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C’EST exceptionnel, vu la conjoncture économique. Le taux de chômage au deuxième trimestre est à 8% contre 9,1% au cours de la même période de l’année dernière. Et ce, même si le phénomène reste surtout urbain puisque le taux de chômage dans les villes dépasse le niveau national de 4,6 points.

Pour ce trimestre, la «bonne tenue» du chômage au niveau national est attribuée en grande partie à l’agriculture, forêt et pêche. Un secteur sur lequel il faut capitaliser avec la mise en place du Plan Vert qui s’est fixé pour objectif sa modernisation et l’amélioration de sa compétitivité. D’autant qu’aujourd’hui, les emplois qui y sont créés ne sont pas à forte valeur ajoutée et restent pour la plupart saisonniers et précaires.

A elle seule, la branche agriculture, forêt et pêche a créé 196.000 postes de travail dont 176.000 dans les campagnes. Le BTP et les services ont également embauché du monde, mais dans des proportions moindres que les années précédentes. Dans ces deux branches, l’on constate un ralentissement par rapport aux trois dernières années. Dans le BTP, le Haut commissariat au Plan a recensé 40.000 nouveaux emplois dont 32.000 dans les villes. Nous sommes loin de la moyenne annuelle de 92.000 postes enregistrée ces trois dernières années. Idem pour les services qui ont créé 11.000 postes contre une moyenne annuelle de 132.000 au cours des trois dernières années.
Les pertes d’emploi ont été surtout constatées dans l’industrie y compris l’artisanat avec 7.000 emplois en moins au niveau national. Celles-ci sont plus prononcées dans le rural avec la disparition de 30.000 emplois.
Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au Plan, qui a animé une conférence de presse lundi 27 juillet sur ce sujet, explique que des variations importantes en matière de création d’emploi ont été constatées en milieu urbain. Les statistiques confirment la crise dans les industries du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure. En tout cas, 24.000 emplois y ont disparu. Dans le «transport, entrepôt et communication», les pertes se chiffrent à 25.000 postes de travail alors qu’elles se sont établies à 8.000 dans les industries alimentaires et de boissons et à 1.000 dans les industries extractives.
Durant ce trimestre, l’on constate une légère hausse de l’auto-emploi. Une rubrique qui englobe les indépendants sans pour autant qu’ils ne relèvent du secteur formel. Ce qui renvoie encore une fois à la précarité des emplois créés.
Autre constat, les jeunes âgés de 15 à 24 ans et les diplômés ont toujours du mal sur le marché du travail. Le taux de chômage de ces deux catégories dépasse la moyenne nationale de plus de 7 points. Une surqualification par rapport à l’offre de travail ou l’absence de qualification faute d’une formation adéquate expliqueraient ce phénomène.
Le HCP a effectué une comparaison entre le niveau de qualification de la population active entre 1999 et 2008. Il relève que la part des actifs sans qualification reste prépondérante. Elle représente 64,8% de la population active en 2008 contre 69,6% en 1999. Ce qui remet la problématique de la formation encore une fois sur le tapis. C’est même une urgence, l’après-crise devant se caractériser, selon Lahlimi, par l’émergence de nouvelles sources de concurrence, notamment dans les technologies et les produits propres. Or, jusqu’à présent, la réforme de l’enseignement a du mal à se mettre en place. Le rapport préliminaire du Conseil supérieur de l’enseignement sur l’évaluation des acquis a rendu compte de l’étendue des lacunes (cf. L’Economiste du 9 mars 2009).
Le HCP relève aussi que le chômage reste prépondérant chez les jeunes et note une relative faiblesse de la compétitivité des diplômes. En tout cas, même s’ils ont réduit leur taux de chômage, ceux qui ont un niveau d’études supérieures ont toujours du mal à trouver un emploi: le taux de chômage des diplômés du supérieur est de 19,5% en 2008 contre 27,6% en 1999. En revanche, le niveau de chômage de ceux qui ont un niveau d’instruction moyen s’est établi à 18% en 2008 contre 26,9% en 1999.
Sur ces dix dernières années, ce sont surtout les services qui ont créé le plus d’emplois, soit 8,5 fois plus que l’agriculture dont la contribution a baissé de 5,3 points. Le salariat a également augmenté gagnant trois points entre 1999 et 2008 alors que le travail familial a baissé de 6 points. Quant au sous-emploi, il a baissé de 5 points. Il s’agit des postes occupés par des personnes souvent surqualifiées.

K. M. http://www.leconomiste.com/article.html?a=94774
 
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