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Old May 21st, 2008, 07:10 AM   #1
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Islamic Banking ?

What are the benefits and advantages of Islamic Finance?
In which direction will Islamic Finance develop?
Is Islamic Finance an adaptation or reaction to globalization?
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Old May 21st, 2008, 07:17 AM   #2
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Quote:
Genève assiste, après Londres, au développement d'un pôle bancaire islamique. La ville du bout du lac, destination prisée de l'argent arabe, émerge comme un hub européen de la gestion de fortune conforme aux préceptes du Coran. Pendant que les grandes places financières ont subi les affres de la crise «subprime», le secteur de la finance islamique, protégé du fait qu'il bannit l'excès d'endettement, a poursuivi son essor. Selon Moody's, plus de 500 milliards de dollars sont investis en conformité avec l'islam. Goldman Sachs prévoit une progression des fonds sous gestion de 17% par an, pour atteindre 1300 milliards de dollars d'ici 2012.
http://www.letemps.ch/template/finan...article=232231
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Old September 23rd, 2008, 04:39 PM   #3
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La finance islamique est-elle en train de créer un nouvel ordre financier?

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-i...-menu-957.html
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Old October 2nd, 2008, 01:37 AM   #4
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Les banques islamiques vont-elles sauver notre monde?

http://84.96.22.11/observabilis/FMPr...ult.html&-find

Le “plan Paulson” qui visait à “sauver” les institutions financières américaines, historique et très critiqué, n’a pas été adopté par la Chambre des représentants aux USA.

Désormais, il n’y a plus de solution officiellement, et le problème est devenu tellement énorme qu’il peut engendrer d’un jour à l’autre un cataclysme sur toute la planète en faisant radicalement exploser le système capitaliste et financier international, pour finalement le réduire à néant.

Soyons très objectifs, et revenons un peu sur les fondamentaux de la crise.

Le “système” mondialisé que nous connaissons dans nos civilisations avancées est basé exclusivement sur le développement exponentiel, sur la consommation exponentielle et sur la production exponentielle.

Désormais, l’idée que dans un “monde fini rien ne peut être exponentiel” a fait son chemin dans les consciences. La confiance dans ce “système” est fortement altérée, et à peu près rien ne pourrait inverser la tendance.

Dans la mesure où on ne peut pas se développer de manière exponentielle, le “système” arrive à son “point de rupture”, au pire moment de l’histoire.

De plus, en occident, nous sommes intimement dépendants de produits primaires tels que le pétrole, le gaz et d’autres encore que nous devons acheter, de plus en plus cher, en dehors de notre périmètre. Depuis toujours, nous n’avons cessé de transférer notre cash auprès des pays producteurs (nous avons fortement enrichi les arabes, et dans une moindre mesure les chinois, les russes...) en échange de produits primaires, que nous avons depuis consommé. De plus, nous avons initié des guerres et sommes associés à des troubles sur toute la planète, et l’image de l’occident s’est terriblement dégradée.

Nous les occidentaux, nous ne sommes crédibles que lorsque nous sommes très puissants, or à l’allure où vont les choses, nos civilisations modernes vont se retrouver assez rapidement au tapis pour un bon moment.

J’entends dire “c’est le moment, il faut changer le système, il faut repenser la finance internationale, trouver des nouvelles règles”. Le FMI se propose de s’en charger, s’il est mandaté, il se sent “investissable” pour cette mission.

Malheureusement, nous ne disposons pas de beaucoup de temps, et qui est en mesure d’imposer, au niveau international, dans un délai record, des nouvelles règles acceptables par toutes les parties? Bush? Sarkozy? Les chinois? Les russes? Les arabes?

Que faut-il faire désormais? Fermer les places financières quelques semaines? Quelques mois? C’est possible, c’est certainement une option qu’il aurait fallu retenir, hélas en sacrifiant des centaines de milliers d’emplois dans le domaine de la finance et de la haute finance.

