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Économie et développement Discussions et débats relatifs au développement et à l'économie



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Old September 30th, 2009, 03:10 PM   #1
alger-4-ever
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L’Algérie peut devenir le Toulouse du Maghreb

Abdelkader Kherrat. Ingénieur chez Bombardier aéronautique, enseignant en aéronautique à l’Ecole polytechnique de Montréal
« L’Algérie peut devenir le Toulouse du Maghreb »


Abdelkader Kherrat, ingénieur chez Bombardier aéronautique et enseignant à Montréal bouillonne. Alors que le Maroc et la Tunisie parviennent à attirer les constructeurs aéronautiques chez eux, il regrette que l’Algérie, malgré d’énormes potentiels humains et financiers, reste à la traîne. Alors que le marché est en plein boom, il rappelle combien il est urgent pour l’Algérie de se doter d’une politique d’investissement adéquat.

Vous affirmez que les ambitions de l’Algérie dans l’aéronautique remontent à la fin des années 1980. Pouvez-vous nous donner plus de détails ?
En 1986, l’Algérie a signé une entente avec la République tchèque pour le montage du Zlin en Algérie. En 1989, le premier Zlin 142, monté en Algérie, a été assemblé par l’entreprise de construction aéronautique. Depuis, plusieurs dizaines de ce type d’avion servent à entraîner nos jeunes pilotes de chasse. Même quelques aéroclubs possèdent ce type d’aéronef. Une version 4 places nommée le Safir 43 a été exposée en Afrique du Sud lors d’un air show en 2000. En 2008, après 4 ans d’études, une version X3-A a vu le jour, c’est un prototype destiné à l’agriculture. Des rumeurs circulent sur des projets pour la fabrication d’avions destinés au transport local de 12 à 16 places. De plus, il a été dit dans les medias algériens que Sukhoi, un constructeur d’avions militaire et civil, est à la recherche d’un partenaire pour le développement d’un nouvel avion de chasse. L’Algérie semble être très intéressée par le projet et projette de se lancer dans cette aventure. Mais nous ne sommes pas les seuls à courtiser ce fabricant pour un partenariat, les Saoudiens, les Emiratis et même les Iraniens sont dans la course, d’après ces mêmes sources. L’armée algérienne possède déjà des installations, une capacité de fabrication et d’ingénierie pouvant lui conférer un avantage sur ses concurrents.

Vous dites souvent que l’Algérie peut devenir le Toulouse du Maghreb. N’est-ce pas là juste le rêve fou d’un amoureux des avions ?
Oui, l’Algérie peut devenir le Toulouse du Maghreb. Certes, c’est un rêve d’un amoureux des avions ! Mais c’est plus qu’un simple rêve. Depuis 2001, une tendance se dessine chez les grands constructeurs et fabricants d’avion et dans le nouveau management. Ils sont à la recherche perpétuelle de capacités de production à des coûts moindres. Il est prévu que d’ici 2025, 6000 avions (moyens et gros transporteurs) auront atteint leur fin de vie et devront être retirés de la circulation. Ces avions devront être remplacés. Or, les capacités de production actuelles sont à peine capables de satisfaire la demande. On cherche des pays émergents qui offrent un espace de production et même des ressources humaines de bonne qualité et à moindre coût. Nos voisins ont bien compris ce message et ils se préparent. Le Groupement des industriels et service aéronautique au Maroc (le Gimas) et le Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiale (le Gitas) à l’image du Gifas de France, se livrent une bataille non déclarée pour attirer les industriels européens à venir investir chez eux et ils se partagent ce marché dans un contexte très favorable pour le côté sud de la Méditerranée. Durant ces dernières années au Maroc, il s’est créé pas moins de 7000 emplois dans le domaine de l’aéronautique. Dans leur stratégie, ils veulent atteindre pour 2012 les 25 000 employés juste en aéronautique. Le Gitas projette dans sa stratégie d’atteindre le cap des 30 entreprises installées en Tunisie en 2009. Le Maroc est un habitué des salons d’aviation à travers le monde. Et pour la première fois cette année, la Tunisie et la Libye ont participé au Salon du Bourget. Par ces manifestations, nos voisins veulent vendre leur capacité et la qualité de leur main-d’œuvre, et des espaces de production convoités afin d’attirer les investisseurs dans leur territoire. Je crois fermement que l’Algérie possède les capacités humaines et matérielles pour réclamer sa place dans ce domaine. Dans ces trois pays, l’Algérie est le seul qui possède un institut d’aéronautique, à Blida.
Vous dites que nous ne devons pas perdre de temps, qu’il faut profiter du boom actuel de l’aéronautique ? Quelle place peut avoir l’Algérie ?
Dans une économie libre et de globalisation, si on n’occupe pas une place, d’autres le feront. Dans le cas où elle est déjà prise, on doit trouver une niche et progresser. Plus notre retard est grand, plus difficile sera l’acquisition de notre part du marché. On remarque un dynamisme assez important et une volonté des grands acteurs de l’aéronautique à aller chercher des fournisseurs ou même à se délocaliser pour s’implanter dans les pays où le coût de production est substantiellement réduit. Le Maroc ainsi que la Tunisie ont compris cette dynamique et y travaillent depuis plus d’une décennie. Une étude sur les pays pressentis comme futurs fournisseurs d’équipements aéronautiques fait ressortir le Maroc comme destination par excellence. Ce pays possède à la fois les capacités et les ressources humaines. Ce domaine génère à lui seul 1,4 milliard de dollars. Le Maroc talonne l’Indonésie, le Mexique, l’Inde et la Russie. Il a même dépassé la République tchèque et Singapour. L’Algérie a aussi les ressources humaines et financières dans ce domaine pour offrir des conditions plus qu’avantageuses à ces compagnies. Je ne prétends pas être un économiste, ni un planificateur ou même un stratège, simplement un ingénieur qui constate. A mon avis, il y a deux solutions : soit attirer les investisseurs et les compagnies en leur offrant de l’espace de production et des conditions comptables alléchantes pour être très compétitifs, ou créer un climat favorable d’émergence de petites et moyennes entreprises locales capables d’offrir leurs services à ces maîtres d’œuvre et ainsi espérer qu’ils deviennent des fournisseurs. Nos voisins ont opté pour la première solution, souhaitable car les résultats sont immédiats. Cependant, ces entreprises sont à toujours à la recherche de main-d’œuvre moins chère et sont toujours sujettes aux déménagements si les conditions deviennent moins favorables. En revanche, la deuxième solution est une solution à long terme et demande beaucoup de support et d’investissement local (du gouvernement). Je pense que l’Algérie doit travailler sur les deux fronts, car le contexte est très favorable en ce moment ici, donc dans le premier cas, on pourrait voir énormément de changements à court terme. Cette première solution stimulera par ailleurs la création de PME, une stratégie plus durable.
On a vu que Bombardier a délocalisé certaines de ses activités au Mexique, pensez-vous que ce sera possible avec l’Algérie ?
L’Algérie présente bien des avantages pour les compagnies, de par sa situation géographique avantageuse (voisine de l’Europe). Dans un esprit de rentabilité, la sous-traitance est la clé du succès. Donc, ces grands acteurs sont toujours à la recherche du partenaire idéal. Les conditions en l’Algérie sont aussi plus avantageuses : les ressources financières y sont moins limitées qu’au Maroc ou en Tunisie. L’Algérie peut donc se permettre d’être plus patiente avec ses éventuels partenaires et leur offrir des conditions plus avantageuses pour s’établir au pays. Nos partenaires ne viendront peut-être pas d’Amérique du Nord, mais on pourra se concentrer sur l’Europe. Dans ce domaine, les limites géographiques commencent de plus en plus à tomber. On reçoit ici [chez Bombardier au Canada] des pièces qui viennent d’aussi loin que le Japon et Taiwan. Alors imaginons les économies que peut faire Bombardier si elles venaient d’Afrique du Nord. Je vous donne un exemple, une compagnie comme Mitsubishi Heavy Industrie possède des installations et des engagements de production. Par souci de rentabilité, elle a dû sous-traiter une partie de sa production à d’autres compagnies afin de libérer cette espace pour le projet du DreamLiner (Boeing 787).
Vous avez déclaré être jaloux à l’annonce de la construction de l’usine d’Airbus en Tunisie ?
Votre question me fait sourire ! C’est vrai, j’ai laissé entendre que j’étais jaloux de la création d’un site de production de Aerolia pour des composantes aéronautiques pour Airbus. Un investissement de 60 millions d’euros et un espace d’occupation de 30 ha qui créera 1500 emplois direct et indirect ! Mais je suis aussi content pour la Tunisie et pour le Maroc de voir ces grandes compagnies y investir, s’y établir, faire travailler leurs ingénieurs et techniciens et faire rouler leur économie. Je suis aussi jaloux quand je vois la compagnie française Aircelle qui se spécialise dans les nacelles faire des annonces et envisager de s’installer au Maroc. Pendant que la Tunisie la courtise aussi. Ou Dema SPA, une compagnie italienne spécialisée en conception et manufacturing des pièces d’avion et d’hélicoptère, construire en Tunisie des installations aussi grandes qu’en Italie. Oui, je suis jaloux de voir ce genre d’annonces et en même temps voir nos jeunes en Algérie à la recherche d’emploi, ou parfois fuir le pays au risque de leur vie. Et je suis frustré de voir d’autres réussir là où nous traînons derrière. Mais nous pouvons faire plus. L’Algérie a toujours été leader. Et ce domaine a de l’avenir en Afrique du Nord, l’Algérie doit réclamer sa part de ce marché et ne pas rester inactive. Quand on se réveillera, il sera peut-être trop tard.

