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Luigi babe !
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Discussion Starter #1
Ya pas de raison qu'on parle d'un océan et pas de l'autre :D

Surtout que les Îles Eparses vont bientôt faire l'actu :

Ces îlots français du bout du monde convoités pour leur pétrole



Le sous-sol des îles Éparses, dans le canal du Mozambique, regorgerait d'hydrocarbures.

Juan de Nova, les Glorieuses, Europa, Bassas de India… ces poussières d'empire français «oubliées» dans l'océan Indien, répertoriées sous le nom d'îles Éparses, attirent les convoitises d'États riverains du canal du Mozambique. Cet attrait ne se justifie pas seulement pour leurs eaux très poissonneuses, mais surtout parce que le sous-sol de ces îlots regorgerait d'hydrocarbures.
L'enjeu est de taille: concrètement, les eaux territoriales françaises représentent plus de la moitié de la superficie du canal du Mozambique. Et plusieurs études ont évalué ses réserves, entre 6 à 12 milliards de barils de pétrole et de 3 à 5 milliards de m³ de gaz.


Un rapport datant de 2010 de l'United States Geological Survey a même qualifié le canal du Mozambique de «prochaine mer du Nord en puissance». Il n'en faut pas moins pour justifier les revendications d'États qui, de surcroît, contestent le bien-fondé des recherches pétrolières françaises en cours dans plusieurs zones de la région. «L'intérêt pour la France est de savoir s'il existe des gisements entre 1500 et 2000 m de profondeur qui pourraient donner lieu à une exploitation», explique Pascal Bolot, préfet des Terres australes et antarctiques françaises, qui ajoute: nous sommes légitimes dans ces îles.»
Le président malgache Hery Rajaonarimampianina ne l'entend pas ainsi. Dans la Grande Île, personne ne digère que ces îlots au si fort potentiel aient été détachés de Madagascar, avant son indépendance en 1960. Le débat n'est pas clos: les présidents français et malgache se retrouveront le 26 juillet, lors de la prochaine réunion de la Commission de l'océan Indien.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...bout-du-monde-convoites-pour-leur-petrole.php

On peut compter, encore une fois, sur nos élites pour un Tromelin bis et abandonner un fameux 50% des recettes à ces états voisins, alors qu'on aura payé pour toutes les phases d'exploration et d'exploitation.
 

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On va le trouver ce p***** de pétrole ? C'est pas possible on a colonisé les terres les moins utiles ou quoi?


On a la deuxième plus grande possession maritime et on a RIEN ! ( pour l'instant ^^)
 

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Luigi babe !
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Discussion Starter #3
Il y a aussi les métaux rares comme le cobalt, le platine, le titane, les nodules de clippterton (zones de permis déjà délimitées) ... qui sont très stratégiques parce que les grandes puissances vont en manquer et sans ça, pas de batteries, pas d'écrans plasma ...

Un document intéressants de l'IFREMER qui cite tous les matériaux dans nos fonds marins, les enjeux et des propositions d'exploration et d'exploitation :
http://wwz.ifremer.fr/content/download/44025/622908/file/Synthèse REMIMA - version finale - BD.pdf

Le plus absurde : cette étude est le résultat d'une initiative interne à l'ifremer, encore aujourd'hui les politiques sont encore complètement à l'ouest sur ces sujets.
 

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^^ L'emmerdant c'est qu'ils semblent à l'ouest pour tout: espérons qu'ils n'en perdent pas le nord :runaway:
 

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Technocrate darwiniste
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Brisavoine:

Brisavoine said:
On a la deuxième plus grande possession maritime et on a RIEN ! ( pour l'instant )
Attention, la France a la 2è plus grande ZEE du monde, mais ça ne représente que 3% des océans de la planète (ce qui est déjà pas mal !).

De plus, la plupart des territoires français outre-mer sont des îles/atolls d'origine volcanique émergeant de plaines abyssales. Or ce n'est pas là que se trouve le pétrole et le gaz. Les hydrocarbures sont dans les plateaux continentaux, qui sont le prolongement sous-marin des continents, et où des êtres vivant il y a des millions d'années ont pu se transformer en pétrole ou en gaz sous l'effet des forces de compression.

Il n'y a que 2 territoires français outre-mer qui sont sur un plateau continental : la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon (et là on s'est bien fait entuber par les Canadiens dans le partage de la ZEE). C'est donc uniquement là qu'on peut espérer trouver du pétrole/gaz. Apparemment il y en aurait aussi dans le Canal du Mozambique, même si ce n'est pas un plateau continental, du fait de l'histoire géologique complexe de cette zone, qui fait que ce n'est pas non plus une simple plaine abyssale.
On peut compter, encore une fois, sur nos élites pour un Tromelin bis et abandonner un fameux 50% des recettes à ces états voisins, alors qu'on aura payé pour toutes les phases d'exploration et d'exploitation.
Avant de penser à revendiquer un hypothétique pétrole dans la ZEE des Îles éparses, Madagascar ferait déjà bien de prospecter la ZEE que personne ne lui conteste ! Ils en ont des centaines de milliers de km² à prospecter avant d'aller penser aux Îles éparses.

Ceci étant dit, la France devrait proposer son aide à Madagascar, pays ami et francophone, pour explorer le potentiel en hydrocarbures de la ZEE de Madagascar. Il ne serait pas très politique que la France exploite du pétrole dans sa ZEE (si tant est qu'il y en ait) et que Madagascar à côté reste dans sa grande misère. On devrait les aider à trouver du pétrole dans leur ZEE pour que ça soit gagnant pour les deux. On a assez critiqué l'arrogance des Anglais aux Malouines avec les Argentins pour ne pas faire pareil qu'eux.

PS : L'océan Indien avec un o minuscule. On ne capitalise pas tout comme en anglais.
 

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Technocrate darwiniste
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Brisavoine et moi faisons de la télépathie. En fait je suis médium et je parle avec les membres bannis qui sont dans l’Au-delà. D'ailleurs Vonbingen te fait coucou. :)













Sur SkyscraperPage, c'est de là ou Brisavoine m'envoie les messages.
 

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Pour une fois je suis bien d'accord avec Brisavoine : ça ne sert à rien de se faire du pétrole sur le dos des malgaches, quand bien même il s'agirait d'une exploitation légitime.

