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Le Havre, Porte Oceane...
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Discussion Starter · #1 · (Edited)
AUGUSTE PERRET



Peu d’architectes ont, aussi bien qu’Auguste Perret, illustré à la fois la modernité technique, ici le béton armé, et la référence à la continuité de l’art de bâtir, telle que celui-ci est affirmé dans l’architecture française depuis l’âge gothique par des praticiens situés à l’écart du modèle académique. Auguste est à la tête, avec ses frères Gustave et Claude, de l’entreprise de construction Perret frères, qui prend la suite de celle créée par leur père, un communard exilé en Belgique, après son retour à Paris en 1880. Cet ancrage professionnel dans le monde de la construction est fondamental pour comprendre la trajectoire d’Auguste Perret, qui, malgré des études incomplètes à l’École des Beaux-arts, et malgré l’absence du cursus honorum qui conditionne l’accès à la commande publique, achèvera sa carrière dans une double posture originale, celle d’un entrepreneur, et celle d’un architecte officiel majeur, membre de l’Institut.

Confrontés très tôt à des programmes nobles, qui impliquent un rapport étroit entre la conception architecturale et l’étude du projet constructif en béton armé (que réalisera l’entreprise), Auguste et Gustave Perret, par leur maîtrise du nouveau procédé, construisent des édifices marquants : un élégant immeuble d’habitation à ossature (rue Franklin, 1902-1903), un grand garage (rue de Ponthieu, 1906-1907) ; leur coup d’éclat est la réalisation du théâtre des Champs-Élysées (1911-1913), où ils parviennent à supplanter l’architecte du projet initial dans un édifice luxueux et en vue, accordé aux manifestations du théâtre de l’avant-garde. Parallèlement à d’importants édifices industriels, les frères Perret produisent un édifice-clef, l’église de Raincy (1922-1923), où des coques minces de béton, raidies par des tirants et des tympans, portent sur de fines aiguilles de béton, qui ôtent tout rôle porteur à la paroi de claustra et de verre. Identifié à une « Sainte-Chapelle du béton armé », l’édifice est très bien accueilli par le clergé, sensible à l’économie du « tout béton », et qui écarte plusieurs entreprises sous-traitantes.

Après 1925, des commandes publiques consacrent le rôle de chef de file d’Auguste Perret, courtisé par des ministres éclairés (Anatole de Monzie) : les services d’études du ministère de la Marine (boulevard Victor), le Mobilier national, le musée des Travaux publics (aujourd’hui le Conseil économique et social). L’expression apparente de la structure, la trame large, le dessin raffiné des supports, le béton bouchardé : ces mises au point définissent les ressources d’un « classicisme structural » (J. Abram), et font la démonstration de sa capacité à répondre à des programmes monumentaux.

À partir de 1939, l’intérêt de Raoul Dautry pour l’œuvre d’Auguste Perret le conduit à confier à celui-ci des chantiers d’importance nationale : usine d’aluminium pour la S.C.A.L. à Issoire (1939-1942), reconstruction du Havre (à partir de 1945), et installation du C.E.A. à Saclay (à partir de 1948). Installé aux places d’honneur dans toutes les instances académiques et professionnelles, Auguste Perret achève sa carrière dans le statut d’un architecte officiel, entouré d’élèves et de disciples, porteur d’un projet d’une monumentalité destinée à une rapide obsolescence, sans toutefois que s’atténue la cohérence d’une architecture saturée par la rigueur des études techniques du projet.



Auguste Perret naît le 12 Février 1874 à Ixelles en Belgique dans la banlieue de Bruxelles. Le père Claude Marie ayant participé au soulèvement de la commune de Paris, sa famille s'était réfugiée en Belgique pour échapper à la répression.



Le contexte familial et professionnel : il découvre dans la bibliothèque paternelle le dictionnaire de l'architecture de Viollet le Duc dont il lit les dix volumes et s'initie aux procédés de construction au sein de l'entreprise familiale. Le grand-père était maître carrier, le père était appareilleur puis tailleur de pierre et enfin entrepreneur.

- Le contexte technique de l'époque : la construction en béton armé arrive à maturité. Depuis l'invention par Monnier en 1867 du béton de ciment armé de treillage pour la réalisation de bacs à fleurs, jusqu'à la fin du XIXème siècle, l'usage de ce matériau dans les constructions se multiplie et sa technique s'améliore rapidement notamment sous l'impulsion de la société Hennebique qui au début du XXème siècle compte 50 bureaux d'étude et 380 personnes.



