View Full Version : A.S.M de Tunis : Nouvelles
Tounsi November 12th, 2008, 09:46 PM Website:http://www.asmtunis.com
Tunis est, sans contredit, une des villes arabo-musulmanes les mieux conservées. Riche de douze siècles d’histoire, la Médina de Tunis recèle aujourd’hui encore de très nombreux monuments islamiques : au détour d’une ruelle, on découvre la silhouette effilée d’un minaret ou la coupole chaulée d’une zaouïa. Les rues s’allongent en murs continus, uniformes, où la demeure du notable se distingue par son riche encadrement de pierre et sa majestueuse porte cloutée. Cité méditerranéenne profondément marquée par le Proche-Orient tans dans son architecture que dans son art de vivre, Tunis a été classée ville du patrimoine mondial en 1979.
L’expérience et le savoir-faire de l’Association Sauvegarde de la Médina de Tunis a permis de restaurer de nombreux palais et medersas et de mener à bien des opérations pour la préservation, la mise en valeur et la promotion de ce site historique, de grande valeur patrimoniale.
Depuis sa création en 1967 par la Municipalité de Tunis, l’Association de Sauvegarde de la Médina ne cesse d’accomplir différentes tâches. Elle s’attelle principalement à :
Sensibiliser le public à l’importance du patrimoine urbain et promouvoir les idées de sauvegarde en se basant sur une connaissance approfondie de la Médina.
Préserver et restaurer des monuments dans la Médina et les adapter à de nouvelles fonctions.
Promouvoir la restauration des demeures et des immeubles situés dans les quartiers historiques de Tunis en apportant aide technique et conseil à leurs propriétaires.
Assurer la coordination technique entre les services municipaux et autres organismes travaillant dans les quartiers historiques de Tunis.
A Sensibiliser, former et encadrer les intervenants dans la Médina et promouvoir les petits métiers en associant les artisans aux chantiers de réhabilitation et de restauration.
Accueillir dans sa bibliothèque et son centre de documentation et encadrer étudiants et chercheurs de Tunisie et de l’étranger pour des stages de formation Des contacts étroits sont maintenus avec les universités nationales et étrangères ;
Organiser et participer à des rencontres nationales et internationales sur le patrimoine.
Tisser des liens de coopération a l’échelle régionale arabe ou a l’échelle internationale avec les institutions de recherche ou en charge du patrimoine.
Tounsi May 15th, 2009, 06:29 PM Les palais de la médina de Tunis et de ses environs, un héritage culturel à préserver
En marge de l’exposition sur les palais de la médina de Tunis et de ses environs, une matinée d’étude s’est tenue le samedi 9 mai 2009, au palais El Abdelliya à La Marsa. Organisée par l’agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle et la revue Archibat, le programme de cette matinée s’est avéré riche et instructif.
La matinée s'est déroulée en trois parties, la première a porté sur l’évolution de la décoration et l’ornementation intérieure et extérieure des grandes demeures tunisiennes, à travers l’histoire. La deuxième a concerné la partie opérationnelle, la technique constructive et les typologies d’intervention pour conserver les palais. Et la dernière était un témoignage de certaines personnes ayant participé de près ou de loin à la survie du patrimoine architectural tunisien.
Historiens, architectes, archéologues, paysagiste… ont participé à cette intervention et ont dévoilé la richesse et la valeur culturelle et sociale de notre patrimoine architectural qui mérite d’être préservé et sauvegardé. Madame Saloua Darghouth, historienne a survolé différents spécimens de palais et de grandes demeures aristocratiques de la Tunisie, déjà évoqués par Jacques Revault, symbolisant la puissance de leurs commanditaires fortunés. Elle a évoqué leurs typologies, configurations spatiales et décoration intérieure et extérieure. Une virée à l’intérieur des somptueuses chambres anciennes, faite par Mahsouna Sellami, plasticienne et enseignante à l’ENAU, a permis de donner un aperçu sur le mobilier fonctionnel ou décoratif, intégré dans les grandes demeures de la Tunisie. Ces objets du patrimoine tunisien sont le fruit d’un travail artisanal et d’une main d’œuvre locale, qui représentent un outil de connaissance d’un mode de vie, donnant un aperçu sur le contexte social et architectural d’une époque.