Si une solution peut être trouvée qui bénéficie aussi bien aux réunionnais qu'aux malgaches et permet de développer les échanges entre les deux et tirer Madagascar du marasme économique c'est quand même beaucoup mieux pour le long terme.

C'est un vrai cas d'école pour la théorie des jeux et le dilemme du prisonnier
 

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Fourbe des collines
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Les Eparses, des îlots préservés de biodiversité stratégiques pour la recherche


Une mangrove de l'île Europa dans l'océan Indien le 18 avril 2014 - Sophie Lautier AFP

Europa (France) - Dans l'océan indien, les îles Éparses font figure de «point zéro», des havres de biodiversité préservés de l'activité humaine et qui servent de référence pour mesurer l'impact des bouleversements dus à l'Homme et au climat.

«Les Éparses sont des sites de référence car non perturbés par la pêche côtière et les rejets des bassins versants liés à l'urbanisation mais impactés par les changements globaux comme l'acidification des océans», explique à l'AFP Matthieu Le Corre, directeur du laboratoire d'écologie marine (Ecomar) à l'université de La Réunion.

«On appelle ça un +hot spot+ de biodiversité», poursuit le chercheur, «un endroit où ne pèsent quasiment que des menaces naturelles, généralement dérisoires comparées aux menaces humaines», qui érodent la biodiversité dans les îles voisines.

Sous souveraineté française, les Éparses sont restées des sites importants de ponte des tortues vertes et imbriquées, espèces menacées et protégées. Dauphins et baleines y passent aussi en toute tranquillité. Elles abritent également plus de 40% des oiseaux marins de l'océan indien occidental: pailles-en-queue à brins rouges, frégates du Pacifique, sternes fuligineuses et caspiennes, fous à pieds rouges viennent s'y reproduire.

En interaction permanente avec l'océan, ces oiseaux sont des «bio-indicateurs» importants de ses altérations. Plusieurs programmes ont permis de les mesurer, les baguer et de suivre ainsi leur déplacements en mer, à la recherche de poissons volants, qui sont également la proie des thons.

La collaboration est étroite avec Madagascar, les Comores, Mayotte, les Seychelles et l'Afrique du Sud car «seule une approche régionale a du sens quand on parle de ressources halieutiques ou d'oiseaux marins», insiste M. Le Corre. Surtout dans une zone où la pêche industrielle est encore en expansion.

«La situation stratégique des Éparses est l'occasion de mettre en place une gestion raisonnée des pêcheries», abonde Cédric Marteau, directeur de la conservation du patrimoine naturel aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), collectivité administratrice des Éparses depuis 2007.

Il pense notamment à une coopération sur la pêche artisanale avec Madagascar et le Mozambique en lien avec un programme de recherche franco-américain sur la connectivité génétique des poissons-clowns. Il a permis d'établir comment des poissons nés dans les récifs coralliens d'Europa peuvent se retrouver sur les côtes du Mozambique et de Madagascar.

«L'enjeu est de faire prendre conscience à nos voisins de l'intérêt de mettre en place une aire marine protégée. Nos récifs protègent les poissons dont les larves viennent repeupler leurs côtes», explique Cédric Marteau.

[...]
Article complet ici : http://www.20minutes.fr/planete/1422133-eparses-ilots-preserves-biodiversite-strategiques-recherche
 
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Luigi babe !
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Discussion Starter #10
Un article sur le patrimoine archéologique encore inexploré des Îles Éparses :

Les îles Eparses, une mine d'histoires, d'épaves et un patrimoine fragile

Vue aérienne de la couronne de corail française de Bassas da India, le 13 avril 2014 (c) Afp


Europa (France) (AFP) - La couronne de corail de Bassas da India fut durant des siècles un piège à bateaux dont les trésors, quand ils n'ont pas déjà été trouvés, reposent par le fond. Au milieu de l'océan Indien, la conservation du patrimoine est un exercice compliqué.
Affleurant à peine à marée haute, cet atoll situé non loin d'Europa, la principale pile de l'archipel, donne encore des sueurs froides aux marins de l'ère moderne.

A bord du Marion Dufresne, navire ravitailleur de Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), le commandant Marjak pointe l'écho radar qui "n'est sorti que 15 minutes avant d'arriver". "C'est un danger absolu, cette île! On ne la voit qu'au dernier moment".

Rien d'étonnant alors que les épaves constellent son récif, anneau presque parfait de 10 km de diamètre. Le naufrage le plus ancien, connu grâce au récit d'un survivant, fut celui de la Noa Santiago, une nef portugaise qui sombra un beau jour de 1585 avec 500 hommes.

Ce sont ses 400.000 pièces d'argent et ses canons de bronze qui attirèrent à l'époque contemporaine des chasseurs de trésors. Bien plus que la cargaison de porcelaine de Chine du Sussex, navire britannique de la Compagnie des Indes échoué en 1738.

Combien de naufrages eurent lieu sur ces récifs? "Impossible de le savoir! On connaît ceux dont il y a eu des survivants ou des témoignages. Sinon, à l'époque, on constatait juste qu'un bateau n'était jamais arrivé", explique à l'AFP Michel L'Hour, patron de l’archéologie sous-marine (DRASSM, ministère de la Culture).

Une trentaine d'épaves ont été répertoriées et "celles qui se voient le mieux sont celles des XIXe et XXe siècles, avec toute cette ferraille, ces grandes machines à vapeur", raconte M. L'Hour.
"On ne protège bien que ce que l'on connaît bien: on a besoin de dresser la cartographie des épaves et on n'en est pas encore au stade des fouilles", souligne le conservateur.

Il s'enthousiasme d'avance sur leur "potentiel historique: cela peut révéler des informations sur la vie à bord d'un bateau portugais du XVIe ou sur les modes de navigation des Arabes aux X et XIe", dont il existe des traces de passage dans la zone mais pas encore d'épave connue.

Pourquoi se préoccuper d'épaves ? "C'est comme se demander s'il y a trop de tableaux au Louvre!", rétorque M. L'Hour, "c'est notre histoire, il n'y a pas de raison de l'oublier ou de la laisser se faire piller par des rastaquouères qui vont revendre ça sous le manteau".