- L'enseignement théorique : Viollet le Duc, mais aussi Julien Guadet professeur de Perret à l'école des Beaux Arts, le plus grand théoricien de l'architecture de son époque sont déterminants dans la formation et la carrière de Perret, architecte constructeur qui donne ses lettres de noblesse au béton armé.

Continuateur de la grande tradition classique française dans l'architecture du XXème siècle, il ouvre la voie à l'architecture moderne dans un registre spécifique : le classicisme structurel, synthèse moderne des deux courants antagonistes du XIXème siècle : le néo-gothique et le néo-classique.

Au début de sa carrière, son architecture se heurte au conservatisme de la profession. L'importance de sa contribution à l'évolution de l'architecture n'est reconnue que tardivement et c'est sans doute son rôle de formateur de plusieurs générations d'élèves (il enseigne durant près de 30 ans) qui contribue à sa reconnaissance.



Ce sont ces mêmes élèves et disciples qui, en 1945, plaident sa cause auprès du Ministre de la Reconstruction Raoul Dautry pour que lui soit confiée la reconstruction de "la Ville la plus détruite de France" : Le Havre.
En mai 1945, Perret alors âgé de 71 ans est nommé par le Ministre, Architecte en chef de la reconstruction du Havre.
Il arrive au Havre entouré des 18 architectes, anciens élèves et disciples, qui se sont constitués en "Atelier de Reconstruction du Havre".

Ce choix de l'Etat ne fut pas apprécié des élus Havrais ; un urbaniste avait été désigné en 1941 et l'architecte Havrais Félix Bruneau, prix de Rome, avait élaboré un projet pour la Reconstruction du Centre qui fut présenté à la population en Juillet 1945 et approuvé par le Maire. C'est donc dans un contexte local peu favorable qu'Auguste Perret présente aux élus havrais en novembre 1945 les premiers plans masse étudiés par ses collaborateurs de l'Atelier de Reconstruction du Havre.

Auguste Perret meurt le 25 Février 1954 à l'âge de 80 ans ; les plus importants îlots de la reconstruction sont achevés ou en voie d'achèvement mais les deux plus importants édifices : l'Hôtel de Ville et l'Eglise Saint-Joseph sont en chantier et ne s'achèveront que quelques années après sa mort.

Citations d'Auguste Perret

MOBILE OU IMMOBILE, TOUT CE QUI OCCUPE L’ESPACE APPARTIENT AU DOMAINE DE L’ARCHITECTURE.

L’ARCHITECTURE EST L’ART D’ORGANISER L’ESPACE, C’EST PAR LA CONSTRUCTION QU’IL S’EXPRIME.

L’ARCHITECTURE S’EMPARE DE L’ESPACE, LE LIMITE, LE CLOT, L’ENFERME. ELLE A CE PRIVILÈGE DE CRÉER DES LIEUX MAGIQUES, TOUT ENTIERS ŒUVRES DE L’ESPRIT.

ARCHITECTE EST LE CONSTRUCTEUR QUI SATISFAIT AU PASSAGER PAR LE PERMANENT.

IL EST CELUI QUI, PAR LA GRACE D’UN COMPLEXE DE SCIENCE ET D’INTUITION CONÇOIT UN PORTIQUE, UN VAISSEAU, UNE NEF, UN ABRI SOUVERAIN CAPABLE DE RECEVOIR DANS SON UNITÉ LA DIVERSITÉ DES ORGANES NÉCESSAIRES A LA FONCTION.

L’ARCHITECTURE EST, DE TOUTES LES EXPRESSIONS DE L’ART, CELLE QUI EST LE PLUS SOUMISE AUX CONDITIONS MATÉRIELLES.

PERMANENTES SONT LES CONDITIONS QU’IMPOSE LA NATURE, PASSAGÈRES CELLES QU’IMPOSENT L’HOMME,

LE CLIMAT, SES INTEMPÉRIES, LES MATÉRIAUX, LEURS PROPRIÉTÉS, LA STABILITÉ, SES LOIS, L’OPTIQUE, SES DÉFORMATIONS, LE SENS ÉTERNEL ET UNIVERSEL DES LIGNES ET DES FORMES IMPOSENT DES CONDITIONS QUI SONT PERMANENTES.

LA FONCTION, LES USAGES, LES RÈGLEMENTS, LA MODE IMPOSENT DES CONDITIONS QUI SONT PASSAGÈRES.