Une autre option existe pourtant, elle n’est pas encore très évidente, mais elle pourrait bien s’imposer. Regardons simplement au Moyen-Orient, du côté des riches pays arabes.

Nous sommes le 29 septembre 2008, le Ramadan se termine aujourd’hui, on s’apprête à fêter l’Eid, et peut-être qu’après, d’ici quelques jours, et d’après ce qui se dit, on va passer à d’autres choses très sérieuses.

Depuis plus de 50 ans, les pays occidentaux ont enrichi les monarchies du Golfe (Koweït, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn, Qatar...). Nul ne sait précisément de quel pactole ils disposent, tous réunis, mais on avance les chiffres faramineux de plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars.

Le plan pour sauver la finance américaine, c’était 700 milliards de dollars.

Les arabes disposent probablement de plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs et de liquidités. C’est à dire plus de 140 fois le coût du fameux plan évoqué plus haut.

Globalement, lorsqu’ils seront décidés à le faire, ils pourraient racheter instantanément la dette des USA et celle de l’Europe. En quelques jours.

Mais qu’est-ce que les arabes peuvent racheter et contrôler, s’ils le désirent?

C’est très facile de répondre à cette question. Avec la chute vertigineuse des valeurs boursières respectives, techniquement ils peuvent prendre le contrôle des banques, mais aussi des entreprises, les petites comme les grandes. Les institutions très rapidement ensuite. Et tout ça sans bouger de chez eux, ou en utilisant leurs places financières ultramodernes.

Dubaï, par exemple, pourrait être le cœur (et la tête) de cette immense prise de contrôle à distance, redoutable d’efficacité.

Libre à eux, ensuite, de faire appliquer les règles de leur propre système (avec notamment les principes de la charia) sur nos territoires, puisqu’ils seront des actionnaires majeurs.

Nous sommes au beau milieu d’un mouvement à 180°, qui a peut-être commencé le 11 septembre 2001, et qui se terminera dans les prochaines années, avec à la clé des bouleversements de civilisation considérables, et un changement géopolitique d’une amplitude jamais observée. De nouvelles opportunités pourrait s’offrir à ceux qui sauront les saisir.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir s’il faut en avoir peur ou pas.

La question serait plutôt... Vont-ils le faire?

Olivier RIMMEL
Analyses & Stratégies
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Old October 2nd, 2008, 02:10 AM   #5
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http://flandre.novopress.info/?p=3609

Il est étonnant de constater à cet égard que les banques les plus préservées sont celles du monde arabo-musulman. Sont-elles pourtant meilleurs gestionnaires que les golden boys américains ? En réalité, ces banques appliquent des principes de morale musulmane –que l’on on peut par ailleurs légitimement critiquer – qui prohibent l’usure et certains types de spéculation jugés contraires aux principes de l’Islam.
Autrement dit, l’éthique ne nuit pas à l’efficacité. Mais le matérialiste capitaliste ne voit pas à long terme. Il n’a pas de « métaphysique ». Il compartimente les problèmes. Pourtant tout est lié : les fonds de pension américains étaient destinés à assurer une sécurité aux retraités américains. Le vieillissement des populations en Occident ou l’absence de protection sociale suffisante nécessitent donc une épargne privée et des placements confiés à des professionnels de la finance.
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Old October 2nd, 2008, 06:02 PM   #6
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Crise financière mondiale : une solution islamique ?

Par Mohamed Fateh

http://www.webmanagercenter.com/mana...e.php?id=47475

Les informations publiées par la presse locale (en ligne et imprimée), concernant les prochaines ouvertures de banques islamiques en Tunisie n’ont pas toujours eu l’écho qu’elles méritent. D’aucuns considèrent que ce type d’institution ne convient pas nécessairement aux échanges d’une économie globalisée, voire «virtualisée». Certains jugeant (trop vite ?) que l’on ne peut gérer les affaires d’aujourd’hui, avec des solutions datant d’hier. L’actualité récente, pourtant, devrait peut-être les inciter à plus de retenue. La sortie pure et simple des principales banques d’affaires américaine de Wall Street, pourrait mettre à nu les dysfonctionnements d’un système, que même des économistes américains comme Stieglitz, (prix Nobel 2001, et ex-président de la Banque mondiale) ont durement critiqué.