- Tombes en corail -

Les îles Éparses, avec la présence de militaires français, ont été bien plus préservées que le voisin malgache dont "le patrimoine archéologique sous-marin a été pillé par toute la planète", déplore Michel L'Hour.
Parmi les naufrages les mieux documentés, il y eut aussi celui de l'Utile, navire de la compagnie des Indes, en 1761 à Tromelin, à l'est de Madagascar. L'histoire des 88 esclaves malgaches "oubliés" sur l'île fit grand bruit, et seuls huit survivants seront récupérés, quinze ans plus tard, par le chevalier de Tromelin.

Quatre campagnes de fouilles ont été menées entre 2006 et 2013 par le Groupe de Recherche en archéologie navale (GRAN) avec le concours de l'Inrap (archéologie préventive) et de l'Unesco. Les travaux dirigés par Max Guérout ont permis de montrer que les Malgaches ne s'étaient pas contentés de survivre mais avaient bien recréé une société, surmonté des tabous et développé une ingéniosité remarquable. Les zones de fouilles ont été comblées pour les préserver, ne laissant aucune trace visible à l’œil du néophyte.

Sur les autres îles - Glorieuse, Juan de Nova, Europa - les différentes périodes d'occupation humaine, essentiellement à des fins d'exploitation du coprah ou du guano fin XIXe et au XXe, ont laissé quelques vestiges.
A Juan de Nova, la Direction régionale de l'action culturelle (Drac) de La Réunion a proposé d'aider à la rénovation de la maison Patureau (du nom du propriétaire de l'exploitation) dont le coût est estimé à 1,3 million d'euros. Le projet est au point mort car il bute sur des questions pour l'heure sans réponses: qui l'entretiendra et à quelles fins?

Quoi qu'il en soit, sur chacune des îles, les militaires se font un point d'honneur à entretenir les cimetières. Sur Grande Glorieuse, les aiguilles des filaos sont régulièrement ratissées entre les 18 tombes de corail passé à la chaux. Elles abritent les dépouilles des personnels seychellois et malgaches qui travaillaient dans la cocoteraie d'Hippolyte Caltaux, un Réunionnais venu tenter sa chance à la fin du XIXe.

"La mémoire de l'île est là. Ces gens venaient sans espoir de retour, il y a même des petites tombes pour les enfants nés et morts ici", fait remarquer le capitaine Franck Alloti, capitaine de la Légion. Pour lui, pas de doute, "Glorieuses, ce sont ces gens-là".
http://tempsreel.nouvelobs.com/topn...toires-d-epaves-et-un-patrimoine-fragile.html

Ca doit être génial d'aller découvrir des épaves que personne n'a jamais visité :hug:
 

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Luigi babe !
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Discussion Starter #11
L'intégration difficile de Mayotte dans la République.
Il est sensé être offert mais je le cc en entier parce qu'avec Mediapart on sait jamais.

A Mayotte, « comme au temps des colonies »
14 mai 2015 | Par Olivia Müller
Dernier-né des départements français, Mayotte se trouve dans une situation paradoxale. Propulsée dans un processus accéléré d’intégration à la République, l'île reste soumise à des pratiques dérogatoires encore dignes du système colonial.

Mayotte, envoyée spéciale.- Située dans le canal du Mozambique et dans l’océan Indien, entre la côte swahilie d’Afrique orientale et Madagascar, Mayotte partage avec les autres îles de l’archipel des Comores culture, langue, religion et passé colonial. Mais, devenue le dernier département français par référendum en 2011, elle se retrouve confrontée à un destin singulier. Face à de lourds défis économiques et à de nouvelles normes culturelles et fiscales, elle ne bénéficie pas pour autant des droits sociaux accordés sur le reste du territoire français. Nichée dans le “plus beau lagon du monde” [APRES CELUI DE NOUVELLE-CALEDONIE, note de Avemano], cette petite île de 374 km2 pour 212 000 habitants est en état de survie, ravagée par la pauvreté, et socialement, médicalement et touristiquement désertée.






Tandis que l’ONU et l’Union africaine persistent à dénoncer la présence française à Mayotte, dont elles exigent le retour dans le giron comorien, la France assure se prévaloir du lien historique et démocratique qui la rattache à son ancienne colonie. Mais pour de nombreux experts, la stratégie française tend avant tout à protéger les intérêts géopolitiques et militaires qu’offre un positionnement avantageux dans le canal du Mozambique. Des intérêts détaillés notamment par Pierre Caminade dans Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale (Éd. Agone, 2003) parmi lesquels, en particulier, l’accroissement de l’espace maritime français. La présence à Mayotte et sur les îlots alentour (les îles Éparses) garantit en effet d’imposantes zones économiques exclusives (ZEE). Ces dernières pouvant s’étendre jusqu’à 200 milles des côtes, elles assurent à la France la deuxième façade maritime mondiale.

« À Mayotte, il vaut mieux parler d’un combat pour l’égalité sociale avec la métropole qu’un combat pour la décolonisation. Si vous employez ce terme, vous vous faites flinguer. La crainte est encore tellement forte d’être éjecté de la République française et replacé sous l’autorité des Comores, qu’il est souvent considéré préférable de ne pas parler trop fort et de courber l’échine. Mais le sentiment de soumission à l’État français est très fort », explique Rivomalala Rakotondravelo, enseignant et secrétaire départemental du syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles (SNUipp). Une soumission qui ne se réalise pas sans souffrance dans l’unique département musulman de France, où traditions et droit coutumier doivent peu à peu laisser place au droit commun.




« Nous n’avons pas été capables, avant la départementalisation, de dire à l’État : attention, voilà notre modèle de société », rappelle Mohamed Moindjié, directeur du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) local et adjoint au maire de Mamoudzou, le chef-lieu de l’île. Depuis, scissions culturelles et creusement des inégalités rongent la société. En public, malgré tout, les Mahorais continuent de faire part de leur « fierté d’être français ». En privé, c’est une autre affaire. Les langues se délient et personne n’hésite à dénoncer un climat asphyxiant sous une chape de plomb aux relents colonialistes et ségrégationnistes.

Des relents sensibles, dès les premières heures passées sur l’île. Outre l’augmentation des violences, outre la tristesse des regards à peine masquée par les sourires d’une population épuisée, c’est d’abord la fracture sociale qui interpelle. La plupart des métropolitains et la classe moyenne mahoraise sont parqués dans des zones protégées, des quartiers d’expatriés renommés mzungus land (« le pays des Blancs ») par les plus jeunes. Ailleurs, des milliers de Comoriens et de Mahorais survivent, parfois sans eau et sans électricité dans des bangas, des petits baraquements en tôle chauffés par un soleil brûlant, entassés dans les plus grands bidonvilles de France. Sur des pans entiers de l’île, on ne croise pas un seul expatrié. Dès 19 heures, un couvre-feu officieux est instauré : à l’homme blanc, il est déconseillé de sortir seul. Et chaque jour, on s’étonne du respect montré par les enfants mahorais aux métropolitains, les « Monsieur, Madame » de l’île.