C’EST PAR LA CONSTRUCTION QUE L’ARCHITECTE SATISFAIT AUX CONDITIONS TANT PERMANENTES QUE PASSAGÈRES.

LA CONSTRUCTION EST LA LANGUE MATERNELLE DE L’ARCHITECTE. L’ARCHITECTE EST UN POÈTE QUI PENSE ET PARLE EN CONSTRUCTION.

TECHNIQUE, PERMANENT HOMMAGE RENDU A LA NATURE, ESSENTIEL ALIMENT DE L’IMAGINATION, AUTHENTIQUE SOURCE D’INSPIRATION, PRIÈRE, DE TOUTES LA PLUS EFFICACE LANGUE MATERNELLE TECHNIQUE PARLÉE EN POÈTE NOUS CONDUIT EN ARCHITECTURE.

L’ÉDIFICE, C’EST LA CHARPENTE MUNIE DES ÉLÉMENTS ET DES FORMES IMPOSÉES PAR LES CONDITIONS PERMANENTES QUI, LE SOUMETTANT A LA NATURE, LE RATTACHENT AU PASSÉ ET LUI CONFÈRE LA DURÉE.

ET LE PRESTIGE DE LA CHARPENTE EN BOIS EST TEL QU’ON EN REPRODUIT TOUS LES TRAITS, JUSQU’AUX TETES DE CHEVILLE.

A PARTIR DE CE MOMENT, L’ARCHITECTURE DITE CLASSIQUE N’EST PLUS QU’UN DÉCOR.

ENTRE TEMPS S’ÉLÈVE SUR LE SOL DE FRANCE LE ROMAN, PUIS L’OGIVAL, NERVURE ET ARC BOUTANT, VÉRITABLE CHARPENTE DE PIERRE QUI COUVRE L’EUROPE.

ENFIN VOICI LA CHARPENTE D’ACIER PUIS, NÉE EN FRANCE, LA CHARPENTE EN BÉTON ARMÉ, PRETE A COUVRIR LE MONDE D’UNE AUTHENTIQUE ARCHITECTURE.

LES GRANDS ÉDIFICES D’AUJOURD’HUI COMPORTENT UNE OSSATURE, UNE CHARPENTE EN ACIER OU EN BÉTON DE CIMENT ARMÉ.

L’OSSATURE EST A L’ÉDIFICE CE QUE LE SQUELETTE EST A L’ANIMAL.

DE MEME QUE LE SQUELETTE DE L’ANIMAL, RYTHMÉ, ÉQUILIBRÉ, SYMÉTRIQUE, CONTIENT ET SUPPORTE LES ORGANES LES PLUS DIVERS ET LES PLUS DIVERSEMENT PLACÉS, DE MEME LA CHARPENTE DE L’ÉDIFICE DOIT ETRE COMPOSÉE, RYTHMÉE, ÉQUILIBRÉE, SYMÉTRIQUE MEME.

ELLE DOIT POUVOIR CONTENIR LES ORGANES, LES ORGANISMES LES PLUS DIVERS ET LES PLUS DIVERSEMENT PLACÉS, EXIGÉS PAR LA FONCTION. ET LA DESTINATION.

CELUI QUI DISSIMULE UNE PARTIE QUELCONQUE DE LA CHARPENTE SE PRIVE DU SEUL LÉGITIME ET PLUS BEL ORNEMENT DE L’ARCHITECTURE.

CELUI QUI DISSIMULE UN POTEAU COMMET UNE FAUTE. CELUI QUI FAIT UN FAUX POTEAU COMMET UN CRIME.

LES CONDITIONS PASSAGÈRES ET LES CONDITIONS PERMANENTES SATISFAITES, L’ÉDIFICE, AINSI SOUMIS A L’HOMME ET A LA NATURE, AURA DU CARACTÈRE, IL AURA DU STYLE, IL SERA HARMONIEUX.

CARACTÈRE, STYLE, HARMONIE JALONNENT LE CHEMIN QUI, PAR LA VÉRITÉ, CONDUIT A LA BEAUTÉ.

C’EST PAR LA SPLENDEUR DU VRAI QUE L’ÉDIFICE ATTEINT A LA BEAUTÉ.

LE VRAI EST DANS TOUT CE QUI A L’HONNEUR ET LA PEINE DE PORTER OU DE PROTÉGER.

CE VRAI, C’EST LA PROPORTION QUI LE FERA RESPLENDIR, ET LA PROPORTION C’EST L’HOMME MEME.