En attendant, une chose est sûre : l’onde de choc de la catastrophe financière n’a pas fini de se répandre. L’hebdomadaire français «Marianne» titre en couverture «La faillite du néo-capitalisme. Jusqu’où?». Le Figaro, lui, peu suspect de gauchisme, affiche «Quand la crise financière rattrape l’économie réelle». Un ex-ministre de l’Economie français, Laurent Fabius, a même souligné la «déconnexion totale entre l'économie d'un côté et la finance de l'autre». Et pour ceux qui ont cru que les mesures du gouvernement américain allaient nous sortir de l’auberge, «La Tribune» répond «Non, la crise n'est pas finie». Quel rapport avec la finance islamique ?

Dans ce magma d’informations, un article (voir ici) signé par un éditorialiste français, Vincent Beaufils en l’occurrence, et publié dans le magazine «Challenges», sort du lot. Mieux : le papier est en train de faire le tour du monde. En suscitant bien des commentaires sur les forums du web et autres blogs arabes. «Challenges» est pourtant une revue consacrée au monde de l’entreprise et de la finance, comme il en existe bien d’autres en Europe. Plutôt objective, elle est peu suspecte de dérives politiciennes à l’orientale. Et pourtant, l’article peut nous paraître, même à nous, Tunisiens, qui avons misé sur la «modernité» dans tous les domaines, y compris bancaires, plutôt surprenant. Le journaliste se permet même d’opposer le texte musulman sacré à la Bible: «En réalité, et Benoît XVI nous pardonnera, au moment où nous traversons une crise financière qui balaie tous les indices de croissance sur son passage, c'est plutôt le Coran qu'il faut relire que les textes pontificaux. Car si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds propres, avaient respecté un tant soit peu la charia, nous n'en serions pas là».

Le journaliste français ne s’arrêtera pas là : «leurs banquiers (des pays du Golfe, NDLR) ne transigent pas sur un principe sacré : l'argent ne doit pas produire de l'argent. La traduction de cet engagement est simple : tout crédit doit avoir en face un actif bien identifié». Une réponse concrète et précise aux interrogations de Fabius. Autant d’éléments qui devraient nous faire voir d’un œil nouveau, l’initiative de certains opérateurs privés, (Tunisiens y compris) qui visent à ouvrir des établissements bancaires islamiques dans notre pays.

Un signe, en ce mois de Ramadan 1429 ?!
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Old October 2nd, 2008, 06:16 PM   #7
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Planche de salut dans la tempête mondiale qui agite la finance classique ? Première en France à se lancer sur ce créneau en formation supérieure, l'Ecole de management de Strasbourg, dirigée par Michel Kalika, vient de créer un diplôme d'université de finance islamique de niveau bac + 5.



http://www.lesechos.fr/info/france/4777935.htm
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Old October 18th, 2008, 10:38 AM   #8
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Philosophie de la crise financière... et question sur notre civilisation

Après l’effondrement du système communiste dans les années 90, nous venons de constater la ruine et l’échec du modèle néocapitaliste anglo-saxon libéral, fondé sur la recherche du profit individuel et sur la loi du marché (et la loi du plus fort, quitte à laisser les faibles sur le carreau) supposée équilibrante et autorégulatrice, créatrice de richesses pour le bien-être de tous.

La question essentielle qui se pose à nous est la suivante : allons-nous colmater les brèches de ce système et continuer à faire tourner le même moteur en le bridant, devons-nous "refonder le capitalisme", ou bien existe-t-il un modèle alternatif ?

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45948Les leçons de la crise sur le modèle néocapitaliste

Nous avons récemment réalisé que lorsque le système capitaliste mondialisé crée de la richesse, il accroit en même temps les inégalités, que ce soit au sein des nations ou entre les nations (Nord/sud). Voir mon article en attestant. Ce système n’est pas juste et il n’est pas durable.