On ne peut pas parler de la riche beauté intérieure des palais sans évoquer la beauté extérieure qui se manifeste principalement par les vastes jardins. Sondess Zaier doctorante en paysage de l’institut du paysage de Chott Meriem, a donné un aperçu sur la naissance et l’évolution des jardins dans les demeures tunisiennes qui sont passées d’un espace clos à un espace ouvert tout en assimilant progressivement les héritages et les cultures des différentes dynasties.
La deuxième partie du programme de la journée, abordée en premier lieu par l’architecte Denis Lesage, a mis en évidence, la technologie performante de production et de construction des Palais permettant de mettre en œuvre les désirs et les souhaits de ses riches propriétaires.
En second lieu c’est Lotfi Bouzouita, architecte à l’AMVPPC qui a parlé d’une typologie d’intervention sur le patrimoine architectural et monumental qui est la reconversion. Cette dernière est considérée comme un outil de conservation qui garantit la survie de l’ancien en lui attribuant une nouvelle fonction tout en prenant en compte les enjeux et besoins de la vie moderne. Un survol historique des différentes interventions qui ont eu lieu en Tunisie, a permis de se rendre compte de l’évolution des concepts méthodologiques de la reconversion. En effet cette intervention est passée d’une simple sauvegarde et occupation statique du bâtiment à une exploitation et réutilisation pratique qui répond au besoin socio-économique de la société.
La dernière partie de cette journée a été consacrée aux témoignages. Le premier était celui du promoteur du palais Kobbet Ennhas à Manouba, Mohamed Nejib Bourguiba, qui nous a fait part de son long acharnement durant huit ans à rendre au palais son aspect et état d’origine. Le deuxième témoignage était celui de Lorand Revault, historien et petit fils de Jacques Revault. Il a retracé le long parcours de son grand père qui a donné naissance à son projet de recherche sur les palais de Tunisie. Cet ethnographe spécialiste de l’architecture domestique nous a légué un héritage culturel et une référence pour le patrimoine tunisien.
Ons Sakji
Tounsi May 15th, 2009, 06:37 PM http://image12.webshots.com/12/8/32/12/355683212MnAYHS_ph.jpg
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Tounsi May 18th, 2009, 05:56 PM Racontez-nous les jardins de nos palais
Parler de jardins husseinites, quelle gageure si l’on sait que de jardins, il n’ existe plus rien et que nos archives n’en gardent presque aucune trace ! De tout le règne des Husseinites, pourtant long de deux siècles et demi, les quelques palais qui leur ont survécu ont du mal à conserver encore cette empreinte des grands bâtisseurs qu’étaient justement les Husseinites.
Lien entre jardins et palais dans un ancien palais husseinite
L’histoire est là pour le confirmer. Ces enfants de la lointaine Turquie, sous l’influence de civilisations aussi riches que diverses, ont entouré leurs demeures de splendides jardins dont la beauté rapportée par des voyageurs de l’époque laisse songeur. Aujourd’hui nous en savons un peu plus grâce à une jeune paysagiste à qui nous devons la reconstitution minutieuse et détaillée de quelques-uns de ces jardins.
Pourquoi ces jardins-là, surtout qu’il est extrêmement difficile de les reconstituer ? "Et pourquoi pas?", rétorque Sondess Zaier, la jeune paysagiste en question. «Il y a bien des jardins anglais, des jardins japonais, des jardins français; alors pourquoi pas les nôtres aussi?», s’interroge-t-elle. L’enthousiasme y est, comme on le constate. Et la jeune femme se mettra à la quête de toute information susceptible de reconstituer les jardins d’antan. Les difficultés sont énormes d’autant plus que Sondess Zaier avec son profil de paysagiste ne maîtrise pas suffisamment, comme elle le dit elle-même, les techniques de recherche adéquates. Commence alors une course effrénée et longue entre les Archives nationales, l’Institut national du patrimoine (INP), l’Institut de recherches sur le Maghreb contemporain. A partir de cette documentation, S.Zaier engage une série d’entretiens avec des personnes qui, tel Ahmed Jallouli, conservent encore quelques souvenirs de l’époque. Le travail est complété par la reconstitution de plans de jardins de quelques demeures comme Kobbet Ennhass à La Manouba, Dar Taj à La Marsa et dont il ne reste aucune trace, ainsi que le jardin de Dar Essaâda à La Marsa, dans son plan originel. Le résultat en est trois types de jardins.