CELUI QUI, SANS TRAHIR LES MATÉRIAUX NI LES PROGRAMMES MODERNES, AURAIT PRODUIT UNE OEUVRE QUI SEMBLERAIT AVOIR TOUJOURS EXISTÉ, QUI, EN UN MOT, SERAIT BANALE, JE DIS QUE CELUI-LA POURRAIT SE TENIR POUR SATISFAIT.

CAR LE BUT DE L’ART N’EST PAS DE NOUS ÉTONNER NI DE NOUS ÉMOUVOIR.

L’ÉTONNEMENT, L’ÉMOTION SONT DES CHOCS SANS DURÉE, DES SENTIMENTS CONTINGENTS, ANECDOTIQUES.

L’ULTIME BUT DE L’ART EST DE NOUS CONDUIRE DIALECTIQUEMENT DE SATISFACTION EN SATISFACTION, PAR DELA L’ADMIRATION, JUSQU’A LA SEREINE DÉLECTATION.

 

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Discussion Starter · #2 ·
Immeuble 25 bis Rue Franklin, Paris XVIe (1902-1904)

Immeuble, Paris 16e
Adresse : Franklin (rue) 25 bis.

Historique:

Immeuble de rapport construit en 1902, et pour leur propre compte, par les architectes Auguste Perret et son frère Gustave. Cet édifice novateur, de neuf étages, est entièrement construit en béton armé (système Hennebique). L'absence de murs porteurs permet d'y voir la naissance du «plan libre». L'exécution de l'ossature a été confiée à une entreprise sous-traitante, Latron et Vincent. L'immeuble se caractérise en façade par deux bow-windows sans console. Le béton est dissimulé sous un revêtement de panneaux de grès réalisés par le céramiste Alexandre Bigot. L'édifice a été protégé lors d'une campagne sur l'oeuvre des frères Perret.

Protection: Façades et couvertures : inscription par arrêté du 16 mars 1966.






 

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Discussion Starter · #3 · (Edited)
L'Eglise du Raincy (Seine Saint Denis)

Église du Raincy, Seine-Saint-Denis



Propriété de l'Eglise Catholique.

Historique:

Église construite à l'initiative du curé doyen du Raincy, l'abbé Félix Nègre. Commencée en avril 1922 et consacrée le 17 juin 1923, l'église est l'oeuvre de l'agence des frères Auguste et Gustave Perret. Cette «Sainte-Chapelle du béton armé» est considérée comme la première église «moderne» en France, construite (à l'économie) en béton armé (de mauvaise qualité). Les vitraux sont réalisés par le maître-verrier Marguerite Huré sur des cartons de Maurice Denis pour les parties figurées ; les parties décoratives sont entièrement créées par Marguerite Huré. L'une des dix grandes verrières, le vitrail de la bataille de la Marne, dit de «La Vierge aux Taxis», représente des taxis, des «poilus» et des généraux, souvenirs de la victoire de l'Ourcq et du départ du Raincy, en septembre 1914, d'une des colonnes des taxis de la Marne. L'édifice a été protégé lors d'une série de protections de l'oeuvre des frères Perret. Entre 1988 et 1996, le gros oeuvre de l'église et le décor des vitraux ont été entièrement restaurés. La restauration des vitraux a été réalisée par l'atelier Durand.

Protection: Église Notre-Dame (cad. A 581p) : classement par arrêté du 29 juin 1966.








 

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Discussion Starter · #4 · (Edited)
Ce Thread sera complété progressivement par les Villas, les Hotels, les Eglises, les Monuments divers, les Musées (le Conseil economique et social)...et les projets fous qui n'ont jamais vu le jour...
 

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Discussion Starter · #6 · (Edited)
Le Palais du Mobilier National, Paris 13eme (1934)



Edifice destiné à entretenir le mobilier appartenant à l'Etat.
Il comporte des ateliers d'ébénisterie, de lustrerie et des ateliers de réparation des tapisseries.
On y trouve les caractéristiques techniques habituelles des ouvrages de Perret, l'utilisation du béton armé, la séparation structure portante et remplissage, la trame (ossature principale tous les 5,84 m).

L'entrée principale, à l'intersection de la rue Croulebarbe et de la rue Bertier du Mets, qui donne sur la cour d'honneur, est aussi le plafond d'un immense sous-sol sur la totalité de la surface bâtie.


 

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Discussion Starter · #7 ·
Le Conseil Economique et Social, Paris 16e, Place d'Iena.