Vous avez pu convaincre Bombardier de faire un don d’un prototype d’avion, le challenger 300 mais il n’est toujours pas arrivé en Algérie. Cela traîne depuis plus d’une année. Où en est le projet ?
Comme dans tout projet, il faut s’armer de patience. Ce retard est normal vu le contexte. Bombardier devait s’assurer qu’un de ses produits ne finirait pas chez les concurrents. Et du fait que la compagnie n’a jamais collaboré avec des instituts en Afrique, ils se sont montrés prudents avant de nous donner l’autorisation. Nous avons travaillé dur pour obtenir le sponsoring des entreprises nationales. Heureusement, nous avons eu confirmation du ministère de l’Enseignement supérieur qui, par le biais de sa direction de la recherche scientifique, a donné son accord pour couvrir tous les frais. Je profite de cette occasion pour lancer un autre appel aux entreprises nationales qui ont des intérêts directs avec l’institut. Leurs dons pourront servir aussi à fournir plus de références ou du matériel spécialisé pour enrichir les cours pratiques. Cet investissement dans la ressource humaine en Algérie est capital pour notre réussite.
Quels sont vos projets avec l’institut d’aéronautique de Blida ?
Si nous voulons avoir une place dans ce domaine, il faut investir dans la ressource humaine d’abord. L’Institut d’aéronautique de Blida est le seul institut de ce genre en Algérie. Plusieurs centaines d’ingénieurs et techniciens sortent diplômés de cet institut. Les grands clients sont Air Algérie, Tassili Airlines et l’Armée de l’air algérienne. Nous sommes plusieurs Algériens de ce côté de l’Atlantique à œuvrer dans le domaine aéronautique. Et comme diaspora, nous voulons à notre façon participer au développement de notre pays. Nous devons nous organiser chacun dans son domaine et cibler notre aide vers l’Algérie. C’est ce que nous voulons faire à travers nos associations ici, à savoir le Club des professionnels algériens en aéronautique et le Centre culturel algérien. Nous avons plusieurs projets que nous proposons régulièrement à l’institut, et nous essayons de travailler ensemble pour améliorer constamment la préparation de nos futurs cadres. Nous espérons que ces cadres trouveront plus d’entreprises pour les accueillir après leur graduation.
Dans cet entretien, Abdelkader Kherrat, s’exprime à titre individuel en sa qualité d’expert en aéronautique.
Bio Express Abdelkader Kherrat, 45 ans, est né à Boufarik, et a grandi à El Harrach. Après avoir complété des études d’ingéniorat en génie mécanique en 1987 à l’Ecole nationale polytechnique, il est parti au Canada pour poursuivre des études supérieures. Ce diplômé de l’université Laval à Québec en génie mécanique et en génie aérospatial a rejoint Bombardier en 1997 où il y travaille depuis. Il enseigne aussi à l’Ecole polytechnique de Montréal où il donne un cours « Structure aéronautique » depuis six ans.