Hormis le conseil général, les « Monsieur, Madame » dirigent toujours la quasi-totalité des administrations sur le territoire. « Certaines pratiques administratives vécues par la population peuvent faire penser au système colonial », reconnaît le sénateur (PS) Thani Mohamed Soilihi, qui préfère cependant « dénoncer le traitement auquel est soumis notre territoire. Parler de colonialisme, ce serait s’avouer vaincu ». Mais quelques jours passés sur l’île suffisent à y constater la singularité de certaines pratiques administratives.

  • Enfants expulsés du territoire français
Chaque jour, des dizaines de Comoriens fuient leur pays, classé 26e pays le plus pauvre au monde (selon le revenu national brut), pour tenter de rejoindre Mayotte, située à quelques dizaines de kilomètres. Mais depuis l’instauration, en 1995, du « visa Balladur » restreignant la libre circulation dans l’archipel, ils n’ont d’autre choix qu’un voyage clandestin, coûteux et périlleux, pour rejoindre Mayotte. Parmi eux, des centaines d’enfants, parfois tout juste âgés de 5 ans, font la traversée, seuls, à bord de kwassa-kwassas, des embarcations de fortune toujours davantage soumises aux contrôles de la police aux frontières (PAF).

D’ordinaire, en métropole, les mineurs isolés sont protégés contre l’expulsion. « En droit français, aucun enfant ne peut être enfermé ni éloigné sans être accompagné d’un représentant légal », précise Marie Duflo, secrétaire générale du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Pourtant, à Mayotte, parmi les 19 991 personnes expulsées en 2014 (contre 15 908 en 2013), un quart étaient des enfants, estime-t-on au Gisti. Ainsi, chaque mois, la PAF réussit à déjouer la règle par un procédé singulier d’« affiliation fictive ». « Il faut le voir pour le croire », dit Marie Duflo, qui détaille, effarée, cette pratique administrative : dès lors que l’enfant voyage clandestinement et sans représentant légal, la préfecture décide, dès son arrivée, de le rattacher d’office à un adulte présent à bord du même navire. Peu importe si c’est un inconnu, et peu importe l’absence de lien de parenté. Sitôt affilié, l’enfant « accompagné » est prêt à être placé en rétention avant d’être rembarqué illégalement, parfois en quelques heures, vers les Comores. La Cimade et le Gisti ont aussi constaté que suivant la « politique conduite silencieusement » par les autorités françaises, la méthode s’applique également aux enfants dont l’un des deux parents avéré réside en situation régulière à Mayotte.




« Les exceptions, de fait ou de droit, ne manquent pas à Mayotte (…) et font apparaître de nombreuses atteintes aux droits fondamentaux des enfants », concluait déjà la Défenseure des enfants dans un rapport rendu en 2008. Le Conseil d’État quant à lui, saisi par les associations de défense des droits des étrangers, a déjà condamné à plusieurs reprises « l’illégalité manifeste » de la pratique en cours (ordonnances du 25 octobre 2014 et du 9 janvier 2015). Néanmoins, souligne Marie Duflo, la haute juridiction se contente d’enjoindre les autorités de vérifier, « dans toute la mesure du possible », l’identité du mineur. Une prescription à portée très restreinte, dans un territoire où « l’éloignement se déploie de façon industrielle », conclut-elle. En février, selon le quotidien Le Journal de Mayotte, en l'espace de 3 jours, 183 mineurs ont déjà été reconduits aux Comores.

  • Français seconde langue
À Mayotte, au quotidien, on ne parle pas français. Des taxis aux supermarchés, en passant par les terrasses de café ou les radios et télévisions mahoraises, partout résonnent le shimaore et le kibushi, les langues régionales pratiquées par l’ensemble de la population. Restent l’école et les administrations, où le français est de rigueur.
Paradoxalement, à l’école, les classes se tiennent en français mais la langue n’y est pas enseignée. Si bien que parmi les enfants scolarisés, un sur trois se trouve en situation d’illettrisme. « Beaucoup d’entre eux déroulent encore leur scolarité entière sans maîtriser les compétences de base à l’écrit en français », souligne l’Insee dans un rapport de février 2014. Sur toute l’île, les témoignages se multiplient pour dénoncer le malaise. « Les élèves doivent renoncer à leur langue et à leur culture, rapidement. Sans leur offrir aucun repère en échange, sans leur permettre d’être en situation d’apprentissage efficace, on leur impose une forme de négation de soi. Les enfants sont complètement explosés », explique Isabelle, ancienne enseignante aujourd’hui libraire à Passamainty, un village au centre-est de Mayotte.

Pour Louis*, professeur de philosophie au lycée de Sada, village dans le centre-ouest de l'île, l’absence de dispositif linguistique transitoire conduit nécessairement les élèves à leur perte, assortie d’un sentiment d’asservissement et de domination. À preuve, le désarroi et les interrogations qui transparaissent chaque semaine dans les copies : « C’est la raison de l’échec de beaucoup d’entre nous : l’identité et la langue. Ce n’est pas une bonne idée d’imposer une langue aux autres. Il vaut mieux échanger. Nous serions tous égaux, riches en savoirs, bilingues et même trilingues. Notre identité est précieuse comme l’or noir d’Arabie saoudite. Notre langue se fait guillotiner par la langue des colons. Il nous faut remettre à l’heure les horloges de notre vie… », écrivait encore il y a quelques jours Amani*, une élève de terminale.