Le premier modèle — jnîna —, et qui est d’ailleurs le plus courant, adopte la forme quadripartite avec, généralement, deux axes se croisant au milieu, autour d’un arbre ou d’une fontaine. Ce modèle a été importé par les musulmans chassés d’Espagne. On le retrouve à El Hambra, au Généralif, etc. On le retrouve également dans d’autres villes du Maghreb telles que Marrakech ou Fès au Maroc. Quelquefois, la «jnîna» ouvre sur un verger verdoyant d’oliviers et d’agrumes. Ce modèle, explique Mme Zaier, a été lui-même ramené de l’ancienne Perse où il porte le nom de tchahar-bag.
Le deuxième modèle est tout simplement le verger. Dans tous les cas de figure, il était divisé en plusieurs parcelles de forme carrée ou rectangulaire avec des éléments toujours les mêmes : un kiosque pour la détente, la relaxation et le plaisir, un puits et un plan d’eau ( la jabia) pour l’irrigation. Le jardin était toujours clôturé et presque tous les palais en étaient pourvus : Ksar Taj et Ksar Essaâda à La Marsa, Kobbet Ennhas et Ksar El Warda à La Manouba, les palais de Ksar Essaïd, de Carthage, de Dermech, du Bardo, etc.
Le troisième modèle, qui est un jardin avec perspective, sert essentiellement soit à mettre en valeur la demeure en attirant l’attention sur elle, soit à faire la jonction entre la demeure et le jardin. Ce type existait à Dermech et à Ksar El Warda. Tous ces jardins qui embaumaient avaient beaucoup de couleurs, avec leurs plantes aromatiques, leurs jasmins, leurs orangers et leurs céramiques.
Durant deux siècles et demi, la Tunisie avait eu ses jardins caractéristiques. Aujourd’hui il en reste à peine des traces, à l’exception du jardin d’Essaâda qui en a gardé quelques traits mais qui n’a pas été restauré selon la configuration originelle « car nous n’accordons pas la même importance aux palais qu’à leurs jardins», explique S.Zaier. « Alors qu’au Maroc on reprend jusqu’à maintenant le modèle très vieux du ‘‘riadh’’ dans les hôtels, les espaces publics et jusque dans les demeures, chez nous l’idée est presque taboue», conclut-elle.
Tounsi August 2nd, 2009, 04:59 PM Tunis – Projet de réaménagement des Places de la Monnaie et Ali-Zouaoui
Une logique «esthétique»
Coût du projet: environ 800 000D
La garantie de la propreté et de l'esthétique de la ville de Tunis, l'amélioration de la qualité de son environnement immédiat, mais aussi et surtout sa décongestion ont constitué et constituent encore et toujours des priorités absolues. Un devoir sacré comme l'aime bien le rappeler M. Mohsen Abbès , maire de la ville de Tunis.
C’est pour cette raison, d’ailleurs, que la municipalité de Tunis a multiplié les programmes et autres actions pour répondre à un tel besoin.
Le projet d’aménagement et de réhabilitation de la Place de la Monnaie ainsi que la Place Ali-Zouaoui en sont un exemple concret.
Ce projet est d’autant plus important que ces deux places connaissent depuis quelques années déjà une dégradation continue, tant les éléments de marginalisation sont de plus en plus multiples et évidents: stationnement anarchique, vendeurs ambulants mal placés, en mal de propreté et d’esthétique, un besoin d’entretien (notamment les deux arbres qui ont fait toujours l’une des spécificités de la Place de la Monnaie).
Cette situation a amené la municipalité de Tunis à réagir rapidement et efficacement.
Ainsi, au niveau de la Place de la Monnaie (la première phase du projet), l’on prévoit le calepinage et le revêtement du sol, l’entretien des deux arbres, le changement de l’emplacement des deux kiosques, l’interdiction de stationnement et la réhabilitation des façades environnantes. On apprend que dans le même contexte, les bouquinistes de la rue Debbaghine vont être transférés à la Place de la Monnaie, qui deviendrait par la même occasion une place piétonne. Des espaces modèles (des kiosques seront mis en place). Le montant réservé pour ces travaux s’élève à 480 000D.
Pour ce qui est de la Place Ali-Zouaoui (deuxième phase), le projet repose également sur des travaux de calepinage et de revêtement du sol, la mise en place d’un éclairage de style, l’embellissement des façades et l’organisation du stationnement. Cette placette va être transformée également en zone piétonne. Le coût des travaux est estimé aux alentours de 315 000D.
Tounsi September 20th, 2010, 06:07 PM Grâce aux opérations de réhabilitation, la médina de Tunis est en train de retrouver son lustre d’antan. Et sa cote d’amour.
