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La Ville de Paris et la Cogedim s'entendent sur l'avenir du site de Laennec
LE MONDE | 26.05.05 | 13h42 • Mis à jour le 26.05.05 | 13h42

Le sort des 4 hectares de friches de l'hôpital Laennec dans le 7 e arrondissement de Paris, l'un des plus chers de la capitale, est désormais scellé. Définitivement acquis pour 530 millions de francs (80,8 millions d'euros) en juillet 2002, par la Cogedim, promoteur réputé pour ses réalisations haut de gamme, ces terrains ont fait l'objet, depuis cinq ans, de polémiques à répétition. Entre la Ville et l'Etat, quand la droite était aux commandes de la Mairie de Paris, puis, après mars 2001, entre les élus socialistes et le promoteur choisi par Jean Tiberi... trois mois tout juste avant les élections municipales.

Une question était posée en filigrane : peut-on, au centre d'une des capitales les plus denses du monde, laisser un promoteur privé faire main basse sur 4 hectares ?

Décidée par M. Tiberi, alors président de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP) propriétaire du site, la vente à la Cogedim avait été bloquée, en octobre 2000, par le gouvernement de Lionel Jospin au motif que le projet ne respectait pas la convention passée entre l'Etat et la Ville sur la construction de logements sociaux. Contraint de revoir sa copie, l'ancien maire avait accepté d'ajouter au projet 50 logements sociaux "intermédiaires". Six mois plus tard, sur la requête d'une association, le tribunal administratif de Paris avait annulé le plan de sauvegarde d'une partie des terrains de l'ancien hôpital, relançant ainsi le débat sur la destination du site.

La présentation, mercredi 25 mai, du projet final d'aménagement, présenté conjointement par Christian de Gournay, président du directoire de la Cogedim, et par deux adjoints (PS) au maire de Paris, Jean-Pierre Caffet (urbanisme) et Jean-Yves Mano (logement), met un point final au feuilleton. Les 4 hectares vendus par l'APHP pour financer la construction de l'Hôpital Georges-Pompidou resteront un espace privé, voué en grande partie aux logements haut de gamme et aux bureaux, même si d'âpres et longues négociations entre la Ville et le promoteur ont fait passer le "quota" de logements sociaux de 50 à 130 (dont 50 logements étudiants). "Ce n'est pas rien" , souligne Alain Lhostis, adjoint (PCF) chargé de la santé et actuel vice-président de l'APHP. Toute la gamme du logement HLM, "du très social à l'intermédiaire" sera proposée, a précisé M. Mano. Avec moins de 1 % de logements sociaux, le 7e est lanterne rouge en la matière. Une réalité que la droite locale ne cherche pas à dissimuler : "Avec les 50 logements intermédiaires prévus à l'origine, nous doublions notre parc social", indique le maire (UMP) du 7e, Michel Dumont.

Autour de la chapelle de l'hôpital et des 20 000 mètres carrés de bâtiments classés de l'ancien Hospice des incurables, fondé en 1632 par le cardinal de La Rochefoucauld, seront construits 210 logements privés de standing et 24 500 m2 de bureaux et de commerces * pour partie dans les bâtiments historiques. Est aussi prévu un centre de gérontologie de 40 lits avec un accueil de jour.

Enfin, la Mairie de Paris a obtenu, "de haute lutte", l'ouverture au public, dans la journée, de 3 500 m2 de jardins, qui resteront de statut privé. On ne pourra pas traverser le site de part en part, mais des ouvertures ménageront, depuis la rue, plusieurs "échappées visuelles" , notamment vers le chevet de la chapelle, aujourd'hui masqué par des bâtiments datant du XIXe siècle qui doivent être démolis. La Cogedim s'est aussi engagée à reconstruire "à l'identique" deux ailes abattues dans les années 1960. Le chantier devrait être achevé fin 2008.