ELWATAN
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Old September 30th, 2009, 06:31 PM   #2
amine_ORN/BOS
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mnamate,good dreams
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Old September 30th, 2009, 06:32 PM   #3
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ahlam sa3ida
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Old September 30th, 2009, 07:20 PM   #4
DorianDr
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t'es en pleine déprime ou quoi ? qu'est-ce qui t'arrive ? ahder, ferregh 9elbek khirlek
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Old November 5th, 2009, 03:10 PM   #5
ICOSIUMCITY
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darou agence spaciale aalech ma ydirouch une inductrie aeronotique ... cha khasna ???

je t'avoue que je te comprends pas trop parfois !!!! tes commentaires sont assez bizard ou du moins continue et explique pourquoi tu penses que c'est du reve ........
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Old December 7th, 2010, 11:49 AM   #6
soyous_2040
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Think Tank Thread : Laboratoire d'idées

[IMG]Philippe Ausseur: « ll faudrait d’autres Cevital pour diversifier l’économie algérienne»[/IMG]


Philippe Ausseur, Associé chez Ernst and Young

Avec plus de 30 ans de relations avec l’Algérie et une filiale algérienne créée depuis plus de deux ans, le cabinet Ernst & Young possède une vision assez large de l’économie nationale et peut prétendre à une expertise non négligeable de ses secteurs clés. Philippe Ausseur, Associé à E&Y, accepte de nous parler des différents aspects de l’économie algérienne, aussi bien du côté plein que de la partie vide du verre.


Ernst & Young a démarré son bureau le 1er septembre 2008. Depuis cette date, qu’est ce qui a changé dans l’environnement des affaires en Algérie ?


Beaucoup de choses ont changé. Les choses que tout le monde sait, notamment sur les nouvelles orientations économiques, sur tout ce qui a été décidé lors des deux précédentes lois de finances complémentaires. Globalement, il y a eu quand même une progression de l’économie algérienne sur un certain nombre de thématiques comme les pratiques managériales, les investissements en technologie, tout ce qui a pu être fait sur les normes comptables ; on voit effectivement que plusieurs chantiers ont été menés et beaucoup d’améliorations. Evidemment, est-ce que le verre est à moitié plein ou à moitié vide ? Je dirais qu’il y a une tendance ici de le voir plutôt à moitié vide. Moi, je dirais qu’il faut regarder ce qui a été fait. Cela me permet de dire qu’il y a beaucoup de chantiers à mener, c’est ce qui explique d’ailleurs notre présence, et notre volonté de continuer à investir en Algérie.
Si on revient au contexte législatif, je crois que ce n’est pas anormal qu’un Etat veuille contrôler ses importations, c’est même légitime. Ce qui est par contre important, c’est la clarté et la stabilité qu’une législation. Et c’est probablement à ce niveau qu’il y a beaucoup à faire.

Au-delà de la légitimité des décisions, ne trouvez-vous pas que leur caractère brusque a grandement déstabilisé les opérateurs économiques ?

Pour un entrepreneur, le plus important c’est qu’il sache où il va, de bien comprendre le contexte dans lequel il évolue et où il va évoluer. Effectivement, on a un petit de mal à anticiper un certain nombre de choses, parfois même, soyons clairs, à comprendre totalement ce qu’il y a derrière certaines annonces, puis certaines lois, en attendant les décrets d’applications. Si on avait un souhait à émettre, c’est qu’il y ait un petit peu plus de lisibilité et de clarté dans ce qui est décidé au niveau macroéconomique. Nous pouvons progresser à ce niveau. De la même manière, je crois que nous avons besoin d’avoir des bases de données plus fiables concernant, notamment, la consommation et la distribution des produits. Nous n’avons pas encore ces statistiques là en Algérie. Or pour n’importe quel entrepreneur, qu’il soit public ou privé, il est nécessaire de disposer de ces informations.

Vous êtes certainement sollicité par des compagnies étrangères qui souhaiteraient investir en Algérie. Que leur dites-vous concernant le climat d’affaire dans le pays ?

D’abord ce qu’on leur dit c’est de dépasser l’a-priori et les effets d’annonce. Dépasser les aprioris qui continuent sur l’Algérie, sur le fait qu’il est difficile de monter des affaires. Nous leur disons, aussi, qu’il est tout à fait possible, en s’organisant bien, de rapatrier les dividendes. En gros, faites attention aux éclats de voix qu’il peut y avoir, et inscrivez vous plutôt dans la durée. Et nous sommes un acteur pour vous expliquer ce qu’il y a vraiment à faire. L’Algérie reste un marché à fort potentiel, elle a beaucoup d’atouts, c’est d’abord cela qu’il faut regarder.

E&Y et d’autres grands cabinets n’étaient pas soumissionnaires pour l’évaluation de Djezzy. Pourquoi ?

Il y avait des conditions dans l’appel d’offres en question, notamment en matière d’indépendance ou de non relation avec Orascom, qui ont fait qu’on ne pouvait pas soumissionner. Il ne faut pas y voir là une quelconque arrière-pensée de notre part et probablement d’autres grands cabinets. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les grands cabinets ont vocation à servir les grands clients internationaux. Et le Groupe Orascom rentre dans cette catégorie. Il était donc évident que cela allait exclure bon nombre de grands cabinets de cet appel d’offres.

Parmi les services que vous proposez (conseil, audit, droit et finance), quel est celui qui est le plus sollicité par les entreprises algériennes ?

