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Art Nouveau en Tunisie
Le théâtre de Tunis :
![]() En cette fin du XIXe siècle, Tunis possède la vivacité spontanée d’un creuset d’ethnies et de traditions qui anime la vie sociale tunisienne qui lui vaut le qualificatif de « tour de Babel », c’est dans cette babélique atmosphère que l’Art Nouveau fait son apparition à Tunis, signe précurseur et authentique de modernité dans le domaine artistique. L’architecte français Jean Resplendy, né en 1866 à Perpignan et formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, a été le premier initiateur de ce style avec la réalisation de l’Hôtel de France, rue Léon Roches, l’actuelle rue Mustapha-M’Barek. A cet heureux début de l’Art Nouveau, s’ajoute un exploit encore plus important pour le profil dimensionnel de Tunis. Il s’agit du grand îlot au croisement des deux principaux axes de la ville nouvelle, destiné à accueillir un compact mais articulé complexe : le Théâtre municipal, le casino d’hiver "Le Palmarium" et l’hôtel Tunisia Palace. La réalisation de tout le complexe est confiée à Resplendy. De l’ensemble municipal, prévu et défini dans ses différentes parties depuis 1899, entamé en 1901 et terminé en 1904, il ne reste aujourd’hui que le théâtre. Le Théâtre municipal est certainement l’édifice le plus remarquable du complexe. Les divers espaces internes du théâtre, du vestibule au foyer, reflètent le langage Art Nouveau d’inspiration baroque. La salle de spectacle, les baignoires et le reste ont été confiés à l’architecte Lucien Voog , spécialiste des espaces théâtraux, ayant déjà travaillé à d’analogues typologies, successivement à Paris et à Vichy. Dans le Palmarium voisin, Resplendy fait preuve d’une plus grande liberté créative et d’une adhésion plus franche aux formes de l’Art Nouveau. L’édifice, dominé par une tour svelte, s’ouvrait sur l’avenue de Carthage par un grand arc dont la vague saveur orientale se fondait bien avec les vives décorations et les cadences ondulées Art Nouveau. A l’intérieur, une audacieuse structure de verre couvrait la vaste salle ; lumineux et chaleureux café-concert, transplantation mondaine en terre africaine des jardins d’hiver de la métropole. Derrière le théâtre, le Tunisia Palace, hôtel de luxe de la capitale, aux sobres et élégantes formes Art Nouveau, complète l’ensemble municipal. Coup de projecteur sur le théâtre Le Théâtre municipal de Tunis (المسرح البلدي بتونس) est le principal théâtre de Tunis (Tunisie) et le plus célèbre des théâtres de la Tunisie moderne. Construit dans le style Art nouveau sur l’avenue Jules Ferry (actuelle avenue Habib Bourguiba), il est inauguré le 20 novembre 1902. Il est alors appelé Casino municipal de Tunis. L’édifice, appelé familièrement « la bonbonnière » aux vues de sa forme, est conçu par l’architecte Jean-Émile Resplandy, auteur de nombreux autres bâtiments de Tunis et architecte de la famille beylicale. La construction est financée par la municipalité de Tunis. La première version du théâtre, dont la capacité d’accueil ne dépasse pas 856 places, est démolie en 1909. Le théâtre est transformé et agrandi pour accueillir 1350 sièges sur 4 niveaux (orchestre, balcon, mezzanine et galerie). ![]() La nouvelle salle, dont seule la façade extérieure est laissée intacte, est inaugurée à nouveau le 4 janvier 1911. Une rénovation totale du théâtre est effectuée en 2001 en vue de son centenaire. ![]() En plus d’un siècle, le Théâtre municipal de Tunis a accueilli sur ses planches les plus grands noms de la scène tunisienne et internationale : Sarah Bernhardt, Salama Hegazi, Gérard Philipe, Jean Marais, Aly Ben Ayed et bien d’autres. Le 27 mars 1970, le chanteur Ali Riahi succombe à une crise cardiaque sur la scène du théâtre. Une maison de Tunis :
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