Le gel de l'opération pendant cinq ans a obligé le promoteur à appeler à la rescousse, pour en assumer le portage financier, les AGF, désormais majoritaires dans l'opération. La Cogedim a, néanmoins, réalisé une excellente affaire en achetant ces terrains il y a trois ans. Au moment de la signature de la promesse de vente, en janvier 2001, les élus Verts et communistes de Paris et de la région avaient dénoncé "un prix largement sous-évalué" et demandé le report de la vente après les élections municipales, avec l'espoir que la Ville, en cas de victoire de la gauche, préempte ces terrains.

La Cogedim estime, aujourd'hui, que les logements seront commercialisés "aux alentours de 9 000 euros le m2" , comme l'a indiqué M. de Gournay, soit environ le double de leur valeur au moment de la vente du terrain, en 2002.

Le coût des logements sociaux, qui entreront dans le patrimoine de l'OPAC, ne devrait pas, en revanche, dépasser 3 500 euros le m2, ce qui est dans la moyenne parisienne. Explication : "une charge foncière dérisoire", selon M. de Gournay, effectivement négociée à moitié prix par les services de M. Delanoë afin que le coût de l'opération reste, pour les finances de la Ville, dans des marges raisonnables.

Aujourd'hui, la gauche parisienne semble finalement plutôt satisfaite de l'issue d'une opération, politiquement symbolique mais que la Ville aurait eu des difficultés à supporter sans partenaire privé. "Je n'ai pas la religion de l'opération publique d'aménagement", a lancé, mercredi, l'adjoint à l'urbanisme, M. Caffet. "Aurions-nous dû, si nous l'avions pu, préempter à toute force ces terrains ? s'interroge Alain Lhostis. Pour en faire quoi ? Des centaines de logements sociaux en plein coeur du 7e ?"

Christine Garin


Sept ans de discussions et de renégociation du projet

En 1998, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP) lance une consultation sur l'avenir du site, dont la vente (ainsi que celle des hôpitaux Broussais et Boucicaut) doit financer la construction du nouvel Hôpital européen Georges-Pompidou.
En mars 2000, après une intervention du gouvernement de Lionel Jospin, le cahier des charges de la vente demande aux promoteurs, candidats à l'acquisition des 4 hectares du site, d'intégrer à leur projet la construction de 50 logements PLI réservés aux classes moyennes et de 10 ateliers-logements d'artistes. L'offre de 530 millions de francs de la Cogedim est retenue par le conseil d'administration de l'APHP en décembre.
Le 30 mars 2001, dix jours après l'arrivée de la gauche à la Mairie de Paris, le tribunal administratif annule le plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7e arrondissement, document de protection du site élaboré par l'Etat. Le projet de la Cogedim est gelé.
En juin 2001, la gauche parisienne reprend les discussions avec la Cogedim. Celles-ci n'aboutissent qu'en mai 2005, avec la signature d'une convention qui prévoit, notamment, la construction de 130 logements sociaux, dont 50 logements étudiants.
 

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Un jugement perso pas très documenté sur ce dossier: a priori je trouve assez lamentale qu'on ne puisse pas traverser le site de part en part car ça aurait été épatant de traverser de la rue de Sèvre jusqu'à la rue de Babylonne et rendu plus passant l'actuel jardin Catherine Labouré plutôt mort. Surtout la chapelle centrale (en forme de croix je crois) mêrite mieux que quelques magasins. (Je me souviens que Sciences-Po était sur les rangs en 2000 pour acquérir une grande partie du site et y faire un campus).
Enfin je sens le truc assez typique des partenariats public-privés en immobiliers: on vend trop vite et trop peu cher à des aménageurs privés qui trainent et vont faire une culbute considérable sur ce projet (en plus y'a la station de métro Vaneau en plein sur le site!)
Pour ce qui est des logements sociaux et étudiants c'est très bien et bien le moindre. Il manque quand même une installation publique culturelle de standing au coeur de ce lieu classé. Juste à coté du Bon Marché, au coeur d'un quartier très passant, ils auraient quand même pu imaginer quelque chose (y'a plein de collections qui ne demandent qu'un lieu aussi exceptionnel pour être présentées au public).
 