En premier lieu, le Conseil. Il y a une vraie volonté des entreprises algériennes, que je trouve très positive et saine, de se transformer, de s’améliorer, et de s’inscrire dans la course normale de l’économie. Concernant nos deux autres métiers, il y a le besoin de l’audit, qu’on ne résumera surtout pas, d’ailleurs, aux seuls commissariat aux comptes ou à l’expertise comptable, mais plutôt à tout ce qui va tourner autour de la communication financière, du reporting, des normes comptables, et de se dire qu’il ne peut pas y avoir une entreprise performante, bien organisée, et avec les bons outils de gestion et de management, si derrière il n’y a pas une bonne communication financière.
Pour les entreprises étrangères, leurs points d’entrée portent plutôt sur le juridique et fiscal. Ils nous demandent qu’on leur éclaircissent et qu’on leur explicitent c’est qu’est la loi et les conditions d’exercice en Algérie.

Et en matière de Conseil, quel est le segment le plus demandé parmi la Supply Chain, la mise en place d’un système d’information… ?

Les trois grandes thématiques les plus demandées sont la Supply Chain (SC), les systèmes d’information, et l’organisation en général.

Au lancement de votre filiale algérienne « Ernst & Young Advisory Algérie », vous vous étiez fixés comme objectif d’atteindre la centaine de collaborateurs algériens au bout de 3 ans. Où en êtes vous ?

Nous sommes pile à mi-chemin de cette ambition, puisqu’on est à une cinquantaine de collaborateurs. Nous continuons à recruter. Nous avons des besoins en ce moment sur le juridique et fiscal. Nous sommes très confiant pour atteindre la centaine de collaborateurs.


Vous vous étiez également fixé comme objectif d’aider les entreprises algériennes à adopter les modes de gestion modernes. De par les expériences que vous avez mené, sentez vous une réelle adaptation à ces méthodes ?

Quand on est sollicité sur la SC, système d’information et organisation, c’est que derrière il y a une véritable prise de conscience sur la nécessité de s’améliorer, de se transformer, et d’être à ce rendez-vous de la performance. Au-delà du bien que ça nous fait en terme d’activité, nous sommes très satisfaits de voir que les entreprises et les organisations algériennes ont vraiment pris conscience qu’elles ne devaient pas rester en dehors de ces mouvements, mais plutôt s’inscrire dans la transformation.

Comment évaluez vous les réformes économiques menées en Algérie, particulièrement pour le secteur bancaire ?

Beaucoup de choses ont été faites en Algérie, mais beaucoup de chantiers doivent êtres poursuivis et intensifiés, que ce soit sur les aspect industriels et des infrastructures, ou sur le monde bancaire. Il y a encore des marges de progrès. Elles sont indispensables. D’abord pour l’économie algérienne, pour susciter le développement de l’entreprenariat et l’existence d’un vrai marché dynamique. Pour le secteur bancaire, il reste un certain nombre d’améliorations à mener, ne serait-ce que dans le système de paiement qui reste encore long, fastidieux et compliqué. Il est nécessaire en Algérie d’avoir une chaine de paiement efficace et répondant aux standards internationaux. Ça viendra, mais si l’on pouvait donner un petit coup d’accélérateur ce serait un plus pour tout le monde. Nous même en tant qu’entrepreneur ici en Algérie, nous constatons qu’il reste très compliqué de faire des mouvements de compte à compte, entre deux agences… etc. Dans une économie moderne qui a vocation à progresser et à se développer, ce type de blocage doit maintenant disparaître.
En matière d’infrastructures, beaucoup de choses ont été réalisées, mais il reste encore du chemin à parcourir. De manière générale que la problématique de logistique reste une difficulté. Si nous prenons comme exemple le secteur portuaire, nous ne pouvons que constater que ça reste quand même un frein, et qu’il nécessite des investissements et des améliorations.

La situation du secteur bancaire peut-elle constituer un frein aux investissements étrangers ?

Oui, on en discutait il y a peu dans notre Comité de direction, avant de commencer cet entretien. Les délais de paiement, par exemple, si on compare aux autres pays proches de l’Algérie, comme le Maroc ou la Tunisie, sont beaucoup plus longs.


De quel ordre de grandeur ?

Ici, nous sommes entre 1,5 et 2 fois plus que chez les voisins. Il est clair que cela créé des tensions de trésorerie énormes. Il faut qu’il y ait une prise de conscience qu’un entrepreneur ne peut pas vivre avec de telles tensions de trésorerie. Et on n’encouragera pas les investisseurs, y compris locaux, si ce problème n’est pas résolu. On est sur des délais de règlement qui varient de 90 à 120 jours. C’est un point noir. C’est l’ensemble des acteurs de la chaine qui doivent progresser, y compris la puissance publique, le système bancaire et les entreprises publiques algériennes qui, il faut le dire, ne sont pas les meilleures élèves en la matière.


Est-ce un problème de mécanismes au sein de ces institutions ou des lenteurs qu’on pourrait qualifier de « comportementales » ?

Il y a un mélange des deux. On ne peut pas nier qu’il peut y avoir des freins de culture de management, mais je pense aussi qu’il y a des améliorations à faire en terme de processus et d’outils, et probablement en terme d’organisation et de volonté à mettre en œuvre.

Ne pensez-vous pas que cette situation encourage l’informel ?

Je crois que ces délais de paiement trop longs génèrent plein de dérives. C’est évident que cela pousse aussi vers l’informel. Donc mettons en place une vraie politique d’amélioration des délais de paiement et tout s’améliorera. On aura aussi toute légitimité à faire en sorte que l’informel et d’autres pratiques diminuent.

En assistant à quelques-unes de vos journées d’études, nous avons remarqué que beaucoup parmi les entreprises algériennes considèrent que la théorie enseignée n’est pas favorisée par la réalité des choses. Comment les orientez-vous pour ajuster vos recommandations ?

C’est justement la mise en pratique des règles de gestion qui reste le véritable challenge, quelque soit le lieu où se trouve l’entreprise. Ce que nous faisons, c’est de leur montrer, de façon très concrète, au travers de petites actions, ce que peuvent êtres les gains après court terme. La preuve par l’exemple est très importante.

Quel est le nombre d’entreprises algériennes que vous comptez dans votre portefeuille ?