Outre la souffrance des jeunes, Rivomalala Rakotondravelo pointe les humiliations et les difficultés rencontrées par les membres du corps enseignant mahorais : « On nous interdit de recourir à notre langue avec les élèves, même quand ils se trouvent dans une situation de blocage et d’incompréhension. Quoi qu’il arrive, il faut parler français. Mais c’est impossible. Alors les collègues se cachent quand ils veulent expliciter certains points. S’ils se font surprendre par la hiérarchie, il arrive qu’ils soient insultés, accusés de ne pas savoir enseigner en français. » Consterné, il ajoute : « Les langues régionales ont une vraie place dans l’ensemble des autres départements français mais à Mayotte, on décide de les nier, entièrement. » Un constat partagé par Fatima Ousseni, avocate, pour qui le rejet institutionnel des langues mahoraises est nécessairement un frein pour l’ensemble de la société : « Aux Antilles, quand on a cessé de traiter le créole comme une langue paria, les gens ont commencé à avancer. »




Comme chaque département, Mayotte est soumise à l’article 2 de la Constitution qui impose le monolinguisme et exige que les langues régionales ne soient que des langues secondaires. Or, souligne le linguiste Michel Launey, professeur honoraire à l’Université Paris 7 et chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Guyane, la situation à Mayotte est unique, puisque la langue régionale, qui est précisément la langue maternelle, se trouve rejetée par l’Éducation nationale. « La majorité des enfants sont monolingues en langue locale à leur entrée à l’école. Ce cas de figure a disparu en métropole. Et dans les autres territoires français en outre-mer, des aménagements sont prévus. En Guyane, en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie, des dispositifs favorisant un meilleur apprentissage du français ont été instaurés. À Mayotte, on applique des méthodes d’exclusion de la langue maternelle. Elle est niée et pourchassée. »

En réaction, le chercheur a décidé d’alerter la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) et le ministère de l’éducation nationale, en leur faisant parvenir un mémorandum soulignant spécificités du territoire et dangers de la méthode employée. Un document qui est resté, pour l’heure, sans réponse. En attendant, l’ensemble des acteurs de terrain demande, de toute urgence, une reconnaissance officielle des langues régionales et l’instauration, dans tous les établissements scolaires, de cours de français langue étrangère. Et les Mahorais, dans les taxis et les supermarchés, en passant par les terrasses de café, continuent de s’excuser platement de ne pouvoir s’exprimer en français.

  • Des expatriés en mission civilisatrice
« Quand on voit le salaire que les mzungus [les hommes blancs] obtiennent pour venir ici, il ne faut pas s’étonner que l’île soit divisée entre Noirs et Blancs. Ils viennent uniquement à Mayotte pour gagner de l’argent. Puis, dès qu’ils en ont assez vu, ils s’en vont… », lance, écœuré, Raldgy, lycéen de Kawéni.

Dans son village, chaque soir, des enfants aux yeux cernés, short et tee-shirt élimés, réussissent au mieux à acheter une boîte de sardines quotidienne à l’épicerie locale. Au pire, ils se regroupent régulièrement pour éventrer d’énormes sacs d’ordures extraits des poubelles communales. À quelques centaines de mètres d’eux, dans les supermarchés, les expatriés remplissent leur panier de produits importés.

À Mayotte, la plupart des fonctionnaires de catégorie A ou B sont encore des expatriés venus de métropole. Tous, de l’Éducation nationale à la fonction hospitalière, bénéficient d’un système de sur-rémunération traditionnellement accordé pour combler le défaut d’attractivité du territoire en compensant l’éloignement et le différentiel du coût de la vie. Affectés sur l’île, les fonctionnaires bénéficient ainsi d’une prise en charge partielle de leur loyer et d’une indemnité d’éloignement, jusqu’à présent défiscalisée, équivalente à 23 mois de salaire supplémentaire sur deux ans. Des avantages scandaleux pour bon nombre de Mahorais, qui n’hésitent pas à souligner les conséquences pernicieuses d’un tel système, alors que, pour la plupart, ils n’ont pas même accès aux formations nécessaires pour devenir fonctionnaire.

En cause d’abord, les tensions inflationnistes. Accusées de s’indexer sur les salaires des expatriés, les principales enseignes commerciales (Sodifram, Somaco et Jumbo) sont pointées du doigt. Le coût de la vie, aggravé par une politique d’importation massive, serait bien moindre si les fonctionnaires ne bénéficiaient pas de tels avantages salariaux, souligne-t-on sur l’ensemble de l’île.


Un constat déjà dressé, dès 2003, par le député UMP Marc Laffineur, qui dénonçait, outre l’atteinte au principe d’égalité, « l’importance des sur-rémunérations dans la sphère publique [qui] pèse sur les prix ». Au cabinet de George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, les limites du mécanisme déployé sont bien connues…, mais on assure que la nécessité de remédier au manque d’attractivité du territoire justifie l’absence de réforme : « C’est compliqué, nous n’arrivons pas à pourvoir certains postes. Même si nous avons bien conscience que le système en vigueur est très imparfait et qu’il génère localement des inégalités, personne n’a trouvé de meilleure solution pour l’instant. »

En cause également, la condescendance humiliante des fonctionnaires expatriés à l’égard des autochtones. Analysé comme la conséquence directe des disparités salariales et de l’écart de niveau de vie, le comportement de nombreux métropolitains est décrié.
« Ces primes sont indécentes et ont des effets pervers très nets. Certains collègues sont persuadés de devoir accomplir une mission civilisatrice, persuadés de devoir apporter les Lumières au peuple mahorais, persuadés que sans eux l’île s’enfoncerait dans le chaos et que c’est précisément pour cette raison qu’ils sont bien payés », s’indigne Louis*, professeur de philosophie au lycée de Sada. Un sentiment partagé par Mohamed Moindjié, directeur du CNAM local et adjoint au maire de Mamoudzou, qui souligne la survivance de l’héritage colonial : « Certains Blancs règnent ici comme au temps des colonies. Ils agissent comme si nous devions être gouvernés, dirigés et maternés. » Le linguiste Michel Launey complète : « Partout ailleurs en outre-mer, les fonctionnaires métropolitains sont précautionneux et respectueux, au moins en façade, avec les gens à qui ils ont affaire. Il existe à Mayotte une arrogance de type colonial. »
Les avantages maintenus de longue date aux expatriés n’ont pas échappé à la Cour des comptes qui vient d’épingler dans son rapport annuel (février 2015) « l’inextricable maquis » des sur-rémunérations des fonctionnaires de l’État en poste en outre-mer. Tout en exigeant une « réforme d’envergure », elle dresse un constat sans appel : tandis que les dépenses de personnel représentent plus de la moitié des dépenses budgétaires de l’État outre-mer (7,1 millions d’euros en 2012), elle observe que « le différentiel du coût de la vie est sans rapport avec l’ampleur des sur-rémunérations », et appelle à motiver autrement les fonctionnaires, par « des dispositifs d’incitation non financiers ».