Le Conseil Economique et Social, ancien Musée des Travaux Publiques, construit en partie pour l'exposition Universelle de 1937 et terminé en 1946.



L'actuel Conseil Economique et Social a été conçu dans le cadre de l'exposition internationale de 1937. Perret reprend ici le principe de la double ossature: les colonnes supportent la toiture, d'autres colonnes intérieures supportent le plancher intermédiaire et les claustras. L'ensemble est entièrement réalisé en béton armé.
La rotonde se justifie par le pendant qu'elle offre à celle du musée Guimet situé de l'autre côté de la place d'Iéna.



La grande salle hypostyle, dont le plancher supérieur est soutenu par 24 colonnes disposées suivant la trame 6m x 6m



Les colonnes supportent une poutraison formant un plafond caissonné, tapissé de grands panneaux de chêne, ce qui permet d'éviter l'emploi du plâtre dont aucun sac n'est entré dans la consruction du bâtiment.



L'escalier intérieur à double circonvolution est sans appui intermédiaire. C'est une véritable prouesse technique. La sous-face est particulièrement soignée.





La rotonde:
La coupole intérieure est constituée de nervures rayonnantes entre lesquelles sont disposés des pavés de verre. Les nervures reposent sur une poutre supportée par la colonnade intérieure et celle du péristyle.



Sur la face extérieure des panneaux de remplissage, est réalisée une bande continue qui évoque le ruban des pierres bossées.
Les remplissages sont montés avec des éléments coulés d'avance.
Un choix de pierres concassées a permis d'obtenir ces différentes nuances.





 

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nanar
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Salut

Perret était un précurseur, un penseur et un promoteur de l'architecture moderne. Ses phrases que tu cites plus haut le montre.

Il était DOUE, c'était un BON architecte.
C'est ce qui fait la difference avec d'autres architectes contemporains.
Ne me demandez pas de noms, ils ne méritaient pas forcemment de passer à la postérité.

Malgré tout je vois un problème dans l'enseignement contemporain (au 20ème siècle) de l'architecture, par rapport à celui des siècles passés :

Au 20ème siècle, on a considéré que tous les élèves architectes seraient doués.
On leur a en conséquence, me semble t'il, plus ou moins enseigné de mépriser les leçons des maîtres du passé.
Et on a volontairement omis de leur enseigner ces leçons, sous le prétexte que les matériaux de la construction, complètement nouveaux, ne justifiaient plus ces leçons.
(je pense plus particulièrement à l'art d'intégrer la construction nouvelle à l'environnement préexistant)

En outre, l'importance des destructions dues aux 2 grandes guerres, puis l'importance des besoins de construction après la 2ème ont fait que les maîtres d'ouvrages ont cherché à faire le moins cher et le plus vite.

Cela a permis à nombres d'architectes que je qualifierai de médiocres de bien vivre de leur (peu de) savoir.

Je ne jette pas la pierre aux seuls architectes : des clients plus exigeants et des ressources financières plus importantes auraient obligé les architectes à s'améliorer dans leur art.

Si on y avait ajouté un peu plus de travail d'urbanistes (qui est bien plus vaste que celui de la seule architecture), on aurait évité de bâtir tant de "quartiers" qu'on démolit après seulement 40 ans d'existence.

Malgré tout, Le Havre, grâce au talent de Perret, mérite d'être conservé.
Cela n'empêche pas qu'on puisse envisager, progressivement, de remplacer certains immeubles d'après 1945, ou d'en construire de neufs à côté des existants.
Avec souci d'intégration, mais pas forcemment en copiant rigoureusement le style.

Et , heureusement, ce n'est pas un classement au patrimoine par l'UNESCO qui interdirait ces modifications.
Car tout figer pourrait être pire que faire évoluer avec tact, mesure et talent.

A+
nanar
 

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Discussion Starter · #10 ·
nanar said:
Salut

Perret était un précurseur, un penseur et un promoteur de l'architecture moderne. Ses phrases que tu cites plus haut le montre.

Il était DOUE, c'était un BON architecte.
C'est ce qui fait la difference avec d'autres architectes contemporains.
Ne me demandez pas de noms, ils ne méritaient pas forcemment de passer à la postérité.