Nous avons, actuellement, 25 à 30 entreprises algériennes, publiques et privées, tout types d’activités (industrie, services… etc.). J’exclus les ministères et les sociétés étrangères. Nous sommes très satisfaits d’avoir atteint le positionnement qu’on cherchait, c’est à dire d’être à la fois sur les grands groupes publics mais également d’être sur l’entreprenariat algérien et les belles entreprises privées.


Est-ce qu’il y a de très bons élèves qui émergent du lot ?

On voit un peut partout de très bonnes pratiques. Evidemment, faire une liste nominative c’est toujours embêtant, parce que ceux que je ne citerais pas se sentiront peut être même blessés… mais je crois, par exemple, que le développement qu’a pu faire une entreprise comme Cevital est très intéressant. Au risque de paraître un peu iconoclaste, je dirais qu’un certain nombre de chantiers qui ont été menés par Sonatrach, notamment en terme d’organisation et de systèmes comptables et financiers, et des systèmes d’information, sont vraiment à mettre en exergue. Chez Sonelgaz également, Algérie-Poste, et j’en oublie plein d’autres. Je dirais même qu’il faudrait promouvoir ces beaux exemples, parce que cela aura des effets d’entrainement et montrera que c’est possible, et qu’on peut passer de la théorie à la pratique.


Les entreprises algériennes sont-elles prêtes pour les normes comptables IFRS ?

Sur un certain nombre d’aspects des IFRS, oui, elles le sont. Sur d’autres chantiers, notamment sur des problématiques de l’évaluation de l’immatériel, non, il y a encore des progrès à faire. Globalement, les systèmes d’information en Algérie restent à mettre en œuvre. On ne peut pas être en comptabilité IFRS si l’on ne dispose pas d’un système de collecte et d’enregistrement des données au bon niveau. Les nouvelles normes comptables sont plus une vue économique instantanée qu’une vue patrimoniale. Elles imposent donc plus de réactivité, et plus d’exhaustivité dans l’information qu’avant. Et ça ne peut pas se faire sans un système d’information moderne.


Quelle appréciation faites vous de la stratégie industrielle algérienne ?

Il est clair que le secteur industriel algérien reste dominé par les hydrocarbures, et par quelques industries lourdes. En dehors de quelques groupes publics, il manque des relais d’entreprises privées. J’ai cité tout à l’heure le Groupe Cevital, et bien le diagnostic est qu’il faudrait qu’il y ait dans le futur d’autres Cevital. C’est important, dans la mesure où ça permettra de rééquilibrer l’économie algérienne et de limiter les importations. Les efforts doivent êtres de diversifier l’économie qu’elle ne l’est actuellement.

Comment a évolué le chiffre d’affaires d’E&Y Algérie en deux ans ?

On est sur un taux de croissance à deux chiffres. Il était de l’ordre de 15 à 20% l’année dernière. On est très satisfaits, et on projette les mêmes taux pour les trois prochaines années. Nous n’avons pas d’inquiétudes à ce niveau. Je crois qu’il faut, par contre, comme pour d’autres entreprises, qu’on nous laisse faire notre travail d’entrepreneur, qu’on nous challenge, qu’on nous demande un certain nombre d’obligations. Je suis très confiant pour le développement du bureau algérien.
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Oran*est condamné à être une*métropole*méditerranéenne. C'est la géographie qui le veut, l'histoire qui l'oblige, la logique qui l'exige».

Last edited by UtopianSkyscraper; December 29th, 2010 at 05:16 PM.
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Old December 7th, 2010, 11:51 AM   #7
soyous_2040
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Dr Mourad Goumiri : « Pomper le pétrole pour le transformer en bons de trésor US… est absurde »


Dr Mourad Goumiri: plus raisonnable de garder les ressources sous terre

La crise économique mondiale n’est pas derrière nous et ses effets se manifestent dans notre voisinage européen. Quelles lectures faire de la « guerre des monnaies » ? Le dollar veut conserver sa suprématie, explique le Dr Mourad Goumiri, enseignant universitaire et expert financier. Il s’interroge également sur la pertinence des placements algériens en bon de trésors américains.



On ne voit pas le bout de la crise économique mondiale. Après la Grèce, l’Irlande vient de se voir imposer un plan drastique de redressement. En Espagne et au Portugal, la situation est fragile. Est-ce que cela n’a pas de répercussions sur l’Algérie et le Maghreb en général ?