De plus il est basé sur l’illusion. Illusion d’un marché parfait dans la transparence de l’information et la parfaite concurrence, l’équilibre des prix entre l’offre et la demande. Or le marché n’est pas parfait comme l’a démontré Joseph Stiglitz : l’accès à l’information n’est pas le même pour tous, certains étant privilégiés, la concurrence est faussée (effet des concentrations et des lobbyings), le prix de marché à un instant t reflète un prix marginal entre une offre et une demande marginale, le prix que les quelques acteurs en excédent de demande seront prêts à payer (le prix s’appliquant alors à tous), d’où les hausses fulgurantes vues cet été sur le pétrole et les matières premières ; de plus le prix de marché est plus basé sur la spéculation de la valeur future que sur la valeur réelle. Ce prix « marginal » s’appliquant à tout le stock, notamment pour la valorisation d’actifs dans les portefeuilles, dans les bilans (« fair value », « mark-to-market »), il donne l’illusion d’une valeur des biens, des entreprises, des banques, par la valeur de marché, qui en fait n’est pas forcément une valeur réelle représentative des biens.

Le résultat est qu’on vient de tomber de haut. La bourse a chuté d’environ 50% depuis le 1er janvier 2008. Ce n’est pas une « destruction de valeur » réelle des actifs de l’économie (la capacité des entreprises à produire n’a pas été modifiée), mais c’est tout comme car c’est la prise de conscience que la valeur de patrimoine de l’économie est deux fois moindre que ce que l’on croyait. Sans doute cette chute est-elle d’ailleurs bien trop forte comparée à une valeur « réelle », car l’effet violent du marché est toujours exagéré et en l’occurrence on surestime sans doute trop les risques tant que la confiance est à ce point entamée.

Illusion, bulle, ... puis désillusion, éclatement de la bulle. Perte potentielle pour les épargnants, les retraites capitalisées, les assurances vies (comparée à ce qu’ils croyaient détenir). Perte brutale pour les banques dans leurs comptes à cause du fameux « mark-to-market », les obligeant à aligner plus de fonds propres pour couvrir ces pertes et faire face au reste de leurs engagements, eux-mêmes devenus plus risqués dans un contexte de récession économique. Pertes induites pour l’Etat et in fine le contribuable (émission de dette d’Etat même si elle est temporaire en attendant des jours meilleurs, afin de renflouer les banques, augmentant ensuite la charge financière de la dette). Pertes induites pour tous lorsque la crise financière devient crise économique (baisse de pouvoir d’achat, chômage) puis crise sociale.

La question de projet de société, voire de civilisation


La question est donc finalement la suivante :
- va-t-on se contenter d’éteindre l’incendie, de colmater les brèches par le plan de soutien aux banques et la mise en place de verrous supplémentaires, d’une régulation renforcée, d’encadrement des abus d’appropriation des profits (parachutes dorés, rémunération des grands patrons et des traders), d’ajustement de normes comptables bancaires, puis continuer à faire tourner cette machine infernale basée sur le même moteur de recherche effrénée du profit individuel ? Est-ce cela « refonder le capitalisme » comme le propose notre président de la république Nicolas Sarkozy ? Apparemment les vœux pieux et contraintes souhaitées de développement durable et de solidarité aux pays les moins avancés n’arrivent pas à s’imposer et devront peut-être s’imposer par d’autres électrochocs ...
- ou bien réfléchit-on vraiment en profondeur à un autre modèle ?

C’est la question essentielle, existentielle, de notre civilisation.

Si le modèle économique actuel ne fonctionne pas, il nous faut réinventer un projet de société et je dirais même plus un projet de civilisation. C’est ce que j’expliquais dans un article paru le 22 décembre 2007, avant même que Nicolas Sarkozy reprenne ce terme sur les conseils de Henri Guaino, s’inspirant du « projet de civilisation » de Edgard Morin.