Malgré tout je vois un problème dans l'enseignement contemporain (au 20ème siècle) de l'architecture, par rapport à celui des siècles passés :

Au 20ème siècle, on a considéré que tous les élèves architectes seraient doués.
On leur a en conséquence, me semble t'il, plus ou moins enseigné de mépriser les leçons des maîtres du passé.
Et on a volontairement omis de leur enseigner ces leçons, sous le prétexte que les matériaux de la construction, complètement nouveaux, ne justifiaient plus ces leçons.
(je pense plus particulièrement à l'art d'intégrer la construction nouvelle à l'environnement préexistant)

En outre, l'importance des destructions dues aux 2 grandes guerres, puis l'importance des besoins de construction après la 2ème ont fait que les maîtres d'ouvrages ont cherché à faire le moins cher et le plus vite.

Cela a permis à nombres d'architectes que je qualifierai de médiocres de bien vivre de leur (peu de) savoir.

Je ne jette pas la pierre aux seuls architectes : des clients plus exigeants et des ressources financières plus importantes auraient obligé les architectes à s'améliorer dans leur art.

Si on y avait ajouté un peu plus de travail d'urbanistes (qui est bien plus vaste que celui de la seule architecture), on aurait évité de bâtir tant de "quartiers" qu'on démolit après seulement 40 ans d'existence.

Malgré tout, Le Havre, grâce au talent de Perret, mérite d'être conservé.
Cela n'empêche pas qu'on puisse envisager, progressivement, de remplacer certains immeubles d'après 1945, ou d'en construire de neufs à côté des existants.
Avec souci d'intégration, mais pas forcemment en copiant rigoureusement le style.

Et , heureusement, ce n'est pas un classement au patrimoine par l'UNESCO qui interdirait ces modifications.
Car tout figer pourrait être pire que faire évoluer avec tact, mesure et talent.

A+
nanar
C'est claire que comme pour toute architectures et toutes les villes, l'architecture du 20eme a des choses qui méritent d'être conservées et d'autres non. C'est pareil pour le 19eme siecle, le 18 eme etc...

De même a Havre, ville fortement marquée par la Reconstruction, je vais dire qu'il y'a 80 % de la Ville reconstruite qui est historique et qui mérite d'être protégée pour les générations futur.
Dans la Reconstruction, il faut aussi avouer qu'il y'a des chose moins importantes (comme dans le quartier Saint Nicolas, ou dans le quartier de la Gare.) D'ailleur l'UNESCO prevoit de classer 80% de la ville reconstruite par l'Atelier Perret, et le reste en zone tampon (toute architecture comprise, Hausmanienne, Reconstruction hors Atelier Perret).

Auguste Perret était un architecte qui a beaucoup appris des ancien. C'était un artisan avant d'être un architecte.
Le Corbusier n'a conservé aucun liens avec le passé.

Finalement quand on regarde bien, le style Perret, c'est un style 19 eme siecle modernisé.
 

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Discussion Starter · #11 ·
sussucre said:
thread tres interessant. merci ! :)
D'autres réalisations seront ajoutées aux files des Jours. J'ajouterais aussi les projets non réalisés.
 

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Discussion Starter · #12 ·
Le Corbusier. Lettres à Auguste Perret...

édition établie par Marie-Jeanne Dumont.