Pour ce qui concerne la Tunisie et le Maroc, il faudrait analyser les structures économiques et financières de ces deux pays, pour pouvoir se faire une idée de leur situation réelle, intuitivement, ces pays sont plus intégrés à l’économie mondiale et donc plus vulnérables que notre pays. Pour l’Algérie, les répercussions existent également, mais elles ne sont pas de nature à remettre en cause le système monétaire et financier local, la place financière algérienne étant embryonnaire. L’Algérie a toujours tourné le dos au système monétaire international sauf durant son rééchelonnement en 1994 et de ce fait, elle est intégrée à l’économie mondiale que par le biais de son commerce intérieur et extérieur, elle est donc plus ou moins épargnée par la crise financière internationale dite des « subprimes ». Mais en tant que mono exportateur d’hydrocarbures, elle est touchée directement par la crise dans la mesure où la structure des prix des hydrocarbures va être affectée. Si demain, comme c’est le cas actuellement, la croissance mondiale ralentit, cela signifie que l’économie mondiale va absorber moins d’énergie. A partir de ce moment là, nous sommes directement concernés par l’effet prix et la quantité d’énergie consommée par l’économie mondiale. D’autre part, dans la structure des réserves de change du pays, une grande partie de ces réserves a été transformée en bons du Trésor américain. Au-delà, des problèmes de rendement ce produit financier, il est important de savoir que l’absorption de bons de trésor US, crée une situation de vulnérabilité de notre pays. Il est aussi évident que dans la structure de nos réserves de change une partie importante est libellée en dollars US, ce qui entraine, également, un risque dans la mesure où toute transformation de la parité de cette monnaie nous affecte directement. A cet endroit, les Pouvoirs publics ont pris la décision de rembourser par anticipation la dette extérieure du pays mais aucune évaluation de cette opération n’a été faite jusqu’à présent ; est-ce que cette opération a été rentable ? Pour l’instant, ces derniers considèrent que ce désendettement est positif pour le nationalisme et le patriotisme, mais ce sont des notions qui ne sont pas économiques. En économie, on parle de rendement et on parle d’efficience. Est-ce que ce que j’ai remboursé par anticipation il y a dix ou quinze ans m’a couté plus cher ou moins cher, en fonction des taux d’intérêts de l’époque et ceux actuels ? Aujourd’hui, on sait que l’Algérie s’est désendettée et qu’elle a retrouvé une certaine aisance financière, relative et temporaire, qu’en n’avons-nous tirée comme bénéfices? Pomper du pétrole et du gaz, le vendre et transformer ces ressources financières en bons du trésor US, me paraît absurde, à la limite, il eut été plus raisonnable de le conserver sous terre…
A propos de monnaie, les Etats-Unis viennent de recourir à la planche à billets pour la somme colossale de 600 milliards de dollars. Quelle lecture faites-vous de cette situation, à priori, paradoxale ?
C’est le fait du Prince ! Ces 600 milliards de dollars, vont être injectés dans l’économie américaine et on explique que c’est un problème domestique, intérieur et qui ne regarde que le gouvernement des Etats-Unis. Mais c’est là que le bas blesse. S’agissant d’une monnaie qui est la fois internationale et nationale, il est évident qu’il va y avoir une répercussion sur le système monétaire international et sur l’économie mondiale. N’oublions pas que le Président Obama est acculé à mi-mandat et après sa défaite aux sénatoriales, à répondre aux attentes de son électorat et aux immenses espoirs que sa victoire aux présidentielles avaient suscité dans la population américaine. Or, l’argumentaire fondamental de sa campagne, c’est la situation du ménage moyen américain (middle class) par rapport à l’emploi, la santé, la retraite et à la consommation... Ceux sont ces arguments qui vont donner la victoire ou l’échec, tout le reste des sujets n’aura que de faible répercussion sur le choix des électeurs. Cette manne extraordinaire injectée dans l’économie américaine est complètement liée à des problèmes domestiques et notamment des considérations électoralistes, l’administration Obama pense pouvoir relancer l’économie et donc la croissance et en recueillir des dividendes électoraux. Ceci dit, la croissance américaine est la locomotive de l’économie mondiale et dès que la croissance s’installe aux USA, elle tracte avec elle l’économie mondiale.
C’est une hypothèse qui paraît forte. Mais, le recours à la planche à billets, n’est-il pas paradoxal ?
C’est un problème complexe. Il faut revenir à juin 1944 et aux accords de Bretton-Woods qui ont consacré le système dit de l’étalon de change-or, (le gold exchange standard). A cette époque déjà, deux thèses étaient en présence. Celle de Lord John Menard Keynes, ministre anglais des finances et Harry Dextres White, Secrétaire d'état au Trésor, qui s’étaient opposés sur l’organisation du système monétaire et financier d’après guerre. En résumé et pour l’essentiel qui nous intéresse, le premier était favorable à la création d’une monnaie internationale, détachée de la monnaie nationale d’un pays et à la création d’un organisme international multilatérale chargé de la gérer. La thèse de lord J. M. Keynes était de détacher la monnaie nationale de la monnaie internationale de manière à ne pas permettre que, lorsqu’un pays a des problèmes internes, cela se répercute sur tout le système monétaire international. Cette thèse n’est pas passée compte tenu de la situation de l’Europe en 1944 et de la suprématie de l’économie américaine boostée par une demande exceptionnelle en armements et en équipements divers pour l’effort de guerre. Les USA ont imposé le dollar américain comme monnaie internationale en disant «as good, as gold», le dollar était aussi bon que l’or et en le définissant, à cette l’époque à 32 dollars l’once d’or pur. Le pêché originel s’est produit à ce moment là. Le Président Nixon en 1971, va suspendre l’élément essentiel qui donnait l’attribut de monnaie internationale au dollar américain, à savoir sa convertibilité en or.
Vous parlez de pêché originel, celui-ci n’a-t-il pas été celui de rompre avec la convertibilité en or du dollar ?
La fin de la convertibilité, en 1971, va avoir des répercussions planétaires. A partir de là, une période de fluctuations intempestives, généralisées vont voir le jour, chaque pays laissant «déraper» sa monnaie, en fonction de ses intérêts propres du moment. Les accords de la Jamaïque vont relancer l’idée de la création, d’une monnaie internationale que l’on va appeler le DTS (droit de tirage spécial) mais ce dernier sera indexé à 50% sur le dollar US… C’est le serpent qui se mord la queue ! Entre temps, bien entendu, toutes les autres monnaies ont été réévaluées. Les gouvernements américains successifs déclaraient que leur pays «assure la sécurité du monde libre» et que cela lui coutait de l’argent, en cette période de guerre froide et les dépenses militaires américaines colossales se traduisaient par des déficits publics et elles devaient être partagées par le reste de l’Occident au nom de sa liberté. Du fait de la «double casquette» du dollar (monnaie nationale et internationale), la planche à billets américaine fonctionnait sans répercussions directes sur le marché domestique, dans la mesure où, tous ces dollars sortaient des USA et allaient s’installer dans les réserves de changes de tous les pays du monde. A partir de là, le seul problème majeur possible est une demande massive de convertibilité en or, des stocks de dollars amassés dans tous les pays du monde car les capacités américaines de remboursements en or n’auraient jamais suffit. Or, cette possibilité a été écartée par la décision de 1971 de cesser la convertibilité du dollar en or.
La double casquette du dollar, national et mondial, pose toujours problème…
Il est évident que le dollar a continué à véhiculer les tares et les avatars des politiques nationales des Etats-Unis d’Amérique pour leur propre pays jusqu’à ce que la communauté internationale ne demande la réforme du système monétaire international ( SMI). Mais dans la mesure où on ne pouvait pas aller directement vers une monnaie internationale, du fait du véto américain, nous allons aller vers la création de zones monétaires qui vont, plus ou moins, préserver les grandes puissances des fluctuations intempestives et erratiques du dollar US. C’est ainsi que va naître l’Ecu avec la configuration de l’Europe à cette période. Avec les accords de Maastricht, l’Ecu va devenir l’Euro et en même temps permettre la création d’une zone euro qui à la fois stabilise l’économie européenne mais également prémunit contre les distorsions infligées par le Dollar US. C’est une volonté politique des états européens de ne pas subir passivement les turpitudes du dollar qui sont liées à des considérations domestiques. D’autres zones monétaires (le yen, le yuan) structurent l’économie mondiale car nous évoluons dans un dans un système qui est complètement déréglé et qui est passible d’imploser à n’importe quel moment. Il y a déjà eu deux crises majeures, la dernière étant celle des «subprimes», je ne sais pas si le SMI pourra survivre à une autre crise de cette amplitude, d’autant que le dernier G-20, n’a apporté que des solutions partielles. Cela dit, jamais les USA n’accepteront que leur position, tout à fait privilégiée, au sein du SMI, ne soit touchée. Jamais les USA et le Royaume –Uni, qui ont les plus grandes places financières au monde, n’accepteront de «réglementer» l’innovation financière et le dynamisme de leur place financière. Ce sont des milliards de dollars et des centaines de milliers d’emplois qui sont en jeu. On voit très mal ces deux pays se faire violence et mettre fin à l’emballement de la machine boursière et à ses produits boursiers et notamment ceux spéculatifs et mettre un peu d’ordre, par de la fiscalité et de la déontologie.
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André Merlin, Ceo de Medgrid: pas de concurrence avec Desertec 26/11/2010