Boudée par ceux qu’elle a vu naître et par leurs enfants, la médina de Tunis a fait figure, pendant un demi-siècle, de vieille parente délaissée. Dès les années 1960, les familles bourgeoises lui avaient préféré le confort de nouveaux quartiers plus conformes à leur aspiration à la modernité. La médina s’est alors louée ou vendue, à bas prix, livrant demeures patriciennes et palais ottomans à des familles extérieures à la cité, ainsi que des commerces ou des ateliers. Conséquence de cette désaffection : la médina de Tunis, inscrite pourtant au patrimoine mondial de l’humanité, n’a pas été vraiment entretenue. Abandonnée, elle a souvent été pillée, voire dépecée, d’innombrables éléments architecturaux d’époque ayant été revendus aux propriétaires de nouvelles villas cossues cherchant à reproduire le fantasme d’un cadre de vie originel.
Plongée dans une semi-léthargie, la médina, qui en a vu d’autres en douze siècles d’existence, attendait son heure. Depuis mai 2010, la réhabilitation des façades et de la voirie, entreprise sous le contrôle de l’Association de sauvegarde de la médina de Tunis (ASM), a redonné tout son lustre au quartier de la célèbre rue du Pacha. Une opération séduction qui a rencontré un écho auprès de nombreux jeunes Tunisois en quête d’identité et de retour aux sources, et qui envisagent aujourd’hui d’y habiter.
Un commerçant de la rue Tourbet el-Bey, où se trouve le mausolée de la dynastie ottomane husseinite, constate que « depuis trois ans la médina est à la mode et les prix flambent. Certains, dans le but de réaliser un investissement juteux, se précipitent pour acheter avant que la surenchère ne devienne prohibitive ; d’autres voient la possibilité de développer des projets touristiques, mais beaucoup veulent tout simplement renouer avec cet espace ». Depuis quelques années, les tables les plus savoureuses de la capitale, les galeries d’art et les multiples manifestations culturelles ont en effet réappris aux citadins le chemin des rues pavées et des venelles discrètes. De là à songer à y vivre, il n’y a qu’un pas, qui coûte au minimum 1 000 dinars (500 euros) le mètre carré, sans compter les restaurations et aménagements indispensables
Normes traditionnelles
Le principal problème de la médina est la vétusté de ses bâtiments : les maisons ont non seulement subi l’outrage du temps, mais aussi pâti d’un manque d’entretien qui a fragilisé leur structure. « Acheter dans la médina, il faut vraiment en avoir envie, déclare Slim, qui a acquis l’étage d’un vieux palais. Il y a d’abord les négociations avec les héritiers, car les propriétaires sont souvent décédés, puis les travaux, avec leur kyrielle d’autorisations et qui ne sont pas une sinécure quand il s’agit de respecter les normes traditionnelles. Mais le rêve est à ce prix ! »
L’approche de Sondos Belhassen, ballerine et comédienne, qui y réside depuis douze ans, est différente : « Vivre ici n’a rien d’exotique, nous y habitons comme d’autres occupent le centre historique de Rome ou de Prague. Les touristes ne sont que des visiteurs, alors que nous sommes, au quotidien, les usagers de la médina. Nous avons adapté notre mode de vie, nous nous déplaçons à pied ou à vélo et nous avons tout à proximité. Cependant, il reste beaucoup à faire, à commencer par une organisation efficace de la collecte des déchets, particulièrement ceux des ateliers, qui sont une vraie nuisance. Il faudrait également prévoir des parkings abordables afin que les ruelles ne soient plus des zones de stationnement. Améliorer les conditions de vie dans la médina est essentiel ; sans ses habitants, elle perdrait son âme. »
Ce retour en grâce de la vieille ville arabe fait le bonheur de ceux qui ne l’ont jamais quittée, comme la famille Ben Saïd, aux yeux de laquelle cette valorisation est l’occasion de renouer avec un art de vivre citadin cher aux Tunisois
Shadow111 September 24th, 2010, 12:31 AM style andalos, jolie :P
Tounsi September 25th, 2010, 11:48 PM Rue Pacha à droite rénovation :
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Tounsi October 2nd, 2010, 06:11 PM http://farm5.static.flickr.com/4088/5041271269_1106be221e_b.jpg
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ahenidi April 8th, 2013, 08:33 PM video Tunis les années 50-60
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