Hafid trente-cinq ans de carrière à la RTM, trouve difficilement les mots pour décrire son grand ami : «Avec sa spontanéité et sa simplicité il a créé un style totalement à part qui reste aujourd’hui encore inimitable. De la sobriété dans les propos, une fluidité dans la programmation et de la pertinence dans le choix des passages musicaux. C’était un grand plaisir de travailler à côté de Hafid».

Animateur de radio, Alifi était aussi pendant des années D.J à la boîte l’Entonnoir à Rabat. Abdou Souiri se souvient de cette période : «Tout le monde se retrouvait dans cette discothèque car on était sûr d’écouter de la bonne musique. Hafid était aimable avec tout le monde, abordable et n’hésitait pas à enregistrer des cassettes pour les habitués», se rappelle-t-il.

Un homme de coeur
En tant que collègue, Alifi Hafid forçait l’admiration et le respect. «De ma vie, je ne l’ai jamais vu hausser le ton. Il était le monsieur zen de la rédaction», relate Souiri. Un homme qui se dévouait pour ses émissions, «parce qu’il le faisait avec plaisir alors qu’il touchait, comme nous tous d’ailleurs, un salaire de misère», ajoute-t-il. Ces derniers mois, Hafid avait repris goût à l’animation musicale et voulait même reprendre Boogie. «Il voulait se déplacer en France pour préparer d’autres jingles, une nouvelle maquette pour l’émission. Il nous a quittés avant de réaliser ce projet», déclare, la gorge nouée, Mohamed Bhiri.
Aussitôt après les funérailles, qui ont réunis amis, proches et admirateurs de Hafid, la SNRT a rebaptisé le mythique studio 3 de la RTM chaîne inter, studio Alifi Hafid. En hommage à celui qui a initié toute une génération au «best off» de la musique…