Il n’est guère, pour l’historien, de documents manuscrits plus précieux qu’une correspondance datée et localisée, mais surtout ingénue, c’est-àdire visant son seul destinataire,sans souci de séduire ou de leurrer la postérité.On mesurera donc la valeur de l’entreprise lancée par Marie-Jeanne Dumont qui,sous l’égide des éditions du Linteau,se propose d’éditer la correspondance du jeune Charles-Édouard Jeanneret avec ceux qu’il a explicitement reconnus pour ses quatre maîtres,Charles L’Éplatennier,William Ritter, Auguste Perret et Amédée Ozenfant. Le premier volume de la série vient de paraître.Il est consacré aux lettres,“miraculeusement conservées” dans les archives du fonds Perret,accessibles depuis peu et presque toutes inédites, que Le Corbusier adressa à son ancien patron durant les années qui suivirent son passage à l’agence des frères Perret en tant que “dessinateur à temps partiel”, de juillet 1908 à novembre 1909. Il s’agit là d’un travail éditorial exemplaire.Une introduction d’une quarantaine de pages, synthétique, claire et concise précise la place de ce premier volume dans le projet global et livre les informations nécessaires sur le contexte dans lequel s’insère cette correspondance,unilatérale, à cinq exceptions près de quelques lignes chacune, les autres réponses de Perret, s’il y en eut, étant demeurées introuvables. Marie-Jeanne Dumont dit bien l’intérêt de ces lettres écrites d’abord d’Allemagne durant le voyage de formation imposé par L’Éplatennier,puis de La Chaux-de-Fonds pendant la guerre : c’est en effet à l’issue de ces années, entre 1910 et 1917,que Charles-Édouard Jeanneret devient Le Corbusier.Dumont note avec justesse que “nul n’aura plus que lui passionnément chéri, cultivé et prolongé la relation d’élève à maître, nul n’aura aussi longtemps différé son accession à l’autonomie intellectuelle et artistique”. Elle précise, avec non moins de pertinence, que “ce n’était pas tant la technique moderne du béton armé que le futur Le Corbusier devait apprendre durant son séjour chez Perret […] c’était l’architecture elle-même”.Et elle rappelle comment, pour former son collaborateur, Perret l’envoyait relever les plans de Notre-Dame, visiter Versailles,ou lui faisait lire les Entretiens sur l’architecture… Mais Marie-Jeanne Dumont ne s’est pas contentée d’introduire cette correspondance presque entièrement manuscrite. Elle l’a soigneusement retranscrite, ordonnée et assortie d’un précieux appareil critique.D’une part, des notes infra-paginales éclairent les propos allusifs, l’identité des personnes ou des ouvrages cités,etc.D’autre part, un commentaire imprimé dans un caractère différent mais dans le même corps que les lettres de Jeanneret, situe ces dernières de manière chronologique et en les éclairant, tantôt par des lettres de Jeanneret à d’autres correspondants, tantôt par le témoignage synchronique d’autres protagonistes.C’est ainsi que l’interview de Perret, publiée dans Paris Journal par Louis Vaucelles,donne son plein sens à la stupéfiante lettre de rupture du 13 décembre 1922,où Jeanneret conclut:“Mon petit chemin s’est fait à force de travail et,Dieu merci,sans vous,car il serait lourd d’avoir des dettes avec vous ; ainsi,pour finir en gaîté […] j’ai envie de vous dire :‘Auguste,occupe-toi de tes fesses’.” De même,la mise en perspective de la relation avec Perret est judicieusement complétée par trois écrits plus tardifs de Le Corbusier :un fragment de son introduction à la première édition des Œuvres complètes de 1929 ; l’article, à tous égards remarquable,qu’il livre à Pierre Vago en 1932 pour le numéro spécial de L’Architecture d’Aujourd’hui sur Perret ; un ultime entretien de 1965 avec Jean Petit. Poursuivant et complétant l’enquête inaugurée par des chercheurs étrangers (tels Allan Brooks ou Giuliano Gresleri) auxquels elle rend hommage,c’est ainsi un véritable écrin que Marie-Jeanne Dumont a tissé autour d’une correspondance constituée de 27 lettres,dont 6 adressées globalement aux frères Perret,et de 22 cartes postales et mots de quelques lignes. Quant aux missives elles-mêmes,elles sont passionnantes. Pas seulement en raison des informations les plus diverses qu’elles nous livrent,aussi bien sur Perret et sur les polémiques autour du Théâtre des Champs-Élysées que sur l’intense activité professionnelle de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds entre 1913 et 1917,sur son rapport avec la musique,sur son premier enthousiasme pour le gothique. Le moins curieux n’est pas l’ambivalence qu’il nourrit à l’endroit de la culture et de l’architecture des pays germanophones :partagé entre fascination et répulsion,passant de la louange hyperbolique à l’invective et au total dénigrement, il est parfois conduit à d’étranges conclusions. Cette correspondance n’est pas seulement, non plus, le récit d’une émancipation qui,selon Marie-Jeanne Dumont, “[nous fait assister] comme en accéléré à la naissance du système juste avant qu’il ne prenne la forme péremptoire, sentencieuse et figée de ses premiers manifestes”.En fait, les lettres du futur Le Corbusier à Auguste Perret, toutes signées Jeanneret sauf l’ultime de 1943, et toutes libellées “Cher Monsieur” ou depuis 1913 “Cher Monsieur Auguste” sauf les trois dernières, ces lettres sont avant tout,à mon sens,un extraordinaire document sur la personnalité et le caractère de Le Corbusier.Si la doctrine n’est encore ni organisée ni stabilisée,tous les éléments caractériels sont en place pour la longue durée.Je me bornerai à quatre aspects.Premièrement,le dogmatisme :Jeanneret ignore la dialectique ; il multiplie les jugements à l’emporte- pièce, fondés sur une logique affective du tout ou rien.Deuxièmement,l’opportunisme:un bon tiers des lettres sontdes demandes de services :lettres de recommandation (“Vous pourriez, par un mot écrit de votre main, me faire obtenir une commande de 300 à 400 000 francs”), demandes d’appui pour participer à des expositions de peinture ou d’architecture, demandes de documents, demandes d’assistance technique.La patience des Perret est à toute épreuve.En 1917,lorsque Jeanneret projette la publication d’un “Album France-Allemagne”,c’est encore “M.Auguste”qui lui présente Ozenfant, et lui encore qui aide à financer L’Esprit nouveau en 1922.Le “tireur de sonnettes”, ainsi qu’il se désigne lui-même,encadre quand il en a le temps ses requêtes d’énormes flatteries à l’égard de Perret,dont il se peint en porte-drapeau face à l’ignorance ou à la méconnaissance du monde entier.De même, dès l’été 1914, la Première Guerre mondiale lui apparaît comme une formidable opportunité pour les nouveaux bâtisseurs.Troisièmement,la manie de la persécution: déjà en 1912, il se plaint aux frères Perret d’essuyer “des misères sans fin”de la part de collègues qui se moquent de lui. En 1913, il confie à Auguste que ses clients potentiels tendent“l’oreille aux milles calomnies qui [le] visent: on voudrait bien [l’]écraser”.Ensuite,il ne cesse de se dire “débiné sournoisement par des confrères jaloux”,“épié par des confrères aussi jaloux que puissants”. Cette obsession, désormais latente, en arrive même à se traduire par des déclarations d’antisémitisme visant“les Juifs cauteleux”qui le persécutent. Ma quatrième remarque concerne la brutalité avec laquelle l’auteur des lettres récuse sa généalogie intellectuelle,illustrée en l’occurrence par la rupture avec Perret :celle-ci survient au moment où Le Corbusier n’a plus rien à attendre ou à gagner du maître qui lui a enseigné la modernité en architecture et l’a introduit dans le monde parisien des arts et des lettres. Depuis 1917,Ozenfant, l’inventeur du pseudonyme Le Corbusier, a pris le relais, en attendant d’être à son tour jeté de la même façon. Derrière ces traits et ces thèmes dominants, le lecteur attentif découvre cependant,au détour de certaines pages, et comme en abyme, un autre Le Corbusier – celui qui sème des reines-marguerites et des digitales, est bouleversé par un paysage de neige ou aménage avec dévotion la maison de ses parents – et qui est sans doute la vérité du premier. Le style des lettres, alternativement châtié et relâché, confirme cette ambivalence. Avec sa mitraillette d’exclamations, ses adjectifs hyperboliques, ses formules plus ou moins percutantes et emphatiques,ses à-peu-près lexicaux,c’est déjà presque celui de Le Corbusier essayiste et militant de l’architecture moderne. Mais pas seulement. Quel rôle faut-il, dès lors, attribuer à William Ritter qui fut son maître en écriture ? On attend avec curiosité et impatience la correspondance Jeanneret/Ritter.Souhaitons que Marie-Jeanne Dumont la publie bien vite, ainsi que les deux autres volumes de sa tétralogie.
 

