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La montagne d’Îgîlîz et le pays des Arghen​



Enquête archéologique sur les débuts de l’empire almohade au Maroc

CHRONIQUES DES FOUILLES DEPUIS 2009 : PDF | EPUB

Le programme de recherche La montagne d’Îgîlîz et le pays des Arghen s’intéresse à un haut lieu de l’histoire marocaine et du Moyen Âge maghrébin, jusqu’alors resté totalement inédit sur le plan archéologique. La montagne d’Igîlîz est située dans l’Anti-Atlas, à une soixantaine de kilomètres à l’est sud-est de Taroudant, non loin de la plaine du Sous (fig. 1). Elle est connue par les textes médiévaux pour avoir abrité le lieu de naissance d’Ibn Tûmart, célèbre juriste et théologien berbère qui, au début des années 1120, va initier dans le contexte tribal des grands massifs montagneux du Sud marocain (Anti-Atlas et Haut-Atlas) un mouvement de réforme religieuse radicale : l’almohadisme. La révolution politico-religieuse initialement prônée par Ibn Tûmart devait déboucher, au milieu du XIIe siècle, sur la formation du plus vaste empire qu’ait connu l’Occident musulman durant le Moyen Âge : l’Empire almohade (1147-1269). Longtemps délaissé par la recherche contemporaine et considéré comme définitivement perdu, le site archéologique d’Îgîlîz a été découvert par A. Fili et J.-P. Van Staëvel en 2004. Les travaux d’approche préliminaires (exploration, prospection systématique, premier levé topographique) ont permis de poser en 2009 les bases d’un programme ambitieux de coopération archéologique entre la France et le Maroc. On compte à ce jour (été 2014) cinq campagnes de fouille sur le site d’Igîlîz.

La montagne d’Îgîlîz se présente sous la forme d’une imposante formation calcaire d’orientation ouest-est (fig. 2), qui domine la vallée où se concentre aujourd’hui l’essentiel du peuplement. Défendu par un relief très escarpé et plusieurs lignes de fortifications avancées, son sommet (le « Jebel central », altitude max. : 1354 m) a concentré jusqu’à présent l’essentiel des opérations archéologiques. C’est là en effet que sont implantés les principaux monuments d’époque almohade (fig. 3). Au point culminant du site se déploie la Qasba, vaste ensemble résidentiel réservé à une petite élite et centré autour de deux cours (la zone de commandement et la basse-cour). L’activité dévotionnelle est quant à elle attestée par la présence de deux lieux de culte, dont une grande-mosquée à l’histoire longue et complexe, ainsi que de cavités artificielles (d’anciennes carrières) qui ont servi de lieux de retraite spirituelle et de pèlerinage. L’habitat (fig. 4) proprement dit se répartit en plusieurs secteurs, intra- et extra muros. Des citernes assuraient l’approvisionnement en eau des habitants : plusieurs d’entre elles ont été dégagées ces dernières années.


Figure 1



Figure 2



Figure 3



Figure 4



Réalisées dans des conditions parfois difficiles, les fouilles ont déjà livré de précieuses informations sur la séquence d’occupation propre à chacun des espaces concernés. Les données concordantes de la stratigraphie, de la céramologie et des datations au radiocarbone ont permis de confirmer que l’occupation principale du Jebel central remonte au XIIe siècle. Largement désertée après la période almohade, la montagne d’Îgîlîz offre un témoignage remarquable sur la culture matérielle de la région, et surtout sur les modes de vie d’une population montagnarde soucieuse de préserver ses ressources naturelles et son autonomie, tant politique et religieuse. Le mobilier archéologique est particulièrement abondant dans des pièces d’habitat, où il n’est pas rare de rencontrer, sur le niveau d’abandon d’époque almohade, l’intégralité des pièces céramiques laissées sur place par les anciens occupants (fig. 5).

Figure 5 : Igîlîz, Jbel central. Ensemble de céramiques appartenant à l’horizon d’abandon (milieu XIIe siècle) de la pièce 8 dans la Qasba.



Casadevelazquez

 

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Très intéressant. Pourquoi le site, pourtant de l'époque islamique, a été abandonné ? 1354m ce n'est pas si haut. Certains villages du Haut Atlas sont à environ 3000m.
 

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Discussion Starter · #3 ·
Très intéressant. Pourquoi le site, pourtant de l'époque islamique, a été abandonné ? 1354m ce n'est pas si haut. Certains villages du Haut Atlas sont à environ 3000m.
Très interessant ce site en effet, je ne sais pas exactement pour quelle raison le village a été delaissé, peut-etre c'était une décision politique ?
 

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the Crawling Chaos
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30°23'58.13"N 8°21'57.64"W
 

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Pour l’instant, les trois chercheurs préparent une monographie et œuvrent aux travaux de présentation et de conservation du site, afin que le public puisse visiter le chantier. La Direction du patrimoine culturel à Rabat a déjà financé la construction d’une Maison de l’Archéologie sur le site afin de pérenniser la recherche sur le site et la région. Les chercheurs ambitionnent également d’ouvrir un musée dédié à la culture locale et aux résultats des fouilles archéologiques. « Tout cela va débuter en 2016, mais cela prendra du temps et sera progressif. Actuellement, nous recherchons des partenariats avec les acteurs locaux, notamment la ville de Tighmert, pour mettre en place le musée », conclu Abdallah Fili.
http://zamane.ma/fr/archeologie-du-nouveau-a-igiliz/
 

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La source est cruciale dans ce genre de fil, Titamovich. Cela peut faciliter la tache à un chercheur ou un étudiant par exemple.
 
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