  • « La régularisation foncière finira par exproprier les Mahorais »
Quatre ans après la départementalisation, aux quatre coins de Mayotte, on reconnaît être dépassé. Sur une île traditionnellement régulée par le droit coutumier, les Mahorais découvrent chaque jour les nouvelles normes qu’imposent transition fiscale et adaptation au droit commun. Impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière, redevance audiovisuelle… Confrontés à de tout nouveaux prélèvements, les Mahorais s’inquiètent : « C’est impossible, nous ne pourrons pas… » La phrase tourne en boucle dans les conversations.
Au centre du problème : la régularisation foncière du littoral, traditionnellement régi par un droit coutumier local qui reconnaît la propriété collective à usage familial, sans immatriculation ni enregistrement. Entamée dans les années 1990, la mise en conformité aux standards métropolitains prend un nouveau tournant. Alors que certains Mahorais avaient bénéficié à l’époque d’une autorisation d’occupation temporaire (AOT), « aujourd’hui, l’État estime qu’il n’a pas vocation à être bailleur vis-à-vis des particuliers. On ne renouvelle plus les AOT, on propose aux gens d’acheter », explique l’encadrant local de France Domaine, Philippe Chauliaguet, dans Le Journal de Mayotte. Instruites sous l’autorité du préfet, les demandes sont étudiées au cas par cas afin d’établir un prix en fonction du marché, de l’usage du terrain et des ressources de l’acheteur. Tandis que les plus démunis, faute de pouvoir payer, se préparent déjà à être expulsés de leurs terres ancestrales, partout, la colère gronde. Ceux qui ont eu la chance d’accéder à un titre de propriété en bonne et due forme se demandent désormais comment réunir les fonds pour s’acquitter des taxes foncières.
Aujourd’hui, on estime encore à 20 000 le nombre de Mahorais qui ne possèdent pas de titre de propriété pour leur habitation. « La régularisation à long terme finira par exproprier les Mahorais, alors même qu’ici la terre est sacrée. Elle constitue la base de notre identité », s’inquiète Hafidhou Ali, 28 ans, membre du Front démocratique, un des derniers partis indépendantistes de l’île. Avec rage, il conclut : « La départementalisation mènera inéluctablement à des catastrophes, et j’ai bien peur que les gens ne le réalisent trop tard. »
http://www.mediapart.fr/article/offert/333c739ca65de030cea2a71bfc73e3d1

En gros 3 problèmes imputables à l'Etat :

- le favoritisme des fonctionnaires qui entraîne une hausse du coût de la vie (parce qu'il faut les mêmes yaourts qu'à Paris ou Bordeaux donc forcément importation obligatoire de métropole mais les salaires les locaux ne suivent pas, problème récurrent dans tous les outremers). Là c'est une réforme nationale qui doit être faite, même en métropole le favoritisme pour le fonctionnaire pose problème.
- la place de la langue française, c'est complètement idiot d'apprendre en français sans avoir fait apprendre le français préalablement. Encore si on lâche un gamin francophone dans une école italienne ou espagnole, il aura un niveau catastrophique à l'écrit mais pourra communiquer, mais passer des langues locales africaines/asiatiques au français :nuts:
- la non-reconnaissance du droit coutumier sur les terres, c'est pas dans leur culture de payer pour la terre et on commence déjà à les faire chier avec taxe foncière, taxe d'habitation, redevance télé ... :nuts:

Par contre le truc des enfants étrangers, c'est aux Comores de prendre leur responsabilité. On va pas accueillir toute la misère du monde non plus. Par contre on pourrait être moins hypocrite en donnant un statut spécial à Mayotte plutôt que de vouloir le faire passer pour un département comme les autres, les lois gaga-humanistes ont pas leur place partout, on voit le problème que pose Lampedusa à l'Europe en ce moment.
 

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Brisavoine:

Brisavoine said:
Avant Toulouse ou Lyon, La Réunion ouvre une ligne aérienne directe avec la Chine. :eek:kay:

En plus cette ligne sera partagée avec Air Madagascar. Vols aux départs de Tananarive, atterrissage à St Denis de La Réunion, redécollage, et atterrissage à Canton destination de la ligne. Donc non seulement ça connecte La Réunion au prometteur marché de touristes chinois, mais en plus ça ancre Madagascar dans la Francophonie (pays isolé en Afrique orientale très majoritairement anglophone, et toujours à la merci d'une anglicisation comme au Rwanda).
Liaison vers la Chine: Air Austral et Air Madagascar confirment leur partenariat

Zinfos 974
19 mai 2015

Air Austral et Air Madagascar concrétisent leur partenariat par la signature ce lundi à Antananarivo, d’un accord de code share pour la desserte conjointe de la Chine. Le 1er Vol sur la route Antananarivo – Réunion-Canton aura lieu au démarrage de la prochaine saison IATA Hiver.



Les compagnies Air Austral et Air Madagascar ont signé lundi à Antananarivo, l’accord de partage de codes établi pour la desserte conjointe de la Chine depuis Madagascar et l’île de la Réunion.

Le programme qui démarrera avec la prochaine saison IATA Hiver, proposera 2 vols hebdomadaires en A340-300 aux couleurs d’Air Madagascar d’une capacité totale de 275 sièges. Dans le cadre du partage de code, Air Austral disposera de 132 à 137 sièges en haute saison, sur la route Saint-Denis de la Réunion > Guangzhou (Canton).