Je disais dans cet article que la civilisation actuelle connaît les premiers signes de sa mortalité, notamment au travers du défi écologique. Mais bien au delà de cette mortalité physique, elle souffre également de signes de mortalité morale et spirituelle, de perte d’humanité. Je disais aussi, reprenant François Bayrou, qui à mon avis est l’homme politique en France et même en Europe qui a le mieux analyser notre monde, compris la société actuelle et pressenti tout ce qui allait se passer :

Le modèle de civilisation dominant, qui est celui du néocapitalisme basé essentiellement sur des valeurs matérialistes, la recherche du profit, la valeur de l’argent, et le règne de l’image, du paraître, au détriment des valeurs humaines et spirituelles. Dans ce modèle règne la loi du plus fort. Ce modèle fertilise son pouvoir sur le terrain de la mondialisation. Il génère des inégalités croissantes dans le monde et dans chacune des sociétés qui le composent. Il ne sait pas venir à bout de la pauvreté dans le monde ni du désastre écologique qui menace la planète, car les intérêts matériels et particuliers à court terme l’emportent toujours sur l’intérêt général à long terme. Il ne paraît pas non plus rendre les gens plus heureux, contribuer à augmenter le niveau de bonheur des populations, sinon par une éphémère impression de bonheur représentée par l’argent, un pouvoir d’achat. La domination du monde par ce modèle induit implicitement cette civilisation à sa propre destruction.

Les partisans de ce modèle, au travers de partis politiques, ne clament pas bien sûr qu’ils recherchent les inégalités croissantes et la loi du plus fort, qui en fait sont implicites des valeurs matérialistes qu’ils érigent comme prioritaires. Ils aiment se proclamer tenants de la Démocratie et de la République, bien qu’ils n’en respectent pas des principes fondamentaux, galvaudant ces nobles termes pour épicer leurs discours ou les rendre convenables. Leur stratégie politique est basée sur la séduction, le pouvoir des médias, la soumission aux sondages, une forme de populisme, la conservation du pouvoir par les puissants tout en entretenant une volontaire léthargie, passivité des masses, en les divertissant par les jeux, les programmes télévisés, en les faisant rêver par l’entretien d’événements people, le star system, l’espérance de gains où chacun a sa chance (loterie et loto), … et l’illusion que le salut est dans l’action effrénée, quel que soit son aboutissement, du moment que « ça bouge ». C’est la société du « zapping » perpétuel.

Un autre modèle de civilisation a tenté de s’imposer au XXème siècle avec l’échec que l’on connaît matérialisé par la chute du mur de Berlin en 1989 et la période de la Perestroïka en URSS : le modèle socialiste communiste, très dirigiste, prônant l’appropriation des terres et bien de production par l’Etat, avec une centralisation extrême du pouvoir et de la redistribution des revenus. Ce modèle aboutit à un appauvrissement de la population, une déresponsabilisation des citoyens, à la prise de pouvoir par une oligarchie représentant l’Etat et s’octroyant des privilèges, à la dictature.

Il y a donc bien à présent deux modèles de civilisation qui s’affrontent aujourd’hui sur notre planète, dont la concurrence alimentera le combat politique des prochaines décennies, pas seulement en France mais également chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis et même dans le reste du monde, remplaçant le traditionnel clivage « Gauche-droite » en France, aujourd’hui dépassé :

d’un côté le modèle néocapitaliste basé sur des valeurs matérialistes, la loi du plus fort, qui génère des inégalités croissantes,

de l’autre le modèle démocrate et humaniste, priorisant les valeurs humaines et spirituelles, visant une justice croissante et un développement humain. Sans cependant nier la réalité économique et le contexte de la mondialisation.

Quel moteur pour un modèle alternatif humaniste ?

On connait le moteur du modèle néocapitaliste : c’est celui de la recherche et de l’accumulation du profit individuel même s’il s’exerce au détriment de l’intérêt général, celui de la loi du plus fort.