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Une petite remontée de thread, une!

Plutôt que d'innonder le thread Paris intra-muros: petites opérations urbaines ou en projet où se trouvent les autres posts sur le sujet, j'ai préféré tout mettre ici.

Rappelons de quoi nous parlons:



C'est :
- 320 logements
- 1 centre de gérontologie de 42 chambres,
- 80 logements sociaux,
- 20 000 m² de bureaux et commerces.



Rue de Sèvres. Logements + commerce au pied + logement étudiants. Remarquez la fameuse station de métro Vanneau (à cause de la statue de porteur d'eau style égypte antique à coté) qui se trouve pile au milieu.



un petit coup d'oeil derrière la grille rue de Sèvre.







Rue de Sèvre toujours. Les bâtiments anciens que l'on rénove ici abriterons le siège social de Kering, anciennement Printemps Pinault Redoute. Sous la bâche blanche se trouve la chapelle XVIIème, classée aux monuments historique. Rassurez-vous elle n'a pas vocation à faire partie de l'ensemble de bureaux. Elle deviendra sans doute un lieu culturel pour des expositions temporaires etc...
 

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Rue Vanneau. On peut distinguer au premier plan trois bâtiments distincts. Les informations que j'ai ne sont pas très claires, mais il semblerait que les deux premiers soient des logements sociaux et le dernier un établissement pour personnes agées (sic).



Rue Vanneau. Photo prise à l'angle opposé.



Les deux bâtiments de part et d'autre de la grille sont des logements "normaux" (comprenez hors de prix :lol:)



Rue Vanneau, dans l'alignement de la rue d'Olivet.



Un petit coup d'oeil derrière la grille pour mieux voir l'espèce de stèle, je serais bien en peine de vous dire ce quelle représente (si évidemment elle représentait quelque chose...)



Et enfin dans un coin perdu, impasse Oudinot, un autre immeuble social.
 

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Troisième et dernier volet.



Jardin Catherine Labouré (rue de Babylone, Matignon est juste de l'autre coté de la rue pour ceux qui ne saurait pas)



Comment sur SkyscraperCity ne pas montrer la tour Montparnasse sur un des clichés?



Pour ceux qui n'auraient pas suivi, voici le futur siège social.





On peut distinguer plusieurs choses ici: le jardin intérieur qui m'a l'air coquet, la restauration de la chapelle et enfin un second anneau de grilles de l'autre coté du jardin.
Je pense que l'on peut interpréter cela de plusieurs manières:
1 - Nous avons à faire aux affres de l'architecture concentrationnaire d'entreprise (le campus)
2 - La première grille sera le plus souvent ouverte et accessible du jardin Catherine Labouré, et la deuxième contrôle les allés et venus des bureaux
3 - Les architectes aiment bien les grilles, ils trouvent ça joli.
Choisissez votre camp Camarades!

P.S: Un petit lien tout de même: http://www.laennecchantiers.fr/index.php
 

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Très intéressantes toutes ces photos et explications. :)

A titre purement informatif, je me permets de rectifier l'un des premiers messages qui annonce que Cogedim vendait autour de 9000 euros le m² : pour avoir à l'époque de la commercialisation regardé (par pure curiosité, je vous rassure !), c'était plutôt des prix compris dans une fourchette de 15000 à 25000 (!) euros le m². Triple (voire quadruple) culbute pour le promoteur donc (avec il est vrai des prestations presque uniques dans le quartier). :)
 

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Prestations uniques pour les appartements sur le jardin , je confirme mais pas pour ceux au rdc de la rue vaneau , pourtant vendu au meme prix du m2 .




 

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Prestations uniques pour les appartements sur le jardin , je confirme mais pas pour ceux au rdc de la rue vaneau , pourtant vendu au meme prix du m2 .
Tu m'apprends un truc, je pensais que les prestations étaient "homogènes". Qu'est-ce qu'ils ont de moins les appartements sur rue à part l'emplacement ?