"Ce partenariat nous conforte dans notre conviction sans cesse renouvelée qu’Air Austral et Air Madagascar doivent pouvoir se développer ensemble à travers des projets innovants. Cela ne doit cependant pas occulter les principes d’équité, d’équilibre et d’intérêt mutuel. Aujourd’hui, nous voici assurés que les deux compagnies se tournent vers un objectif commun. Nous y croyons bien volontiers", estime Henry Rabary-Njaka, Président du Conseil d’Administration d’Air Madagascar

Pour Marie Joseph Malé, Président Directeur Général d’Air Austral, "La signature de ce code share est l’aboutissement d’un travail conjoint important et vient concrétiser un partenariat qui nous est cher. Cette nouvelle coopération vient ouvrir aux deux compagnies de belles perspectives de développement. Pour Air Austral, la mise en place de cette liaison directe crée une véritable passerelle entre la Réunion et la Chine du Sud permettant le rapprochement des deux territoires et le renforcement des échanges commerciaux, touristiques mais aussi affinitaires. C’est par ailleurs un moment historique pour la compagnie bientôt en mesure en mesure de proposer pour la première fois la Chine dans le cadre d’une desserte régulière et prometteuse. "

http://www.zinfos974.com/Liaison-ve...ascar-confirment-leur-partenariat_a85087.html
Air Austral de retour à Canton en septembre

Clicanoo.com
22 janvier 2015

Le président de Région Didier Robert a annoncé hier qu’Air Austral ouvrirait en septembre prochain un Réunion - Guangzhou, l’ancienne Canton. Le vol sera assuré deux fois par semaine en partage de code par un Airbus A340 300 d’Air Madagascar au départ d’Antananarivo. La compagnie nationale malgache espère être sortie à cette échéance de la liste noire européenne. Dans le cas contraire elle ne pourra utiliser que son A340 300 sous immatriculation islandaise, le second étant interdit dans l’espace aérien européen.


Des deux Airbus A340 300 d'Air Madagascar seul celui-ci sous immatriculation islandaise est autorisé à se poser en Europe et donc à la Réunion.

Le temps politique n’est pas celui de l’aérien. Dans le courant de l’année prochaine Air Austral devrait avoir reçu un voire deux Boeing 787. Avec ces deux appareils de 252 sièges, la compagnie réunionnaise intégrera dans sa flotte les modules de 252 sièges qui lui font aujourd’hui défaut. Avec le B.787, Air Austral pourra reprendre la desserte de Bangkok en direct depuis la Réunion, ouvrir un Dzaoudzi-Paris en direct dans les deux sens, nouer des partenariats avec des compagnies de la zone comme la mozambicaine LAM. Le B.787 en partage de codes avec Air Madagascar aurait également ouvert les portes de la Chine à la compagnie réunionnaise sous ses propres couleurs. Mais voilà, fin 2015 se profilent les régionales. Impossible de reporter l’ouverture de la Chine à 2016 d’où cet accord de partage de codes avec Air Madagascar annoncé hier par le président de Région. Il prévoit l’ouverture de deux vols par semaine au départ d’Antananarivo vers Guangzhou, l'ancienne Canton, via la Réunion en Airbus A340 300 aux couleurs d’Air Madagascar.

L'écueil de la liste noire européenne

La compagnie nationale malgache exploite deux avions de ce type dans une configuration à trois classes, 30 première, 21 classe affaires et 224 économique. Les deux appareils ont été acquis en location en 2012 auprès d’Air France. Air Madagascar étant inscrite sur la liste noire européenne, l’un des deux A340 a conservé dans un premier temps son immatriculation française pour pouvoir desservir Paris piloté par des pilotes d’Air France. En 2013, il est passé sous immatriculation islandaise avec équipage islandais toujours pour pouvoir continuer à se poser à Roissy. Le second A340 immatriculé à Madagascar assurait la ligne bi-hebdomadaire Ivato-Bangkok-Guangzhou.

La compagnie nationale malgache espère avant septembre sortir de la liste noire européenne. Si tel n’était pas le cas, seul l’A340 « islandais » pourrait assurer la ligne Ivato - Réunion - Guangzhou en raison de l’escale réunionnaise, territoire européen.

L'idée d'ouvrir une ligne aérienne régulière entre notre île et l'Empire du Milieu plane dans la tête d'Air Austral, depuis plusieurs années. La compagnie réunionnaise avait déposé officiellement début 2010 auprès des aviations civiles française et chinoise des demandes de droits de trafic entre la Réunion et la Chine appuyées par le consul de Chine dans notre île. En 2004 et 2005, elle avait effectué plusieurs vols ponctuels entre notre île, Pékin et Shanghai.

Le 27 mars 2000, Air Madagascar et Air Austral inauguraient un Tananarive - Réunion-Singapour. Mi 2004, Air Madagascar ouvrait une double liaison hebdomadaire Antananarivo-Réunion-Bangkok prolongée en juillet 2009 jusqu'à Guangzhou en Chine. Le 2 avril 2011, Air Austral reprenait sous ses propres couleurs la desserte de Bangkok au départ de la Réunion. En mars 2012, la ligne était interrompue avant d’être reprise en Boeing 737 800 via Chennaï.

Depuis, pour se rendre en Chine au départ de la Réunion, il fallait passer ou par Maurice ou par la plateforme de correspondance de Bangkok ou encore aller chercher à Ivato le vol d’Air Madagascar. À partir de septembre la route vers l’empire du Milieu sera à nouveau plus directe.

http://www.clicanoo.re/?page=archive.consulter&id_article=458176
 

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Un article trouvé par Brisavoine:

Brisavoine said:
La France bien présente dans l'océan Indien avec ses FAZSOI (forces armées dans la zone sud de l'océan Indien). :eek:kay:
Les FAZSOI se déploient à Madagascar

Clicanoo.re
24 mai 2015



Les armées de 5 pays de la zone sud de l’océan indien (Comores, Maurice, Seychelles, Madagascar et France) participent à un exercice militaire commun à Madagascar depuis le 18 mai. Avec plus de 730 militaires déployés dans la grande île, dont 405 militaires français, 215 militaires malgaches, 60 seychellois, et une soixantaine de comoriens et mauriciens, cet exercice multinational est le plus important organisé sur le territoire malgache depuis 1999. Les objectifs sont multiples : renforcer la coopération régionale, permettre aux forces armées de travailler des procédures communes notamment les phases de déploiement et de manœuvres tactiques, et renforcer la coordination entre les états-majors nationaux.

Diana 2015 (du nom de la région où se déroule l’exercice, près de Diego Suarez), a pour objet la protection des populations et la stabilisation d’une province en crise. La situation est fictive, mais reste sur des schémas de crise traditionnels rencontrés sur les différents théâtres d’opération que connaît La France. Ces exercices réguliers demandent aux pays de la zone un effort logistique et humain très importants. Les FAZSOI ont mobilisé plus de 600 militaires (projection, soutien et préparation) pour préparer cet exercice d’importance. L’armée malgache accueille l’ensemble des forces sur une de leur base militaire. Les officiers français et malgaches sont binômés sur l’ensemble des postes d’état-major afin de partager et de mieux appréhender les méthodes de travail aux normes OTAN. Les conditions de travail sont celles d’une opération extérieure. L’ensemble des forces (y compris les états-majors) sont projetées sur le terrain, et exécutent leurs missions dans des conditions rustiques.