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Nassim Kerdjoudj PDG de Net Skills, vice président du FCE « Ne pas racheter Djezzy doit rester une option »


Nassim Kerdjoudj , DG de Net skills et vice président du FCE

Nassim Kerdjoudj est un spécialiste des Télécoms. Il connaît très bien les stratégies des grands acteurs de la téléphonie dans le monde. Il décode ici la démarche de VimpelCom dans son opération de fusion-acquisition de OTH. L’Etat algérien peut selon lui arriver à l’algérianisation de Djezzy sans à coup. Cela lui parait même la voie la plus sûre pour ne pas avoir à appeler au secours un opérateur majeur comme cela est arrivé au Maghreb.

Vous êtes connu pour classer les opérateurs téléphoniques internationaux en deux grandes catégories, les grands leaders institutionnels occidentaux qui avancent par la valeur ajoutée technologique et les opérateurs du sud qui se construisent sur le risque politique-pays et le nombre d’abonnés. Dans quelle catégorie situez vous Vimpelcom le nouveau propriétaire Russo-Norvégien de Djezzy ?

Un peu plus dans la seconde tout de même. Même si dans le tour de table de Vimpelcom, il existe des acteurs technologiques. Il s’agit d’un gros opérateur qui est, de mon point de vue engagé dans une opération spéculative avec l’acquisition de OTH, (Orascom Télécom Holding). Il a acheté le tout pour vendre en Algérie. Il s’agissait d’amortir une partie de l’achat de OTH par la cession de Djezzy. Cela est très clair dans le choix d’annoncer la transaction juste à la veille de l’arrivée du président Medvedev en Algérie. Les russes pensent être en meilleure position politiquement que Naguib Sawiris pour bien vendre Djezzy. Ils sont venus à Alger en rang uni.

Mais ce n’est pas là la façon de voir du patron de Telenor, l’opérateur norvégien actionnaire dans Vimpelcom. Il estime que sans la certitude de garder Djezzy, il ne fallait pas se précipiter à s’emparer de OTH. Est-ce que vous pensez vraiment que sans la licence algérienne, la fusion Vimpelcom-OTH va survivre ?

Bien sur. Le moteur des opérateurs téléphoniques aujourd’hui est d’avoir une présence sur un grand nombre de pays avec des licences sur de petits marchés. Ils accumulent de petites cash machines qui consolident le tout. Même Telenor est sur ce modèle au nord de l’Europe et à travers Vimpelcom. Il se valorise bien à la revente. Observez que l’opérateur koweitien Zain qui détenait une trentaine de millions d’abonnés sur plusieurs marchés de petites tailles a cédé 46% de son capital pour 10,5 milliards de dollars à l’émirati Etisalat. Belle opération. Djezzy vendue, la fusion Vimpelcom-OTH est tout à fait viable, grâce à toutes les autres opérations que détient cette nouvelle entité sur trois continents.

Mais alors dans ce cas là que va faire le gouvernement algérien d’un Djezzy que les russes ne vont céder que comme paramètre d’équilibrage de leur opération d’achat de OTH, c'est-à-dire chèrement ?
C’est la grande question. Acheter Djezzy pourquoi faire ? Et tant qu’elle n’a pas de réponse claire, ne pas racheter Djezzy doit rester une option. Il n’est pas concevable d’engager 3 ou 4 milliards de dollars pour acheter Djezzy, puis de voir après. La moins value serait dramatique. L’Algérie a d’autres choses à faire que cela. Je pense qu’il faut d’autant laisser ouverte l’option du non rachat de Djezzy qu’il est tout à fait possible d’exiger de son propriétaire d’en ouvrir le capital à la bourse d’Alger, de l’algérianiser ainsi. OTA a le potentiel pour devenir un opérateur phare, un fleuron algérien en Afrique. Le tout est de trouver la bonne formule pour faire évoluer son actionnariat sans rupture. Je suis pour le « soft landing » l’atterrissage en douceur. Regardons ce qui s’est passé chez notre voisin Marocain. Un groupe de privés marocains a poussé le consortium hispano-portugais conduit par Telefonica à céder ses parts dans Meditel, il y’a deux ou trois ans. Ils ont appelé le français Orange au secours. Et ont cédé 40% du capital à un petit prix. C’est ce qui nous pend au nez.

Vous plaidez pour l’algérianisation progressive du tour de table de OTA (détenteur de Djezzy), en maintenant une continuité avec l’actionnaire de référence qui a aujourd’hui évolué devenant Russo-Norvégo-Egyptien. Mais est ce que l’on peut couper à l’entrée d’un grand acteur technologique, si l’on veut rattraper le gap actuel, l’Algérie est toujours en GSM ?