En son temps, comme nous le rappelle Roger-Pol Droit dans un article du Monde d’hier, Aristote nous avait averti sur les dangers de l’Hybris et de la chrématistique.
Je reprends les définitions (merci Wikipedia) :

L’hybris (aussi écrit ubris, du grec ancien ὕϐρις / húbris) est une notion grecque que l’on peut traduire par « démesure ». C’est un sentiment violent inspiré par les passions et plus particulièrement, par l’orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance ou modération (sophrosune).
La chrématistique (de khréma, la richesse, la possession) est une notion créée par Aristote pour décrire l’état d’esprit de celui qui accumule le capital pour son plaisir. Aristote condamne cette attitude.

Selon Aristote, l’accumulation de la monnaie pour la monnaie (la "chrématistique" dite "commerciale") est une activité contre nature et qui déshumanise ceux qui s’y livrent : suivant l’exemple de Platon, il condamne ainsi le goût du profit et l’accumulation de richesses. Le commerce substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; le marchand ne produit rien : tous sont condamnables d’un point de vue philosophique.

Bien qu’Aristote traite la chrématistique comme un ensemble de ruses et de stratégies d’acquisition des richesses pour permettre un accroissement du pouvoir politique, il la condamnera toujours en tant que telle et donnera une place beaucoup plus importante à l’économie. Sa théorie fut reprise par plusieurs religions et idéologies :
- L’Eglise catholique tout au long du Moyen-Âge reprend la critique aristotélicienne contre cette conduite économique et la déclare contraire à la religion. De nombreux auteurs estiment que la mise en œuvre de cette doctrine fut un obstacle au développement économique.
- L’Islam également. On parle même aujourd’hui d’une « finance islamique » (voir mon article sur le sujet) !
- Karl Marx dans des pages du Capital reprend l’analyse des conséquences sur les personnes de ce qu’il nomme auris sacra fames (maudite soif de l’or) du nom latin donné à cette passion dévorante de l’argent pour l’argent.

Le moteur de l’autre modèle humaniste doit être un autre moteur que celui du profit, valorisant l’homme au lieu du profit individuel et des valeurs matérielles. C’est facile à dire, moins à réaliser ! Il ne peut se décréter simplement au nom des valeurs morales. Il nécessite de passer par une prise de conscience des citoyens et une compassion naturelle pour l’autre, retrouver un sentiment de fraternité qui prime sur l’égoïsme. C’est très profond. Pour que l’ensemble des citoyens se comportent chacun en privilégiant ces valeurs et votent pour des gouvernants, pour un modèle de société, qui fonctionnera selon la primauté de ces valeurs.

En attendant, il va falloir composer avec un modèle capitaliste toujours basé sur le profit individuel mais mieux encadré et régulé, et sous contraintes coercitives de respect de la durabilité (de l’environnement notamment), d’une plus grande justice sociale Nord/Sud et entre classes de populations, de principes moraux interdisant au niveau international des excès (rémunérations abusives) et des évictions à la loi (paradis fiscaux).

Il va falloir contenir l’Hybris en attendant que s’instaure une sophrosune naturelle !

A méditer ...

http://mariannerepublique.hautetfort.com/
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Old November 14th, 2008, 08:02 AM   #9
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La finance islamique :mode d’emploi

http://www.webmanagercenter.com/mana...e.php?id=55568
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Old November 14th, 2008, 08:04 AM   #10
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http://www.webmanagercenter.com/mana...e.php?id=55559

La finance islamique semble séduire tout le monde. La France, pays laïc qui compte près de 6 millions musulmans, serait prête à décréter des incitations fiscales pour attirer les banques islamiques sur son territoire. Après la Grande-Bretagne qui a créé la première banque islamique en Europe, l’Hexagone suit le pas, puis l’Italie qui compte ouvrir sa première banque islamique en 2009.

Le Maroc n’a pas encore de banques islamiques, sauf que des produits financiers dits islamiques sont bel et bien autorisés pour les banques conventionnelles depuis octobre 2007. Un ajustement fiscal permettant l’éventuelle installation de banques islamiques est en cours d’étude au sénat marocain.
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