Cet exercice se clôturera le mardi 26 mai, par une cérémonie populaire dans le stade de Diego Suarez, qui regroupera les chefs d’états-majors des armées malgaches, comoriennes, mauriciennes, seychelloises et le commandant supérieur des FAZSOI, le général Franck Reignier.

Cette cérémonie sera également l’occasion d’officialiser un jumelage entre le détachement de Légion étrangère de Mayotte (Français) et le 2ème régiment des forces d’intervention (Malgache) basé à Diego Suarez.

Le général Franck Reignier, commandant supérieur des Forces Armées dans la Zone Sud de l’Océan Indien (FAZSOI) souligne l’excellent déroulement et l’exemplarité de cet exercice. « Ces exercices multinationaux sont des moments de préparation opérationnelle indispensables afin de contrer plus efficacement des menaces toujours plus fortes ».

http://www.clicanoo.re/475335-les-f...e-de-l-exercice-multinational-diana-2015.html
 

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Iles éparses : Ban Ki Moon annonce que la France a entamé des négociations avec Madagascar

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est actuellement en visite officielle à Madagascar. Hier, au cours d'une conférence de presse, il a annoncé que Madagascar et la France avaient entamé des négociations à propos de l'avenir des iles Eparses et les a encouragé à les continuer.

Les iles Eparses sont de petites îles au sous-sol présumé riche en hydrocarbures, administrées par la France et revendiquées par Madagascar depuis 1973. "La résolution des Nations unies 3491 de l'assemblée générale a traité la question et invite le gouvernement français à entamer des pourparlers avec le gouvernement malgache", a indiqué M. Ban, lors de cette conférence de presse (voir la vidéo).

"Je crois savoir que les pourparlers ont commencé et j'encourage les deux pays à continuer sur ce chemin pour trouver une solution à ce problème de longue date" a-t-il poursuivi.

Les iles Eparses ont été rattachées administrativement à Madagascar lorsque la Grande île est devenue colonie française en 1896.

A la veille de l'indépendance (26 juin 1960), elles furent rattachées par décret au ministère des DOM-TOM à Paris, au grand dam des Malgaches.
[hop la petite quenelle !]

Depuis 1973 que Madagascar revendique officiellement ces îles, la France y assure une présence militaire, devenue permanente depuis les années 80. Durant l'élection présidentielle de 2013, l'actuel président Hery Rajaonarimampianina avait promis de réclamer les îles Éparses à la France, une promesse restée pour l'heure en suspens, selon ses opposants.

Les Français vont apprécier d'apprendre que le gouvernement est en train de négocier l'abandon des iles Eparses [je précise que l'auteur de l'article est une espèce de Briavoine réunionnais], qui recèlent potentiellement du pétrole et du gaz, en catimini. Si Ban Ki Moon n'en avait pas parlé, personne ne l'aurait su...
http://www.zinfos974.com/Iles-epars...des-negociations-avec-Madagascar_a101019.html
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Ben non, il n'y a aucune raison pour que des activités agricoles se développent sur les Eparses.

Par contre, je te rappelle que la France ne rechignerait pas à y exploiter du pétrole ;)




Donc plutôt ça :






que ça :




Quel que soit le propriétaire des îles, j'en ai peur.
 

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(parce qu'il faut les mêmes yaourts qu'à Paris ou Bordeaux donc forcément importation obligatoire de métropole
On peut parfaitement fabriquer les mêms yaourts sur place. Danone fabrioque en Guadeloupe et Yoplait en Martinique. On trouve les deux marques dans les deux iles en plus des marques locales (Caresse Antillaise et Litrée).

A la lecture de cet interessant article, on a l'impression que Mayotte est un cas à part par rapports aux autres DOM. C'est peut être pqr là qu'il faudrait commencer.

Par contre le truc des enfants étrangers, c'est aux Comores de prendre leur responsabilité. On va pas accueillir toute la misère du monde non plus.
Le problème c'est que le gouvernement Comorien considère Mayotte comme partie integrante de son territoire et qu'il n'a donc aucune raison d'empecher ses ressortissants d'envahir ce que les Français considèrent comme leur territoire.

Pour ce qui concerne les "Iles Eparses", je ne vpis pas bien ce qu'un " Brisavoine Réunionais" vient faire ici. La France les occupe militairement au nom du seul principe de la loi de plus fort. Difficile de trouver une quelqconque valeur juridique à un simple decret ministériel détachant un territoire d'un autre à la veille de l'indépendance d'autant plus que le parlement n'a même pas été consulté.
On ne peut pas faire de referendum coimme à Mayote puisque ces iles sont inhabitées...a moins que le gouvernement Malgache décide d'y envoyer des femmes pour y accoucher (Chiliens et Argentins ont utilisé ce procedé en Antarctique) et créer ainsi une population de natifs.
 

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On peut pas créer une espèce de pays qui serait géré par l'ONU et qui pourrait récupérer ces territoires inhabité pour y faire... rien, mais dont le seul rôle serait de les protéger de l'urbanisation/exploitation ?

Bon, je sais que c'est utopique, mais rien n'empêche d'essayer.
 

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Comme ce qu'aurait dû devenir l'antarctique à la base ? Pourquoi pas.

Ceci dit la France ou Madagascar ou n'importe quel Etat pourrait très bien le faire tout seul, tout simplement en créant un parc national (en tout cas un PN dans le style français, très protecteur)

Mais le modèle économique en vigueur veut qu'un ne crée pas de parc national là où il y a du pétrole, va savoir pourquoi.
 

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Absolument personne ne parle des évènements très graves qui se passent à Mayotte. Mépris total des rédactions parisiennes, y compris les plus "bien-pensantes". On est pourtant à 2 doigts d'avoir d'avoir des pogroms d'étrangers en situation irrégulière par des foules de lyncheurs. Pas les bons coupables ?? Le pire étant que sur le fond, la situation est insoluble (à moins de prendre une décision vraiment radicale). Dans tous les cas de figure, le pays tout entier va payer ça très cher, et pas que financièrement.
 
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