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Le Havre, Porte Oceane...
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Le Theatre des Champs Elysées, Alma Marceau, Paris 8eme

Le Théâtre des Champs-Elysées, vrai temple de la musique, de l’architecture et de la peinture...
Marcel Proust.

Sous l’impulsion de Gabriel Astruc, journaliste et directeur de la société musicale, le Théâtre des Champs-Élysées fut construit en 1913 par les Frères Perret avec la collaboration du sculpteur Antoine Bourdelle et du peintre Maurice Denis.

La naissance du Théâtre reste marquée par le «scandale» de la création du Sacre du Printemps de Stravinsky. Interprété par Nijinsky.



L’aventure artistique du Théâtre des Champs-Élysées est illustrée par la présence, depuis quatre vingt sept ans, des artistes les plus prestigieux de l’histoire de la musique, de l’opéra et de la danse.

Le Théâtre des Champs-Élysées fut l’un des premiers édifices du patrimoine architectural contemporain à être classé parmi les Monuments Historiques en 1953.

Le restauration de la Grande Salle consacrée aux représentations lyriques, aux concerts symphoniques et à la danse fut décidée en 1985. Le 23 septembre 1987, le Théâtre des Champs-Elysées est entièrement rénové.


C’est par la splendeur du vrai que l’édifice atteint la beauté...
Auguste Perret.








 
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