Bravo pour ton reportage en tout cas. :)
 

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Les appartements au RDC sont très bas et sont au meme niveau de la rue voire légèrement en dessous ( a la limite du souplex ) , je n'aimerais pas y habiter surtout a ce prix .
 

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D'accord je vois ce que tu veux dire. Ça m'étonnerait quand même qu'ils soient partis au même prix que les penthouses qui donnent sur le jardin ;)

Tant qu'on est dans les critiques je trouve assez dommage d'avoir mis des balcons aussi ridiculement petits, sur un programme neuf et de ce standing c'est assez raté. Et par ailleurs je suis aussi assez étonné par le manque de "finitions" sur les îlots déjà livrés (mur ancien pas repeint par exemple).
 

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Rue de Sèvres, Carrefour se fait plus petit, sans calmer la grogne


Rue de Sèvres (VIe - VIIe). Carrefour veut implanter un supermarché au pied d’une copropriété construite sur l’ancien site de l’hôpital Laennec (à g.). Comme Dominique Mahé (à dr.), les commerçants de l’association Sèvres-Vaneau-Duroc craignent cette concurrence. (LP/É.S.)
Ça ne passe toujours pas, même plus petit. Près d'un an après une première fronde des commerçants de la rue de Sèvres (VIe - VIIe) contre un supermarché Carrefour Market de 3 000 m 2 en rez-de-chaussée de la copropriété haut de gamme bâtie sur l'ancien site de l'hôpital Laennec, les opposants voient leurs espoirs d'être « débarrassés de ce projet inutile » à nouveau contrecarrés.

Si le patron du petit supermarché voisin Franprix -- enseigne du groupe Casino, sérieux concurrent du numéro 1 de la grande distribution --, a gagné son recours contre Carrefour et obtenu le rejet du dossier d'implantation, le groupe de distribution a depuis revu sa copie et légèrement minoré ses ambitions. Mais il maintient un supermarché.

Rachida Dati soutien le projet

Fin novembre, lors d'une réunion à la mairie du VIIe arrondissement, la responsable marketing de l'enseigne a défendu « l'expertise reconnue » de son groupe et le « foisonnement commercial » que ce projet engendrera. Dans les commerces de bouche de la rue de Sèvres, ces arguments font fulminer. C'est leur clientèle que viserait Carrefour. Pas celle de la Grande Epicerie du Bon Marché, à 200 m de là. La commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) avait d'ailleurs jugé ce supermarché « de nature à porter préjudice à l'animation commerciale de ce quartier qui accueille de très nombreuses supérettes et petits commerces ». La CNAC pointait aussi « des insuffisances en termes de qualité architecturale ».

La maire (UMP) du VIIe, Rachida Dati, ne cache, elle, pas son soutien au projet. Elle remarquait prudemment, fin novembre, que l'on pouvait certes s'y opposer mais que « le choix a été fait de faire vivre le VIIe ». Désormais, elle se dit surtout « vigilante aux éventuelles nuisances [...] pour les riverains ».

Ce n'est donc pas chez leur maire que les commerçants de l'association Sèvres-Vaneau-Duroc peuvent espérer un soutien. Leur seule arme, pour l'heure, c'est de relancer une pétition. « Juridiquement, tant que le projet n'est pas passé en commission ( NDLR : le 20 janvier), on ne peut rien faire d'autre qu'alerter », reconnaît Dominique Mahé, qui gère la papeterie et a créé l'association. « Un tel magasin, qui flirte avec l'hypermarché, n'a pas sa place dans ce quartier de Paris », martèle le patron du Franprix. « Il y a peu d'habitants et pléthores de commerces, l'ouverture d'un supermarché « City » du groupe nous a déjà affaibli. Celui-ci, c'est la mort de mon magasin, et à terme des autres. »
http://www.leparisien.fr/espace-premium/paris-75/rue-de-sevres-carrefour-se-fait-plus-petit-sans-calmer-la-grogne-07-01-2015-4424021.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F
 
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