Ce qui est en débat ce n’est pas l’entrée d’un grand opérateur détenteur de technologie ou pas, mais les conditions de cette entrée. Je note ici qu’il y ‘ a trois ou quatre ans tout le monde considérait que Orange avait raté le Maghreb dans sa stratégie à l’international. Ils viennent de rentrer en six mois en Tunisie et au Maroc, dans des conditions de marché plus favorables qu’il y’a quelques années. A nous d’éviter ce scénario. Si Orange ou un autre doit venir en Algérie, c’est encore bien sûr possible, que cela ne se produise pas dans des conditions défavorables pour le pays. Ceux qui pensent que l’Etat Algérien peut acheter Djezzy puis le vendre à sa guise à un autre grand opérateur international se trompent. Ce n’est pas comme cela que cela se passe. Il y’ aura une perte de valeur considérable. La solution de l’évolution progressive peut par contre s’appuyer sur un potentiel technique existant. Djezzy c’est tout de même une boite de 4500 à 5000 employés qui ont un haut niveau d’expertise. Ils sont à plus de 90% algériens.

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cabinet d’avocats d’affaires CMS Bureau Francis Lefebvre

cabinet d’avocats d’affaires CMS Bureau Francis Lefebvre : Les incidences de la Loi de finances 2011 sur la fiscalité des entreprises en Algérie

CMS Bureau Francis Lefebvre a publié sur son site internet une analyse sur la Loi de Finances 2011. Le cabinet d’avocats d’affaires, indique que le projet de Loi de Finances pour 2011 (LF 2011), « dans sa version adoptée le 14 novembre 2010 par le Parlement, introduit un certain nombre de dispositions ayant une incidence significative sur la fiscalité des entreprises en Algérie ».
CMS Bureau Francis Lefebvre, cite entre autre, concernant l’impôt sur les bénéfices des sociétés, l’exonération prévue en matière d’opérations génératrices de devises. Cette nouvelle mesure reprend le principe général d’exonération des opérations de vente et services destinés à l’exportation. La LF 2011 apporte une nouvelle condition pour l’application de l’exonération en visant expressément « les opérations génératrices de devises ».
Ainsi, précise le cabinet, « pour se prévaloir du dispositif, les entreprises doivent produire aux services fiscaux compétents un document attestant du versement des recettes en devises à une banque domiciliée en Algérie. « La Loi de Finances 2014 précise que l’exonération sera octroyée au prorata du chiffre d’affaires réalisé en devises » ajoute le cabinet, qui note que les activités de transport terrestre, maritime, aérien, les activités de réassurance et les activités bancaires, « sont toujours exclues de cette exonération ». CMS Bureau Francis Lefebvre évoque aussi l’exonération de l’impôt sur les bénéfices de sociétés des activités portant sur le lait cru, qui s’appliquerait notamment aux collecteurs et aux producteurs de lait, dans le but de promouvoir l’activité de production du lait en Algérie. En matière de TVA, la LF 2011 a amendé la liste des biens et services exemptés de TVA et destinés aux activités de recherche et/ou d’exploitation et de transport par canalisation des hydrocarbures. « Cette modification vise à compléter la précédente liste des activités exonérées en la rendant conforme à la loi relative aux hydrocarbures. Dans ce cadre, l’activité de construction des ouvrages de raffinage, ainsi que la séparation des gaz de pétrole liquéfiés sont désormais exonérées » explique le Cabinet. Ce dernier, relève l’application du prorata en cas de non respect total de la destination des biens et services bénéficiant de la franchise de TVA. Sur le plan des procédures fiscales, CMS Bureau Francis Lefebvre a mis l’accent sur la suppression du droit au sursis de paiement.
« La suppression du sursis préve par l’article 74 du Code des procédures fiscales (CPF) concerne les sociétés étrangères, n’ayant plus d’intérêts économiques ou financiers en Algérie », explique-t-on. La Loi de Finances 2011 prévoit la possibilité pour le receveur des impôts, d’exiger le paiement immédiat de l’intégralité des sommes mises à la charge des contribuables non établis en Algérie, résultant de régularisations dont le recouvrement risque d’être fortement compromis en raison du recours par certaines sociétés au sursis légal de paiement, alors qu’elles sont en fin de contrat. « Il convient de noter qu’en principe le refus du sursis de paiement n’est applicable qu’en l’absence de constitution, par le contribuable, de garanties suffisantes », précise le Cabinet. Dans le même registre, la LF 2011, codifie le sursis de paiement lors de la phase judiciaire du contentieux fiscal, à condition que le contribuable constitue des garanties propres à assurer le recouvrement de l’impôt. La demande de sursis de paiement doit être adressée au juge du tribunal administratif territorialement compétent. « En l’état actuel de la législation, le sursis de paiement n’est pas visé expressément par la loi fiscale (pas d’indication au sein des dispositions de l’article 74 du CPF). La possibilité de surseoir au paiement lors de la phase judiciaire du contentieux, est cependant laissée à l’appréciation du juge du tribunal administratif dans les conditions fixées par les articles 833 et suivants du Code de Procédure Civile et Administrative. Ce dernier peut octroyer le sursis de paiement sans présentation de garanties », relève-t-on. En matière douanière, CMS Bureau Francis Lefebvre note que la LF 2011, prévoit un allégement de la procédure de contrôle immédiat prévu dans le cadre de la lutte contre la fraude. « L’administration des douanes peut désormais effectuer, une fois la mainlevée des marchandises accordée, des contrôles a posteriori afin, de s’assurer de l’exactitude et de l’authenticité des déclarations en douanes », souligne le cabinet, relevant en autre la réintroduction par le Projet de la mention de l’obligation de certification des comptes des SARL. « Cette mention avait été supprimée par inadvertance par la LF pour 2010 », estime le cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre.

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C’est un think tank ce thread ?c’est très bien je trouve.
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Old December 7th, 2010, 12:46 PM   #12
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